Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr]
Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr]

Электронная книга - «Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr]». Краткое содержание книги:

Il est là, au-dessus d’eux depuis un an, ombre menaçante, sourde et muette. Tous attendent un signe, un message de ses occupants. Vont-ils envahir la Terre, sont-ils bienveillants ou hostiles ? Nul ne le sait. Le vaisseau ne part pas, et les Voyageurs se taisent…
Jusqu’à cette étrange nuit. La nuit du rêve. On apprend alors pourquoi ils sont venus. Ils proposent aux hommes ce que seuls les dieux possèdent : l’éternité.
L’éternité… mais à quel prix ? Il n’y en a qu’un sur dix mille pour s’interroger. Et refuser. Matt Wheeler, par exemple. Qui voit ses collègues, ses amis, et jusqu’à sa propre fille, se transformer en êtres qui ne sont plus tout à fait humains.
Résister ? Mais comment ? Comment sauver l’humanité ?
1 ... 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ... 121
Перейти на страницу:

Quant aux légumes en conserve, il avait essayé, une fois. Des petits pois ; ils étaient tout pâles et flétris, rien à voir avec l’image de l’étiquette. Sissy avait trouvé qu’ils avaient un goût de mort-aux-rats. Il avait déjà vu un rat mourir ? Sissy, elle, en avait vu. Et elle lui décrivit l’agonie. Gros ventre et yeux exorbités. « Tu veux donc me faire crever pareil ? »

Tyler jugea plus simple de s’en tenir aux corn flakes.

L’infirmière et son professeur se concertèrent, ce qui aboutit à la visite chez eux d’une assistante sociale. À la suite de laquelle, non sans un grave traumatisme, Tyler fut confié à une famille d’adoption et Sissy placée d’office dans un bâtiment blanc à la périphérie de la ville, où elle mourut dix mois plus tard des suites d’un « accident survenu pendant son bain ». Tyler avait vu les gardiens du bâtiment : des hommes au torse large, au front bas. Stupides et mauvais. Sissy leur crachait dessus. Aussi Tyler ne fut-il pas convaincu par le terme « accident ». En attendant, Sissy était morte. Cela, il ne pouvait le nier.

Il ne sut jamais ce qu’il était advenu de l’immeuble de Sissy ni de son argent. Il ne voulait plus rien avoir à faire avec tout cela. La mort de Sissy l’avait soulagé ; la vie sans elle était bien plus belle.

Pourtant, quand il surprit les mêmes mots dans la bouche d’une assistante sociale – « Il sera bien plus heureux sans elle, ce petit » –, il se jeta sur elle pour tenter de lui planter sa pointe Bic dans la gorge.

Le coup ne fit qu’une simple estafilade sur la joue de la femme, mais il espéra secrètement que l’encre avait pénétré sous la peau pour y faire une sorte de tatouage, un rappel indélébile qu’il ne lui appartenait pas de conjecturer à sa place.

Cette agression lui valut d’être étiqueté « dangereux », retiré de sa famille d’adoption et placé dans une pension sinistre (sans doute pas si différente du bâtiment blanc dans lequel Sissy était morte en crachant sur ses geôliers) où Tyler était malmené, agressé, humilié, parfois brutalisé ; au mieux, on l’ignorait. Il fut tiré de ces oubliettes quand une enquête légale sur la famille permit de découvrir un parent de Sissy disposé à prendre légalement le garçon en charge.

Tyler ne rencontra jamais ce parent qui préféra garder de prudentes distances ; d’après ce qu’il put apprendre, il s’agissait d’un avocat à la retraite qui paya pour lui les frais d’une institution militaire jouissant d’une bonne réputation. Le garçon était intelligent, tout le monde s’accordait à le dire. Parfois fantasque. Souvent triste. Toujours solitaire. Mais d’un esprit particulièrement vif.

Il s’engagea dans l’armée avec de bonnes perspectives d’avenir, gagna ses galons de lieutenant et obtint une licence aux frais du gouvernement ; une brillante carrière d’officier s’ouvrait à lui.

Quelques taches ternirent cependant ses états de service. Pendant ses classes dans l’infanterie, il avait été à deux doigts de tuer un homme, un souvenir qui le perturbait encore. Il avait cédé à l’impulsion ; il n’y avait pas d’autre terme pour décrire ce geste inconsidéré. Il démontait tranquillement une arme quand, soudain, il s’était jeté sur un homme pour l’étrangler. Une grande perche du nom de Delgado, qui se trouvait être plus ou moins un ami à lui. Mais ces détails n’avaient aucune importance. Ce qui comptait, c’était ce désir violent et soudain de faire mal, de graver son nom dans la vie d’autrui aussi douloureusement que les autres avaient gravé leurs noms dans la sienne. De plus, il en eut une érection.

Trois hommes l’avaient arraché à Delgado qui suffoquait déjà. La victime n’en avait heureusement gardé aucune séquelle, et, au vu des excellents états de service de Tyler, le fait avait été classé comme simple lubie. Une phrase qui deviendrait un véritable leitmotiv : Au vu des excellents états de service de ce militaire… introduisait toute une série de griefs. Pas d’insubordination ; cela, jamais. Ébriété, bagarres, négligence vestimentaire, excès de vitesse dans les rues de Saigon… Mais seulement par intermittence, lors des passages sombres de sa vie, quand il entendait trop souvent la voix de Sissy dans sa tête – c’est-à-dire seulement pendant ses accès de démence.

Ces fausses notes avaient freiné son accession aux grades supérieurs. Tyler s’était rendu compte que, à partir d’un certain rang, vie privée et carrière deviennent indissociables. On commençait à vous voir aux réceptions de l’ambassade – dans un rôle de figuration, pour faire danser les épouses des ambassadeurs et les filles des diplomates ; vous fréquentiez des gens qui projetaient sur vous l’image d’un petit frère en uniforme ou d’un valeureux centurion américain avec une jolie petite femme et peut-être un gamin de trois ans criblé de taches de son quelque part dans une résidence militaire. Ces mêmes personnes ne voulaient pas vous voir frayer avec des prostituées asiatiques, à moins d’être très discret, et voyaient d’un très mauvais œil vos escapades dans les quartiers où racolaient les jeunes garçons du pays.

Il avait la passion de la jeunesse, d’une certaine beauté androgyne ; elle lui inspirait un désir violent qu’il ne pouvait s’expliquer. Il allait voir les jeunes Asiatiques, garçons et filles, se persuadant qu’il s’agissait là d’un simple caprice à satisfaire, et les quittait plein de haine pour leur grâce, leur impudeur, leurs yeux de biche, leur consentement docile.

Il apprit la discrétion. Elle lui fut une alliée fidèle pendant plusieurs années, jusqu’à son affectation en Allemagne de l’Ouest, dernière étape de sa carrière militaire. Il avait découvert un bordel à Stuttgart, dans un joli petit bâtiment près d’un joli petit bar à bière dans un quartier peu fréquenté par les Américains. Il avait choisi une immigrée turque qui affirmait n’avoir que treize ans et qui, apparemment, ne trichait même pas. Et il était dans la chambre avec elle, la fille nue, en train de supplier bitte, bitte, la bouche pleine de son pénis dur, tandis qu’il maintenait le canon de son revolver sur sa tempe en caressant la gâchette, doucement, sans aucune intention de tirer – quand la maquerelle avait déboulé dans la pièce en gueulant comme un putois.

À priori, il entrait dans ses habitudes de surveiller ses employées par des trous pratiqués dans les cloisons de carton ; elle avait vu Tyler mettre son arme sur la tempe de la petite – ce n’était pourtant rien de plus qu’un jeu ; était-ce si difficile à comprendre ? – et l’avait cru sur le point de commettre un meurtre.

L’arrivée inopinée de la maquerelle avait surpris Tyler qui, du coup, avait réellement appuyé sur la gâchette ; la petite avait reçu la balle dans son bras maigre. C’était une faute, à rajouter sur un parcours déjà loin d’en être dépourvu.

L’ambulance arriva, la police aussi. Il fut arrêté et interrogé par un homme au visage rougeaud qui le sermonna : « On est pas au Far West, ici ! On vient pas chez nous pour baiser et jouer avec son pétard ! »

Il ne fut jamais condamné. Mais on le garda trois jours sous les verrous et l’incident fut rapporté à ses supérieurs. Il y eut enquête et un vent de scandale se leva sur la base militaire. Les gens commencèrent à le regarder d’un autre œil. C’était ça, le plus dur. Les gens savaient. Ils avaient désormais pour lui le regard que d’autres avaient eu pour Sissy.

Il démissionna de l’année. Il avait par chance suffisamment d’amis pour adoucir la transition à la vie civile, mais l’épreuve n’en fut pas moins raide. L’incident de Stuttgart semblait lui coller aux semelles, comme un chien perdu et puant.

1 ... 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ... 121
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)