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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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« Je n’ai plus fait ça depuis des années, soupirait-elle. J’avais complètement oublié à quel point c’était pénible. »

Vincent Bollard, ahanant, entra par la porte opposée, un panier rempli de bûches au bout de chaque bras. Il les posa bruyamment.

« Savez-vous où je peux trouver la pharmacie la plus proche ? s’enquit Bertrand Doreuil.

— On peut essayer d’y aller, répondit Vincent Bollard. C’est urgent ?

— Oui, mes médicaments pour le cœur. »

Bollard se contenta d’acquiescer.

Son épouse échangea un regard avec Annette Doreuil.

« Normalement, nous ne devons pas sortir, gémit Bollard, le souffle court. Mais lorsqu’il faut, il faut. Il embrassa sa femme sur la joue. Nous serons bientôt de retour. »

Ratingen

Deux heures durant, Hartlandt avait cuisiné Manzano.

« Qu’est-ce que ça veut dire “trouveront rien” ? Y aurait-il quelque chose à trouver et que vous empêcheriez qu’on trouve ? Ou est-ce qu’il n’y a rien à trouver ? Est-ce que vous croyez pouvoir entrer dans les systèmes pour pouvoir les manipuler ? Qui voulez-vous tenir “au jus” ? À qui avez-vous déjà tout raconté ? »

Des questions à n’en plus finir. Manzano n’y avait répondu que par d’autres questions.

« Serais-je assez stupide pour envoyer un tel message sans le coder ? Et pourquoi n’aurais-je pas effacé toutes les traces sitôt après l’envoi ? »

La porte s’ouvrit et le second collaborateur de Hartlandt entra. Manzano s’aperçut qu’il portait son portable. « Nous avons découvert d’autres mails dans lesquels vous communiquez vos différentes adresses à La Haye.

— C’est ridicule, s’écria Manzano. Qu’est-ce qu’il va se passer ?

— Vous êtes un vrai crack en informatique, fit Hartlandt en se levant. Monsieur Manzano, vous êtes en état d’arrestation. Nous vous plaçons en détention préventive. Nous continuerons à vous interroger. Les services de renseignement s’intéressent également à vous. »

Là où se trouvait le BND, la CIA n’était pas loin, d’autant plus après l’attaque contre les États-Unis. À la pensée des méthodes employées par les services de renseignement américains, bénéficiant du blanc-seing de leur administration, Manzano fut saisi par la peur, à s’en trouver mal.

Nanteuil

Lorsqu’Annette Doreuil entendit la voiture devant la maison, elle se précipita dans le couloir. Les deux hommes passèrent la porte d’entrée, leur respiration créant de la buée dans le froid, et ils la refermèrent prestement.

Son époux tenait une boîte de médicaments en l’air, elle se sentit soulagée.

Puis il l’écrasa dans son large poing. C’était la vieille, la vide.

« Rien, dit-il. Pour l’heure, plus rien en stock. »

Düsseldorf

Le chauffeur de Hartlandt dirigea la voiture sur un parking à côté d’un grand bâtiment. Quelques places étaient occupées par des groupes électrogènes vrombissant, dont les gaz viciaient l’air. D’épais faisceaux de câbles traversaient une étroite plate-bande en direction du bâtiment.

Ils avaient roulé une demi-heure puis étaient passés devant un panneau qui informa Manzano qu’ils se trouvaient à Düsseldorf. Lorsqu’il descendit, il ressentit le froid piquant. Hartlandt n’avait pas jugé nécessaire de lui passer les menottes.

« Je dois absolument aller aux toilettes, dit-il. Impossible d’attendre davantage. »

Hartlandt le dévisagea rapidement.

« Avant que vous ne fassiez dans votre pantalon… »

Manzano alla vers les générateurs. Hartlandt et son collègue le suivirent. L’Italien se mit à côté des machines, lança un coup d’œil à ses deux accompagnateurs, leur signifiant qu’il souhaitait qu’on ne le regarde pas, et il déboutonna son pantalon. Les deux fonctionnaires ignorèrent son souhait et restèrent juste derrière lui. Il lui était possible d’entendre leur respiration tandis qu’il regardait à la dérobée les appareils et les faisceaux de câbles. Rien à faire. Soudain, il se retourna et dirigea le jet d’urine sur les fonctionnaires.

« Putain… ! »

L’homme fit un bond en arrière. Manzano continua en direction de Hartlandt. Il fit également quelques pas en arrière, et, à l’instar de son collègue, regarda son pantalon. Manzano saisit l’occasion et partit en courant.

Les jambes à son cou, il traversa le parking, tout en se rebraguettant hâtivement. Derrière lui, les deux policiers criaient.

« Stop ! Arrêtez-le ! »

Il n’y prêta pas attention. Il était un joggeur régulier. Quant à savoir s’il pourrait se faire la belle face à des policiers entraînés, il serait vite fixé. Le sang palpitait si fort dans ses oreilles qu’il ne pouvait entendre les cris de ses poursuivants. Il devait quitter la route. L’un des fonctionnaires tenterait sans nul doute de le rattraper en voiture. Ses pieds ne semblaient qu’à peine toucher le sol. Son regard fébrile cherchait un endroit où bifurquer.

Quelqu’un cria de nouveau, il ne comprit pas. Il emprunta une perpendiculaire. Il réalisa sur-le-champ que là aussi ses chances étaient limitées. Il lui fallait prendre la prochaine rue. Derrière lui, les bruits d’une foulée rapide. Y avait-il un ou deux poursuivants ? Impossible à dire. Il essayait de ralentir son rythme cardiaque en respirant plus profondément. De la sueur coulait sur son front. Voici que grondait maintenant le bruit d’un moteur de voiture. Devant lui, un jardin clos par une barrière de la hauteur d’un homme et une haie. Encore quelques enjambées, il escalada la clôture et passa de l’autre côté. Derrière lui, des jurons, des crissements de pneu. Manzano courait vers la maison, une grande villa. Les fenêtres étaient sombres. Il la contourna, le jardin, là aussi, était délimité par une barrière et une haie. Manzano ne voyait pas ce qui l’attendait de l’autre côté. D’un bond, il parvint à saisir l’extrémité supérieure de la barrière, passa dessus, se laissa glisser de l’autre côté. Une fois sur le trottoir il reprit sa course éperdue. Il était conscient qu’il ne pourrait pas tenir ce rythme pendant longtemps encore.

De nouveau, il entendit quelqu’un crier. Il ne les avait pas distancés. Au contraire, la voix semblait très proche, même si Manzano ne parvenait pas à saisir ce qu’elle disait. Une détonation retentit. Il courut plus vite encore, descendant la ruelle. Devant, un autre croisement. Puis une autre détonation. Il ressentit immédiatement une douleur sourde dans sa cuisse droite. Il trébucha, continua plus lentement. Soudain, on l’attrapa par-derrière et on le plaqua sur le sol. Avant même qu’il puisse se défendre, on lui avait fait une clef de bras énergique. Un objet contondant s’enfonçait dans son dos. Il entendit un cliquetis métallique, puis il sentit les menottes froides se refermer autour de ses poignets.

« Espèce d’idiot, suffoqua l’homme à bout de souffle, je croyais que vous étiez raisonnable. »

Manzano sentit des mains sur sa jambe.

« Laissez-moi voir ça. »

Ce n’est qu’alors qu’il éprouva de la douleur. Sa cuisse droite brûlait comme si on y enfonçait un fer rouge.

Berlin

« Il n’y a pas le plus faible indice », concéda le général de l’OTAN. Chacun des dix moniteurs dans la salle de réunion du centre de crise était divisé en quatre fenêtres : dans chacune, un visage. Il s’agissait des représentants de la plupart des chefs de gouvernement de l’Union européenne, ou de leurs ministres des Affaires étrangères, de six généraux de l’OTAN, depuis le quartier général de Bruxelles, et du président des États-Unis. Très certainement, devaient se trouver à leurs côtés la moitié de l’état-major et les officiels de la cellule de crise, comme c’était le cas à Berlin, songeait Michelsen.

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