L'agonie de la lumière
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-07572-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «L'agonie de la lumière». Краткое содержание книги:
Défi se dressait devant eux. Gwen traversa presque à la verticale un banc de nuages blancs. La gueule noire d’un pont d’atterrissage s’éclaira à leur approche, ce qui permit à Dirk de discerner un nombre au moment où la jeune femme y faisait pénétrer l’engin. Le 520e niveau. Une aire de stationnement immense, immaculée et déserte.
« Je vous souhaite la bienvenue, leur lança une voix familière quand la raie se fut posée. Je suis la Voix de Défi. Puis-je quelque chose pour vous ? »
Gwen coupa le contact puis vint se poster sur l’aile.
« Nous voulons devenir des résidents temporaires.
— Le prix de la pension complète est des plus raisonnables, dit la Voix.
— Alors, conduisez-nous à un appartement. »
Un mur s’effaça sur un véhicule à pneus ballon, qui vint aussitôt à leur rencontre. À part sa couleur, il était en tous points semblable à celui qui les avait transportés lors de leur première visite à Défi. Tandis que Gwen y montait, Dirk entreprit de charger dedans leurs bagages entassés sur le siège arrière du banshee : un bloc détecteur que Gwen avait emporté, trois sacs bourrés de vêtements et un nécessaire de survie pour des randonnées dans la jungle. Les deux glisseurs se trouvaient au bas de la pile, avec les bottines de vol, mais Dirk ne prit même pas la peine de les emporter.
Lorsque le véhicule eut démarré, la Voix commença à leur donner des renseignements sur les divers types d’appartements disponibles. Défi avait des chambres meublées dans une centaine de styles différents afin de répondre aux exigences de visiteurs venus de n’importe quel monde, avec néanmoins un goût ai-émereli prédominant.
« Quelque chose de simple et de peu coûteux, lui répondit Dirk. Un double lit, une cuisine et une douche feront l’affaire. »
La Voix les conduisit dans une petite alcôve aux murs bleu pastel, deux niveaux plus haut. S’y trouvait bel et bien un double lit, qui occupait la plus grande partie de la pièce, un coin cuisine intégré dans un mur ainsi qu’un large écran en couleurs qui couvrait les trois quarts d’une autre paroi.
« L’esthétique émereli dans toute sa splendeur », ironisa Gwen. Qui posa par terre bloc détecteur et vêtements avant de se laisser tomber sur le lit avec un soupir satisfait. Après avoir empilé les sacs dans un placard à porte coulissante, Dirk alla s’asseoir aux pieds de Gwen, devant l’écran mural.
« Un vaste choix d’émissions culturelles est à votre disposition pour vous distraire, dit la Voix. Je suis cependant au regret de devoir vous informer que la programmation régulière du Festival a été interrompue.
— Vous ne pouvez donc pas nous laisser tranquilles ? lui lança Dirk avec irritation.
— Les fonctions de base ne peuvent être interrompues, afin que soit assurée votre sécurité en toutes circonstances. Cependant, je puis être temporairement désactivé dans votre voisinage immédiat. Certains résidents préfèrent qu’il en soit ainsi.
— Et j’en fais partie. Désactivez-vous !
— Si vous deviez changer d’avis, ou faire appel à mes services, pressez simplement le bouton marqué d’une étoile sur le panneau situé à côté de l’écran mural, et je répondrai à nouveau à vos ordres. » Puis la Voix sombra dans le silence.
« Voix ? » lança Dirk après un court instant. N’obtenant aucune réaction, il hocha la tête de contentement et se replongea dans l’examen de l’écran. Gwen, derrière lui, dormait déjà, couchée en chien de fusil, sa tête blottie entre ses bras.
Il se retenait d’appeler Ruark, afin qu’il lui apprenne l’issue du duel – qui avait survécu, et qui avait péri. Mais cela lui semblait imprudent, pour l’instant tout au moins. Un ou plusieurs Kavalars pouvaient fort bien tenir compagnie à Ruark, soit dans son appartement, soit dans la salle de travail, et le joindre n’aurait pas manqué de leur révéler leur cachette. Il devait donc attendre. Avant leur départ, le Kimdissi leur avait donné le numéro d’un appartement inoccupé, situé deux étages au-dessus du sien, en demandant à Dirk de ne le composer qu’après la tombée de la nuit. S’il ne courait aucun danger, le Kimdissi leur avait promis de s’y trouver – dans le cas contraire, personne ne saurait jamais rien de leur petit arrangement. De toute façon, Ruark ignorait à quel endroit s’étaient rendus les fugitifs ; les Kavalars ne pourraient donc obtenir cette information de lui.
Dirk se sentait très las. Malgré son petit somme à bord de l’aéronef, l’épuisement pesait lourdement sur ses épaules, ainsi qu’un sourd sentiment de culpabilité. Gwen se trouvait à nouveau à ses côtés, mais il n’en éprouvait aucune joie triomphante. Peut-être cela viendrait-il une fois leurs ennuis actuels derrière eux, quand ils auraient réappris à se connaître. Comme sur Avalon, sept longues années plus tôt. Mais cela ne deviendrait envisageable qu’une fois tous deux en sécurité, loin de Worlorn et des Kavalars, loin des cités mortes et des forêts à l’agonie. Ils retourneraient de l’autre côté du Voile du Tentateur, songeait Dirk, assis devant l’écran mural. Ils quitteraient les Marches pour se rendre sur Tara, ou Braque, ou n’importe quelle autre planète épargnée par toute cette folie. Peut-être même regagneraient-ils Avalon, ou iraient-ils plus loin encore, sur Gulliver, Vagabond ou Vieux Poséidon. Il existait des centaines de mondes sur lesquels il n’avait jamais mis les pieds, un millier, davantage… Des planètes peuplées d’humains, de non-humains, d’extraterrestres. Toute sorte de lieux romantiques et lointains où nul n’avait jamais entendu parler de Haut Kavalaan et de Worlorn. Lui et Gwen les visiteraient ensemble, désormais.
Trop las pour pouvoir dormir, agité, mal à l’aise, Dirk se résolut à tester paresseusement les commandes de l’écran. Il pressa le bouton marqué d’un point d’interrogation, ainsi qu’il l’avait déjà fait dans l’appartement d’Arkin Ruark, à Larteyn. La même liste de services apparut devant lui, avec des signes trois fois plus grands. Il les étudia soigneusement pour découvrir ce qu’ils pouvaient lui apprendre. Peut-être parviendrait-il à en tirer certains renseignements utiles.
La liste comprenait un numéro d’appel permettant d’obtenir les dernières informations planétaires. T’Larien le composa, espérant y voir commenté le duel qui avait dû se dérouler à l’aube, à Larteyn, ou au moins quelque mention dans la rubrique nécrologique. Mais l’écran devint aussitôt gris, avec des lettres blanches qui s’allumaient par intermittence : Service supprimé, tant qu’il n’annula pas sa demande.
Nouvelle tentative : il demanda le service de renseignements du spatioport, pour vérifier les indications que Ruark lui avait données sur le vaisseau. La chance lui sourit enfin : trois appareils étaient attendus dans les deux mois à venir. Le premier, ainsi que l’avait dit le Kimdissi, allait arriver dans un peu plus de trois semaines. C’était une navette des Marches appelée le Teric neDahlir. Ruark, cependant, avait omis de préciser qu’elle ne pourrait les conduire en direction du centre de la galaxie. Arrivant de Kimdiss, elle avait en effet ai-Émerel pour destination finale, avec des escales sur Eshellin et le Monde de l’Océan vinnoir. Une semaine plus tard devait se poser un vaisseau de transport en provenance de Haut Kavalaan. Puis plus rien jusqu’à l’arrivée du Frisson des ennemis oubliés, sur le chemin du retour.
Il était hors de question d’attendre aussi longtemps. Lui et Gwen allaient devoir prendre le Teric neDahlir jusqu’à un autre monde extérieur, puis changer de vaisseau. Mais l’embarquement proprement dit allait leur faire courir d’énormes risques, estima-t-il. Les Kavalars n’avaient pratiquement aucune chance de les découvrir ici, dans le dédale de Défi, alors qu’ils avaient une planète entière à fouiller. Mais Jaan Vikary allait certainement deviner leur intention de quitter ce monde aussi rapidement que possible – il ne manquerait pas de les attendre au spatioport, le moment venu. Incapable de trouver une solution miracle pour se débarrasser des Kavalars, Dirk en était réduit à faire des vœux pieux.