Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические приключения » Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem
Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem

Электронная книга - «Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem». Краткое содержание книги:

Ce roman met en scène les tentatives criminelles des Habits Noirs (que couvre Lecoq, alors devenu chef de la Sûreté) contre la famille de Champmas, et contre la richissime mais avare paysanne Mathurine Goret. L'appât, dans les deux cas, est le «faux Louis XVII», rôle rempli parmi les Habits noirs par plusieurs personnages successifs. Celui-ci, qu'on appelle aussi M. Nicolas, séduit d'abord Ysole de Champmas, fille bâtarde du général de Champmas, et se sert de sa complicité inconsciente pour tenter de tuer sa soeur légitime, Suavita…
1 ... 43 44 45 46 47 48 49 50 51 ... 111
Перейти на страницу:

– Bien sûr que c’était lui! s’écria Thérèse; mais comment n’a-t-il pas frappé à ma porte?

Elle s’interrompit pour dire encore:

– Tiens, tiens!

Chose singulière, tout en examinant le papier avec une sincère surprise, elle regardait du coin de l’œil la fillette endormie. Son attention était pour le moins partagée.

– Montrez, fit Paul. Est-ce une injure?

Car il venait de songer à son aventure avec le général. En ce temps-là, les journaux parlaient de tout et ne ménageaient point les hommes de police.

– C’est une fortune peut-être, répondit Mme Soûlas.

En même temps, elle se mit à déchiffrer le lambeau de journal, rendu transparent par l’humidité.

«Les sieurs Labre (Jean) et Labre (Paul), tous deux fils du sieur Labre d’Arcis (Antoine), sont invités à se présenter immédiatement en l’étude de maître Hébert, notaire, rue Vieille-du-Temple, 22, pour affaire qui les intéresse.»

Elle passa le chiffon de papier à Paul, qui essaya de railler.

– Je ne me connais pas d’oncle en Amérique, dit-il.

Il lut à son tour et ne réussit pas complètement à cacher son trouble.

Entre toutes les choses qui peuvent exciter chez un homme l’espoir ou la crainte, il faut placer au premier rang les communications du genre de celle-ci.

Elles ne disent rien, et c’est pour cela qu’elles émeuvent.

Ce peut être un coup douloureux, ce peut être une aubaine inespérée.

Paul avait honte des battements de son cœur. Il dit:

– Du 23 décembre à la fin d’avril, il y a de la marge. Puisque le notaire a bien attendu quatre mois, il peut attendre encore.

S’il ne disait pas sa pensée franchement et complètement, Thérèse, au contraire, exagéra la sienne, de parti pris, en répondant:

– Monsieur Labre, vous allez me faire le plaisir de prendre tout de suite une voiture et de courir au n° 22 de la rue Vieille-du-Temple. J’ai idée que vous voilà riche!

Son regard glissa encore vers le lit où dormait la jeune fille.

Il eût été malaisé d’analyser l’expression de ce regard.

Le fait qui eût été deviné aisément par un observateur était celui-ci: pour une raison ou pour une autre, Thérèse avait désir d’éloigner Paul Labre.

Et ce désir augmentait à chaque instant.

Paul hésita.

– Ce n’est pas que je craigne de la laisser seule avec vous, maman… commença-t-il.

– Il ne manquerait plus que cela! interrompit-elle.

Puis, elle ajouta gaiement:

– Eh! grand enfant, tout ce que je vous en dis, c’est justement à cause d’elle! Maintenant que vous avez cette charge-là sur les bras, il vous faut des ressources. Cette petiote, quand nous l’aurons remise sur pied, ne vivra pas de l’air du temps.

Paul prit son chapeau vivement.

– C’est juste! fit-il. Je me reprocherais de n’avoir pas fait le nécessaire.

Il sortit.

Mme Soûlas resta un instant immobile, écoutant le bruit de ses pas qui descendaient l’escalier tournant.

Quand elle n’entendit plus rien, elle alla vivement vers le lit où était l’enfant. Ses sourcils étaient froncés, et une mate pâleur couvrait sa joue.

– Ysole! murmura-t-elle. Ysole ne peut avoir rien fait de mal! Elle se pencha au-dessus du lit et regarda attentivement le visage de la fillette.

– J’ai beau regarder, je ne sais pas! pensa-t-elle tout haut; je ne vois pas! Quand on a le cœur bouleversé comme je l’ai, on trouve des ressemblances partout. Et pourtant, c’est bien sûr: elle n’a ni les traits du général ni ceux de la comtesse. C’est sûr, sûr!

Elle approcha sa main de celle de l’enfant; sa main tremblait violemment.

– Je veux tenter l’épreuve! fit-elle. Mais, auparavant, je veux l’embrasser.

Ses lèvres, blêmies par une indicible frayeur, effleurèrent le front de la fillette endormie.

Il y avait dans ce baiser une tendresse passionnée, mais pleine d’angoisse.

L’enfant eut un tressaillement faible.

Mme Soûlas lui donna une seconde caresse qui l’éveilla doucement. En voyant ses paupières s’entrouvrir, Mme Soûlas chancela; mais elle dit tout bas, penchée qu’elle était sur l’oreiller:

– Suavita!

L’enfant lui jeta un regard farouche, et sembla chercher dans la chambre, un protecteur absent.

– Suavita, ma chérie, reprit Thérèse, j’ai une lettre de votre bon père qui vous dit d’avoir confiance en moi et de m’aimer. La voici, lisez.

Les traits de la fillette se contractèrent, et sa bouche rendit ce son rauque que nous avons décrit.

En même temps, ses yeux se refermèrent.

Mme Soûlas tomba sur ses deux genoux et joignit ses mains avec ferveur.

– Non, non, mon Dieu, dit-elle, celle-là n’est pas Mlle de Champmas, et je peux chercher ceux qui l’aiment!… ceux qui la pleurent sans doute… sans trouver sur ma route le crime de ma propre fille!

XXI Étude de notaire

Les appartements sont vastes, rue Vieille-du-Temple. C’était une grande pièce, haute d’étage et tapissée de vert sombre. On y respirait une véhémente odeur de papier renfermé.

Entre toutes les méchantes odeurs, celle-là est la plus haïssable.

Il y avait trois tables, disposées régulièrement et tenant presque toute la longueur de la pièce.

Chacune de ses tables portait à son centre un double casier, ce qui faisait six bureaux alignés.

Une seconde chambre, plus petite, montrait par sa porte ouverte un septième bureau.

Toutes les tables étaient occupées, excepté l’un des bureaux de celle qui touchait à la porte d’entrée de la grande chambre.

Nous avons pu voir des études de notaires qui étaient des salons ou des cabinets ministériels. Les choses marchent. Mais nous sommes ici au Marais en 1835.

Sur la porte ouverte de la seconde chambre, on lisait au milieu d’une plaque de cuivre: Maître-clerc.

Sur une autre porte, située à l’autre bout de la principale chambre et qui était fermée, on lisait: Cabinet.

Dans ce dernier sanctuaire respirait habituellement maître Hébert de l’Étang des Bois (Marie-Pierre), successeur de Maître Souëf (Isidore), trésorier de la Chambre, sous-lieutenant dans l’artillerie de la garde nationale, et membre de plusieurs sociétés chantantes.

C’était un homme important, bien posé, ayant des opinions politiques et doué d’un grand estomac.

M. Souëf (Constance), neveu du précédent titulaire et premier clerc, était un jeune homme d’avenir, portant lunettes et garde-vue vert. Il avait des fausses manches en lustrine jaune qui lui allaient bien et louchait des deux yeux.

Le second clerc Mahoudeau frisait la quarantaine. Il avait du ventre et une figure à pipe; fausses manches vertes, avenir nul.

Le troisième clerc, Dieulafoy, suivait les modes de l’an passé avec orgueil. Il se pommadait et séparait ses cheveux sur le front: demi-avenir, non garanti.

1 ... 43 44 45 46 47 48 49 50 51 ... 111
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)