Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » Quand un roi perd la France
Quand un roi perd la France - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Quand un roi perd la France

Электронная книга - «Quand un roi perd la France». Краткое содержание книги:

Dans ce septième et dernier volume desRois maudits, c'est le règne de Jean II qui est retracé. L'Histoire a surnommé ce roi Jean le Bon, mais ce monarque fut, en fait, aussi vaniteux et cruel qu'indécis et incapable. La France est, à l'époque, en crise : les clans et les factions se disputent le pays, l'Angleterre revendique le royaume, les impôts sont écrasants, la peste fait des ravages et le roi accumule les erreurs. On suit, à travers le récit d'un haut personnage de l'époque, l'évolution du règne. Une épopée malheureuse et sanglante qui va mener le roi au désastre de la bataille de Poitiers où il sera fait prisonnier des Anglais.
1 ... 48 49 50 51 52 53 54 55 56 ... 76
Перейти на страницу:

Autour du roi Jean, deux partis existaient comme ils existent aujourd’hui autour du Dauphin, puisque les mêmes hommes sont en place.

D’un côté, le parti du chancelier Pierre de La Forêt, l’archevêque de Rouen, que seconde Enguerrand du Petit-Cellier ; ce sont hommes que je tiens pour les plus avertis et les plus soucieux du bien du royaume. Et puis de l’autre Nicolas Braque, Lorris, et surtout, surtout, Simon de Bucy.

Peut-être l’allez-vous voir à Metz. Ah ! défiez-vous toujours de lui et des gens qui lui ressemblent… Un homme à tête trop grande sur un corps trop court, déjà c’est mauvais signe, redressé comme un coq, assez malappris et violent dès qu’il cesse d’être taciturne, et plein d’un immense orgueil, mais dissimulé. Il savoure le pouvoir exercé dans l’ombre, et n’aime rien tant qu’humilier, sinon perdre, tous ceux qu’il voit prendre trop d’importance à la cour ou trop d’influence sur le prince. Il imagine que gouverner, c’est seulement ruser, mentir, échafauder des machines. Il n’a point de grande idée, seulement de médiocres desseins, toujours noirs, et qu’il poursuit avec beaucoup d’obstination. Petit clerc du roi Philippe, il a grimpé jusqu’où il est… premier président au Parlement et membre du Grand Conseil… en s’acquérant réputation de fidélité, parce qu’il est autoritaire et brutal. On a vu cet homme, rendant la justice, obliger des plaideurs mécontents à s’agenouiller en plein prétoire pour lui demander pardon, ou bien faire exécuter d’un coup vingt-trois bourgeois de Rouen ; mais il prononce aussi bien des acquittements arbitraires ou renvoie indéfiniment de graves affaires, pour pouvoir tenir les gens à sa discrétion. Il sait ne pas négliger sa fortune ; il a obtenu de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés l’octroi de la porte Saint-Germain, aussitôt nommée porte de Bucy, et par là il touche péage sur une bonne part de tout ce qui roule dans Paris.

Dès lors que La Forêt avait négocié l’hommage de Phœbus, Bucy y était opposé et bien résolu à faire échouer l’accord. C’est lui qui alla au-devant du roi, venant de Breteuil, et lui glissa : « Phœbus vous nargue dans Paris par un grand étalage de richesse… Phœbus a reçu à deux reprises le prévôt Marcel… J’ai soupçon que Phœbus complote, avec sa femme et la reine Blanche, l’évasion de Charles le Mauvais… Il faut exiger de Phœbus l’hommage pour le Béarn… Phœbus ne tient pas de bons propos sur vous… Prenez garde, en accueillant trop gracieusement Phœbus, de blesser le comte d’Armagnac, dont vous avez grand besoin en Languedoc. Certes, le chancelier La Forêt a cru bien faire ; mais La Forêt est trop coulant avec les amis de vos ennemis… Et puis a-t-on idée de s’appeler Phœbus ? » Et afin de mettre le roi vraiment en méchante humeur, il lui bailla une mauvaise nouvelle. Friquet de Fricamps s’était évadé du Châtelet grâce à l’ingéniosité de deux de ses domestiques. Les Navarrais narguaient le pouvoir royal et retrouvaient un homme bien habile et bien dangereux…

Cela fit qu’au souper qu’il offrit la veille de l’hommage, le roi Jean se montra rogue et agressif, appelant Phœbus : « Messire mon vassal » et lui demandant : « Reste-t-il quelques hommes dans vos fiefs, après tous ceux qui vous escortent dans ma ville ? »

Et encore il lui dit : « J’aimerais que vos troupes n’entrassent plus dans les terres où commande Monseigneur d’Armagnac. »

Fort surpris, car il était convenu avec Pierre de La Forêt qu’on regarderait ces incidents comme effacés, Phœbus répliqua : « Mes bannières, Sire mon cousin, n’auraient pas eu à pénétrer en Armagnac si ce n’avait été pour y repousser celles qui venaient attaquer chez moi. Mais dès lors que vous avez donné ordre que cessent les incursions des hommes qui sont à Monseigneur d’Armagnac, mes chevaliers se tiendront heureux sur leurs frontières. » Sur quoi le roi enchaîna : « Je souhaiterais qu’ils se tinssent un peu plus près de moi. J’ai convoqué l’ost à Chartres, pour marcher à l’Anglais. Je compte que vous serez bien exact à le rejoindre avec les bannières de Foix et de Béarn.

— Les bannières de Foix, répondit Phœbus, seront levées ainsi que vassal le doit, aussitôt que je vous aurai rendu l’hommage, Sire mon cousin. Et celles de Béarn suivront, s’il me plaît. »

Pour un souper d’accordement, c’était réussi ! L’archevêque-chancelier, surpris et mécontent, s’employait vainement à mettre un peu de baume. Bucy montrait visage de bois. Mais dans le fond de soi, il triomphait. Il se sentait le vrai maître.

Du roi de Navarre, le nom ne fut même pas prononcé, bien que la reine Jeanne et la reine Blanche fussent présentes.

En sortant du palais, Ernauton d’Espagne, l’écuyer géant, dit au comte de Foix… je n’étais pas dans leurs bottes, mais c’est le sens de ce qui me fut rapporté : « J’ai bien admiré votre patience. Si j’étais Phœbus, je n’attendrais point un nouvel outrage, et je m’en repartirais sur-le-champ pour mon Béarn. » À cela Phœbus répondit : « Et si j’étais Ernauton, c’est tout exactement le conseil que je donnerais à Phœbus. Mais je suis Phœbus, et dois regarder avant tout l’avenir de mes sujets. Je ne veux pas être celui qui rompt et paraître en mon tort. J’épuiserai toutes chances d’accord, jusqu’aux limites de l’honneur. Mais La Forêt, je le crains bien, m’a mené dans une embûche. À moins qu’un fait que j’ignore, et qu’il ignore, ait retourné le roi. Nous verrons demain. »

Et le lendemain, après messe, Phœbus pénétra dans la grand-salle du palais. Six écuyers soutenaient la traîne de son manteau, et pour une rare fois, il n’allait pas tête nue. C’est qu’il portait couronne, or sur or. La chambre était tout emplie de chambellans, conseillers, prélats, chapelains, maîtres du Parlement et grands officiers. Mais le premier que remarqua Phœbus, ce fut le comte d’Armagnac, Jean de Forez, debout au plus près du roi et comme appuyé au trône, faisant figure bien arrogante. De l’autre côté, Bucy feignait de mettre ordre dans ses rôles de parchemin. Il en prit un et lut, comme si c’eût été un tout ordinaire arrêt : « Messire, le roi de France, mon seigneur, vous reçoit pour la comté de Foix et la vicomté de Béarn que vous tenez de lui, et vous devenez son homme comme comte de Foix et vicomte de Béarn selon les formes faites entre ses devanciers, rois de France, et les vôtres. Agenouillez-vous. »

Il y eut un temps de silence. Puis Phœbus répondit d’une voix fort nette : « Je ne puis. »

L’assistance marqua de la surprise, sincère chez la plupart, feinte chez d’autres, avec un rien de plaisir. Ce n’est pas si souvent qu’un incident survient dans une cérémonie d’hommage.

Phœbus répéta : « Je ne puis. » Et il ajouta bien clairement : « J’ai un genou qui ploie : celui de Foix. Mais celui de Béarn ne peut ployer. »

Alors le roi Jean parla, et sa voix avait un ton de colère. « Je vous reçois et pour Foix et pour Béarn. » L’audience frémit de curiosité. Et le débat donna ceci, pour le plus gros… Phœbus : « Sire, Béarn est terre de franc-alleu, et vous ne pouvez point me recevoir pour ce qui n’est pas de votre suzeraineté. » Le roi : « C’est fausseté que vous alléguez là, et qui a été pour trop d’années sujet de disputes entre vos parents et les miens. » Phœbus : « C’est vérité, Sire, et qui ne restera sujet à discorde que si vous le voulez. Je suis votre sujet fidèle et loyal pour Foix, selon ce que mes pères ont toujours protesté, mais je ne puis me déclarer votre homme pour ce que je ne tiens que de Dieu. » Le roi : « Mauvais vassal ! Vous vous ménagez de fourbes chemins pour vous soustraire au service que vous me devez. L’an dernier vous n’avez point amené vos bannières au comte d’Armagnac, mon lieutenant en Languedoc que voici, et qui, à cause de votre défection, n’a pu repousser la chevauchée anglaise ! » Phœbus dit alors, superbement : « Si de mon seul concours dépend le sort du Languedoc, et que Messire d’Armagnac est impuissant à vous garder cette province, alors ce n’est pas lui qu’il faut en remettre la lieutenance, Sire, mais à moi. »

1 ... 48 49 50 51 52 53 54 55 56 ... 76
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)