Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
Iza n’avait pas l’habitude de telles réceptions. Elle se dépensa sans compter pour préparer le repas. Sa connaissance de la flore s’étendant aussi bien aux plantes aromatiques, elle savait comment exalter le fumet d’un plat. Le dîner fut particulièrement savoureux. Ayla s’appliqua à se montrer d’une discrétion exemplaire, et Mog-ur se sentit flatté par tant de perfection. A la fin du repas, Ayla servit une infusion de menthe et de camomille, dont Iza savait qu’elle facilitait la digestion. Puis les deux hommes se mirent à évoquer le temps passé, tandis que les femmes se tenaient prêtes à satisfaire leurs moindres désirs. Zoug se sentit vaguement jaloux du bonheur du vieux sorcier, pour qui la vie n’aurait pu être plus douce.
Le lendemain, Ayla observa soigneusement Zoug en train de mesurer la fronde de Vorn, et prêta une grande attention aux explications du vieil homme sur la façon dont les deux extrémités devaient être taillées en pointe, ni trop courtes ni trop longues. Puis elle le regarda façonner le petit creux destiné à recevoir le caillou au centre de la fronde, à l’aide d’un galet bien rond et mouillé de manière à déformer et distendre légèrement le cuir à cet endroit. Au moment où Zoug rangeait les restes de cuir inutilisés, Ayla lui apporta à boire.
— Zoug a-t-il encore besoin de ces petits morceaux ? Ils ont l’air tellement souples, indiqua Ayla par gestes.
— Je n’en ai pas l’usage. Cela te ferait plaisir de les prendre ? proposa Zoug, qui se sentait rempli de bienveillance à l’égard de cette petite fille serviable et admirative.
— L’enfant qui est devant toi t’en serait reconnaissante. Certaines chutes sont encore assez grandes pour être utilisées, répondit Ayla, la tête baissée.
Le lendemain, Zoug regretta l’absence d’Ayla travaillant à ses côtés et lui apportant à boire ; mais il avait terminé son ouvrage ; toutes les frondes étaient enfin prêtes. Il la vit se diriger vers les bois, son panier de cueillette sanglé sur le dos, le bâton à fouir à la main. Elle va chercher des plantes pour Iza, pensa-t-il. Je ne comprends pas Broud. Zoug n’avait guère de sympathie pour le garçon ; il n’avait pas oublié le geste violent qu’il avait eu envers lui. Pourquoi est-il toujours à la réprimander ? Elle est travailleuse, respectueuse ; Mog-ur peut en être fier. Il a de la chance d’avoir Iza et cette fillette à son foyer. Zoug se souvenait de l’agréable soirée qu’il avait passée en compagnie du grand sorcier et, bien qu’il n’en fît point mention, il se rappelait que c’était Ayla qui avait suggéré au mog-ur cette invitation. Il la regarda s’éloigner sur ses grandes jambes. Dommage qu’elle soit si laide, déplora-t-il une fois de plus, elle pourrait rendre un homme heureux un jour.
Après s’être confectionné une fronde neuve avec les morceaux de cuir que Zoug lui avait donnés, la vieille fronde ayant fini par se déchirer, Ayla décida de se trouver un lieu d’entraînement plus éloigné encore de la caverne, bien à l’abri de toute surprise. Elle commença par remonter le cours d’eau, puis grimpa la colline en suivant l’un de ses affluents, se frayant un passage à travers les broussailles.
Elle parvint bientôt à une falaise abrupte du haut de laquelle chutait en une fine pluie le ruisseau. Cherchant un passage pour aller plus haut, elle longea la falaise et vit que celle-ci prenait une inclinaison qui rendait possible son escalade. Elle en vint facilement à bout et déboucha sur un plateau traversé par le ruisseau. Elle poursuivit son chemin vers l’amont.
Les pins et les sapins aux troncs recouverts de lichen vert-de-gris dominaient le site dans lequel elle pénétrait. Les écureuils sautaient d’arbre en arbre ou traversaient le tapis de mousse qui s’étalait indifféremment sur la terre, les pierres et les souches. Les arbres s’éclaircirent peu à peu, et elle parvint à un petit pré enserré entre les parois gris-brun de la montagne. Le ruisseau qui serpentait le long d’un des côtés de la prairie prenait sa source au pied d’un rocher, près duquel poussait un gros bouquet de noisetiers. La chaîne de montagnes était criblée de fissures et de failles. Elles recevaient les eaux de la fonte des neiges qui resurgissaient plus bas en sources fraîches et cristallines.
Ayla alla se désaltérer longuement à la source glacée, puis s’arrêta un instant pour examiner quelques grappes de noisettes enchâssées dans leurs coques de velours vert. Elle en prit une, la cassa entre ses dents, pour extraire le petit fruit à la chair blanche et tendre. Elle les préférait vertes plutôt que mûres. Sa gourmandise réveillée, elle allait en entreprendre la cueillette quand soudain, derrière l’épais feuillage, elle aperçut un trou noir. Elle repoussa les branches et découvrit une petite grotte dissimulée par les noisetiers. Elle se faufila à travers les troncs enchevêtrés des arbres, puis après avoir jeté prudemment un coup d’œil à l’intérieur, pénétra dans l’abri, laissant les branches se rabattre derrière elle. Le soleil éclairait faiblement une cavité de trois mètres de long environ sur deux de large, dont la voûte s’abaissait doucement vers le fond. Ce n’était pas grand mais il y avait assez d’espace pour qu’une petite fille puisse s’y mouvoir à son aise. Ayla découvrit à l’entrée une réserve de noisettes pourries et quelques crottes d’écureuil, et en conclut que seuls de petits animaux avaient occupé les lieux. Elle en fit le tour en dansant de joie, ravie de sa découverte. La grotte semblait avoir été faite sur mesure pour elle.
Elle ressortit et, après avoir contemplé un instant la clairière, escalada la paroi rocheuse jusqu’à une étroite corniche. Au loin, blottie au creux de deux collines, s’étendait la surface miroitante de la mer intérieure.
Tout en bas, elle distingua de minuscules silhouettes près du ruban argenté de la rivière. Ayla comprit alors qu’elle se trouvait pratiquement au-dessus de la caverne du clan.
Puis elle s’en fut faire le tour de la clairière. C’était exactement ce qu’elle cherchait. Elle pourrait s’entraîner à la fronde dans le pré, se désaltérer à sa guise, et s’abriter de la pluie dans la petite grotte, où elle pourrait également cacher son arme sans craindre que Creb ou Iza viennent à la découvrir. Et il y avait même des noisettes ! En outre, elle n’aurait plus à redouter l’arrivée inopinée des hommes, qui ne s’aventuraient jamais aussi haut pour chasser. Elle s’élança toute joyeuse vers le ruisseau où elle choisit quelques galets bien ronds pour essayer sa nouvelle fronde.
Dès qu’elle le pouvait, Ayla gagnait sa retraite pour s’entraîner à tirer. Elle découvrit un accès plus direct, quoique plus escarpé, à sa prairie. Il n’était pas rare qu’elle croise en chemin un mouflon, un chamois ou même un daim farouche en train de paître. Mais les animaux des hauts pâturages s’habituèrent rapidement à sa présence, et lorsqu’elle arrivait, ils se contentaient de s’éloigner à l’autre bout du pré.
Quand elle eut gagné en habileté et que le tir sur cible fixe eut perdu son piquant, elle se donna des objectifs plus difficiles. La fillette écoutait attentivement les conseils que Zoug prodiguait à Vorn, puis les mettait en pratique pour son compte personnel. C’était un jeu pour elle, et elle s’amusa à comparer ses progrès avec ceux du jeune garçon. Mais celui-ci considérait la fronde comme une arme réservée aux vieux et lui préférait de loin la lance, l’arme des chasseurs, avec laquelle il avait réussi à abattre quelques petites proies peu rapides, comme les porcs-épics et les serpents. Faute de s’appliquer autant qu’Ayla, il éprouvait plus de difficultés qu’elle. Et quand la fillette constata sa supériorité sur lui, elle en ressentit une certaine fierté qui se manifesta par un léger changement dans son comportement, changement qui n’échappa nullement à Broud.