La saison des mutants [The Mutant Season - fr]
- Автор: Хабер Карен, Силверберг Роберт
- Серия: Les Mutants #1
- Год: 1991
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-277-23021-9
- Переводчик: Pierre K. Rey
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «La saison des mutants [The Mutant Season - fr]». Краткое содержание книги:
Aujourd’hui, en ce début de troisième millénaire, la cohabitation, jusqu’à présent pacifique, demeure précaire. L’existence des mutants, très minoritaires et tout juste tolérés par l’humanité ordinaire, est à la merci de la moindre provocation, du plus petit dérapage. Or voilà qu’un politicien sans scrupules entreprend de transformer l’intolérance en guerre ouverte. La « saison des mutants » va-t-elle s’achever dans un bain de sang ?
Elle remua doucement, pour qu’il pût sentir le mamelon durcir sous sa paume. Lorsqu’elle lui lâcha la main, il la laissa en place, se rapprocha et, de sa main libre, recouvrit l’autre sein. Un soupir s’échappa des lèvres de Mélanie qui ferma les yeux. Aussitôt une langue chaude la parcourut, une bouche passa d’un sein à l’autre et les suça avec avidité.
Alors, elle se glissa dans le lit, contre ce corps musclé, éprouvant un frisson étrange et délicieux au contact des poils sur son torse et de ses bras. Elle brûlait de caresser et d’explorer toutes les parties de ce corps d’homme. D’être elle-même caressée et explorée.
Il l’étreignit plus fort, lui embrassa les seins, le cou, les lèvres. Elle répondit à son désir en se frottant contre lui, haletante, suivant un rythme inconnu que lui dictait son instinct. Les mains de Ben s’insinuèrent entre ses cuisses, d’abord délicatement, avant de s’enhardir et de se faire plus insistantes. Une voix poussa un cri, une voix qu’elle reconnut vaguement comme étant la sienne, mais cela n’avait plus d’importance. Il était en elle et elle explosait, ondulant sous les vagues d’un plaisir intense. Il lui appartenait pour toujours. Pour toujours.
Chez Halden, les aînés du clan, rassemblés autour de la table en teck du sous-sol, étaient prostrés dans un silence lugubre. Michael n’avait jamais vu, dans une réunion du Conseil des Mutants, des visages aussi amorphes, aussi déprimés. Les badges de l’unité sur la plupart des poitrines paraissaient eux aussi avoir perdu de leur éclat. Son père participait à la morosité ambiante, assis là, les manches de sa chemise bleue roulées n’importe comment, en train de tripoter sa tasse de thé.
— Nous devons désigner quelqu’un pour remplir les fonctions de Jacobsen, déclara Halden. Je dois rencontrer lundi le gouverneur Akins, aussi il faut nous mettre d’accord sur la succession du sénateur. Plus vite nous agirons, plus il y aura de chances que le gouverneur ratifie notre choix.
— Pourquoi se casser la tête ? intervint Zenora. Nous ne ferons rien d’autre que de fournir une nouvelle cible aux armes des normaux.
— Si nous nous en tenons à cette attitude, alors nous sommes perdus, répliqua Halden d’un ton sévère.
— Comme tu le dis, mon oncle, fit une voix familière.
Comme un seul homme, toutes les personnes rassemblées se retournèrent. Cinquante paires d’yeux dorés aperçurent une colonne de flammes orange tournoyant lentement près du canapé flottant gris argent. Progressivement, elle se solidifia en une forme humaine ; un homme de haute taille, un mutant vêtu de bottes noires, jean, T-shirt violet et parka de l’armée, le sourire encadré par une barbe aux boucles brunes. Skerry. Une femme rousse en tailleur gris se tenait à ses côtés, l’air peu rassuré. Michael reconnut l’assistante d’Eleanor Jacobsen, Andréa Greenberg. Que faisait-elle ici, avec Skerry ?
— Salut la compagnie, lança ce dernier d’un ton enjoué. Veuillez excuser mon entrée, mais vous le savez, j’aime bien faire mon petit effet. Et je voudrais vous présenter une amie à moi. Dites bonjour aux gentils mutants, Andie.
La jeune femme esquissa un signe de tête.
— Bonjour.
— Skerry, que signifie ceci ? demanda Zenora. Introduire un non-mutant dans notre réunion privée, surtout en ce moment ? Tu as perdu l’esprit ?
— Pas encore, tantine. Je n’ai que trente ans, rappelle-toi. Et ce n’est pas n’importe lequel de ces bons vieux normaux. Andie Greenberg était l’assistante d’Eleanor Jacobsen.
— Calme-toi, Zenora, dit James Ryton. Je réponds d’elle.
— Je ne vois toujours pas pourquoi elle assisterait à la réunion.
— Tu vas voir, reprit Skerry.
De l’autre côté de la table, Michael fit léviter une chaise pliante en bois blanc en direction d’Andie. Tandis qu’elle s’y asseyait, il lui adressa un clin d’œil qui se voulait rassurant.
— Tu te faisais plutôt rare ces derniers temps, Skerry. Qu’as-tu en tête ? s’enquit Halden.
— Jetez un regard là-dessus.
Skerry lança une disquette sur la table.
— Qu’est-ce que c’est ? demanda Halden en fronçant les sourcils.
— Tu veux réveiller nos troupes ? Qu’elles cherchent un remplaçant à Jacobsen ? Ceci devrait stimuler vos âmes de mutants, les amis. Je vous apporte une raison de souhaiter avoir dès que possible quelqu’un à nous au Congrès. Ceci est la preuve que des recherches sur les mutagènes sont en cours au Brésil.
— Au Brésil ? Ces rumeurs sont donc vraies ?
Skerry acquiesça.
— Ils sont en train d’étudier les cellules germinales. Ils font des tests sur les locus des chromosomes de ce qui semblerait être des sujets humains.
— Tu prétends, dit Halden qui avait pâli, qu’ils essaieraient de détecter des mutations et d’en isoler les gènes qu’on pourrait reproduire en éprouvette… ? Voilà qui est bien plus grave que nous n’avions imaginé.
Il tendit la disquette à Zenora qui l’inséra dans le lecteur.
On baissa les lumières et le contenu de la disquette défila sur l’écran auréolé d’un halo bleu scintillant. Pour Michael, les dessins évoquaient des diagrammes classiques d’expériences génétiques. Mais son père, qui s’était dressé de son siège, fixait l’écran, tout comme Halden, avec une angoisse évidente.
— Doubles allèles ? Zygotes séparés ? Ce sont des embryons humains ? demanda Ryton.
— Il semblerait.
— Incroyable. Une précision que nous sommes incapables ne serait-ce que d’approcher, commenta Halden d’une voix lourde d’émotion. Même avec la psychokinésie.
— Et ils ont réussi à implanter l’un de ces embryons, ou à l’amener à maturité ? poursuivit James Ryton.
— Ça, je l’ignore, répondit Skerry. On ne sait pas trop à quel stade ils en sont. Ni qui finance ces expériences.
Cet enregistrement date d’environ deux ans, et il n’est pas complet.
— Où l’as-tu déniché ?
Skerry haussa les épaules.
— Disons qu’un heureux hasard m’a permis de le localiser.
Halden soupira.
— Autrement dit, tu l’as volé.
Michael sourit en lui-même. Félicitations, Skerry.
— Mon oncle, épargne-moi le couplet moralisateur, rétorqua Skerry d’un ton cassant. Tu sais fichtrement bien que nous avons toujours usé de tous les moyens dont nous pouvions disposer. Je me souviens d’une époque où nous restions autour de la table après le rassemblement annuel pour discuter des techniques de vol et autres filouteries, et personne n’avait l’air horrifié. C’était le boulot.
— Il a raison, confirma Michael. Et puis, maintenant que nous avons ces renseignements, on se fiche de savoir comment on les a obtenus.
Halden leur concéda ce point.
— Quoi qu’il en soit, dit-il, tu nous as rendu un service inestimable. Dorénavant, nous devons prendre ces rumeurs très au sérieux.
— Et si c’était bidon ? objecta Zenora. Skerry a pu truquer cet enregistrement. De tous les membres du clan, ce n’est pas exactement celui à qui je ferais le plus confiance.
Elle ponctua ses paroles d’un regard rageur à l’adresse de Skerry, qui le lui retourna aussitôt.
— Pourquoi me serais-je donné ce mal, Zenora ? Je reconnais que ça vaut à peine le coup de prendre des risques et de me casser la tête à vouloir sauver la vôtre. Mais puisque je l’ai fait, le moins que vous puissiez faire de votre côté, c’est de croire ce que je vous montre.
— Si seulement Jacobsen était encore en vie, dit Ryton. Je serais plus à mon aise pour défendre une intervention dans cette affaire si nous avions son aval.
Alors Skerry se pencha, les mains posées à plat sur la table.
— James, je vous ai apporté un deuxième cadeau, tout aussi précieux. Andie était au Brésil avec Jacobsen. C’est la raison de sa présence ici.