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La saison des mutants [The Mutant Season - fr]

Электронная книга - «La saison des mutants [The Mutant Season - fr]». Краткое содержание книги:

Télékinésie, précognition, télépathie... Etranges et merveilleuses, leurs facultés déroutantes font peur autant qu’elle fascinent. Eux, ce sont les mutants : des humains « différents » dont les talents très particuliers se sont progressivement développés depuis la fin du XXe siècle. En apparence, rien ne les distingue des autres, les « normaux », si ce n’est la curieuse et inexplicable pigmentation dorée de leurs iris…
Aujourd’hui, en ce début de troisième millénaire, la cohabitation, jusqu’à présent pacifique, demeure précaire. L’existence des mutants, très minoritaires et tout juste tolérés par l’humanité ordinaire, est à la merci de la moindre provocation, du plus petit dérapage. Or voilà qu’un politicien sans scrupules entreprend de transformer l’intolérance en guerre ouverte. La « saison des mutants » va-t-elle s’achever dans un bain de sang ?
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— Dans ce cas, pourquoi ne pas vous adresser au gouvernement fédéral pour lui faire part de votre inquiétude ?

— Nous avions espéré que l’enquête menée au Brésil déboucherait sur des résultats officiels dont nous aurions pu nous servir pour créer une ouverture. Mais la mort de Jacobsen a fait dévier nos préoccupations vers d’autres sujets. Nos préoccupations et celles du gouvernement.

Andie hocha la tête.

— C’est vrai. Il va s’écouler des années avant qu’ils n’envisagent une autre enquête. Pour le Congrès, cette affaire est enterrée.

— Alors qu’elle a été peut-être un élément déterminant dans l’assassinat, dit Skerry. Ce qui signifie que nous ne pouvons nous permettre d’attirer davantage l’attention là-dessus.

Il prit la traditionnelle tasse bleue qui se trouvait devant lui et avala une gorgée de thé.

— Il a raison, confirma Halden. Nous devons commencer par mener notre propre enquête. Il y en a assurément plusieurs parmi nous qui ont les compétences requises. Le Dr Lagnin est en congé sabbatique de Stanford. Et Christopher Ruschas a son propre laboratoire de génétique à Berkeley. Et quelques autres. Avec votre concours, madame Greenberg, nous suivrons la piste amorcée par le groupe d’enquête du Congrès.

— Il vous est acquis, dit Andie en souriant.

— Skerry, il se peut que nous ayons besoin de toi en cette affaire.

— Je ne sais pas, Halden. Je préfère agir isolément.

Andie l’aurait giflé. N’était-ce pas lui qui les avait entraînés dans cette affaire ? Et voilà qu’à présent il voulait se retirer !

— Bon, essayons, pour le bien de tous, de passer outre notre aversion naturelle, proposa Halden d’un ton sarcastique. Si tu ne te sens pas concerné, que fais-tu ici ?

Skerry haussa les épaules.

— Je viens faire une petite visite à mon paternel à l’asile des mutants.

Halden serra les lèvres.

— Il serait temps que tu viennes voir ton père.

— Pour ce que ça lui fait… Ils lui ont filé tellement de drogues qu’il ne se reconnaît pas lui-même.

— En attendant qu’on ait trouvé un moyen de traiter les crises mentales, lorsque le stade terminal est atteint, nous n’avons que les sédatifs pour lutter contre la douleur.

— Et l’euthanasie ?

Halden croisa les bras.

— Là, on sort vraiment du sujet. Skerry, nous aimerions que tu fasses partie de l’équipe. S’il te faut du temps avant de prendre une décision, fais-le-moi savoir. Mais avec ou sans toi, nous allons nous atteler à la tâche.

Andie observait la scène avec fascination. Des crises mentales ? De quoi s’agissait-il ? Il faudrait qu’elle interroge Skerry.

— Notre première démarche sera, naturellement, l’enquête sur l’assassinat, déclara Halden. Nous ne savons toujours pas pour qui travaillait le meurtrier, ni comment il a été tué. Il s’est écoulé plus d’une semaine depuis le meurtre de Jacobsen.

— Halden, intervint Michael Ryton, la filière officielle pour obtenir cette information ne nous a menés nulle part. Peut-être serait-il temps d’utiliser des moyens non officiels.

— Que suggères-tu ? Qu’on s’amène en force pour exiger une enquête ?

— Pourquoi pas ? Est-ce que c’est mieux de rester sans agir et de laisser nos leaders se faire tuer ?

Plusieurs membres du clan approuvèrent de la tête. Certains le firent même d’une voix forte.

Andie jeta un regard inquiet sur l’assemblée. Était-on en train de lui adresser des reproches ? L’ambiance tournait à l’aigre.

— Michael, dit Halden, c’est la colère qui te pousse à parler ainsi. Je comprends ce que tu éprouves. Mais nous devons opérer avec prudence. Évidemment, nous mènerons notre propre enquête sur la mort de Jacobsen. Mais je propose que nous discutions de celui ou celle que nous allons soutenir comme son successeur, et cela, avant mon entretien avec le gouverneur Akins de l’Oregon.

— Et moi, je propose que Mme Greenberg nous attende en haut, intervint Zenora. Ce qu’elle avait à nous communiquer était intéressant, mais je ne vois pas en quoi le reste de la réunion la concerne.

Andie ressentait dans sa chair l’hostilité de la mutante, qui émettait des ondes de colère.

— Je ne veux pas m’imposer, dit Andie. Excusez-moi.

Elle grimpa l’escalier et referma la porte derrière elle.

— Zenora, quand apprendras-tu à maîtriser tes humeurs ? fit Halden d’une voix dure.

Zenora jeta un regard furieux à son mari.

— Je ne vois aucun intérêt à laisser les petites amies de Skerry, des normales qui plus est, s’immiscer dans nos affaires.

Michael en était gêné pour elle. Jamais auparavant il n’avait vu Zenora dans un tel état de rage. Commençait-elle à son tour à connaître des crises mentales ?

— Essayons d’avancer sur le problème de la succession de Jacobsen, suggéra James Ryton.

Dans le cerveau de Michael, se forma l’image d’un homme en costume de couleur ocre, avec une tignasse châtaine et un fort menton carré. Il lui trouvait un air connu.

— Voici Stephen Jeffers, dit Halden. Comme vous le savez peut-être, il s’est présenté contre Jacobsen aux primaires sénatoriales. Ayant perdu, il est devenu un solide supporter dans la campagne qu’elle a menée. Il est avocat à Washington depuis dix ans, mais conserve une résidence dans l’Oregon. Il a travaillé avec Jacobsen sur plusieurs questions. Il est sérieux et digne de confiance. Même les normaux l’apprécient.

L’image s’effaça. Michael se souvint que lui et son père avaient vu Jeffers dans le bureau de Jacobsen au printemps. Cela paraissait un bon choix.

— Nous l’avons déjà rencontré, dit James Ryton. Quelle est son approche politique ?

— Plutôt agressive. Il veut abroger le Principe d’Équité. Naturellement, il poursuivrait certains des projets de conciliation dont Jacobsen avait épousé la cause.

— Il serait temps, fit remarquer Ren Miller. Franchement, j’en ai assez de patauger dans le provisoire. Je pense que nous devrions exiger une représentation plus large. Une voix plus puissante. À quoi sert l’Union des Mutants si nous ne l’utilisons pas ?

— Et selon toi, que dirait cette voix ?

Ryton s’était levé, fusillant Miller du regard. Le jeune homme lui retourna son regard, soulevant sa forte carrure pour prendre appui sur ses robustes avant-bras.

— J’en ai marre de courber l’échine devant ces normaux ! Ces inférieurs ! s’exclama Miller d’un ton qui secoua l’assistance.

— Tu veux mettre tout le clan en péril ? Tu es devenu fou ?

Ryton hurlait lui aussi, à présent.

— Nous n’avons pas le choix, rétorqua Miller. Ou alors, nous les laissons nous éliminer en toute impunité. Puis nous rampons à leurs pieds en les suppliant : « Oh, s’il vous plaît, s’il vous plaît, juste un petit renseignement ! »

Michael bondit, prêt à venir au secours de son père si Miller l’agressait. Des cris de colère s’élevèrent, tandis que Halden hurlait encore plus fort.

— James ! Ren ! Ça suffit !

Le Gardien du Livre se leva en renversant son siège. Halden était l’un de leurs plus puissants télépathes, et il le prouva une fois de plus en projetant des ondes mentales dont les échos vibrèrent à travers l’esprit de toutes les personnes présentes, tant et si bien que tous les yeux dorés, sans exception, se fixèrent sur lui.

— Nous avons déjà discuté de cela, dit-il d’un ton plus mesuré. Nous ne sommes pas assez forts pour exiger quoi que ce soit. Cela ne nous rapporterait qu’une seule chose : nous aliéner l’opinion sans aucune contrepartie. Nous avons fait quelques progrès, certes, mais il est impératif que nous avancions prudemment.

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