L'agonie de la lumière
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-07572-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «L'agonie de la lumière». Краткое содержание книги:
— Nos résidents ne doivent aucunement s’inquiéter, fit la Voix de son timbre toujours égal. Nous avons remédié à la défaillance momentanée des circuits d’alimentation qui a affecté votre niveau.
— Une défaillance en alimentation d’énergie ! » Une image traversa aussitôt l’esprit de Dirk – Défi scellé, sans la moindre ouverture sur l’extérieur. Défi entièrement clos et privé d’énergie. Il n’aimait guère cette pensée.
« Mais que se passe-t-il exactement ?
— Ne vous inquiétez pas, je vous en prie », répéta la Voix. Mais les lumières de la pièce venaient démentir ses dires : elles s’éteignirent complètement durant une brève seconde, plongeant Gwen et Dirk dans une obscurité totale, effrayante.
« Nous ferions bien de partir sans attendre », fit la jeune femme une fois les lampes rallumées. Elle se tourna, fit glisser le panneau mural et entreprit de rassembler leurs bagages. Dirk ne tarda pas à venir l’aider.
« Je vous en prie, poursuivait la Voix, ne paniquez surtout pas. Pour votre propre sécurité, je ne saurais trop vous recommander de rester dans votre appartement. La situation est sous contrôle. Défi dispose de nombreux systèmes de protection internes, ainsi que de circuits auxiliaires pour tout ce qui est vital. »
Ils avaient terminé leurs préparatifs, et Gwen s’approchait déjà de la porte. « L’alimentation secondaire est-elle déjà branchée ? s’enquit-elle.
— Les niveaux 1 à 50, 251 à 300, 351 à 451 et 501 à 550 sont alimentés par le réacteur de secours. Vous n’avez vraiment aucune raison de vous inquiéter. Les robotechs sont en train de réparer les circuits primaires, qui ne tarderont pas à redevenir fonctionnels – et dans le cas fort improbable où l’alimentation secondaire serait elle aussi victime d’une défaillance de ses circuits, il restera encore des systèmes de dernier recours à activer.
— Je ne comprends pas, fit Dirk. Pourquoi ? Qu’est-ce qui a provoqué ces pannes ?
— Ne vous inquiétez pas, répéta la Voix.
— Partons, Dirk. » Et la jeune femme sortit, un sac dans la main droite. Son bloc détecteur pendait par une lanière à son épaule gauche. Dirk s’empara des deux autres sacs et la suivit dans les couloirs bleu cobalt, en direction des cages d’ascenseurs. Gwen marchait juste devant lui. L’épaisse moquette étouffait le bruit de leurs pas.
« Durant pareil incident technique, leur reprocha la Voix, les résidents de Défi qui se laissent gagner par la panique courent des risques bien plus grands que ceux qui demeurent en sécurité dans leurs appartements.
— Dites-nous ce qui se passe vraiment, et nous réviserons peut-être notre position », rétorqua Dirk, sans ralentir le moins du monde.
— L’état d’urgence est à présent décrété. Des gardes sont en route pour vous reconduire à votre appartement. Dans l’unique but d’assurer votre protection. Je répète : des gardes sont envoyés pour vous ramener dans votre appartement. Les normes d’ai-Émerel interdisent… » La Voix perdit soudain de sa netteté, monta dans les aigus, se mit à couiner, avant de se transformer en un gémissement crissant qui agressa leurs oreilles. Pour enfin brutalement laisser place à un silence presque total, chargé de menaces.
Les lumières s’éteignirent.
Dirk s’immobilisa un instant, puis fit deux pas dans l’obscurité totale. Gwen se trouvait sur sa route. « Hein ? Oh, excus…
— Silence. » La jeune femme commença à compter les secondes. Les globes qui pendaient aux intersections des corridors se rallumèrent à la treizième, mais leur luminescence bleutée s’était transformée en une faible clarté spectrale qui leur permettait à peine de voir où ils mettaient les pieds. « Suis-moi. » Et elle reprit sa progression, plus lentement désormais, dans la pénombre bleutée. Les ascenseurs se trouvaient tout près.
Les murs s’adressèrent alors de nouveau à eux – d’une voix qui n’était plus la Voix : « Défi est une cité immense, t’Larien, mais pas encore assez pour que vous puissiez vous y cacher longtemps. Je vous attends dans le plus bas des souterrains de cette tour, le 52e sous-sol. Cette ville m’appartient. Venez immédiatement. Si vous n’obéissez pas, je couperai toute l’alimentation et nous commencerons la chasse dans l’obscurité, mon teyn et moi-même. »
Dirk ne pouvait se tromper sur l’identité de la personne qui parlait. Sur Worlorn, ou n’importe où ailleurs, il n’aurait guère été facile de contrefaire la voix rauque et faussée de Bretan Braith Lantry.
8
Ils s’immobilisèrent dans le corridor à présent obscur, comme paralysés. Gwen se résumait désormais à une silhouette bleutée, ses yeux à deux taches noires. Les commissures de ses lèvres étaient tordues en un rictus qui rappelait à Dirk les horribles tics de Bretan Braith. « Ils nous ont retrouvés, dit-elle.
— Oui. » Tous deux murmuraient, de peur que Bretan Braith, ou la Voix à présent muette de Défi, ne les entende s’ils parlaient à voix haute. Ils étaient entourés de haut-parleurs, de micros, et peut-être même d’yeux dissimulés derrière la moquette qui couvrait les murs.
« Comment ont-ils fait ? Ils n’auraient jamais dû nous découvrir. C’est impossible.
— Eh bien, tout porte à croire le contraire. Mais ça ne nous dit pas pour autant quoi faire. Descendre le rejoindre ? Qu’est-ce qu’il y a au 52e sous-sol ?
— Je l’ignore. Défi n’était pas ma cité. Tout ce que je sais, c’est que les niveaux situés sous la surface étaient interdits au public.
— Des machines. Les générateurs d’énergie. Toutes les fonctions vitales, sans doute.
— Ainsi que les ordinateurs », murmura-t-elle non sans mal.
Dirk se débarrassa de son sac. Accorder une importance quelconque à leurs vêtements ou à leurs biens lui paraissait désormais bien secondaire. « Ils ont tué la Voix.
— Peut-être. Pour peu qu’on puisse la tuer. Je pensais qu’il devait s’agir d’un réseau d’ordinateurs, disséminés dans toute la tour. Je ne sais pas. Peut-être n’y a-t-il qu’une seule installation, en fin de compte.
— Quoi qu’il en soit, ils ont à l’évidence pris le contrôle du cerveau principal, du centre nerveux – la Voix a cessé de nous abreuver de ses conseils. Et Bretan peut très certainement nous voir.
— Non.
— Pourquoi ? La Voix en était bien capable, elle.
— Oui, sans doute, même si je doute qu’elle ait eu besoin de détecteurs visuels, de toute façon – ils ne lui auraient sans doute été d’aucune utilité. Elle doit pouvoir compter sur des sens dont nous autres humains sommes dépourvus. Mais l’important, c’est que la Voix était un superordinateur conçu pour traiter simultanément des millions d’informations, ce dont Bretan pourrait difficilement se targuer. Lui aussi n’est qu’un homme. Sans compter que les informations doivent lui parvenir sous une forme à peu près incompréhensible. Seule la Voix pouvait les déchiffrer ; quand bien même Bretan aurait accès à toutes ses données, il ne serait certainement pas capable de les interpréter. Ou bien toutes ces informations vont le submerger, elles ne lui seront d’aucune utilité. Un programmeur entraîné pourrait peut-être en tirer quelque chose – et encore, j’en doute fort –, mais certainement pas Bretan. Sauf s’il connaît certains secrets que j’ignore pour ma part.
— Il a déjà réussi à nous retrouver, lui fit remarquer Dirk. Et il connaissait l’emplacement du cerveau de Défi, de même que la façon de le court-circuiter.
— J’ignore comment il a pu nous découvrir, mais il n’a pas dû lui être bien difficile d’atteindre la Voix. Elle se trouve au niveau le plus bas ! C’était un jeu d’enfant pour lui de deviner son emplacement. Les étaux des Kavalars sont construits dans les profondeurs de la pierre, là où ils s’estiment le plus en sécurité. C’est pour cette raison qu’ils y enferment leurs femmes, et tout ce qui a de la valeur pour leur étau. »