L'agonie de la lumière
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-07572-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «L'agonie de la lumière». Краткое содержание книги:
Dirk s’accorda quelques instants de réflexion. « Attends une minute. Il ne doit pas connaître notre position exacte. Pourquoi sinon essaierait-il de nous attirer au sous-sol, pourquoi nous menacerait-il de nous prendre en chasse ? »
Gwen hocha la tête.
« Mais s’il se trouve bel et bien dans la salle des ordinateurs, ajouta-t-il aussitôt, nous allons devoir nous montrer extrêmement prudents. Le risque demeure qu’il parvienne à nous découvrir. »
La jeune femme fixa le globe bleu foncé installé à quelques mètres d’eux. « Certains senseurs électroniques doivent toujours être en activité. La cité vit toujours – elle survit, tout au moins.
— Il pourrait demander notre position à la Voix, s’il lui rendait ses fonctions normales ?
— Peut-être. Mais je doute que l’ordinateur lui réponde. N’oublie pas, c’est un intrus dangereux qui viole toutes les lois d’ai-Émerel, alors que nous sommes des résidents légaux de Défi.
— Un ? Ça m’étonnerait fort. Chell l’accompagne forcément, et je ne serais guère surpris d’apprendre que tous les autres Braiths les ont suivis ici.
— Un groupe d’intrus, si tu préfères.
— Mais ils ne peuvent pas être plus de… combien ? Une vingtaine ? Moins, peut-être ? Comment ont-ils pu devenir les maîtres d’une cité de cette importance ?
— Ai-Émerel est une société singulièrement non-violente, Dirk. En plus, nous nous trouvons sur un monde-festival. Ça m’étonnerait que Défi ait été muni d’un système de défense digne de ce nom. Les gardiens… »
Dirk regarda brusquement autour de lui. « Oui, les gardiens. La Voix en a parlé. Elle a dit qu’elle les avait envoyés à notre recherche. » Il s’attendait presque à voir quelque masse menaçante rouler vers eux depuis un couloir latéral. Mais il n’y avait rien. Rien que des ombres, des globes bleu cobalt, et un silence absolu.
« On ne peut pas rester ici à attendre. » Tout comme lui, la jeune femme avait cessé de parler à voix basse. Si Braith et ses compagnons pouvaient les entendre, ils devaient être à même de pouvoir les localiser d’une dizaine de manières différentes. Auquel cas leur situation était de toute façon désespérée.
« La raie d’acier ne se trouve qu’à deux niveaux d’ici, lui rappela-t-elle.
— Tout comme les Braiths, pour ce que nous en savons. Et même s’ils n’y sont pas, elle n’en constitue pas pour autant une option. Ils savent forcément que nous l’avons prise, ils doivent donc s’attendre à ce que nous nous y précipitions pour fuir Défi. C’est peut-être d’ailleurs la raison même du petit discours de Bretan : nous inciter à prendre la fuite par la voie des airs, de manière à faire de nous des proies faciles à abattre. Ses frères d’étau doivent nous attendre à l’extérieur, prêts à nous descendre au laser. » Il s’interrompit, pensif. « Mais tu n’as pas tort, nous ne pouvons pas rester ici à les attendre.
— Ni retourner dans notre appartement. La Voix savait où nous nous trouvions, et Bretan Braith est peut-être parvenu à lui soutirer cette information. Quoi qu’il en soit, tu as raison : on ne peut pas quitter la cité.
— Alors, on va devoir se cacher. Mais où ? »
Gwen haussa les épaules. « Ici, là, n’importe où. C’est une cité immense, ainsi que Bretan Braith l’a fait remarquer. »
Elle s’agenouilla et se mit à fouiller dans son sac, se débarrassant de tous les vêtements encombrants, mais conservant le nécessaire de survie et le bloc détecteur. Dirk enfila la lourde houppelande que Ruark lui avait donnée et abandonna le reste. Puis tous deux se dirigèrent vers le boulevard extérieur. La jeune femme était impatiente de s’éloigner le plus possible de leur appartement, et ni l’un ni l’autre n’osait courir le risque d’utiliser les ascenseurs.
Les lampadaires du boulevard continuaient à projeter leur intense lumière blanche, les trottoirs roulants à produire leur bourdonnement régulier. La route en hélice devait être alimentée par une source d’énergie indépendante. « On monte, fit Dirk, ou on descend ? »
Gwen ne semblait pas l’avoir entendu. Elle écoutait autre chose. « Silence », lui ordonna-t-elle, la bouche plissée.
Dirk percevait un autre son par-dessus le bourdonnement régulier des trottoirs. Très léger, mais aisément identifiable.
Un hurlement.
Il semblait provenir du couloir qui se trouvait à présent derrière eux – les zones tranquilles, bleues et chaudes de la cité – et durer bien plus longtemps qu’il ne l’aurait dû. De lointains cris indistincts lui succédèrent aussitôt.
Puis il y eut un court silence. Dirk et Gwen se regardèrent sans mot dire. Le hurlement se fit à nouveau entendre, plus fort, plus net, générant cette fois un peu d’écho. Un long hululement, terriblement aigu.
« Les chiens des Braiths », dit-elle avec une assurance qui ne manqua pas de surprendre Dirk.
Celui-ci se remémora la bête qu’il avait vue dans les rues de Larteyn – le molosse aussi gros qu’un cheval qui avait grogné à son approche, cette créature à face de rat privée de poils, aux minuscules yeux rouges. Il scrutait avec appréhension le corridor ; mais rien ne se déplaçait au sein des ombres bleutées.
Les sons gagnaient en puissance – ils se rapprochaient.
« Descendons, dit-elle. Et vite ! »
Dirk n’avait nul besoin de se laisser convaincre. Ils traversèrent aussitôt le boulevard désert pour gagner en hâte le premier – et le plus lent – des trottoirs de la bande médiane. Puis ils commencèrent à descendre, sautant de tapis en tapis jusqu’à se retrouver sur la voie la plus rapide. Gwen dénoua les lanières du sac pour en fouiller le contenu, tandis que Dirk, une main sur son épaule, surveillait les chiffres des niveaux qui défilaient comme autant de noires sentinelles en faction au-dessus des gueules crépusculaires conduisant aux corridors intérieurs de Défi. Les nombres se succédaient à intervalles réguliers ; ils allaient diminuant.
Ils venaient de dépasser le 490e niveau lorsque Gwen se releva. Elle tenait dans sa main droite une baguette en métal bleu-noir de la longueur de sa paume. « Déshabille-toi.
— Quoi ?
— Ôte tes vêtements. » Comme il se bornait à la fixer, sans obéir, elle secoua la tête avec impatience et tapota la poitrine de Dirk avec l’extrémité de la baguette. « C’est un déodorant absolu, expliqua-t-elle. Arkin et moi nous en servions dans la jungle – on s’en pulvérisait avant de partir. Il fait disparaître toute odeur corporelle pendant environ deux heures. Ça devrait empêcher les chiens de retrouver notre piste. »
Dirk commença donc à se déshabiller. Lorsqu’il fut entièrement nu, Gwen lui dit d’écarter les jambes et de lever les bras au-dessus de sa tête. Puis elle pressa une extrémité de la baguette métallique, ce qui eut aussitôt pour effet de projeter une fine brume grise à l’autre bout. Son doux contact vint picoter la peau nue de t’Larien, qui se sentit très vulnérable le temps que la jeune femme le traite de face et de dos, de la tête aux pieds. Puis elle alla pulvériser tous ses vêtements, sans rien omettre, à l’exception de la lourde houppelande qu’Arkin lui avait donnée, et qu’elle plaça soigneusement de côté. Quand elle en eut terminé, Gwen procéda à la même opération sur son propre corps pendant que Dirk se rhabillait – ses habits étaient secs, couverts d’une fine poussière cendrée.