La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
C’est là-dedans que le lièvre, déclaré animal impur, est qualifié, ainsi que le lapin, de «ruminant» (11:5-6); l’auteur sacré a pris le mouvement de leurs lèvres pour l’action de ruminer. Il voue à l’abomination «toute bête qui vole et qui a quatre pieds» (v. 23); il est défendu de manger de ces bêtes-là sous aucun prétexte; je crois bien! pour manger des oiseaux à quatre pattes, il faudrait se nourrir de toile et de pierre, attendu que de tels monstres n’existent que dans les tableaux et les sculptures de haute fantaisie. La sauterelle est déclarée impure; ce qui n’empêcha pas saint Jean-Baptiste d’en faire sa nourriture, au temps où il annonçait le Messie.
Dans le Lévitique, les maladies vénériennes sont étudiées au point de vue religieux, et sur ce sujet l’auteur sacré, devenu tout-à-fait dégoûtant, est intarissable. Un certain nombre de ces saintes cochonneries sont, en outre, des plus grotesques, comme celle-ci: «Si un homme ayant un écoulement crache sur une personne saine, celle-ci sera réputée impure jusqu’au coucher du soleil» (15:8); mais le monsieur affligé de l’écoulement en question peut se purifier religieusement. Vous croyez peut-être que la Bible va lui prescrire quelque copahu? Non, vous n’y êtes pas!
«L’homme qui a un écoulement comptera sept jours pour sa purification; il lavera ses vêtements et aussi sa chair avec de l’eau vive. Et, au huitième jour, il prendra deux tourterelles ou bien deux pigeonneaux; il viendra au sanctuaire, et il les donnera au prêtre.» (15:13-14)
Plusieurs défenses sont excellentes. On doit en toute justice, reconnaître que le législateur ne fait aucune difficulté pour constater que les mœurs des descendants de Jacob étaient alors épouvantables; la copulation avec des bêtes est flétrie comme un péché qui ne doit plus se renouveler en Israël. La menace de la peine capitale est réitérée à satiété contre toutes les formes du dévergondage dans le chapitre 20, au point que Jéhovah (car c’est lui qui parle) en arrive à dire: «Quand un homme aura couché avec une femme ayant ses règles, ils seront tous deux retranchés du milieu de mon peuple.» (v. 18)
Voici enfin quelques recommandations, qui donneront une idée du style dans lequel est rédigé ce sublime Lévitique; on ne saurait lire ceci avec trop de respect, puique c’est Dieu lui-même qui tient ce langage:
«Nul ne s’approchera de celle qui est sa proche parente, pour découvrir sa nudité. Je suis l’Eternel! — Tu ne découvriras point la nudité de ton père, ni la nudité de ta mère; puisque cette femme est ta mère, respecte sa nudité. — Tu ne découvriras point la nudité de la femme de ton père; car cette nudité appartient à ton père.
— Tu ne découvriras point la nudité de ta sœur, fille de ton père ou fille de ta mère, née dans la maison ou hors de la maison; non, tu ne découvriras point leur nudité. — Pour ce qui est de la nudité de la fille de ton fils ou de la fille de ta fille, quoique cette nudité t’appartienne, tu ne la découvriras point. — Tu ne découvriras point la nudité de la fille de la femme de ton père, née de ton père; c’est ta sœur. — Tu ne découvriras point la nudité de la sœur de ton père; elle est proche parente de ton père. — Tu ne découvriras point la nudité de la sœur de ta mère; elle est proche parente de ta mère. — Tu ne t’approcheras point de la femme du frère de ton père pour découvrir sa nudité; cette femme est ta tante.
— Tu ne découvriras point la nudité de ta belle-fille; car cette nudité appartient, non à toi, mais à ton fils. — Tu ne découvriras point la nudité de ta belle-sœur; car cette nudité appartient à ton frère. — Tu ne découvriras point tout ensemble la nudité d’une femme et la nudité de sa fille; car, si tu couches avec la mère, la fille devient ta proche parente. Et si la femme avec qui tu couches est vieille, tu n’attireras pas à toi la fille de son fils ou la tille de sa fille, pour découvrir leur nudité; car elles aussi sont tes proches parentes. — Tu ne prendras pas non plus une femme avec sa sœur, pour coucher avec toutes deux; car, en découvrant la nudité de l’une devant l’autre, tu l’affligerais pendant sa vie.» (18:6-18)
Le livre des Nombres est nommé ainsi parce que les quatre premiers chapitres comprennent le dénombrement des Hébreux dans le désert, au second mois de la seconde année du voyage. Pour la tribu de Lévi, le recensement porta sur tous les mâles depuis l’âge d’un mois, et ils sont comptés pour 22,000; mais ceux d’entre eux qui furent chargés du service du tabernacle étaient les lévites âgés de trente à cinquante ans; ils figurent pour 8,580. Quant aux autres tribus, Moïse ne fit entrer dans sa statistique que les mâles âgés de vingt ans et au-dessus, en état de porter les armes: tribu de Ruben, 46,500; de Siméon, 59,300; de Gad, 45,650; de Juda, 74,600, d’Issacar, 54,400; de Zabulon, 57,400; d’Ephraïm, 40,500; de Manassé, 32,200; de Benjamin, 35,400; de Dan, 62,700; d’Azer, 41,500; de Nephtali, 53,400; soit, au total, 603,550 combattants. Dans leur ensemble, les trente-deux autres chapitres du livre donnent la suite du voyage des Juifs. Cependant, on y trouve encore des règlements, aussi minutieux que monotones; la moitié du chapitre 8 est consacrée à la manière d’allumer les lampes! C’est dans les Nombres que l’on trouve une recette à recommander aux maris jaloux qui se jugent cocus, quoique n’ayant pas pu pincer leur femme en flagrant délit.
«Jéhovah, parlant encore à Moïse, lui dit: Lorsqu’une femme méprisant son mari aura couché avec un autre, et que son mari n’aura pu la surprendre, et que des témoins ne pourront la convaincre d’adultère, on mènera devant le prêtre la femme ainsi soupçonnée, et le mari fera d’abord au prêtre l’offrande d’un gâteau confectionné avec de la bonne farine d’orge. Alors, le prêtre prendra de l’eau sacrée, qu’il mettra dans un vase de terre, et il y mêlera un peu de poussière prise sur le sol du tabernacle. Puis, il adjurera la femme, en lui disant: Si tu n’as couché avec personne autre que ton mari, cette eau que tu vas boire ne te fera aucun mal; mais, si tu t’es débauchée, que le mal dont tu vas être frappée serve d’exemple au peuple. Et le prêtre fera jurer la femme par un serment d’imprécation; il lui dira le mal qui la menace, si elle est coupable, et elle répondra: Amen. Et après qu’il lui aura fait boire l’eau, s’il est vrai qu’elle se soit polluée en perfidie contre son mari, cette eau, étant pleine de malédiction, sera amère pour elle; aussitôt son ventre enflera et la chair d’une de ses cuisses tournera en pourriture; ainsi elle recevra son châtiment, au milieu du peuple. Au contraire, si elle est restée fidèle à son mari, l’eau de jalousie ne lui causera aucun mal, et à la suite de cette épreuve elle aura des enfants.» (ch. 5)
Enfin, après le recensement et la dictée de divers règlements, on se remit en marche; sur l’ordre de Jéhovah, Moïse avait fait fabriquer deux trompettes d’argent pour donner le signal du départ. Dans cette nouvelle période du voyage, les Hébreux, trouvant la manne insuffisante pour leur nourriture, murmurèrent et réclamèrent de la viande. Tiens! mais au fait, le divin pigeon ne nous avait-il pas dit, dans l’Exode (12:38), que nos émigrants, en quittant l’Egypte, emmenèrent un nombre prodigieux de bœufs et d’innombrables troupeaux? En plusieurs circonstances, papa Bon Dieu s’était fait sacrifier les premiers-nés des brebis, alors qu’on s’arrêta toute une année au minimum dans la région du Sinaï; en outre, au moment de leur apostasie, Aaron et les lévites offrirent des holocaustes au veau d’or. Alors, disparus tout-à-coup, les innombrables troupeaux?…