Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #2
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-10335-7
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:
Cela dit, Rigg s’en plaindrait-il ? Il n’avait jamais couru après le pouvoir. Il aspirait juste au bonheur des autres, avait compris Umbo. S’il insistait parfois, ce n’était pas pour imposer sa manière de faire, mais seulement pour que les choses soient bien faites.
Comme à l’instant même, alors qu’il commandait à tout le monde de reprendre sa place dans le cercle et qu’il s’insérait dans le groupe entre Olivenko et Knosso, lui-même relié à Param, qui tenait Umbo, qui tenait Miche.
« Pourquoi les autres ne se joignent-ils pas à nous ? les interrogea Rigg. On pourrait tous retourner dans le passé à l’arrivée des Nettoyeurs.
— Pour que chacun vive avec son double pendant encore trois ans ? souleva Mère Mock, qui discutait avec Knosso avant le retour subit de Rigg.
— C’est l’heure », annoncèrent Larsac et Vadesh d’une seule et même voix, comme les deux clones qu’ils avaient été du temps de leur création.
Ils patientèrent.
« Ils sont en retard, observa Larsac, seul cette fois. Et les orbiteurs ne signalent aucune présence des Nettoyeurs.
— Ils n’en signaleront aucune, assura Rigg, car les Nettoyeurs ne viendront jamais. »
Les autres lâchèrent la main de leur voisine ou de leur voisin et exigèrent des explications.
« Les Terriens n’y étaient pour rien, les Éclaireurs non plus, les affranchit Rigg. Ram Odin vivait encore. Il est resté en stase dans le vaisseau de Vadesh, ne se réveillant que de temps à autre pour mettre son nez dans les affaires du monde et annuler les ordres que je donnais aux vaisseaux. L’arrivée des Éclaireurs l’a terrifié, car elle signifiait sa mise à pied. Alors il a préféré ordonner la destruction du Jardin plutôt que de voir d’autres colons arriver ou les Terriens s’entretenir avec nous. C’est sur son ordre que les orbiteurs ont agi.
— Qu’est-ce qui l’a fait changer d’avis ? s’enquit Umbo.
— Le couteau avec lequel il a essayé de me tuer, confia Rigg. Le crocheface m’a aidé à le désarmer. Ensuite, je suis retourné dans le passé pour faire valoir mon droit à une légitime défense anticipée, en mettant fin à ses jours.
— C’était risqué, estima Vadesh. Mais je comprends votre geste. Et je vous crois sur parole lorsque vous dites qu’il a essayé de vous tuer ; cela ne me surprend guère. Il avait peur de ce que vous deviendriez avec un crocheface sur la figure. Il m’avait ordonné d’expérimenter la symbiose avec Miche ou Olivenko, mais surtout pas avec l’un de vous, les voyageurs du temps. »
Rigg ne cacha pas sa surprise.
« Vous avez quand même fini par l’expérimenter sur moi. Pourquoi lui avoir désobéi ? »
Vadesh sourit.
« Il avait changé d’avis, avant d’en changer à nouveau.
— Mensonges, murmura Miche.
— Je suis programmé pour dire la vérité et rien que la vérité au maître des pierres, déclara Vadesh. Et je vous rappelle que vous ne murmurerez jamais assez doucement pour que vos propos m’échappent. Et maintenant, je suggère que vous reformiez sagement votre chaîne, car la seule nouveauté cette fois, c’est l’heure d’arrivée des Nettoyeurs, trois minutes trente plus tard que prévu.
— Non ! hurla Rigg en courant se planter face au sacrifiable. Je l’ai tué ! C’est fini !
— Vous avez commis un meurtre en vain, mon cher garçon. Pauvre Ram. Toutes ces années en stase, tout cela pour finir poignardé par un enfant pressé.
— Il nous manipulait ! cria Rigg. J’ai eu raison sur toute la ligne !
— Sur tout, sauf sur la cause de destruction de cette planète. Reprenez votre place dans le cercle, Rigg, ou faites-nous l’honneur de périr à nos côtés. Les deux me conviennent. »
Umbo choisit pour lui. Il se précipita sur Rigg, l’entoura d’un bras tout en continuant à tenir Param d’un côté et Miche de l’autre. Puis il déclencha en catastrophe le retour du groupe dans le passé. Le ciel venait de s’embraser.
Chapitre 12
Nouvelles traces
Rigg avait déjà son plan d’action en tête. Mais les autres avaient besoin de parler après ce retour précipité sur cette plage de Lar pour échapper à l’apocalypse qui frapperait trois années plus tard.
Une heure durant, Rigg s’efforça donc de les écouter justifier son acte, s’émerveiller devant le fait que Ram Odin ait été vivant tout ce temps, finalement, ou s’accorder avec lui sur la nécessité de le ressusciter.
« Je dois y aller, finit par déclarer le pisteur. Je vous abandonne une fois de plus. J’ai à faire. Vous aussi. Il faut faire quelque chose pour cette mise en garde que vous avez lancée aux Éclaireurs à propos des souris. »
Umbo parut peiné.
« Les avertir n’aura servi à rien.
— Ne le faites pas, dans ce cas, suggéra Rigg.
— Pour que les souris exterminent la race humaine sur Terre ? » grinça Param.
La princesse avait paru moins soucieuse de la survie des Terriens par le passé.
Peut-être s’en soucie-t-elle réellement aujourd’hui, songea Rigg. Ferait-elle preuve d’empathie pour les petites gens anonymes tout d’un coup ? Une vertu bien rare… si c’était le cas, Param méritait une médaille.
Mais l’intervention de la princesse avait plutôt l’air d’un plaidoyer en faveur de leur intervention auprès des Éclaireurs.
« On a tous commis la même erreur : agir sur la base de conclusions hâtives, reprit Rigg. Nos conclusions tenaient la route. Elles étaient fondées… mais en partie seulement. Maintenant, il faut comprendre en quoi elles étaient aussi erronées, pour pouvoir corriger le tir.
— Certains choix sont irréversibles, observa Umbo. Ton crocheface, par exemple. Tu le garderas toute ta vie. »
Ma culpabilité aussi, je la trimballerai toute ma vie. Je suis un assassin, j’ai poignardé un homme dans le dos. Rigg ne laissa pas ces pensées franchir le seuil de ses lèvres. Sinon, ils étaient repartis pour un quart d’heure de conciliabules sur le thème de la légitime défense, même si Rigg avait frappé Ram Odin au cœur trente minutes avant l’imminence réelle du danger.
Assez. Assez parlé. Marre de ressasser sans arrêt la même chose. Il est temps de rafraîchir le débat.
« Si on ne met pas en garde les Éclaireurs, on dit adieu à tout ce qu’on a vécu depuis, pointa Umbo. Et je n’en ai aucune envie. »
Rigg s’apprêtait à répondre à son ami quelque chose du genre « Tu ne perdras rien du tout » quand il prit conscience du dilemme auquel se sentait confronté Umbo. Pour contrer ses effets, le jeune cordonnier devait devancer l’avertissement, pour conseiller à son double et à Param de laisser les souris monter tranquillement à bord de l’aéronef des Éclaireurs.
Et dans ce cas, comment prévoir les bouleversements engendrés pour leurs deux personnes ? Umbo devait craindre que ses relations avec Param n’en pâtissent…
Une crainte légitime, connaissant Param. Si la princesse, en passe de marquer l’histoire par son avertissement aux Éclaireurs, recevait la visite impromptue d’Umbo lui ordonnant de ne rien faire, il y aurait de la frustration et de l’hystérie dans l’air. Les deux ne reviendraient pas sur la plage en amis.
« Ne faites rien pour l’instant, proposa Rigg. On ignore encore si vous avez eu tort et pourquoi les Nettoyeurs sont venus. On sait juste que cela n’a aucun rapport avec l’homme que j’ai tué. Stopper les souris était peut-être une bonne idée. Et sinon, il doit y avoir un moyen de contourner le problème. Je n’ai aucune envie que vous deux défassiez vos vies pour si peu. »