Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
L'assommoir - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'assommoir

Электронная книга - «L'assommoir». Краткое содержание книги:

L'assommoir
1 ... 50 51 52 53 54 55 56 57 58 ... 116
Перейти на страницу:

-Oh! monsieur Goujet, c'est trop beau! dit-elle en placant le rosier a cote des autres fleurs, qu'il depassait de tout son panache de feuillage.

-Mais non, mais non, repetait-il sans trouver autre chose.

Et, quand il eut pousse un gros soupir, un peu remis, il annonca qu'il ne fallait pas compter sur sa mere; elle avait sa sciatique. Gervaise fut desolee; elle parla de mettre un morceau d'oie de cote, car elle tenait absolument a ce que madame Goujet mangeat de la bete. Cependant, on n'attendait plus personne. Coupeau devait flaner par la, dans le quartier, avec Poisson, qu'il etait alle prendre chez lui, apres le dejeuner; ils ne tarderaient pas a rentrer, ils avaient promis d'etre exacts pour six heures. Alors, comme le potage etait presque cuit, Gervaise appela madame Lerat, en disant que le moment lui semblait venu de monter chercher les Lorilleux. Madame Lerat, aussitot, devint tres grave: c'etait elle qui avait mene toute la negociation et regle entre les deux menages comment les choses se passeraient. Elle remit son chale et son bonnet; elle monta, raide dans ses jupes, l'air important. En bas, la blanchisseuse continua a tourner son potage, des pates d'Italie, sans dire un mot. La societe, brusquement serieuse, attendait avec solennite.

Ce fut madame Lerat qui reparut la premiere. Elle avait fait le tour par la rue, pour donner plus de pompe a la reconciliation. Elle tint de la main la porte de la boutique grande ouverte, tandis que madame Lorilleux, en robe de soie, s'arretait sur le seuil. Tous les invites s'etaient leves. Gervaise s'avanca, embrassa sa belle-soeur, comme il etait convenu, en disant:

-Allons, entrez. C'est fini, n'est-ce pas?... Nous serons gentilles toutes les deux.

Et madame Lorilleux repondit:

-Je ne demande pas mieux que ca dure toujours.

Quand elle fut entree, Lorilleux s'arreta egalement sur le seuil, et il attendit aussi d'etre embrasse, avant de penetrer dans la boutique. Ni l'un ni l'autre n'avait apporte de bouquet; ils s'y etaient refuses, ils trouvaient qu'ils auraient trop l'air de se soumettre a la Banban, s'ils arrivaient chez elle avec des fleurs, la premiere fois. Cependant, Gervaise criait a Augustine de donner deux litres. Puis, sur un bout de la table, elle versa des verres de vin, appela tout le monde. Et chacun prit un verre, on trinqua a la bonne amitie de la famille. Il y eut un silence, la societe buvait, les dames levaient le coude, d'un trait, jusqu'a la derniere goutte.

-Rien n'est meilleur avant la soupe, declara Boche, avec un claquement de langue. Ca vaut mieux qu'un coup de pied au derriere.

Maman Coupeau s'etait placee en face de la porte, pour voir le nez des Lorilleux. Elle tirait Gervaise par la jupe, elle l'emmena dans la piece du fond. Et, toutes deux penchees au-dessus du potage, elles causerent vivement, a voix basse.

-Hein? quel pif! dit la vieille femme. Vous n'avez pas pu les voir, vous. Mais moi, je les guettais... Quand elle a apercu la table, tenez! sa figure s'est tortillee comme ca, les coins de sa bouche sont montes toucher ses yeux; et lui, ca l'a etrangle, il s'est mis a tousser... Maintenant, regardez-les, la-bas; ils n'ont plus de salive, ils se mangent les levres.

-Ca fait de la peine, des gens jaloux a ce point, murmura Gervaise.

Vrai, les Lorilleux avaient une drole de tete. Personne, bien sur, n'aime a etre ecrase; dans les familles surtout, quand les uns reussissent, les autres ragent, c'est naturel. Seulement, on se contient, n'est-ce pas? on ne se donne pas en spectacle. Eh bien! les Lorilleux ne pouvaient pas se contenir. C'etait plus fort qu'eux, ils louchaient, ils avaient le bec de travers. Enfin, ca se voyait si clairement, que les autres invites les regardaient et leur demandaient s'ils n'etaient pas indisposes. Jamais ils n'avaleraient la table avec ses quatorze couverts, son linge blanc, ses morceaux de pain coupes a l'avance. On se serait cru dans un restaurant des boulevards. Madame Lorilleux fit le tour, baissa le nez pour ne pas voir les fleurs; et, sournoisement, elle tata la grande nappe, tourmentee par l'idee qu'elle devait etre neuve.

-Nous y sommes! cria Gervaise, en reparaissant, souriante, les bras nus, ses petits cheveux blonds envoles sur les tempes.

Les invites pietinaient autour de la table. Tous avaient faim, baillaient legerement, l'air embete.

-Si le patron arrivait, reprit la blanchisseuse, nous pourrions commencer.

-Ah bien! dit madame Lorilleux, la soupe a le temps de refroidir... Coupeau oublie toujours. Il ne fallait pas le laisser filer.

Il etait deja six heures et demie. Tout brulait, maintenant; l'oie serait trop cuite. Alors, Gervaise, desolee, parla d'envoyer quelqu'un dans le quartier voir, chez les marchands de vin, si l'on n'apercevrait pas Coupeau. Puis, comme Goujet s'offrait, elle voulut aller avec lui; Virginie, inquiete de son mari, les accompagna. Tous les trois, en cheveux, barraient le trottoir. Le forgeron, qui avait sa redingote, tenait Gervaise a son bras gauche et Virginie a son bras droit: il faisait le panier a deux anses, disait-il; et le mot leur parut si drole, qu'ils s'arreterent, les jambes cassees par le rire. Ils se regarderent dans la glace du charcutier, ils rirent plus fort. A Goujet tout noir, les deux femmes semblaient deux cocottes mouchetees, la couturiere avec sa toilette de mousseline semee de bouquets roses, la blanchisseuse en robe de percale blanche a pois bleus, les poignets nus, une petite cravate de soie grise nouee au cou. Le monde se retournait pour les voir passer, si gais, si frais, endimanches un jour de semaine, bousculant la foule qui encombrait la rue des Poissonniers, dans la tiede soiree de juin. Mais il ne s'agissait pas de rigoler. Ils allaient droit a la porte de chaque marchand de vin, allongeaient la tete, cherchaient devant le comptoir. Est-ce que cet animal de Coupeau etait parti boire la goutte a l'Arc-de-Triomphe? Deja ils avaient battu tout le haut de la rue, regardant aux bons endroits: a la Petite-Civette, renommee pour les prunes; chez la mere Baquet, qui vendait du vin d'Orleans a huit sous; au Papillon, le rendez-vous de messieurs les cochers, des gens difficiles. Pas de Coupeau. Alors, comme ils descendaient vers le boulevard, Gervaise, en passant devant Francois, le mastroquet du coin, poussa un leger cri.

-Quoi donc? demanda Goujet.

La blanchisseuse ne riait plus. Elle etait tres-blanche, et si emotionnee, qu'elle avait failli tomber. Virginie comprit tout d'un coup, envoyant chez Francois, assis a une table, Lantier qui dinait tranquillement. Les deux femmes entrainerent le forgeron.

-Le pied m'a tourne, dit Gervaise, quand elle put parler.

Enfin, au bas de la rue, ils decouvrirent Coupeau et Poisson dans l'Assommoir du pere Colombe. Ils se tenaient debout, au milieu d'un tas d'hommes; Coupeau, en blouse grise, criait, avec des gestes furieux et des coups de poing sur le comptoir; Poisson, qui n'etait pas de service ce jour-la, serre dans un vieux paletot marron, l'ecoutait, la mine terne et silencieuse, herissant son imperiale et ses moustaches rouges. Goujet laissa les femmes au bord du trottoir, vint poser la main sur l'epaule du zingueur. Mais quand ce dernier apercut Gervaise et Virginie dehors, il se facha. Qui est-ce qui lui avait fichu des femelles de cette espece? Voila que les jupons le relancaient maintenant! Eh bien! il ne bougerait pas, elles pouvaient manger leur saloperie de diner toutes seules. Pour l'apaiser, il fallut que Goujet acceptat une tournee de quelque chose; encore mit-il de la mechancete a trainer cinq grandes minutes devant le comptoir. Lorsqu'il sortit enfin, il dit a sa femme:

-Ca ne me va pas... Je reste ou j'ai affaire, entends-tu!

Elle ne repondit rien. Elle etait toute tremblante. Elle avait du causer de Lantier avec Virginie, car celle-ci poussa son mari et Goujet en leur criant de marcher les premiers. Les deux femmes se mirent ensuite aux cotes du zingueur, pour l'occuper et l'empecher de voir. Il etait a peine allume, plutot etourdi d'avoir gueule que d'avoir bu. Par taquinerie, comme elles semblaient vouloir suivre le trottoir de gauche, il les bouscula, il passa sur le trottoir de droite. Elles coururent, effrayees, et tacherent de masquer la porte de Francois. Mais Coupeau devait savoir que Lantier etait la. Gervaise demeura stupide, en l'entendant grogner:

1 ... 50 51 52 53 54 55 56 57 58 ... 116
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)