Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
La Louve de France - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Louve de France

Электронная книга - «La Louve de France». Краткое содержание книги:

Philippe V le Long vient de mourir avant d'avoir atteint trente ans et, comme son frère Louis X le Hutin, sans descendance mâle. Le troisième fils du Roi de fer, le faible Charles IV le Bel, succède à Philippe V. Une évasion de la tour de Londres ; la chevauchée cruelle conduite par une reine française d'Angleterre pour chasser du trône son époux ; un atroce assassinat perpétré sur un souverain... La relance de l'Histoire vient d'Angleterre. La Louve de France , c'est le tragique surnom que les chroniqueurs donnèrent à la reine Isabelle, fille de Philippe le Bel, qui semblait avoir transporté outre-Manche la malédiction des templiers.
1 ... 51 52 53 54 55 56 57 58 59 ... 90
Перейти на страницу:

— Un vrai petit prince, comme vous le dites, messire, avait répondu Guccio tout heureux ; et c’est chose bien surprenante quand on songe qu’il n’a connu que la vie des champs et que sa mère, après tout, n’est qu’une paysanne !

Bouville hochait la tête. Oui, oui, tout cela était bien étonnant…

— Emmenez-le, vous ne pouvez mieux faire. D’ailleurs, n’avez-vous pas l’auguste approbation de notre Très Saint-Père ? Je vous ferai donner cette fois deux sergents pour vous accompagner jusqu’aux frontières du royaume, afin qu’aucun mal ne vous survienne, ni à… cet enfant.

Il ne lui semblait pas aisé de prononcer : « votre fils ».

— Adieu, mon petit prince, dit-il en embrassant encore Giannino. Vous reverrai-je jamais ?

Et puis il s’éloigna très vite, parce que les pleurs recommençaient à abonder dans ses gros yeux. Vraiment, cet enfant ressemblait trop douloureusement au grand roi Philippe !

— Retourne-t-on à Cressay ? demanda Giannino le matin du 11 mai, devant les portemanteaux et les malles de bât qu’on emplissait. Il ne paraissait pas trop impatient de rentrer au manoir.

— Non, mon fils, répondit Guccio, nous allons d’abord à Sienne.

— Ma mère va-t-elle venir avec nous ?

— Non, pas à présent ; elle nous rejoindra plus tard.

L’enfant parut tranquillisé. Guccio pensa qu’après neuf ans de mensonges au sujet de son père, Giannino allait maintenant être abreuvé de nouveaux mensonges à propos de sa mère. Mais comment agir autrement ? Un jour peut-être faudrait-il lui laisser croire que sa mère était morte…

Avant de se mettre en route, il restait à Guccio une visite à faire, la plus prestigieuse sinon la plus importante ; il désirait saluer la reine douairière Clémence de Hongrie.

— Où est-ce donc, la Hongrie ? demanda l’enfant.

— Très loin, du côté du Levant. Il faut de nombreuses semaines de route pour y parvenir. Peu de gens y sont allés.

— Pourquoi est-elle à Paris, cette dame Clémence, si elle est reine de Hongrie ?

— Mais elle n’a jamais été reine de Hongrie, Giannino ; son père en fut roi, mais elle, elle a été reine de France.

— Alors, c’est la femme du roi Charles le Biau ?

Non, la femme du roi c’était Madame d’Évreux, qu’on couronnait ce jour même ; et l’on irait d’ailleurs, tout à l’heure, au palais royal, donner un coup d’œil sur la cérémonie à la Sainte-Chapelle, afin que Giannino partît sur un dernier souvenir plus beau que tous les autres. Guccio, l’impatient Guccio, n’éprouvait ni ennui ni lassitude à expliquer à cette petite cervelle des choses qui semblaient évidentes et ne l’étaient nullement, si l’on ne les savait pas de longtemps. C’est ainsi que se fait l’apprentissage du monde.

Mais cette reine Clémence qu’on allait voir, qui était-elle alors ? Et comment Guccio la connaissait-il ?

De la rue des Lombards au Temple, par la rue de la Verrerie, il y avait peu de distance. Chemin faisant, Guccio racontait à l’enfant comment il était allé à Naples, avec le comte de Bouville… le gros seigneur, tu sais, que nous avons visité l’autre jour et qui t’a embrassé… afin de demander cette princesse en mariage pour le roi Louis Dixième qui était mort à présent. Et comment lui-même, Guccio, s’était trouvé auprès de Madame Clémence sur le bateau qui la conduisait en France, et comment il avait manqué de périr dans une grande tempête avant d’aborder à Marseille.

— Et ce reliquaire, que tu portes au cou, me fut donné par elle pour me remercier de l’avoir sauvée de la noyade.

Et ensuite, quand la reine Clémence avait eu un fils, c’était la mère de Giannino qui avait été choisie pour nourrice.

— Ma mère ne m’en a jamais rien dit, s’écria l’enfant surpris. Ainsi elle connaissait aussi Madame Clémence ?

Tout cela était bien compliqué. Giannino aurait aimé savoir si Naples était en Hongrie. Et puis il y avait des passants qui les bousculaient ; une phrase commencée restait en suspens ; un marchand d’eau, avec le tintamarre de ses seaux, interrompait une réponse. Il était bien difficile à l’enfant de faire de l’ordre dans le récit… « Ainsi tu es le frère de lait du petit roi Jean le Posthume qui mourut à cinq jours… »

Frère de lait, cela Giannino comprenait bien ce que c’était. À Cressay il en entendait parler tout le temps ; des frères de lait, il y en a plein la campagne. Mais frère de lait d’un roi ? Il y avait matière à rester songeur. Car un roi, c’est un homme grand et fort, avec une couronne en tête… Il n’avait jamais pensé que les rois pussent avoir des frères de lait, ni même être jamais de petits enfants. Quant à « posthume »… un autre mot bizarre, lointain comme la Hongrie.

— Ma mère ne m’en a jamais rien dit, répéta Giannino.

Et il commençait à en vouloir à sa mère de tant de choses étonnantes qu’elle lui avait cachées.

— Et pourquoi cela s’appelle le Temple, où nous allons ?

— À cause des Templiers.

— Ah ! oui ! je sais ; ils crachaient sur la croix, ils adoraient une tête de chat, et ils empoisonnaient les puits pour garder tout l’argent du royaume.

Il tenait cela du fils du charron qui répétait les propos de son père qui les tenait lui-même de Dieu sait qui. Il n’était pas aisé pour Guccio, dans cette foule et en si peu de temps, d’expliquer à son fils que la vérité était un peu plus subtile. Et l’enfant ne comprenait pas pourquoi la reine qu’on allait voir habitait chez d’aussi vilaines gens.

— Ils n’y habitent plus, figlio mio. Ils n’existent plus ; c’est l’ancienne demeure du grand-maître.

— Maître Jacques de Molay ? C’était lui ?

— Fais les cornes, fais les cornes avec les doigts, mon garçon, quand tu prononces ce nom-là !… Donc les Templiers ont été supprimés, brûlés ou chassés, le roi a pris le Temple qui était leur château…

— Quel roi ?

Il ne s’y retrouvait plus, le pauvre Giannino, parmi tant de souverains !

— Philippe le Bel.

— Tu l’as vu, toi, le roi le Bel ?

L’enfant en avait entendu parler, de ce roi terrifiant et maintenant si hautement respecté ; mais cela faisait partie de toutes les ombres d’avant sa naissance. Et Guccio fut attendri.

« C’est vrai, pensa-t-il, il n’était pas né ; pour lui, cela veut dire autant que Saint Louis ! »

Et comme la presse ralentissait leurs pas :

— Oui, je l’ai vu, répondit-il. J’ai même manqué de le renverser, dans une de ces rues, à cause de deux lévriers que je promenais en laisse, le jour de mon arrivée à Paris, il y a douze ans.

Et le temps lui reflua sur les épaules comme une grosse vague soudaine qui vous submerge et puis s’éparpille. Une écume de jours s’écroula autour de lui. Il était un homme, déjà, qui racontait ses souvenirs !

— Donc, continua-t-il, la maison des Templiers est devenue la propriété du roi Philippe le Bel, et après du roi Louis, et après du roi Philippe le Long qui a précédé le roi d’à présent. Et le roi Philippe le Long a donné le Temple à la reine Clémence, en échange du château de Vincennes qu’elle avait reçu par testament de son époux le roi Louis.[41]

— Padre mio, je voudrais une oublie.

Il avait senti une bonne odeur de gaufre s’échappant d’un éventaire, et cela faisait disparaître d’un coup tout intérêt pour ces rois qui se succédaient trop vite et échangeaient leurs châteaux. Il savait déjà, d’autre part, que de commencer sa phrase par « padre mio » était un sûr moyen d’obtenir ce qu’il désirait ; mais cette fois la recette fut vaine.

вернуться

41

La transaction avait été faite, en août 1317, entre Philippe V et Clémence.

1 ... 51 52 53 54 55 56 57 58 59 ... 90
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)