Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Иронические детективы » L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]
L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]

Электронная книга - «L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]». Краткое содержание книги:

Paris ne s'est pas fait en un jour, et la France ne s'est pas faite toute seule ! Les plaques de nos rues et les socles de nos statues portent les noms des responsables : ça va de la rue Vercingétorix à la rue Charles de Gaulle.
Et pourtant le nom le plus important est absent de nos places, de nos avenues, de nos boulevards et même de nos impasses : celui de Bérurier. Or, ce sont les Bérurier qui ont vraiment fait la France. Avec leurs mains, leur sang et leur sueur.
Avec leur esprit aussi.
Soucieux de réparer cette criante injustice, j'ai essayé de reconstituer leur trajectoire dans le temps.
Comme le langage, l'Histoire se doit de rester vivante ; c'est pourquoi je me suis attaché à en secouer la poussière, à en « plumeauter » les toiles d'araignée, à en dédorer les tranches, les couronnes et les auréoles et à la saupoudrer d'éclats de rire.
Un petit travail de réfection, quoi !
Il m'a permis de constater qu'on nous avait doré l'Histoire de France avec cette même poudre aux yeux qui sert aussi à nous dorer la pilule !
SAN-ANTONIO
1 ... 45 46 47 48 49 50 51 52 53 ... 95
Перейти на страницу:

— Vive le roi ! se mit à hurler Maître François ! Dieu protège le roi ! Longue vie à notre sire bien-aimé !

Il s'enivrait de sa propre allégresse. Il était heureux de pouvoir contempler l'aimable souverain qui souriait dans sa barbe poivre et sel.

— Longue vie ! répéta-t-il. Longue vie au roi !

Comme le carrosse se trouvait à sa hauteur, François fut bousculé par un individu vigoureux qui se mit à courir sur la chaussée en direction du cortège.

Tout se déroula alors comme dans un cauchemar. François reconnut son copain de cabaret, le colosse Béruriac. Il vit scintiller une lame dans la main droite du gaillard et se rendit compte de ce qui se passait.

— Non ! hurla-t-il. Non, pas ça ! Oh ! non !

Il s'élança à son tour sur les talons de Béruriac, mais l'autre possédait de plus longues jambes que les siennes et avait pris plus d'élan. Déjà il était au carrosse. Déjà il avait mis le pied sur un des rayons de la roue arrière. Déjà son bras armé se levait. Personne autre que le brave François ne comprenait les desseins de l'homme. On le prenait — le roi, les seigneurs de sa suite, le public et les gardes — pour un spectateur plus frénétique que les autres.

Il y eut plusieurs brefs scintillements. Maître François sentit grincer toute sa chair comme si elle subissait les coups de lardoir à la place de son cher roi Henri. Il se jeta sur Béruriac, l'arracha du carrosse et voulut le terrasser, mais l'autre était bien plus fort que lui. D'un coup de coude dans les gencives il lui fit lâcher prise, détala, et se fondit dans la foule avant même que la suite du souverain eut réalisé le drame. François resta immobile, bras ballants, les yeux rivés sur le hideux manche du couteau planté dans la poitrine du roi.

Il y eut soudain un grand cri. C'était Monsieur de Montbazon qui se tenait au côté du Souverain qui le poussait.

— Vous êtes blessé, Sire !

— Ce n'est rien, balbutia Henri.

Il vomit un flot de sang et s'abattit en avant.

Ce qui suivit, Maître François ne le comprit jamais très bien. On lui sauta dessus, on le ceintura, on le frappa. Il cria, pleura, jura que ça n'était pas lui qui avait frappé son cher Sire, mais on l'entraîna malgré ses protestations.

— Ne le tuez pas sur place ! recommanda une voix autoritaire, ne refaisons pas le coup de Jacques Clément !

On le tira pas les pieds, jusqu'à un bâtiment qui se trouvait être l'hôtel de Gondi. Il y eut bien des remous en cours de route. On lui donna bien des coups de pied, on lui lança bien des cailloux. Enfin le calme se fit et des messieurs graves et calmes lui demandèrent les raisons de son acte.

— Ce n'est pas moi ! gémit le pauvre homme. Au contraire, je me suis précipité pour retenir l'homme armé d'un couteau. Des témoins vous le affirmeront !

Il y eut deux témoins, en effet, deux braves hommes qui avaient tout vu, telle la servante des trois orfèvres. Les gens de police embarrassés délibérèrent. On décida de prendre l'avis de Monsieur de Sully. Pendant ce temps François croupit dans un cul-de-basse-fosse plein de rats et de salpêtre, maudissant le fâcheux concours de circonstances qui l'avait amené à trinquer avec un régicide dix minutes avant l'accomplissement de son forfait.

Après moult délibérations très secrètes, il fut décidé en haut lieu que l'homme arrêté « porterait le chapeau » puisqu'aussi bien le véritable meurtrier s'était enfui et qu'on n'était pas certain de remettre la main sur lui. La police venait déjà d'en prendre un coup avec cette histoire d'assassinat. Elle ne pouvait pas se permettre de surcroît de laisser le meurtre impuni. Voir des choses pareilles en plein dix-septième siècle, comme l'avait fait remarquer Sully, c'était à peine croyable. Tuer un chef d'État aussi important dans la rue, devant tout le monde, dépassait l'entendement. On liquide discrètement les deux témoins et on décréta que le prisonnier était bien l'unique coupable.

L'appareil judiciaire se mit alors en branle. Avant que de lui appliquer la question pour la forme, on procéda à l'interrogatoire d'identité du « régicide ».

— Je m'appelle François, hoqueta ce royaliste forcené.

— François comment ?

— François Ravaillac.

Tout en transcrivant, l'huissier haussa les épaules et dit qu'avec un nom pareil on ne pouvait qu'être l'assassin d'Henri IV.

(Extrait des Archives secrètes de l'hôtel de Gondi)
PETIT INTERMÈDE DESTINÉ AUX PÊCHEURS A LA LIGNE

Henri IV une fois traité, nous prenons congé de la Comtesse Scatolovich et de ses jeunes clientes. Mon agenda est bourré de rendez-vous. C'est l'idéal de ces sortes soirées, mes fils. On s'y assure le cheptel d'une semaine.

Je crache les Béru devant leur clapier et je rentre at home (comme on dit en Savoie) avec du sable de carrière plein mon regard limpide.

En arrivant à la maison, je trouve dans le vestibule de notre pavillon un mot de Félicie, ma brave femme de mère, m'annonçant qu'il y a un poulet en gelée au Frigidaire. A cette heure indécente, la nouvelle me touche peu. C'est de deux draps de lit que j'ai envie. Il y a toujours un moment où l'homme le plus dynamique éprouve confusément le besoin d'en finir : c'est quand il a sommeil. Je grimpe l'escadrin en me cramponnant à la rampe. J'ôte à la diable ma tenue d'Incroyable et je me coule dans l'habitacle de ma fusée : destination Rêves-Roses-Country !

Illico, j'en écrase comme un rouleau compresseur.

* * *

Des bruits me chatouillent le subconscient : celui du moulin à café de Félicie, en bas ; puis un klaxon de bagnole et enfin la sonnette de la grille. Des éclats de voix, des rires… Un silence pendant lequel je retourne dans le sirop. Cette fois on toque à ma porte. Pas besoin de demander qui c'est. II n'y a que Félicie pour frapper de cette façon discrète. Elle ne vous bouscule pas le sommeil, cette chérie. Elle vient vous chercher dans les vapes, sur la pointe des pieds. Lorsque je parviens à ouvrir un store, je l'aperçois, comme à travers un verre dépoli. Ou plutôt j'aperçois son sourire. Il est placé devant elle comme un paravent. J'y réponds par un autre sourire. Chaque fois ça me paraît magnifique qu'elle soit là, M'man, à mon petit réveil. On grandit, on devient un sale bonhomme avec des préoccupations et des vices, et votre Vieille est toujours là, discrète et attentive, avec le visage un peu plus blanc, les cheveux un peu plus gris, les yeux un peu plus résignés.

Je m'éveille tout à fait, je lui tends une main qu'elle embrasse. Une vieille dame qui vous fait un baise-main ça pourrait sembler idiot, non ? Mais je crois qu'avec Félicie c'est plutôt quelque chose de bath, de simple. Tout ce qu'elle fait : ses gestes les plus quotidiens, ses habitudes les plus furtives, ses moindres déplacements dans la maison dégagent je ne sais quoi de sédatif, c'est comme un parfum qu'on aimerait et qui vous apporterait des joies morales et sensorielles que les autres parfums ne procurent pas.

— Tu es rentré bien tard, mon Grand.

C'est pas un reproche. Simplement elle constate, et elle s'inquiète.

— Quelle heure est-il, M'man ?

— Dix heures. Monsieur et Madame Bérurier sont là.

Je me dresse, furax, avec un discret mal de crâne mondain.

— Quoi !

— Ils vont à la pêche et sont passés nous prendre. Ils ont de quoi pique-niquer et insistent pour que nous les accompagnions.

— Pas question ! tonné-je, j'en ai ma claque de ces deux monstres ! Je me les suis déjà farcis toute la journée d'hier à leur raconter l'Histoire de France depuis Vercingétorix jusqu'à Henri IV, ça suffit !

— Merci pour eux ! « lugubre » le Gros en apparaissant.

1 ... 45 46 47 48 49 50 51 52 53 ... 95
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)