Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1970
- Язык: французский
- Год: OPTA
- Переводчик: Jacques de Tersac
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]». Краткое содержание книги:
Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais vous ne croyez pas qu'il y a de quoi vous faire regretter notre bonne vieille Terre, Sud-Est asiatique ou pas ? Et encore, je ne vous raconte pas tout !
— « Ce n’est d’ailleurs pas ainsi que j’imagine une lune de miel. Star… Regarde-moi. Je n’envisage pas de te mettre en cage ; je sais que tu n’as pas été élevée ainsi. Mais nous n’allons pas aller chercher le seigneur. De quelle espèce sont les prédicateurs locaux ? Je préfère l’espèce qui est célibataire. »
— « Mais le seigneur est aussi prêtre. Ce n’est pas que la religion soit un problème important sur Névia ; tout ce qui nous intéresse, ce sont les rites de la fertilité. Seigneur mon amour, la manière la plus simple, c’est de sauter par-dessus ton épée. »
— « Est-ce un rite de mariage dans l’endroit d’où tu viens, Star ? »
— « Non, c’est un rite de ton monde à toi :
« C’est un très vieux dicton. »
— « Mmm… Je n’aime pas beaucoup ces vers sur le mariage. Je suis peut-être un fripon, mais je sais ce que tu penses des putains. Quelles sont les autres possibilités ? »
— « Laisse-moi réfléchir. Il y a le colporteur de ragots du village que nous allons traverser tout de suite après avoir déjeuné. Il marie quelquefois des citadins qui veulent que cela se sache partout ; son service comprend le colportage de la nouvelle. »
— « Quelle sorte de service ? »
— « Je ne sais pas. Et cela m’importe peu, seigneur mon amour. Nous allons nous marier ! »
— « C’est bien l’idée générale ! Mais nous n’allons pas nous arrêter pour déjeuner ? »
— « Si, seigneur, » dit-elle fermement. « Si je dois être ta femme, j’entends être une bonne femme et je ne permettrai pas que tu sautes des repas. »
— « Déjà de la tyrannie ! Je vais te battre. »
— « Comme tu voudras, seigneur. Mais tu dois manger, tu vas avoir besoin de toute ta force…»
— « Certainement, que j’en aurai besoin ! »
— «…pour combattre. Car je suis maintenant dix fois plus anxieuse de nous voir survivre tous les deux. Tiens, voici un endroit pour déjeuner. » Elle fit obliquer Vita Brevis sur le bord de la route ; Ars Longa suivit. Star regarda par-dessus son épaule et sourit. « T’ai-je dit aujourd’hui que tu es beau… mon amour ! »
CHAPITRE XI
Le long cheval de Rufo nous suivit sur le coin d’herbe que Star avait choisi pour pique-niquer. Son cavalier était toujours aussi flasque qu’une vieille chaussette et continuait de ronfler. Je l’aurais bien laissé dormir mais Star était déjà en train de le secouer.
Il finit par se réveiller, en cherchant son épée et en hurlant : « À moi ! M’aidez ! Les vaches ![50] » Heureusement, quelque main amie avait placé l’épée et son ceinturon hors d’atteinte sur le porte-bagage, à l’arrière, avec son arc, son carquois et notre nouvelle boîte pliante.
Il s’ébroua et demanda : « Combien étaient-ils ? »
— « Descends de là, mon vieil ami, » lui dit gentiment Star. « Nous nous sommes arrêtés pour déjeuner. »
— « Manger ! » Rufo eut un haut-le-cœur et haussa les épaules : « Je vous en prie, madame, pas d’obscénité. » Il tripota maladroitement sa ceinture de sécurité et sauta de sa selle ; je l’aidai à retrouver son équilibre.
Star fouillait dans sa bourse ; elle en retira un flacon qu’elle tendit à Rufo. Il eut un geste de recul : « Madame ! »
— « Faut-il que je te tienne le nez ? » demanda-t-elle doucement.
— « Je vais le faire tout seul, mais laissez-moi un instant… Quelle histoire ! »
— « Je suis bien certaine que tu vas obéir. Dois-je demander au Seigneur Oscar de te tenir les bras ? »
Rufo me regarda d’un air suppliant ; Star ouvrit la petite bouteille. Il y eut une certaine effervescence, des volutes de fumée s’en échappèrent. « Maintenant ! »
Rufo frissonna, se tint le nez et se pencha en avant.
Je ne vais pas prétendre que la fumée lui sortit par les oreilles, mais il fut agité comme une voile déchirée par la tempête et fit entendre d’horribles bruits.
Puis, tout à coup, il redevint net, comme un écran de télévision que l’on vient de régler. Il sembla soudain plus lourd et plus grand de quelques pouces, il était de nouveau solide sur ses jambes. Son teint était d’un rose rayonnant, il avait perdu sa pâleur de mort. « Merci, madame, » dit-il avec chaleur, et sa voix était forte et virile. « J’espère pouvoir vous rendre un jour le même service. »
— « Aux calendes grecques ! » approuva-t-elle.
Rufo conduisit les longs chevaux un peu plus loin et leur donna à manger ; il ouvrit la boîte pliante et en sortit des monceaux de belle viande saignante. Ars Longa mangea une cinquantaine de kilos ; Vita Brevis et Mors Profunda mangèrent encore plus ; en voyage, ces animaux ont besoin d’un régime très riche en protéines. Cela fait, il se mit à siffloter et installa une table et des chaises pour Star et pour moi.
— « Ma chatte, » dis-je à Star, « qu’est-ce qu’il y a donc dans ce remontant ? »
— « C’est une vieille recette familiale :
— « C’est de Shakespeare, » m’écriai-je. « Dans Macbeth ! »
— « Le rafraîchir par du sang de babouin… Non, c’est Will qui la tient de moi, seigneur chéri. C’est toujours comme cela, avec les écrivains, ils vous volent tout, effacent le numéro de série et prétendent que c’est d’eux. Je tiens cette recette de ma tante, – une autre, – qui était professeur de médecine interne. Et ces quelques vers n’ont été écrits que pour mieux se rappeler quels sont les vrais ingrédients, qui sont beaucoup plus compliqués… mais on ne sait jamais quand on peut avoir besoin de faire disparaître une bonne gueule de bois. Je l’ai préparée cette nuit car je savais bien que Rufo, ne serait-ce que pour notre propre peau, aurait besoin aujourd’hui d’être au meilleur de sa forme… J’ai même préparé deux doses, dans le cas où tu en aurais aussi eu besoin. Mais tu m’as étonnée, mon amour : tu sais t’arrêter, avec une grande noblesse, aux moments les plus critiques. »
— « C’est un talent de famille, je ne puis m’en empêcher. »
— « Le déjeuner est servi, madame. »
J’offris le bras à Star. Les plats chauds étaient chauds, les plats froids étaient glacés ; cette nouvelle boîte pliante, en étoffe couleur caca d’oie brodée aux armes du Doral, comprenait des ustensiles qui manquaient à la boîte que nous avions perdue. Tout était délicieux et les vins étaient superbes.
Rufo mangea de bon cœur sur la desserte, sans cesser un instant de garder un œil sur nous pour prévenir nos moindres désirs. Il s’était approché de nous pour nous servir le vin qui accompagnait la salade quand je laissai éclater la nouvelle : « Rufo, mon vieux camarade, ma Dame Star et moi-même allons nous marier aujourd’hui. Je désire que vous soyez mon garçon d’honneur et que vous m’aidiez à me préparer. »
Il en laissa tomber la bouteille.
50
En français dans le texte. (N.D.T.)