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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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« Jürgen Hartlandt, se présenta le premier. Piero Manzano ? »

Il acquiesça et les deux autres se postèrent à sa droite et à sa gauche.

« Suivez-moi, je vous prie », fit Hartlandt dans un anglais presque sans accent, sans même présenter ses collègues. Il conduisit Manzano dans une petite salle de réunion. Il referma derrière eux la porte, à proximité de laquelle resta un de ses accompagnateurs.

« Asseyez-vous. J’ai reçu un message d’Europol à La Haye. Je dois d’abord, pour des raisons de sécurité, examiner votre ordinateur. »

Manzano plissa le front. « Ce sont mes affaires privées.

— Auriez-vous quelque chose à cacher, monsieur Manzano ? »

L’Italien commença à se sentir mal à l’aise. Il se demandait ce que cela signifiait. Ne l’avait-on pas prié de venir les aider ? Le ton de Hartlandt ne lui plaisait pas.

« Non. Mais une sphère privée.

— Alors procédons autrement, proposa Hartlandt. Expliquez-moi, je vous prie, qui est mata@radna.ru ?

— Qu’est-ce que j’en sais ?

— C’est à vous de me le dire. Vous avez adressé un mail à cette adresse.

— Ça m’étonnerait. Et si c’était le cas, comment le sauriez-vous ?

— Vous n’êtes pas le seul à vous y connaître en informatique ni à pouvoir vous balader dans des ordinateurs étrangers. Europol vous a surveillé, qu’est-ce que vous vous imaginiez ? Qui est mata@radna.ru ?

— Une fois de plus : je n’en sais rien. »

L’un des accompagnateurs de l’inspecteur prit la sacoche de Manzano avant qu’il puisse l’en empêcher. L’Italien bondit. Le second fonctionnaire le rassit sur sa chaise.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? protesta Manzano. Je pensais que je devais vous aider !

— C’est ce que nous pensions aussi, rétorqua Hartlandt en sortant l’ordinateur de son étui et en l’allumant.

— Dans ce cas, je préfère m’en aller, dit Manzano.

— Pas question », répondit Hartlandt sans cesser de fixer l’écran.

Manzano essaya de se lever, mais, à chaque nouvelle tentative, on le rasseyait sans ménagement.

« Restez assis, s’il vous plaît, lui intima l’inspecteur en tournant l’ordinateur vers Manzano. Alors, vous n’avez pas envoyé de mail à mata@radna.ru ? »

Manzano découvrit le mail envoyé depuis son adresse à celle mentionnée par le policier.

Talaefer. Chercher un bug. Trouveront rien. Je te tiens au jus.

Il le lut une seconde fois. Sans voix, il regarda Hartlandt. Il lui fallut de nouveau regarder l’écran. Enfin il prononça quelques mots. « Je n’ai ni écrit ni envoyé ça. »

Hartlandt se gratta la tête. « C’est pourtant bien votre ordinateur ? »

Il acquiesça. Ses pensées fusaient. Il vit la date d’envoi du mail. Pendant qu’il était à La Haye. Il croisa les bras sur sa poitrine. « Je n’ai jamais écrit ça. Je n’ai aucune idée de qui l’a fait. Examinez ma machine. Peut-être a-t-elle été manipulée. Je le ferais bien moi-même. Mais je crains que vous ne m’y autorisiez pas.

— Vous avez raison. Nous le ferons nous-mêmes. » Il passa l’ordinateur à l’un des hommes, qui quitta la pièce. Pendant ce temps-là, nous pourrons continuer à nous entretenir à propos de votre contact.

— Il n’y a rien à en dire, répondit Manzano. Je ne connais ni ce mail ni cette adresse. Je n’ai donc rien à dire. »

Sur son propre ordinateur, le fonctionnaire ouvrit un fichier : « Vous êtes Piero Manzano, un brillant hacker, tout du moins dans les années 1980–1990, activiste politique également, vous avez été arrêté brièvement lors du G8 à Gênes en 2001.

— Bien, bien. Inutile de me raconter ma vie. Je sais encore ce que j’ai fait…

— Quelqu’un est en train de s’en prendre à l’Europe et aux États-Unis ! Et avec ce mail, on pourrait…

— Un instant ! Pourquoi les États-Unis ?

— … croire que vous êtes en contact avec ce quelqu’un. »

Ils le soupçonnaient, lui, Piero Manzano, de faire partie des responsables de la catastrophe ! Ce Hartlandt venait de lui reprocher d’être un cyber-activiste politique. Ils croyaient qu’il était un terroriste !

« C’est… c’est… absurde.

— Nous verrons bien, répondit l’inspecteur, une ride profonde entre les sourcils.

— Oui… Et que s’est-il passé aux États-Unis ?

— Vous n’avez pas écouté la radio pendant le trajet ?

— Plus aucune station ne semble émettre.

— Aux États-Unis, depuis ce matin, ça a l’air d’être comme chez nous. De vastes parties du pays sont sans courant.

— Ce… ce n’est pas sérieux ?

— Croyez-moi. Je ne suis pas d’humeur à faire des blagues. Vous feriez mieux de vous expliquer avant que la CIA ne s’intéresse à vous. »

Shannon prit sa doudoune sur l’étroite banquette arrière de la Porsche et la passa. Il faisait froid dans la voiture. Voilà une heure qu’elle attendait sur le parking devant l’immense immeuble de bureaux Talaefer. En temps normal, elle se serait renseignée sur l’entreprise avec son téléphone portable. Mais plus rien n’était normal. Sans même la radio, son attente était ennuyeuse et silencieuse.

Elle descendit et traversa le parking. Il y a encore quelques voitures ici, se dit-elle. Peut-être ont-ils du courant.

Dans le hall d’accueil, une employée seule la salua, les sourcils froncés.

« Que puis-je faire pour vous ? »

Discrètement, Shannon regarda autour d’elle. Sur le comptoir, devant la préposée, un présentoir avec des brochures sur lesquelles ressortait le nom de l’entreprise. Version allemande. Anglaise. Excellent.

« Do you speak english ? demanda-t-elle.

— Yes.

— I think I’m lost. I need to go to Ratingen. »

La mine de son interlocutrice s’éclaira. Dans un anglais maladroit, elle expliqua à Shannon qu’il lui fallait prendre à droite sur la route qui partait du parking et qu’elle atteindrait Ratingen au bout d’un kilomètre.

Shannon la remercia, parcourant en même temps une des brochures avant de la mettre dans sa poche.

« Bye. »

De retour dans sa voiture, elle s’emmitoufla davantage encore dans son manteau et commença à étudier le prospectus, ne cessant de jeter des coups d’œil en direction de l’entrée où Manzano avait disparu.

Nanteuil

« Vide, dit Bertrand Doreuil en secouant la boîte de médicaments. Il m’en faut d’autres sans plus tarder.

— Mais nous n’avons pas le droit de sortir, rétorqua sa femme.

— Je vais directement de la maison à la voiture. Que peut-il m’arriver ? »

Il alla dans la cuisine, suivi par Annette Doreuil. Céleste Bollard, assise à la table, plumait une poule. Elle mettait les plumes dans une grande corbeille, et, malgré tout, nombreuses étaient celles qui jonchaient le sol.

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