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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
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Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]

Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:

Rigg et ses amis découvrent dans le Livre du Futur, qu’ils font partie d’une population-test envoyée depuis la Terre pour vérifier que la planète était viable. A présent, la Terre n’a plus besoin d’eux et s’apprête à les faire disparaître au profit des colons terriens. Mais ils ont bien l’intention de se défendre.
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« Vous n’avez pas encore nettoyé ? s’étonna Rigg.

— Je ne m’attendais pas à recevoir de la visite, se justifia Vadesh.

— Laissez, je m’en occupe. Ce sang ne sera jamais versé. »

Rigg étudia les traces – les siennes et celles du commandant. Il préférait s’assurer de se trouver au bon endroit avant de retourner corriger son erreur dans le passé. Il se tourna vers Vadesh.

« Vous auriez simplifié les choses en disant simplement la vérité dès le début.

— Je n’ai jamais dit que la vérité.

— Confiez-moi ce que vous m’avez tu jusqu’à présent, ce que j’ai besoin de savoir.

— Comment saurais-je ce que vous avez besoin de savoir ?

— La vérité est tout ce que j’ai besoin de savoir.

— La vérité ! s’esclaffa Vadesh.

— Oui, cela existe ! rétorqua Rigg. Les choses telles qu’elles sont, telles qu’elles furent, telles qu’elles seront.

— Pure utopie ! Et vous êtes bien placé pour le savoir. Les choses telles qu’elles sont, furent et seront… jusqu’à ce qu’un voyageur du temps vienne les modifier !

— Ce monde est en sursis.

— Oui, abonda Vadesh. Et si je savais pourquoi, ou comment l’éviter, je vous le dirais. Je m’efforce d’en empêcher la fin depuis que nous en avons été informés ! Pourquoi croyez-vous que ce crocheface ait été créé ? Pensez-vous que je me sois amusé à les élever pour le plaisir, quand tous mes humains eurent fini de s’entre-tuer ? Non, je me suis retrouvé désœuvré, alors je me suis plongé en veille, jusqu’à ce qu’un message nous apprenne l’arrivée des Livres du Futur. L’ordinateur de bord m’a alors réveillé, et j’ai sorti Ram Odin de sa stase. C’est alors que nous avons décidé de développer ce crocheface capable des prouesses dont vous avez été témoin.

— De quelles prouesses parlez-vous ? l’interrogea Rigg.

— Vous l’avez bien vu à l’œuvre, non ?

— Sur moi, oui. Mais de quoi d’autre est-il capable ?

— Je ne suis pas humain, je ne pourrai jamais expérimenter la symbiose par moi-même. Ce sera à vous de me le dire lorsque vous le découvrirez… Je serai d’ailleurs ravi de l’entendre. »

Rigg prit conscience qu’il ne tirerait rien de Vadesh. Le sacrifiable ne lui disait pas tout ; il lui mentait, même, malgré son programme qui, d’après ses dires, lui interdisait tout mensonge.

Sans un au revoir – à quoi bon saluer un être qui cesserait d’exister à la seconde où vous changeriez le cours des événements ? – Rigg se propulsa vers le passé, une demi-heure avant que Ram Odin tente de l’assassiner. À l’instant même, donc, où le pisteur, dague à la main, s’apprêtait à faire passer le commandant de vie à trépas.

« Arrêtez, lança Rigg. Tous les deux. Aucun de vous ne peut se permettre de tuer ou de mourir aujourd’hui. »

Ram Odin nota qu’au moment de dire « tous les deux », son visiteur surprise s’était tourné vers quelque chose placé dans son dos. Il pivota sur son fauteuil et aperçut le second Rigg, le Rigg armé, le Rigg à deux doigts de faire valoir son droit à une légitime défense anticipée.

Il recula son siège d’un coup sec, bondit sur ses pieds… puis s’immobilisa. À trente minutes d’assassiner Rigg, le commandant n’avait pas encore son couteau à portée de main ; et face à un voyageur du temps aux réflexes dopés par un crocheface, le combat était perdu d’avance.

« Pourquoi “tous les deux” ? s’enquit-il.

— Dans une demi-heure, quand vous essaierez de me tuer, nous – moi et lui – vous désarmerons, avant de revenir vous poignarder. Vous reconnaissez le couteau qu’il tient à la main, n’est-ce pas ? Croyez-moi, nous ne vous louperons pas. Je viens d’un futur où cette console est rougie par votre sang.

— Que fais-tu là ? l’interrogea le Rigg armé.

— Je suis venu t’empêcher de faire une grosse bêtise. Ram Odin n’a aucun rapport avec les Nettoyeurs. Ils viendront, que tu le tues ou non.

— Et alors ? Il a essayé de me tuer, non ?

— Et tu vas faire de même, et j’ai fait de même… tout cela pour rien ! Je n’ai aucune idée de ce qui va arriver maintenant, mais je ne laisserai aucun de vous deux faire de mal à l’autre.

— Et pourquoi pas ? le défia le Rigg qui n’avait pas encore de mort sur la conscience et n’en aurait jamais, désormais. Cet assassin ne me laissera tranquille que quand il me saura mort.

— Non. À partir de maintenant, il sait que toute tentative pour te prendre par surprise serait vaine, même dans ton sommeil. Le crocheface ne dort jamais et tes réflexes sont trop rapides pour lui.

— C’est insensé ! lança Ram Odin. Comment pouvez-vous être en vie tous les deux ?

— Vous avez déjà assisté à la démultiplication d’Umbo sur le pont du vaisseau d’Odsac, lui rappela Rigg, pour qui l’énigme de la mort des deux répliques d’Umbo s’éclaircit soudain. Ainsi, c’est vous qui lui avez ordonné d’éliminer ses répliques.

— Mais comment pouvez-vous vous dédoubler, vous détripler même ? s’exclama le commandant.

— Et vous, comment avez-vous pu commanditer ce double meurtre de sang-froid ? rétorqua Rigg sans chercher à dissimuler son mépris.

— Ce n’était pas moi le donneur d’ordres, se défendit le commandant. Je ne faisais que me cacher…

— Et ce n’est pas lui qui vous a tué, observa Rigg en pointant du doigt son double armé. C’est moi. Mais lui et moi ne faisions qu’un jusqu’à présent. Ou, plutôt : j’étais lui. Aujourd’hui, je suis celui qui a enfoncé cette lame dans votre dos, quand lui n’en a encore que la ferme intention. D’une seule et même personne toute notre vie, nous sommes devenus deux, l’une coupable, l’autre pas. N’y voyez-vous pas une étrange ressemblance avec votre propre destinée, Ram Odin ? »

Le commandant se décomposa.

« M’avez-vous vraiment cru capable d’une telle monstruosité ? Donner l’ordre de raser les entremurs ?

— Sur le coup, oui, admit Rigg. Ce scénario me semblait plausible. Avec le recul, j’en rigole. Mais après tout ce dont vous vous êtes rendu coupable, comment être sûr que vous ne nous réserviez pas encore une mauvaise surprise ?

— J’ai créé ce monde ! s’emporta Ram Odin. Pourquoi le détruire ?

— Parce que vous en aviez déjà détruit un, en envoyant dix-neuf vaisseaux se fracasser à vitesse maximale à sa surface.

— Je ne faisais que suivre les ordres ! plaida le commandant. Si j’avais été en stase, ce sont ceux qu’auraient exécutés les ordinateurs de bord ! »

Rigg l’apprenait. Cette éventualité ne lui était jamais venue à l’esprit.

« Était-ce le plan initial ?

— Lorsque nous avons quitté la Terre, nous ignorions si une quelconque forme de vie nous attendait à destination. Mais nous priions pour pouvoir implanter la race humaine quelque part. S’il existait un monde viable, alors ce vaisseau – qui devint ces vaisseaux par la suite – devait réadapter l’environnement aussi rapidement que possible, pour que d’autres colons puissent suivre sans tarder.

— Et les Nettoyeurs ? Qui sont-ils ?

— Figurez-vous que j’ai dû me poser la question un bon millier de fois, moi aussi. Le Jardin est aujourd’hui biosphérisé. Les protéines disponibles sont presque toutes métabolisables par les êtres humains et le monde est encore suffisamment désert pour accueillir tous les colons attirés par une nouvelle vie. L’entremur de Vadesh pourrait recevoir à lui seul des milliers de vaisseaux en provenance de Terre, sans qu’aucun de ses passagers ne manque de place. Alors pourquoi décider de tout détruire ? Pourquoi supprimer des civilisations plus anciennes qu’aucune autre civilisation terrestre ? J’ai essayé de les persuader de ne pas coloniser ces terres finalement, de trouver un autre monde, mais comment les empêcher de n’en faire qu’à leur tête ?

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