Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
— Ayla ! cria Iza en la voyant. Où étais-tu donc passée ? J’étais affreusement inquiète, je pensais qu’un animal t’avait attaquée. J’allais demander à Creb d’envoyer Brun à ta recherche.
— J’ai passé la journée à regarder ce qui poussait par ici et du côté de la clairière aussi, répondit Ayla d’un air coupable. Je n’ai pas vu le temps passer. Je t’ai apporté de l’écorce de merisier, J’ai trouvé aussi les plantes dont tu te sers pour les rhumatismes de Creb. Tu n’utilises que les racines, n’est-ce pas ?
— Oui, tu les fais d’abord macérer et tu appliques la décoction sur les points douloureux. Quant au jus de baies écrasées, il est très bon contre les inflammations, répondit machinalement la guérisseuse qui s’interrompit brusquement. Ayla, reprit-elle, reprenant une expression sévère, tu essayes de détourner la conversation. Tu sais que tu aurais dû rentrer plus tôt. Je me suis fait un tel souci...
A présent qu’elle savait l’enfant saine et sauve, la colère d’Iza était tombée, mais elle tenait à ce que ce genre d’escapade ne se reproduise plus.
— Je ne recommencerai plus, Iza. Je ne me suis pas aperçue qu’il était tard, c’est tout.
A peine était-elle entrée dans la caverne qu’Uba, qui avait passé la journée à guetter son retour, courut maladroitement sur ses petites jambes arquées et, dans sa précipitation, trébucha. Mais Ayla la saisit avant qu’elle ne heurte le sol et la souleva dans ses bras.
— Je pourrais l’emmener avec moi de temps en temps ? demanda-t-elle à Iza. On n’ira pas loin, et je commencerai à lui montrer certaines choses.
— Elle est encore trop petite pour comprendre. Elle sait à peine parler, dit Iza.
Mais devant le plaisir qu’avaient les deux enfants à se retrouver elle lui donna la permission.
— Comme je suis contente ! s’écria Ayla en embrassant Iza.
Mais qu’a-t-elle donc ? se demanda Iza. Il y a longtemps que je ne l’ai pas vue aussi joyeuse. Il se passe des choses bien étranges aujourd’hui. Les hommes sont rentrés de bonne heure et, contrairement à leur habitude, au lieu de rester ensemble à bavarder, ils ont directement regagné leurs foyers, sans prêter attention aux femmes. Aucune d’ailleurs n’a été réprimandée et Broud lui-même s’est montré presque aimable à mon égard. Et voilà qu’Ayla se met à embrasser tout le monde après avoir passé la journée dehors !
10
— Oui ? Que veux-tu ? demanda Zoug, l’air agacé.
Il faisait particulièrement chaud en ce début d’été. Zoug avait soif et souffrait de la chaleur, suant sang et eau à tanner en plein soleil une grande peau de daim. Il n’était pas d’humeur à se laisser interrompre dans sa tâche, et tout spécialement par cette horrible petite fille au visage aplati qui venait de s’asseoir à côté de lui, la tête baissée, attendant qu’il l’autorise à parler.
— Zoug désirerait-il un peu d’eau ? lui demanda par gestes Ayla, après qu’il lui eut tapé sur l’épaule. L’enfant qui est devant toi est allée à la rivière et elle a vu le chasseur travailler en plein soleil. L’enfant qui est devant toi a pensé que le chasseur avait soif, elle ne voulait pas le déranger, dit-elle avec les formules indispensables pour s’adresser à un homme.
Elle lui tendit une coupe en écorce de bouleau et souleva une outre ruisselante d’eau fraîche, confectionnée dans une panse de bouquetin. Zoug poussa un grognement affirmatif, dissimulant sa surprise devant ce témoignage d’attention, tandis que la fillette remplissait la coupe. Zoug n’avait pas réussi à attirer l’attention d’une femme pour lui demander de l’eau, et il ne pouvait suspendre sa tâche. La peau était presque sèche, et il devait continuer de la travailler s’il voulait qu’elle reste souple. Il suivit des yeux la petite fille qui posait l’outre à quelques pas dans un coin ombragé, où elle s’installa pour entreprendre le tressage d’un panier à l’aide de joncs et de racines ligneuses trempées dans l’eau.
Si Uka se montrait toujours respectueuse, répondant sans broncher à ses moindres désirs depuis qu’il vivait au foyer de son fils, elle anticipait rarement ses besoins comme le faisait sa compagne avant sa mort. Uka était nettement plus attentive aux désirs de Grod, son compagnon. Zoug regardait de temps à autre la fillette assise près de lui, toute au tressage de son panier, sans s’apercevoir qu’à son tour elle l’observait travailler du coin de l’œil, sans rien perdre de la façon dont il étirait, tendait et grattait la peau humide.
Plus tard, dans la journée, le vieil homme s’assit devant la caverne, les yeux perdus dans le lointain. Tous les chasseurs étaient partis. Uka les avait accompagnés ainsi que deux autres femmes, et Zoug avait été obligé de déjeuner au foyer de Goov et d’Ovra. A voir cette jeune femme, encore enfant dans les bras d’Uka il y avait si peu de temps, aujourd’hui adulte et unie à un homme, Zoug se surprit à songer avec nostalgie à toutes les belles années où il avait encore la force de chasser avec les hommes. Il avait quitté leur foyer dès la fin du repas. Peu après, Ayla s’était présentée, un petit panier d’osier à la main.
— L’enfant qui est devant toi a cueilli plus de framboises que nous ne pouvons en manger, dit-elle après que Zoug l’eut autorisée à parler. Le chasseur a-t-il encore assez faim pour y goûter ?
Zoug accepta le présent avec un plaisir non dissimulé. Et la petite fille attendit à une distance respectueuse qu’il eût fini les fruits juteux et sucrés. Zoug lui rapporta le panier et la regarda s’éloigner rapidement, sans comprendre en quoi Broud la trouvait insolente. Il ne voyait rien à lui reprocher, en dehors de son inqualifiable laideur.
Le lendemain, Ayla lui apporta de nouveau à boire et reprit à ses côtés le tressage de son panier. Quelques instants plus tard, tandis que Zoug finissait à peine de graisser la peau de daim souple, Mog-ur s’approcha de lui en clopinant.
— C’est un travail pénible de traiter les peaux en plein soleil, remarqua-t-il.
— Je fais de nouvelles frondes pour les hommes, et j’en ai promis une aussi à Vorn. Le cuir des frondes doit être extrêmement souple ; je suis obligé de le travailler sans cesse pendant qu’il sèche et absorbe la graisse. Il vaut donc mieux effectuer ce travail au soleil.
— Les chasseurs seront enchantés, affirma Mog-ur. Tu es irremplaçable pour fabriquer les frondes. Je t’ai vu en enseigner le maniement à Vorn. Il a de la chance de t’avoir comme professeur ! L’art de manier la fronde doit être aussi délicat que celui de les fabriquer.
— Je les découperai demain, répondit Zoug, flatté par tant de compliments. Je connais la taille de celles des hommes, mais je vais être obligé d’adapter celle de Vorn. Une fronde doit respecter certaines proportions pour gagner en force et en précision.
— Iza et Ayla sont en train de préparer le lagopède que tu m’as apporté l’autre jour. Voudrais-tu partager notre repas ce soir ? C’est Ayla qui l’a proposé et je serais ravi que tu te joignes à nous. Un homme a parfois le désir de discuter avec un autre homme ; or, je suis entouré de femmes.
— Zoug dînera avec Mog-ur, répondit le vieil homme, manifestement satisfait de l’invitation.
Si les festins étaient relativement fréquents ainsi que les réunions entre familles, Mog-ur invitait rarement à partager son repas. Encore peu habitué à posséder son propre foyer, il se contentait fort bien de la compagnie de ses trois femmes. Mais il connaissait Zoug depuis la prime enfance et l’avait toujours aimé et respecté. La joie qui éclaira le visage du vieil homme lui fit regretter de ne pas y avoir songé plus tôt.