Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Иронические детективы » Le Standinge. Le savoir-vivre selon Bérurier [fr]
Le Standinge. Le savoir-vivre selon Bérurier [fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Standinge. Le savoir-vivre selon Bérurier [fr]

Электронная книга - «Le Standinge. Le savoir-vivre selon Bérurier [fr]». Краткое содержание книги:

Exister en compagnie de gens bien élevés est terriblement démoralisant car cela contraint à vivre comme eux pour ne pas ressembler à un peigne-cul.
Ce qu'il faut faire pour accéder aux belles manières est aussi important que ce qu'il convient d'éviter.
Celui qui se mouche dans les rideaux et boit l'eau de son rince-doigts est condamné.
Avec ce book, on va essayer d'acquérir une couche de vernis à séchage instantané. Pour cela, suivez le guide et, pareil à Béru, vous deviendrez des milords !
1 ... 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ... 83
Перейти на страницу:

« Et la gosse répondait aussi sec, entrant dans le jeu à pieds joints : “En effet, elle est raide, celle-là ! Moi que justement je causais de vous à môman, pas plus tard que tout à l’heure ! C’est de la thérapeutique, m’sieur Pierrot !”

« Les vioques se serraient la louche en se détranchant bien à fond. On en bonnissait une ou deux sur le temps, le prix des radis, la couleur du cheval blanc d’Henri IV et puis on se cassait rapide pour aller papoter sur les premières impressions. “Tu crois que c’était du vrai vison, son étole, hein, Mémaine ?” Ou bien : “Le père fait sérieux, mais la mère, avec son rouge à lèvres, elle donne dans le léger ! Ma parole, elle se prend pour Sahara Bernhardt…” Enfin chaque groupe commençait son petit boulot de démolition. “C’était quoi, sa décoration, au papa ? Un ordre étranger ou de la ficelle à gâteau ?”… “La petite est jolie, mais t’es sûr, Gaston, que son petit frère est pas court-circuité du bulbe ? T’as pas remarqué comme il marche avec les genoux en dedans ?”… “Pourquoi qu’elle se fringue en chaisière, madame Michu, pour faire sérieux ou pour faire pitié ?”… “Tu nous avais pas dit qu’il boitait bas, son père ? Faudrait se renseigner, Ernest, des fois que ça serait congénital”, etc.

« Mais enfin, vaille que vaille, les choses se faisaient. Le père du futur se loquait façon milord et allait poser la demande officielle, gants blancs haleine fraîche. “Vous nous la refilez, votre môme, ou pas ?”

« Le vraiment délicat, c’était les mariages de raison que les vieux essayaient de goupiller entre eux. De tout temps, les marieuses ont foisonné. A l’époque, c’était un fléau social. Moi je me rappelle, un cousin de chez nous qu’on a voulu marida. Le fils d’un gros quincaillier : Anatole. Il avait le genre pas bileux. Il préférait les copains au mariage. Quand il voulait se faire pressentir l’intime, il allait au Sphinx de notre chef-lieu, ou chez Antinéa, une boîte vachement sélecte que toutes ses pensionnaires étaient passées à l’alcool à 90° chaque matin. Mais comme il prenait du carat, Anatole, fallait bien qu’il se case. Il avait la flemme de chercher. Une vieille bigote du coin a arrangé le topo, Mme Lafouinasse, la femme du notaire. De la personne homologuée : cheveux blancs, ruban de velours au goitre, face à main et écharpe noire.

« Elle possédait justement dans ces dossiers une fille de général. Selon elle c’était juste la pointure d’Anatole. Une demoiselle vachement bien élevée par les religieuses, et qui causait deux langues, qu’avait une dot honorable, plus des espérances de tous les bords. Pas exactement jolie, non, mais une classe folle. Photo à l’appui : c’était pas Greta Cargot, mais pour faire des lardons et engueuler une bonne, ça pouvait cadrer. Mon Anatole dit banco et on arrange la rencontre ! »

Le Gros s’en trémousse sur sa chaise.

— Le cousin se met sur son trente et un. On eusse dit le Napoléon du réverbère ! Il arrive chez le notaire où, comme par enchantement, le général Glandoche et son petit monstre se trouvaient déjà. Présentations ! Il a failli dégobiller sur le tapis, Natole, en découvrant le lot qu’on lui réservait.

« Sur la photo, Thérésita (ses vieux avaient fait leur voyage de noces en Espagne) on l’avait flashée de trois quarts, si bien que ça pouvait pas se voir qu’elle avait un œil renversé. Et comme le portrait la montrait de buste, on se rendait pas compte qu’elle marchait avec des béquilles vu qu’elle traînait une guitare raccourcie de vingt centimètres. Et sa bosse non plus était pas visible, pas plus que sa grosse verrue au menton, sa loupe sur le front, sa dent géante, sa tache de pinard sur l’autre joue et l’eczéma couvrant ses paluches. L’eczéma, surtout, qui l’a débecté, Anatole. Quand on disait bonjour à la môme, il pleuvait des miettes, paraît-il, comme quand on secoue la nappe après le pique-nique. A la fin de la réception, v’là le général Glandoche qui chope Anatole à part, dans une embrassade de fenêtre. “Mon jeune ami, qu’il attaque, le général, notre chère hôtesse m’a fait part des sentiments dont à propos desquels vous honorez ma fille. Je dois vous dire que je vous trouve morbleu fort sympathique et que je suis prêt à discuter de cette union avec vous et notre ami le notaire.”

« Mon Anatole, il glaglatait vilain, je vous le dis ! Il se voyait déjà convoyant sa fée Carabosse dans les sous-bois avec une petite pelle à la main pour enterrer sa bosse dans les moments d’abandon. Il mirait la beauté, à distance, et il se disait que les Glandoche avait dû concevoir ce sujet au cours d’un accident de chemin de fer ou d’une épidémie de peste bubonique. “Je me trouve un peu jeune pour me marier”, qu’il bredouille. “Allons donc, se marre le général, un gaillard de trente-huit ans ! Il n’est que temps au contraire.” “J’ai un grand voyage à faire dans les pays chauds” trouve Natole. “Ma fille en sera ravie, elle raffole de la chaleur.” “J’ai une maîtresse tyrannique”, invente le cousin. “J’irai lui causer”, rassure le général. “C’est une violente, s’étrangle Anatole, elle la tuerait, votre fille.” Dans le fond, le général, c’était sûrement son rêve secret, l’assassinat de son hideux débris. Depuis le temps, il en avait classe de lui refiler la becquée à son petit hibou. “Mais non, mais non, vous grossissez, jeune homme ! Vous grossissez !” Il maigrissait plutôt à vue d’œil, mon Anatole. Des chandelles larges comme mon pouce lui dégoulinaient sur la frite. Alors il a tenté l’impossible, il s’est mis à plaider coupable, à bloc, à baliverner à outrance, à avouer des mouflets imaginaires, des chaudes-lances pernicieuses, des indélicatesses honteuses. A l’entendre, il avait plombé toutes les demoiselles du canton, essayé toutes les radeuses (là, y avait du réel), tiré des chèques sans provision, giflé le curé, écrit des lettres anonymes, foutu le feu à l’école maternelle. Il s’inventait des péchés inconnus, Natole, des vices jamais racontés par personne, des manies abominables, des horreurs bien abjectes… Mais il avait beau les livrer à la benne basculante, ses immondices, le général cramponnait toujours les positions. Il avait fait Verdun, cézigue, la Marne, le Chemin des Dames et toute la Croisière 14–18 en héros. Son grade, il se l’était pas obtenu par correspondance. Il savait lutter, le bougre. Il pardonnait tout, il promettait la grande rédemption, le salut par Thérésita. A le croire, sa fifille c’était une succursale de Lourdes question miracles. Qu’il l’épouse seulement, Anatole, cette douce jouvencelle, et il verrait comment qu’il deviendrait rapidos un saint ! A la fin, comprenant que ça ne suffisait pas, ses fautes à lui, le cousin s’est mis à divaguer sur sa famille. Son brave vieux qui n’avait pourtant jamais foutu son nez dans un godet de rouge, il en fait un alcoolique invertébré, sa douce mère, recta, il l’a déguisée en poufiasse ; sa grand-mère, d’après ce qu’il racontait, elle avait fait l’amour avec un saint-bernard et son grand-père, le sale bonhomme, il avait été déserteur, espion même, pendant la guerre de Septante. Sedan, c’était de sa faute. Bazaine avait porté le chapeau, mais le vrai coupable, c’était le grand-père d’Anatole. C’est ça qui a fini par lui faire toucher les deux épaules, au général Glandoche. Il s’est vu à la merci d’un grand scandale et il a cessé d’insister. »

1 ... 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ... 83
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)