Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Триллеры » Peur sur Montmartre
Peur sur Montmartre - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Peur sur Montmartre

Электронная книга - «Peur sur Montmartre». Краткое содержание книги:

Le 18e arrondissement de Paris est le théâtre de crimes inexpliqués. La signature du tueur, comme un dessin d'enfant, laisse les enquêteurs perplexes. Quand des féticheurs s'en mêlent, la panique est à son comble.
Du monde de la rue à celui de l'édition, le passé trouble des victimes recèle bien des zones d'ombre. Et cette bande des quatre, ces honnêtes commerçants de la butte Montmartre, que dissimulent-ils derrière l'apparence d'une vie bien rangée ?
Meurtres rituels, machination, vengeance ? Les hommes de la brigade doivent se confronter à des situations inattendues.
Le jeune capitaine Escoffier devra accepter de faire face à ses propres démons pour dénouer l'enquête.
1 ... 50 51 52 53 54 55 56 57 58 ... 71
Перейти на страницу:

39

Toute la journée du lendemain, le moral de la brigade fut au plus bas. Le labo avait travaillé d’arrache-pied pour sortir, en un temps record, une première série de résultats qui confirmaient l’innocence de Nicolas : son ADN ne correspondait pas à celui de l’assassin, prélevé sur les trois scènes de crime. C’était un fait.

Escoffier avait l’impression qu’on le battait froid depuis qu’il avait tenu tête à la hiérarchie. On lui souriait dans les couloirs mais il sentait qu’on évitait de se trouver seul avec lui de manière trop prolongée, qu’il était devenu infréquentable. Cette constatation l’attristait. Ses intuitions n’amusaient plus personne, lui-même s’en méfiait à présent. Elles ne mettaient au jour que des bribes d’informations, des parcelles de vérité dont il ne savait que faire, à l’instar d’un matériau extrait à l’état brut qu’il faut polir patiemment avant de comprendre son utilité.

En milieu d’après-midi, il croisa Loyrette qui rentrait du labo, un dossier sous le bras. Les deux hommes avaient toujours eu des rapports simples et amicaux.

— T’en fais une tête ! fit le brigadier à son collègue.

— J’ai l’impression que l’on tourne en rond, mais pour tout dire, j’ai aussi la désagréable sensation d’être sur la sellette.

Loyrette montrant le dossier :

— Je vais déposer ça au tribunal, tu n’as qu’à m’accompagner, nous prendrons un café sur le chemin du retour.

Un peu plus tard, ils étaient accoudés au comptoir d’un café de la place Saint-Michel. Au loin, les immeubles du quai des Orfèvres rosissaient à la lumière tombante, leur couleur sépia se reflétait dans le fleuve à travers les branches nues des platanes. Le bistro se remplissait à vue d’œil à l’heure de la sortie des écoles. Dans un coin, des étudiantes fumaient et riaient fort autour d’une table. À l’extérieur, les Parisiens s’engouffraient dans la bouche de métro toute proche.

— Je voulais te parler depuis un moment, Damien. Saulieu t’a dans le nez, ils sont à deux doigts de te donner un avertissement.

— Pour quelles raisons ?

— Ton attitude envers la hiérarchie, tes retards, ta dernière absence non justifiée, cette façon que tu as de la jouer perso, ça fait désordre. Arrosteguy a pris ta défense, comme d’habitude, mais cette fois, ils sont deux contre toi, Saulieu et Ughetti. Tu devrais mettre un bémol. Cette affaire est très importante pour le commissaire. N’as-tu pas remarqué qu’il s’investissait de manière inhabituelle ? Qu’il ne se contentait plus de superviser ?

Escoffier opina du chef.

— C’est parce qu’il vise un poste de responsable à la brigade financière. Inutile de te dire qu’en cas d’échec, la promotion lui passera sous le nez, tu parles s’il est à cran !

— Comment sais-tu tout ça, toi ?

— Facile à comprendre : on ne se méfie pas du brigadier Loyrette, il est transparent Loyrette, il ne fait pas de vagues Loyrette. Ponctuel, obéissant et rigoureux dans ses PV. Bref, on oublie ma présence et j’entends ce que je ne devrais pas entendre.

— Et alors ?

— Tout le monde est nerveux à cause de cette affaire, les promotions risquent de valser, alors un conseil, adopte ma méthode : fais-toi aussi transparent que possible.

— Mais je ne dis pas la moitié de ce que je pense, si je leur faisais part de mes pressentiments, ils me prendraient pour un fou.

— C’est déjà fait, je te rassure. Tes intuitions sont intéressantes mais trop brouillonnes.

Loyrette tripotait sa tasse vide pour se donner une contenance, la faisant tournoyer du bout des doigts sur le comptoir. À l’extérieur, l’agitation amplifiait. Escoffier songea à une fourmilière géante où chaque insecte s’activait selon un programme déterminé.

— Tout le monde est d’accord pour trouver que tu as du flair, dit Loyrette, on a souvent l’impression que tu sais à l’avance ce que les mecs vont faire, seulement voilà ! tes méthodes ne passent pas. Ils te trouvent marginal et se demandent comment tu as pu intégrer la brigade. Tu as un instinct que d’autres n’ont pas, fais-en meilleur usage.

— Ça n’a rien à voir avec l’instinct, Loyrette, il s’agit à peine d’une prédisposition.

— Et tu fais bon ménage avec elle ?

Escoffier sourit.

— Non, pas toujours. Je ne contrôle rien, ça vient de manière anarchique, au moment où je m’y attends le moins. C’est un électron libre. J’associe cela à une forme de mimétisme, je ne peux pas m’empêcher de m’identifier à l’assassin en essayant de me mettre à sa place.

— Bon, oublie tout ce que je t’ai dit. Dès que cette enquête sera terminée, tout rentrera dans l’ordre, ne t’en fais pas.

— Ce n’est pas terminé, cela ne m’étonnerait pas que notre homme repasse à l’action prochainement.

— Tais-toi, tu vas nous porter la poisse. Tu sais que ça commence à aller mal au ministère. Allez, rentrons ! La journée n’est pas finie.

Dans les rues, les piétons se mirent à courir sous les premières gouttes de pluie. Les parapluies s’ouvraient, des touristes se regroupaient sous les Abribus et un agent de la circulation tentait de désengorger un embouteillage à coups de sifflet stridents. Loyrette et Escoffier traversèrent le pont Saint-Michel et regagnèrent les locaux de la PJ à grandes enjambées. En franchissant le couloir de la brigade, ils comprirent que quelque chose de nouveau s’était produit, à la tension qu’ils lurent sur les visages. Depuis Noël, les hommes et les femmes de la crim’ ne comptaient plus leurs heures de présence et la pression de la hiérarchie accentuait encore la fatigue. Arrosteguy jaillit de son bureau, ne dissimulant pas sa mauvaise humeur :

— Où étiez-vous tous les deux ? Je vous cherche depuis trente minutes. Impossible de joindre l’un ou l’autre sur les portables. À quoi ça sert d’avoir des téléphones si on sait pas s’en servir !

— Que se passe-t-il ? demanda le brigadier.

— Le 18e a mis le grappin sur le vandale du Point-Virgule qui est aussi l’agresseur de Lavigne.

— Qui est-ce ? interrogea Escoffier.

— Un type d’une trentaine d’années qui remplissait un contrat.

— Quel genre de contrat ?

— Un antiquaire ayant pignon sur rue, donnant dans l’art ethnique, lui aurait offert une somme rondelette pour récupérer le fétiche à clous, en pension chez Lavigne. C’est une œuvre unique, paraît-il, une pièce volée dans le musée d’un pays africain. Un beau scandale en perspective. Ce genre de trafic est en recrudescence d’après l’Office des biens culturels qui cuisine le gars au moment où je vous parle. Il est fiché, appartient à un réseau de trafiquants d’objets d’art. Grâce à lui, les collègues vont pouvoir remonter toute une filière, jusqu’en Hollande. C’est un beau coup de filet.

— On a l’adresse du commanditaire ? demanda Escoffier, inquiet à l’idée qu’il pût s’agir de Titinga Koliga.

— Oui, une grosse galerie de l’avenue Matignon.

1 ... 50 51 52 53 54 55 56 57 58 ... 71
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)