Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
L'assommoir - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'assommoir

Электронная книга - «L'assommoir». Краткое содержание книги:

L'assommoir
1 ... 48 49 50 51 52 53 54 55 56 ... 116
Перейти на страницу:

-Maintenant, il faudrait un legume?

-Hein? des petits pois au lard, dit Virginie. Moi, je ne mangerais que de ca.

-Oui, oui, des petits pois au lard! approuverent toutes les autres, pendant qu'Augustine, enthousiasmee, enfoncait de grands coups de tisonnier dans la mecanique.

Le lendemain dimanche, des trois heures, maman Coupeau alluma les deux fourneaux de la maison et un troisieme fourneau en terre emprunte aux Boche. A trois heures et demie, le pot-au-feu bouillait dans une grosse marmite, pretee par le restaurant d'a cote, la marmite du menage ayant semble trop petite. On avait decide d'accommoder la veille la blanquette de veau et l'epinee de cochon, parce que ces plats-la sont meilleurs rechauffes; seulement, on ne lierait la sauce de la blanquette qu'au moment de se mettre a table. Il resterait encore bien assez de besogne pour le lundi, le potage, les pois au lard, l'oie rotie. La chambre du fond etait tout eclairee par les trois brasiers; des roux graillonnaient dans les poelons, avec une fumee forte de farine brulee; tandis que la grosse marmite soufflait des jets de vapeur comme une chaudiere, les flancs secoues par des glouglous graves et profonds. Maman Coupeau et Gervaise, un tablier blanc noue devant elles, emplissaient la piece de leur hate a eplucher du persil, a courir apres le poivre et le sel, a tourner la viande avec la mouvette de bois. Elles avaient mis Coupeau dehors pour debarrasser le plancher. Mais elles eurent quand meme du monde sur le dos toute l'apres-midi. Ca sentait si bon la cuisine, dans la maison, que les voisines descendirent les unes apres les autres, entrerent sous des pretextes, uniquement pour savoir ce qui cuisait; et elles se plantaient la, en attendant que la blanchisseuse fut forcee de lever les couvercles. Puis, vers cinq heures, Virginie parut; elle avait encore vu Lantier; decidement, ou ne mettait plus les pieds dans la rue sans le rencontrer. Madame Boche, elle aussi, venait de l'apercevoir au coin du trottoir, avancant la tete d'un air sournois. Alors, Gervaise, qui justement allait acheter un sou d'ognons brules pour le pot-au-feu, fut prise d'un tremblement et n'osa plus sortir; d'autant plus que la concierge et la couturiere l'effrayaient beaucoup en racontant des histoires terribles, des hommes attendant des femmes avec des couteaux et des pistolets caches sous leur redingote. Dame, oui! on lisait ca tous les jours dans les journaux; quand un de ces gredins-la enrage de retrouver une ancienne heureuse, il devient capable de tout. Virginie offrit obligeamment de courir chercher les ognons brules. Il fallait s'aider entre femmes, on ne pouvait pas laisser massacrer cette pauvre petite. Lorsqu'elle revint, elle dit que Lantier n'etait plus la; il avait du filer, en se sachant decouvert. La conversation, autour des poelons, n'en roula pas moins sur lui jusqu'au soir. Madame Boche ayant conseille d'instruire Coupeau, Gervaise montra une grande frayeur et la supplia de ne jamais lacher un mot de ces choses. Ah bien! ce serait du propre! Son mari devait deja se douter de l'affaire, car depuis quelques jours, en se couchant, il jurait et donnait des coups de poing dans le mur. Elle en restait les mains tremblantes, a l'idee que deux hommes se mangeraient pour elle; elle connaissait Coupeau, il etait jaloux a tomber sur Lantier avec ses cisailles. Et pendant que, toutes quatre, elles s'enfoncaient dans ce drame, les sauces, sur les fourneaux garnis de cendre, mijotaient doucement; la blanquette et l'epinee, quand maman Coupeau les decouvrait, avaient un petit bruit, un fremissement discret; le pot-au-feu gardait son ronflement de chantre endormi le ventre au soleil. Elles finirent par se tremper chacune une soupe dans une tasse, pour gouter le bouillon.

Enfin, le lundi arriva. Maintenant que Gervaise allait avoir quatorze personnes a diner, elle craignait de ne pas pouvoir caser tout ce monde. Elle se decida a mettre le couvert dans la boutique; et encore, des le matin, mesura-t-elle avec un metre, pour savoir dans quel sens elle placerait la table. Ensuite, il fallut demenager le linge, demonter l'etabli; c'etait l'etabli, pose sur d'autres treteaux, qui devait servir de table. Mais, juste au milieu de tout ce remue-menage, une cliente se presenta et fit une scene, parce qu'elle attendait son linge depuis le vendredi; on se fichait d'elle, elle voulait son linge immediatement. Alors, Gervaise s'excusa, mentit avec aplomb; il n'y avait pas de sa faute, elle nettoyait sa boutique, les ouvrieres reviendraient seulement le lendemain; et elle renvoya la cliente calmee, en lui promettant de s'occuper d'elle a la premiere heure. Puis, lorsque l'autre fut partie, elle eclata en mauvaises paroles. C'est vrai, si l'on ecoutait les pratiques, on ne prendrait pas meme le temps de manger, on se tuerait la vie entiere pour leurs beaux yeux! On n'etait pas des chiens a l'attache, pourtant! Ah bien! quand le Grand Turc en personne serait venu lui apporter un faux-col, quand il se serait agi de gagner cent mille francs, elle n'aurait pas donne un coup de fer ce lundi-la, parce qu'a la fin c'etait son tour de jouir un peu.

La matinee entiere fut employee a terminer les achats. Trois fois, Gervaise sortit et rentra chargee comme un mulet. Mais, au moment ou elle repartait pour commander le vin, elle s'apercut qu'elle n'avait plus assez d'argent. Elle aurait bien pris le vin a credit; seulement, la maison ne pouvait pas rester sans le sou, a cause des mille petites depenses auxquelles on ne pense pas. Et, dans la chambre du fond, maman Coupeau et elle se desolerent, calculerent qu'il leur fallait au moins vingt francs. Ou les trouver, ces quatre pieces de cent sous? Maman Coupeau, qui autrefois avait fait le menage d'une petite actrice du theatre des Batignolles, parla la premiere du Mont-de-Piete. Gervaise eut un rire de soulagement. Etait-elle bete! elle n'y songeait plus. Elle plia vivement sa robe de soie noire dans une serviette, qu'elle epingla. Puis, elle cacha elle-meme le paquet sous le tablier de maman Coupeau, en lui recommandant de le tenir bien aplati sur son ventre, a cause des voisins, qui n'avaient pas besoin de savoir; et elle vint guetter sur la porte, pour voir si on ne suivait pas la vieille femme. Mais celle-ci n'etait pas devant le charbonnier, qu'elle la rappela.

-Maman! maman!

Elle la fit rentrer dans la boutique, ota de son doigt son alliance, en disant:

-Tenez, mettez ca avec. Nous aurons davantage.

Et quand maman Coupeau lui eut rapporte vingt-cinq francs, elle dansa de joie. Elle allait commander en plus six bouteilles de vin cachete pour boire avec le roti. Les Lorilleux seraient ecrases.

Depuis quinze jours, c'etait le reve des Coupeau: ecraser les Lorilleux. Est-ce que ces sournois, l'homme et la femme, une jolie paire vraiment, ne s'enfermaient pas quand ils mangeaient un bon morceau, comme s'ils l'avaient vole? Oui, ils bouchaient la fenetre avec une couverture pour cacher la lumiere et faire croire qu'ils dormaient. Naturellement, ca empechait les gens de monter; et ils bafraient seuls, ils se depechaient de s'empiffrer, sans lacher un mot tout haut. Meme, le lendemain, ils se gardaient de jeter leurs os sur les ordures, parce qu'on aurait su alors ce qu'ils avaient mange; madame Lorilleux allait, au bout de la rue, les lancer dans une bouche d'egout; un matin, Gervaise l'avait surprise vidant la son panier plein d'ecales d'huitres. Ah! non, pour sur, ces rapiats n'etaient pas larges des epaules, et toutes ces manigances venaient de leur rage a vouloir paraitre pauvres. Eh bien! on leur donnerait une lecon, on leur prouverait qu'on n'etait pas chien. Gervaise aurait mis sa table en travers de la rue, si elle avait pu, histoire d'inviter chaque passant. L'argent, n'est-ce pas? n'a pas ete invente pour moisir. Il est joli, quand il luit tout neuf au soleil. Elle leur ressemblait si peu maintenant, que, les jours ou elle avait vingt sous, elle s'arrangeait de facon a laisser croire qu'elle en avait quarante.

1 ... 48 49 50 51 52 53 54 55 56 ... 116
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)