La saison des mutants [The Mutant Season - fr]
- Автор: Хабер Карен, Силверберг Роберт
- Серия: Les Mutants #1
- Год: 1991
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-23021-9
- Переводчик: Pierre K. Rey
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La saison des mutants [The Mutant Season - fr]». Краткое содержание книги:
Aujourd’hui, en ce début de troisième millénaire, la cohabitation, jusqu’à présent pacifique, demeure précaire. L’existence des mutants, très minoritaires et tout juste tolérés par l’humanité ordinaire, est à la merci de la moindre provocation, du plus petit dérapage. Or voilà qu’un politicien sans scrupules entreprend de transformer l’intolérance en guerre ouverte. La « saison des mutants » va-t-elle s’achever dans un bain de sang ?
— Dans mon bureau.
— On peut aller la chercher ?
— Maintenant ? Pourquoi pas ? dit Andie avec un haussement d’épaules. Mais pourquoi êtes-vous si pressé ?
— Je voudrais seulement faire bouger les choses. Pas plus.
Andie poussa un soupir. Ses jambes n’allaient pas la porter ; mais le regard de l’homme était insistant.
— Allez, on y va, fit-il.
L’immeuble n’était qu’à moitié éclairé et pratiquement désert. Andie brancha les lumières et ouvrit son bureau.
— Zut ! s’exclama-t-elle. J’aurais juré qu’elle était ici.
Skerry s’approcha.
— Qu’est-ce qui ne va pas ?
— Je croyais l’avoir laissée au fond de mon tiroir-classeur. D’ordinaire, je la garde cachée là derrière.
— Une bonne idée. Et elle n’y est pas ?
— Attendez. Je l’ai montrée à Jacobsen, mais je l’ai remise là. J’en suis sûre.
— Cherchez dans les autres tiroirs.
Andie mit le bureau sens dessus dessous. Puis elle fouilla dans celui de Caryl.
— Rien.
Elle se tourna vers Skerry dont le visage s’était allongé.
— Et le bureau de Jacobsen ?
— Oui, je pourrais aller voir.
Sans enthousiasme, Andie entra dans la pièce du sénateur. Skerry crocheta la serrure du tiroir du haut et les autres s’ouvrirent sans problème. Dix minutes après, les recherches n’avaient rien donné.
— Merde.
Skerry se renversa dans le fauteuil de Jacobsen. Andie s’assit par terre, la tête appuyée contre le flanc du bureau.
— Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? demanda-t-elle.
— Je crois qu’on s’est fait avoir, dit Skerry. En principe, c’était un endroit sûr pour cacher une cartouche.
— Je ne comprends pas comment elle a pu disparaître. Il aurait fallu que quelqu’un sache qu’elle était en ma possession, et qu’on la vole au moment de l’attentat. Et d’abord, comment a-t-on pu entrer ? En plus, mon bureau est toujours fermé à clef.
— Vous avez vu combien de temps j’ai mis pour ouvrir celui de Jacobsen. Une serrure, ce n’est rien du tout.
Soudain, Andie bondit sur ses pieds et pianota sur le clavier de l’ordinateur de Jacobsen.
— Que faites-vous ?
— J’ai une idée.
Elle fit défiler fébrilement les fichiers.
— Bon sang ! Où est-ce ? marmonna-t-elle.
Au bout d’un moment, elle entra plusieurs instructions, puis poussa un soupir de soulagement.
— La voilà, fit-elle.
— Quoi ?
— J’ai montré la cartouche à Jacobsen il y a deux jours. Le contenu est encore en mémoire.
Skerry se pencha sur l’écran.
— Pouvez-vous en faire une disquette et ensuite l’effacer ?
— Bien sûr.
Radieux, le jeune homme lui tapota le dos.
— Ma belle, je retire tout ce que j’ai pu dire de désagréable sur les non-mutants. Vous êtes formidable. Et quand nous en aurons terminé avec ce Conseil des Mutants, c’est vous, probablement, qu’on désignera comme prochain sénateur.
13
Assise au bord de l’aquadivan vert, Mélanie frissonnait devant les images qui passaient à l’écran. Benjamin se rapprocha d’elle, lui passa un bras autour de l’épaule et la serra doucement. La jeune fille frémit de plaisir à la chaleur de cette main sur son bras et elle se blottit contre l’homme.
— Tu as peur ? demanda-t-il.
— Pas vraiment. Mais ça me révulse de voir et revoir sans cesse cette scène. Jacobsen n’avait jamais fait de mal à personne. Et quand je pense que son meurtrier était ce serpent de Tamlin, j’en ai mal au ventre.
— Ce type devait être psychotique. Un fou qui détestait les mutants.
— La façon dont il a essayé de m’étrangler au club… J’en ai encore des cauchemars.
Benjamin tourna vers lui le visage de la jeune fille.
— Tu n’as plus à t’inquiéter à présent. Je suis là.
Mélanie sourit. Elle aimait ces yeux bruns et chaleureux, ces cheveux noirs. Si seulement il pouvait la serrer un peu plus fort…
Mais à son grand regret, l’étreinte ressemblait plutôt à celle d’un frère, et il se leva.
— Peut-être devrais-je prévenir la police, suggéra-t-elle.
— Et pour leur dire quoi ? répliqua-t-il d’un ton brusque. Que Tamlin t’a agressée ? Il est mort. Le mieux que tu aies à faire désormais, c’est de l’oublier. Sinon, tu vas t’attirer des ennuis et tu n’y tiens pas.
— Vous avez sans doute raison.
Mélanie se renversa contre les coussins ocre. Elle était fatiguée de regarder les images sans cesse répétées de la mort de Jacobsen. Jacobsen n’était plus. Mélanie voulait l’oublier. Elle et Tamlin.
Benjamin se mit à bâiller et consulta l’horloge.
— Je suis vanné, petite. Reste si tu veux. Moi, je vais me coucher.
Il esquissa un vague sourire et sortit du salon. Avec un soupir, Mélanie changea de chaîne pour tomber sur un vieux film des années 80, au beau milieu d’une scène d’amour. Elle la regarda non sans mélancolie.
J’ai envie que Ben me fasse ça, songea-t-elle. Avec sa bouche, partout. Sur l’écran, les amants se livraient avec talent et passion à l’acte d’amour, avec moult halètements et contorsions. La jeune mutante attrapa un joint dont elle mordit l’extrémité pour activer la montée de l’extase.
Peut-être qu’il n’aime pas les femmes, se dit-elle. Mais dans ce cas, que faisait-il au club ? Et pourquoi serais-je ici ? Pourquoi m’aurait-il secourue et trouvé cet emploi ? Et offert un toit ? Cela faisait presque un mois qu’elle était là. D’un regard ému, elle parcourut le somptueux salon, pour s’attarder sur les riches boiseries et le magnifique tapis navajo rouge.
Au bout d’une semaine, elle avait cessé de verrouiller sa chambre, curieuse de voir s’il s’en apercevrait. Il n’avait eu aucune réaction. Elle s’était mise à se promener dans la maison en chemisette chatoyante aux reflets d’opale, qui révélait de sa personne plus qu’elle ne cachait. Lui se comportait comme si elle était revêtue d’une armure en plastique. Ils vivaient ensemble comme frère et sœur. Mais elle avait déjà deux frères, merci bien.
Le joint la détendit et elle éprouva ce chatouillement familier, cette chaleur persistante entre ses cuisses. Bon Dieu, elle en avait assez de se masturber ! Eût-elle été télépathe, elle aurait envoyé quelques suggestions érotiques à Ben pendant son sommeil. Mais elle n’était pas télépathe. Il lui faudrait donc user de l’approche traditionnelle, conclut-elle avec un soupir.
Elle éteignit l’écran et se dirigea vers la chambre de Ben. Aucune lumière ne passait sous la porte. Très bien. Elle posa doucement sa main à plat et la porte glissa sans bruit. Dans la semi-obscurité, elle distinguait tout juste la forme étendue dans le lit. Respiration régulière. Il dormait.
Mélanie écarta drap et couverture. Il était nu. Comme ses yeux s’adaptaient à la pénombre, elle put admirer le corps bien bâti et musclé. Elle effleura son visage.
— Mel ?
Il se redressa en clignant des paupières.
Elle dégrafa sa tunique à l’épaule et la laissa tomber à ses pieds. Puis, elle l’enjamba, se pencha sur l’homme et dessina d’un doigt une ligne de sa poitrine à son aine. Sous la caresse, il eut un début d’érection.
Tendrement, elle l’embrassa. Il s’écarta, cherchant le drap.
— Il faut aller dormir.
— Je n’ai pas sommeil.
Elle lui prit la main et la maintint contre son sein.
— Mel, tu ne devrais pas faire ça, supplia-t-il.
Mais il n’enleva pas sa main.