Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1970
- Язык: французский
- Год: OPTA
- Переводчик: Jacques de Tersac
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]». Краткое содержание книги:
Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais vous ne croyez pas qu'il y a de quoi vous faire regretter notre bonne vieille Terre, Sud-Est asiatique ou pas ? Et encore, je ne vous raconte pas tout !
Rufo semblait avoir surmonté son accès de mauvaise humeur ; il nous salua poliment et même avec une certaine chaleur. Nous sautâmes à cheval et nous partîmes. Nous avions déjà fait environ un mille vers le sud quand je dis :
— « Star chérie…»
— « Mon amour, mon seigneur ? »
— « Ce saut par-dessus l’épée… est-ce vraiment une cérémonie de mariage ? »
— « Une très vieille coutume, mon chéri. Je crois qu’elle remonte à l’époque des croisades. »
— « J’ai pensé à une formule de circonstance :
Saute, Fripon, et sursaute, princesse !
Sois ma femme et laisse-moi te garder !
«… Cela te convient-il ? »
— « Oh ! oui, oui ! »
— « Et tu me répondras :
«… J’accepte d’être ta femme et te serai fidèle. »
« Ça va ? »
Star soupira doucement : « Oui, mon amour ! »
Nous avons donc laissé Rufo près des longs chevaux, sans lui donner d’explication, et nous avons escaladé une petite colline boisée. Tout est beau sur Névia ; nulle part on n’y trouve de vieilles bouteilles de bière ni de vieux mouchoirs en papier, rien ne dépare ce merveilleux Eden ; en haut de la colline, nous trouvâmes un temple de plein air, une douce clairière avec un épais tapis d’herbe, entourée d’arbres touffus, un vrai sanctuaire.
Je tirai mon épée et laissai mon regard courir le long de la lame, admirant son équilibre parfait, tout en remarquant les délicats reliefs laissés par le fin marteau d’un maître armurier. Je dégainai et la pris par le fort : « Lis la devise, Star. »
Elle la déchiffra : « Dum vivimus, vivamus ! – Pendant notre vie, profitons de la vie ! Oh, oui ! mon amour, oui ! » Elle baisa la lame et me la rendit ; je la plaçai sur le sol.
— « Tu connais ton texte ? » ai-je demandé.
— « Il est gravé dans mon cœur. »
Je lui pris la main : « Saute bien haut. Un… Deux… Trois ! »
CHAPITRE XII
Quand je suis redescendu de la colline sacrée, tenant ma femme tendrement enlacée, Rufo nous aida à monter à cheval, sans dire un mot. Il lui fut cependant impossible de ne pas s’apercevoir que Star s’adressait maintenant à moi en me disant : « Seigneur mon mari. » Il monta lui-même à cheval et nous suivit à distance, hors de portée de voix.
Nous allâmes main dans la main, pendant au moins une heure. Chaque fois que je la regardais, elle souriait ; chaque fois qu’elle voyait que je la regardais, son sourire lui creusait des fossettes. À un moment, je lui demandai : « Dans combien de temps devrons-nous recommencer à faire attention ? »
— « Pas avant d’avoir quitté la route, seigneur mon époux. »
Nous avons encore fait un autre mille. Après quoi, timidement, elle me dit : « Seigneur mon époux ? »
— « Oui, femme. »
— « Penses-tu toujours que je suis une putain frigide et maladroite ? »
— « Hum…» répondis-je en réfléchissant. « Frigide, non, honnêtement, je ne peux pas dire que tu sois frigide. Maladroite… Eh bien, si on te compare avec une artiste comme Mûri, disons que…»
— « Seigneur mon époux ! »
— « Oui ? Je disais…»
— « As-tu donc vraiment envie que je te frappe sur les fesses ? » Elle ajouta, « Américain ! »
— « Femme… tu ferais ça ? »
Elle prit son temps pour répondre et, à voix très basse : « Non, seigneur mon mari, jamais. »
— « Je suis heureux de te l’entendre dire. Mais, si tu le faisais, qu’est-ce qui arriverait ? »
— « Tu… Tu m’administrerais une bonne fessée. Avec ma propre épée, pas avec la tienne. Je t’en prie, jamais avec la tienne… mon mari. »
— « Pas plus fort qu’avec la tienne, d’ailleurs. Avec la main. Et je taperai fort. Je commencerais donc à te fesser puis…»
— « Et puis, quoi ? »
Je le lui dis. « Mais ne m’en donne pas l’occasion. Suivant les plans établis, il va falloir que je me batte. Il ne faut pas intervenir dans mon avenir. »
— « Oui, seigneur mon époux. »
— « Très bien. Maintenant, si nous accordons à Mûri une note arbitraire de dix. En prenant la même échelle de valeur… voyons donc. »
— « Trois ou quatre, sans doute ? Peut-être cinq ? »
— « Du calme. Je pense que cela doit faire environ mille. Oui, mille, à un poil près. Je n’ai pas ici ma règle à calcul. »
— « Oh, comme tu es taquin, mon chéri ! Viens plus près de moi et embrasse-moi… Et attends seulement que je le dise à Mûri. »
— « Tu ne diras rien à Mûri, ma femme, ou alors tu recevras une bonne fessée. Assez de compliments, maintenant. Tu sais ce que tu es, espèce de putain qui saute par-dessus les épées ? »
— « Et qu’est-ce que je suis ? »
— « Ma princesse. »
— « Oh ! »
— « Et une vraie petite martre qui a le feu aux fesses… et tu le sais très bien. »
— « Vraiment ? J’ai bien étudié les dialectes américains mais il m’arrive de ne pas être très sûre de comprendre. »
— « Cela veut dire que tu es véritablement le dessus du panier. C’est une façon de parler, mais je n’ai jamais aussi bien connu une martre. Et si nous nous occupions maintenant d’autre chose, si tu ne veux pas être veuve le jour même de ton mariage. Il y a des dragons, m’as-tu dit ? »
— « Pas avant la tombée de la nuit, seigneur mon mari… Et ce ne sont pas réellement des dragons. »
— « De la manière dont tu les as décrits, il n’y a qu’un autre dragon qui soit capable de faire la différence. Huit pieds de haut au garrot, quelques tonnes, des dents de la longueur de mon bras… tout ce qui leur manque, c’est de cracher des flammes. »
— « Mais ils crachent des flammes ! Ai-je donc oublié de le dire ? »
— « Non, tu ne l’avais pas dit, » soupirai-je.
— « On ne peut pas réellement dire qu’ils soufflent des flammes ; cela les tuerait. Ils retiennent leur respiration pendant que cela brûle. C’est du gaz des marais – du méthane – qui provient de leur digestion. Ils peuvent éructer sur commande tandis que se produit un effet hypergolique, provoqué par un enzyme sécrété entre la première et la seconde rangée de crocs. Le gaz s’enflamme alors juste avant d’être rejeté à l’extérieur. »
— « Le mécanisme de l’opération ne m’intéresse pas ; il me suffit de savoir qu’ils crachent des flammes. Et alors ? Comment penses-tu que je vais pouvoir les maîtriser ? »
— « J’avais espéré que tu en aurais quelque idée. Tu vois, » dit-elle comme en s’excusant, « je n’ai pas réfléchi à la question, car je ne pensais pas que nous prendrions ce chemin. »
— « Tant pis !… Femme, retournons au village. Organisons une joute oratoire avec notre ami le colporteur de ragots… Je parie que je peux débiter des sornettes plus vite et encore plus bêtement que lui. »
— « Seigneur mon mari ! »
— « Bon, n’en parlons plus. Si tu veux que je tue des dragons tous les mercredis et tous les samedis, je m’arrangerai pour être occupé à ce moment. Ce méthane enflammé… Est-ce qu’ils en rejettent par les deux extrémités ? »
— « Oh non ! Juste par devant. Comment pourraient-ils le faire des deux côtés ? »
— « Ce serait facile. C’est déjà prévu pour le modèle du prochain salon. Maintenant, calmons-nous ; je suis en train de penser à une tactique possible. Je vais avoir besoin de Rufo. Je pense qu’il a déjà tué des dragons ? »