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Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]

Электронная книга - «Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]». Краткое содержание книги:

Je n'étais pas très chaud pour partir en colonie de vacances dans le Sud-Est asiatique, mais on ne m'avait pas donné le choix. Enfin, à mon retour, j'avais une belle cicatrice toute neuve sur la figure et un billet de Sweepstake gagnant dans la poche grâce auquel j'ai rencontré la plus belle sorcière des Vingt Univers. C'est là que mes ennuis ont commencé : je me suis retrouvé dans un monde parallèle, à pourchasser des rats gros comme des loups, des dragons cracheurs de feu (évidemment), et même un Ogre, tout en essayant d'échapper aux Fantômes à Longues Cornes et autres Ecumeurs des Eaux Glacées. Sans compter Celui-Qui-N'a-Jamais-Vu-Le-Jour et Celui-Qui-Dévore-Les-Âmes. Et tout ça pour récupérer un oeuf de Phénix…
Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais vous ne croyez pas qu'il y a de quoi vous faire regretter notre bonne vieille Terre, Sud-Est asiatique ou pas ? Et encore, je ne vous raconte pas tout !
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(Fichtre ! mais c’était toute l’histoire que je voulais entendre.) « Tenons-nous-en pour l’instant à la situation tactique. »

— « Je te promets, » dit-elle avec gravité, « que, si nous survivons, tu connaîtras tous les détails. La situation est donc celle-ci : j’avais l’intention de traverser Névia en barque, puis de couper à travers les montagnes, pour atteindre une Porte au-delà des Pics Éternels. Cette route est moins dangereuse mais elle est plus longue.

« Mais maintenant nous devons nous presser. Nous allons donc abandonner cette route en fin d’après-midi et traverser un pays sauvage, et le pays deviendra encore pire après la nuit. Nous devons atteindre la Porte avant l’aube ; avec un peu de chance, nous pourrons dormir. Je l’espère, parce que cette Porte nous conduira dans un autre monde et la sortie est beaucoup plus dangereuse.

« Une fois arrivés dans ce monde, – on l’appelle Hokesh, ou Karth, – dans Karth-Hokesh, nous arriverons très près, trop près, d’une haute tour, d’un mille de haut et, si nous parvenons à la gagner, alors nos vrais ennuis commenceront. Dedans, se trouve le Jamais-Né, le Mangeur d’Âmes…»

— « Star, essaies-tu de me faire peur ? »

— « Je préférerais que tu sois effrayé maintenant, si cela est possible, plutôt que de te voir aller au devant de surprises. J’avais pensé, seigneur, à te prévenir de chaque danger au moment de les affronter, afin que tu puisses te concentrer sur un seul péril à la fois. Mais tu m’as forcée. »

— « Peut-être était-ce toi qui avais raison. Mais ne vaudrait-il pas mieux me donner les détails quand nous aurons à y faire face et ne me donner maintenant que les grandes lignes. Ainsi, il va donc falloir que je combatte le Mangeur d’Âmes, n’est-ce pas ? Le nom ne m’inquiète pas ; s’il essaye de manger mon âme, il en aura une indigestion. Comment dois-je le combattre ? En lui crachant dessus ? »

— « C’est une méthode, » dit-elle sérieusement, « mais, avec de la chance, nous n’aurons pas à le combattre, lui ; pas du tout. Ce que nous voulons, c’est ce qu’il garde. »

— « Et que garde-t-il ? »

— « L’Œuf de Phénix. »

— « Mais le Phénix ne pond pas d’œufs. »

— « Je le sais, seigneur. C’est bien ce qui lui donne une valeur unique. »

— « Mais…»

Elle se hâta de poursuivre. « C’est ainsi qu’on l’appelle. C’est un petit objet, un peu plus gros qu’un œuf d’autruche et entièrement noir. Si je n’arrive pas à m’en emparer, cela peut provoquer d’innombrables malheurs. Et parmi ces malheurs, un de moindre importance : je mourrai. Si j’en parle, c’est qu’il est possible que cela ne te paraisse pas sans importance, à toi, ô mon chéri ! et qu’il est plus facile de te dire une vérité que de t’expliquer le dénouement. »

— « Bon. Nous volons l’Œuf. Et ensuite ? »

— « Alors, nous rentrons à la maison. Dans ma maison. Après quoi, tu pourras rentrer chez toi. Ou rester chez moi. Ou aller où tu voudras, parmi les Vingt Univers et les myriades de mondes. Quoi que tu choisisses, quel que soit le trésor dont tu puisses rêver, ce sera à toi ; tu l’auras gagné, et bien plus encore… tout autant que mes remerciements les plus chaleureux, seigneur Héros, et tout ce que tu désireras de moi. »

(C’était le plus gros chèque en blanc jamais signé… si je pouvais l’encaisser.) « Star, tu ne sembles pas penser que nous nous en sortirons ? »

Elle respira profondément. « Ce n’est pas vraisemblable, seigneur. Je te dis la vérité. Ma maladresse nous a réduits à un choix des plus désespérés. »

— « Je vois, Star. Veux-tu m’épouser ? Aujourd’hui même ? »

Puis je dis : « Du calme ! Ne tombe pas ! » Elle n’avait pas failli tomber ; sa ceinture de sécurité l’avait retenue. Mais elle s’était affaissée. Je me suis alors penché et je lui ai mis mon bras autour des épaules. « Ce n’est pas la peine de pleurer. Il suffit de me dire oui ou non… Et, de toute manière, je combats pour toi. À propos, j’ai oublié de te dire, je t’aime. Du moins, il me semble que c’est de l’amour. Un sentiment curieux, excitant, qui me prend chaque fois que je pense à toi ou que je te regarde… Ce qui m’arrive souvent. »

— « Je t’aime, seigneur, » dit-elle d’une voix tremblante. « Je t’ai aimé dès le premier instant où je t’ai vu. Oui, j’éprouve moi aussi un sentiment curieux, excitant, comme si en moi tout était sur le point de s’écrouler. »

— « Non, ce n’est pas exactement cela, » avouai-je. « Mais c’est probablement l’effet inverse d’une même cause. De toute manière, c’est excitant. Des frissons et des éclairs. Comment fait-on pour se marier ici ? »

— « Mais, seigneur, mon amour, tu m’étonneras toujours. Je savais que tu m’aimais. J’espérais que tu me le dirais avant… enfin, au moment voulu. Dis-le moi encore une fois. Mais je ne m’attendais pas à une demande en mariage ! »

— « Pourquoi pas ? Je suis un homme, tu es une femme. C’est bien la coutume. »

— « Mais, – ô mon amour, je te l’ai déjà dit ! Il n’est pas nécessaire de m’épouser. Selon ta morale… je ne suis qu’une putain ! »

— « Une putain, une sorcière, si tu veux ! Mais où est le mal, chérie ? C’est toi qui l’as dit, pas moi. Et tu es parvenue à me convaincre que les règles que l’on m’a apprises sont des règles barbares et que les tiennes sont parfaites. Tu ferais mieux de te moucher… Voilà, est-ce que tu veux mon mouchoir ? »

Star s’essuya les yeux et se moucha mais, au lieu du « oui, chéri » que je voulais entendre, elle se redressa sur son siège et ne sourit même pas. Elle dit avec sécheresse : « Seigneur Héros, ne feriez-vous pas mieux de goûter le vin avant d’acheter le tonneau ? »

Je fis semblant de ne pas comprendre.

— « Je t’en prie, seigneur mon amour, » insista-t-elle. « Je dis bien ce que je veux dire. Il y a un coin d’herbe épaisse de ton côté de la route, juste devant nous. Tu peux m’y conduire en un instant, immédiatement, et j’accepte de bon cœur de m’y rendre. »

Je m’assis, redressant mon torse, et fis semblant de regarder : « Cela ressemble à de la mauvaise herbe. C’est piquant. »

— « Alors, cho-choi-choisis toi-même ton herbe ! Seigneur… Je suis consentante, j’en ai envie, et ce n’est pas malséant… cependant tu vas t’apercevoir que je suis un peintre du dimanche par comparaison aux artistes que tu as dû rencontrer parfois. Moi, je suis une travailleuse. Je n’ai pas eu la possibilité de consacrer à cette question les études suivies qu’elle mérite. Crois-moi ! non, essaye-moi. Tu ne peux pas savoir si tu veux m’épouser. »

— « Ainsi, tu es une putain froide et maladroite, non ? »

— « Euh… Je n’ai pas dit que j’étais tout à fait maladroite… et j’ai beaucoup d’enthousiasme. »

— « Oui, comme ta petite tantine avec sa chambre tout encombrée… C’est une coutume familiale, comme tu dis. Qu’il soit bien entendu que je veux t’épouser en dépit de tes défauts manifestes. »

— « Mais…»

— « Star, tu parles trop. »

— « Oui, seigneur, » dit-elle humblement.

— « Nous allons nous marier. Comment procédons-nous ? Est-ce que le seigneur local est aussi officier de paix ? Si oui, il n’y aura pas de droit du seigneur[49] ; nous n’avons pas de temps à perdre en frivolités. »

— « Chaque seigneur fait aussi office d’homme de loi local » approuva Star, pensive, « et il s’occupe aussi des mariages, bien que la plupart des Névians ne se tracassent pas pour cette formalité. Mais… Eh bien !… Il va attendre son « Droit du seigneur » et, comme tu l’as souligné, nous n’avons pas de temps à perdre. »

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En français dans le texte. (N.D.T.)

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