Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Иронические детективы » L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]
L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]

Электронная книга - «L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]». Краткое содержание книги:

Paris ne s'est pas fait en un jour, et la France ne s'est pas faite toute seule ! Les plaques de nos rues et les socles de nos statues portent les noms des responsables : ça va de la rue Vercingétorix à la rue Charles de Gaulle.
Et pourtant le nom le plus important est absent de nos places, de nos avenues, de nos boulevards et même de nos impasses : celui de Bérurier. Or, ce sont les Bérurier qui ont vraiment fait la France. Avec leurs mains, leur sang et leur sueur.
Avec leur esprit aussi.
Soucieux de réparer cette criante injustice, j'ai essayé de reconstituer leur trajectoire dans le temps.
Comme le langage, l'Histoire se doit de rester vivante ; c'est pourquoi je me suis attaché à en secouer la poussière, à en « plumeauter » les toiles d'araignée, à en dédorer les tranches, les couronnes et les auréoles et à la saupoudrer d'éclats de rire.
Un petit travail de réfection, quoi !
Il m'a permis de constater qu'on nous avait doré l'Histoire de France avec cette même poudre aux yeux qui sert aussi à nous dorer la pilule !
SAN-ANTONIO
1 ... 44 45 46 47 48 49 50 51 52 ... 95
Перейти на страницу:

Ça aurait dû continuer comme ça longtemps, pour le plus grand bien des jeunes filles et du peuple français réunis. Mais un jour que le roi se baguenaudait en carrosse rue de la Ferronnerie, le dénommé Ravaillac s'est précipité sur lui pour lui mimer « L'Hirondelle du Faubourg » : trois coups de couteau près du cœur, y a plus de sang !

— Et il a causé, Henri IV, après s'être fait trouer le placard ? rigole Bérurier. Il a dû vaporiser de l'historique, œuf corse ! Dans le genre « C'est pour la France que je clabote » ?

— Il a parlé, fais-je, et ce qu'il a dit lui ressemblait. Il n'a pas hurlé « Je suis mort », comme Henri II ou « Le vilain moine m'a tué, tuez-le ! » comme Henri III, non, simplement il a balbutié : « Ce n'est rien. » Et il est mort. Ses dernières paroles ont été en somme à l'image de sa vie : apaisantes, optimistes. S'il avait survécu à ses blessures, il aurait pardonné sans doute à son agresseur.

Béru hoche la tronche.

— Pourquoi qu'il a fait ça, Ravaillac ?

— On ne l'a jamais su, Gros. Il a subi la question sans parler et il est mort avec son secret. Certains assurent que l'assassin a été payé par une des souris du roi, peut-être même par sa femme ; d'autres y ont vu une séquelle des guerres religieuses… Mais en fait le mystère demeure entier.

Comme chaque fois, le Béru tire une juste conclusion de la leçon. Il le fait d'une voix gluante de sommeil.

— Ben, mon pote, ils avaient pas de veine les Henri. Henri II se prend de la ferraille dans le cigare. Henri III en déguste dans le baquet et Henri IV dans l'horloge, sans causer de l'Henri Déguisé qui a eu droit lui aussi à son infusion d'acier trempé ! Faisait pas bon porter ce prénom dans la famille royale.

— Très juste, ma grosse pomme. Aussi Henri IV fut-il le dernier roi de France à s'appeler Henri.

— Ce qu'a pas empêché la monarchie de partir en brioche, San-A. Je te le fais remarquer.

Lecture :
QUAND BÉRURIAC SE FÂCHE !

Depuis un instant, le buveur considérait son voisin de table avec une attention soutenue.

— T'es pas d'ici ? demanda-t-il enfin après avoir vidé son verre et fait signe au tavernier de lui apporter un pichet.

— Non, convint Béruriac, je ne suis pas d'ici.

Il avait le teint chaud, la barbiche roussâtre et l'œil lourd d'un homme qui pense trop ou pas du tout.

— T'es d'où ? demanda le premier buveur.

— D'Angoulême, fit Béruriac, peu liant.

L'autre poussa une exclamation.

— Comme moi, ou presque ! jubila-t-il. Moi je suis de Touvres ; tu te rends compte.

— En effet, admit Béruriac, c'est pas loin d'Angoulême !

— Tu veux dire que vu d'ici c'est quasiment pareil ! On va trinquer, Pays ! On va trinquer !

Et d'autorité il emplit le verre de son compagnon. Sa cordialité ne parvenait cependant pas à dérider le grave Béruriac.

— J'ai tout de suite vu que t'étais un gars de par chez nous, fit l'aimable pilier de taverne. Le visage, les yeux, je sais pas, y a comme qui dirait un air de famille.

— Ça se peut, soupira lugubrement Béruriac.

— Comment c'est, ton nom, l'ami ?

— Célestin. Célestin Béruriac.

— Moi mon petit nom c'est François, tiens, buvons encore un coup à la santé du roi de France et de Navarre !

Le poing musculeux de Béruriac s'abattit sur la table, renversant les gobelets d'étain qui s'y trouvaient.

— J'aimerais mieux boire à la santé de toutes les ribaudes de Paris, de tous les coupeurs de bourses, de tous les usuriers ; j'aimerais mieux boire à la santé des Espagnols et même des Anglais !

Il se tut, à court de souffle. François hocha la tête et deux plis rapetissèrent son front.

— Eh ben, Pays, fit-il, le moins qu'on puisse dire, c'est que tu n'as pas l'air de le porter dans ton cœur, notre Henri !

— Comment le porterais-je en mon cœur alors que ma gueuse de fille le porte en son sein ! tonna Béruriac.

L'autre mit un temps à réaliser. Enfin il comprit et balbutia d'une voix apitoyée :

— Tu veux dire que notre Sire Henri a daigné honorer ta fille !

— Mince d'honneur ! se lamenta Béruriac. On s'en serait bien passé.

Et il raconta son histoire en termes hachés.

— Je suis fauconnier. J'ai une gamine unique que m'a laissée ma pauvre femme, laquelle est morte en couches. Cette petite, c'est toute ma vie ! Quinze ans ! Belle comme le soleil, et plus blonde que lui. Y a pas plus doux, plus docile que cette enfant…

« Ça fait six mois, ce sacripant de Béarnais chassait du côté de Pontoise où je tiens mon oisellerie. Satan devait guider ses pas car il a pris soif, le vilain bouc, et avisant notre maison dans la forêt, il a envoyé chercher un pichet de vin. Par les tripes du diable, c'est ma douce Isabelle qui est allée le lui servir. Une occasion de voir le Roi de France, ça ne se laisse pas passer. Et voilà que le gueux prend envie de cette petite ! La chasse lui avait fouetté les sangs et il se sentait d'humeur paillarde, le porc ! »

— Ah, ça, rigola François, tu peux le dire, mon compère, qu'on a en ce moment le plus polisson de tous les rois. Il a forcé ta fille ?

— Oui, fit sombrement Béruriac en se voilant le visage. Et il l'a rendu grosse ! J'ai essayé de demander audience auprès de ce salaud d'Henri IV pour obtenir réparation, mais il n'a même pas voulu me recevoir et ses gardes m'ont jeté à la rue en me faisant dévaler l'escalier sur les reins, ils ont ajouté que si je me représentais, c'est par la fenêtre qu'ils me balanceraient, et sans l'ouvrir encore !

Béruriac se mit à sangloter à sec. Sa forte poitrine semblait héberger le tonnerre. Ça faisait comme un bruit de vent dans une grotte. Le compère François en fut impressionné.

— Je comprends ta colère, Pays, fit-il d'une voix conciliante. Mais dis-toi que ta fille aurait pu être violée par un malandrin. Avoir un rejeton signé du roi de France c'est tout de même un honneur, que tu le veuilles ou pas !

Béruriac saisit son camarade de beuverie au col.

— On voit que c'est pas ta fille qui a le ventre comme un potiron ! souffla-t-il. Une gamine plus douce et plus pure que les anges du ciel, souillée par ce goret mal lavé ! Y penses-tu, mon compère ! Ah, si je pouvais approcher ce misérable…

— Henri IV n'est pas un misérable, se rebiffa Maître François qui était royaliste à tout crin. Jamais la France n'a connu meilleur monarque ! Bien sûr il est porté sur la cuisse fraîche, c'est son seul défaut. Mais on doit le lui pardonner par égard à sa belle gestion des affaires du pays !

Satisfait de sa diatribe, il voulut vider son gobelet, mais Béruriac, mort de rage, le lui fit éternuer d'une terrible mornifle.

Les deux « pays » allaient en venir aux mains lorsqu'à l'extérieur il se fit un grand bruit de chevauchée. On entendit croître et s'enfler des vivats. François laissa tomber son poing vengeur.

— Qu'est-ce qui se passe ? cria-t-il au gargotier debout dans l'encadrement de sa porte.

— Le roi ! fit l'autre, par-dessus son épaule. C'est bien la première fois que notre bon sire Henri passe par la rue de la Ferronnerie !

— Ventre Saint Gris ! s'écria Maître François enthousiasmé, je vais enfin pouvoir l'applaudir, notre bon Béarnais !

Il repoussa le cabaretier d'une bourrade afin de se porter au premier rang des badauds. Le carrosse avançait sous petite escorte, tiré par quatre chevaux portant les couleurs royales. Comme on était en mai et qu'il faisait beau, les stores de la voiture étaient remontés, ce qui permettait au bon roi Henri de répondre de la main aux vivats de son peuple.

1 ... 44 45 46 47 48 49 50 51 52 ... 95
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)