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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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« Une urgence, expliqua Hartlandt, prioritaire sur toutes les autres.

— Et pourquoi, je vous prie ? »

Hartlandt lui tendit sa carte. « Parce qu’il est peut-être responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons tous… »

Manzano crut avoir mal entendu. Ce fou était-il en train de faire de lui un bouc émissaire aux yeux de tous ?

« Raison de plus pour ne pas s’occuper de lui, rétorqua le médecin.

— Hippocrate serait heureux de vous entendre, railla le fonctionnaire. Peut-être que ce patient est en mesure de nous aider à régler le problème. Mais pour cela, j’en ai besoin avec une circulation sanguine qui soit stable, sans septicémie ni infection. »

Le médecin grommela quelques mots. « Venez avec moi. »

Il conduisit le policier dans une salle d’opérations et désigna un lit.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda le médecin, désignant les menottes. Enlevez-les lui, sans quoi je ne peux le prendre en charge. »

Hartlandt ôta les menottes.

Le médecin enleva le pansement fait sommairement par l’inspecteur puis coupa le pantalon de Manzano. Il examina la blessure, la palpa prudemment. L’Italien cria cependant de douleur.

« Ce n’est pas si grave, constata le médecin. Il n’y a qu’un problème ; je n’ai plus d’anesthésique. Est-ce que…

— Faites, lui intima Hartlandt.

— Je désinfecte », dit le médecin. Il imbiba une compresse de liquide et en enduisit la plaie. L’Italien poussa un gémissement.

« C’est horrible, jura le médecin. J’ai l’impression d’être dans une guerre des années 1930, lorsqu’on donnait une bouteille de schnaps à un blessé avant de l’amputer de la jambe. »

Manzano ferma les yeux, espérant qu’il perdrait connaissance. Ça n’arriva pas.

« Alors ? » demanda le médecin.

Manzano inspira profondément et répondit en anglais : « Virez-moi cette balle.

— O.K. Serrez les dents. Ou, mieux encore, mordez là-dedans. » Il lui donna un chiffon.

Il désinfecta une longue pince avec de la gaze. « Nous n’avons plus d’instruments stériles », expliqua-t-il en haussant les épaules.

Puis il enfonça un épieu brûlant dans la cuisse de l’Italien et l’agita dans la plaie. Manzano entendit un cri inhumain, long et fort, venant du plus profond des entrailles, à travers le bâillon. Ce n’est qu’une fois qu’il fut incapable de respirer qu’il réalisa qu’il s’agissait du sien. Ses poumons le forçaient au silence. Il tenta de se lever, mais Hartlandt le maintenait sur la table d’opération par les épaules, son collègue par les genoux.

Du coin des yeux, en larmes, l’Italien vit le médecin brandir la pince devant son visage. Au bout, un objet ensanglanté.

« Nous l’avons ! »

Il jeta le projectile dans une poubelle à proximité.

« Maintenant, je dois recoudre. Ça fait moins mal. »

Comment pourrais-je avoir plus mal ? songea Manzano, tout en étant de nouveau submergé par des sueurs froides. Il faut que je respire, se souvint-il — puis le trou noir.

Paris

Laplante braquait la caméra en direction de James Turner, posté devant un hall industriel. Il jurait contre Shannon qui l’avait laissé avec ce type. Derrière le journaliste, on voyait des silhouettes seules ou de petits groupes de personnes qui poussaient de grands paquets à travers une imposante porte ouvrant sur l’obscurité.

« Je me trouve devant les entrepôts centraux d’une grande chaîne de magasins d’alimentation au sud de Paris. Depuis cette nuit, les portes en ont été fracturées et les gens prennent ce qui s’y trouve. »

Laplante suivit Turner, qui partit en direction d’un groupe de pilleurs et se plaça en travers de leur chemin. Leurs bras étaient chargés de sacs en plastique dont le cadreur ne pouvait identifier le contenu.

« Qu’est-ce que vous avez pris ? interrogea Turner.

— Fous-moi le camp », rétorqua l’un des hommes, puis il tourna les talons.

Le journaliste se ressaisit et fit bonne figure.

« Comme nous pouvons le constater, ces gens sont extrêmement nerveux. Au sixième jour du black-out, la population parisienne manque de tout. En outre, le fait qu’un nuage radioactif en provenance de Saint-Laurent pourrait atteindre la métropole a encore dégradé l’ambiance qui règne dans la ville. »

Turner sortit l’appareil qu’il portait à la ceinture de son manteau depuis son reportage à Saint-Laurent.

« Voici l’indispensable appareil de mesure, annonça-t-il, la mine grave. Grâce à ce dosimètre, je peux évaluer la dose précise de radiations. »

Il brandit l’appareil en l’air.

« Il s’agit d’un appareil digital portatif, et non de ces appareils émettant une tonalité que l’on voit dans les films. Par ailleurs, ils sont ainsi réglés que lorsqu’est atteint un seuil critique ou dangereux, ils produisent un signal d’alarme… »

Un bip retentissant interrompit la prestation de Turner. Décontenancé, il regarda vers le boîtier, avant de réaliser qu’il lui fallait le ramener à portée de vue pour en lire les informations.

Laplante zooma sur son visage où se reflétait le trouble, puis l’incrédulité et enfin l’effroi.

« C’est… »

De nouveau, il brandit l’appareil en l’air, d’un côté, de l’autre, il fit quelques pas. Le cadreur suivait ses mouvements. En arrière-plan, les pilleurs continuaient leur ouvrage.

Turner plaça le dosimètre devant l’objectif.

« 0,2 microsieverts par heure, annonça-t-il. Le double de la dose tolérée ! Le nuage a atteint Paris ! »

Düsseldorf

« Réveillez-vous, nous sommes prêts. »

Manzano mit un moment à recouvrer ses esprits. Allongé sur le dos, il ressentait une vive douleur dans la cuisse. Au-dessus de lui se penchaient trois silhouettes. Puis tout lui revint.

« Vous avez eu une sacrée veine, fit le médecin. Ainsi vous n’avez rien senti lorsque j’ai recousu la plaie.

— Combien… combien de temps j’ai été… ?

— Deux minutes. Maintenant, vous allez rester ici quelques heures en observation. Puis tout le monde devra quitter les lieux.

— Pourquoi ? » demanda Hartlandt.

Le médecin mit Manzano en position assise en le tirant par le bras. Puis il expliqua : « Depuis avant-hier nos générateurs fonctionnent sur leurs réserves. » Assisté de Hartlandt, il installa Manzano dans le fauteuil roulant. « Nous n’avons plus de diesel, poursuivit-il tandis qu’ils quittaient la salle d’opérations. Il n’y en a pas assez pour tous les hôpitaux et les cliniques de Düsseldorf. Nous devons maintenant voir comment faire sortir nos patients. Ce soir, nous n’aurons plus de lumière.

— Ne devrions-nous pas dès maintenant le transporter ailleurs ?

— Il doit se reposer quelques heures. Et puis vous ne trouverez aucune place libre dans le peu de cliniques qui fonctionnent encore. Ils ont besoin des lits et du personnel pour les cas plus lourds.

— On m’a tiré dessus, gémit faiblement Manzano.

— C’était une blessure bénigne. Croyez-moi, si vous saviez quelles opérations j’ai fait sans narcoleptiques au cours des dernières heures… Malheureusement, je ne peux vous donner d’antidouleurs. Il n’y en a plus depuis longtemps. Ce sera douloureux dans les prochains jours. » Il lui mit dans la main deux paquets. « Voici au moins des antibiotiques. En cas d’infection, ça peut être précieux. Mais le mieux c’est que vous dormiez un peu. »

Sans même saluer, il tourna les talons et les laissa sur place.

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