Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Chroniques de Majipoor [Majipoor Chronicles - fr]
Chroniques de Majipoor [Majipoor Chronicles - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Chroniques de Majipoor [Majipoor Chronicles - fr]

Электронная книга - «Chroniques de Majipoor [Majipoor Chronicles - fr]». Краткое содержание книги:

Majipoor, planète géante, abrite des dizaines de milliards d’habitants, humains, Hjorts, Métamorphes, Vroons, Skandars et autres étrangers. Parce que les métaux y sont rares, la technologie y est presque absente. Mais on y excelle dans les arts et les aménités de la vie. Jeune saute-ruisseau, Hissune est entré au service du Pontife de Majipoor. Il a accès au Registre des Ames où des millions d’habitants de Majipoor ont déposé au fil de milliers d’années des enregistrements de leurs souvenirs.
II suffit de prendre une capsule, de la glisser dans une fente spéciale et, d’un seul coup, c’est comme si on était devenu la personne qui a fait l’enregistrement.
Hissune en prend une et une autre et une autre encore, et c’est comme s’il voyageait à travers les continents démesurés, les océans interminables de Majipoor, comme s’il explorait les plaines, les déserts, les montagnes, les villes, les palais et les âmes aussi.
1 ... 40 41 42 43 44 45 46 47 48 ... 94
Перейти на страницу:

Durant les heures précédant le lever du jour, ils descendirent le versant intérieur de la montagne et s’engagèrent sur le grand plateau central. À l’aube, Dekkeret remarqua loin en contrebas quelque chose de curieux, une surface ovale d’un noir d’encre qui se découpait nettement sur le fond chamois du désert, et quand ils s’approchèrent, il vit qu’il s’agissait d’une sorte d’oasis et la surface sombre se transforma en un bosquet d’arbres élancés aux longues branches et aux minuscules feuilles violettes. Cet endroit était le campement du second jour. Des traces sur le sable montraient où d’autres groupes de voyageurs avaient bivouaqué ; il y avait des débris épars sous les arbres ; dans une clairière située au cœur du bosquet se trouvaient une demi-douzaine d’abris rudimentaires faits de pierres empilées surmontées de vieilles branches sèches. Juste derrière, un ruisseau saumâtre serpentait entre les arbres et se terminait par une petite mare stagnante, verte d’algues. Et encore un peu plus loin se trouvait une seconde mare ; apparemment alimentée par un ruisseau entièrement souterrain et dont l’eau était pure. Entre les deux mares Dekkeret vit une curieuse construction, sept colonnes de pierre au sommet arrondi qui lui arrivaient à la taille et disposées en un double arc. Il les examina.

— L’œuvre de Changeformes, lui dit Barjazid.

— Un autel métamorphe ?

— C’est ce que nous pensons. Nous savons que les Changeformes visitent souvent cette oasis. Nous y trouvons de petits souvenirs Piurivars – bâtons de prière, bouts de plumes, petites corbeilles de vannerie bien faites.

Dekkeret laissa avec inquiétude son regard courir sur les arbres, comme s’il s’attendait à les voir se transformer d’un moment à l’autre en un groupe de sauvages aborigènes. Il avait eu peu de contacts avec la race autochtone de Majipoor, ces indigènes des forêts vaincus et déplacés, et ce qu’il savait d’eux consistait surtout en des rumeurs et des fantasmes, nés de la peur, de l’ignorance et d’un sentiment de culpabilité. Ils avaient jadis eu de grandes cités, cela au moins était certain – leurs ruines étaient disséminées sur tout le continent d’Alhanroel, et Dekkeret avait vu à l’école des images de la plus célèbre de toutes, la vaste cité de pierre de Velalisier, non loin du Labyrinthe du Pontife ; mais ces cités étaient mortes depuis des millénaires et, avec l’arrivée sur Majipoor des humains et des autres races, les indigènes Piurivars avaient été refoulés dans les endroits les plus isolés de la planète, principalement une grande réserve boisée sur Zimroel, quelque part au sud-est de Khyntor. Dekkeret ne se souvenait avoir vu de vrais Métamorphes qu’à deux ou trois reprises, de petits êtres frêles et verdâtres au visage sans expression, mais qui, tout le monde le savait, passaient d’une forme à l’autre pour faire des imitations avec une aisance merveilleuse et le petit Vroon qui était avec eux aurait fort bien pu être un Changeforme sous des traits d’emprunts, ou Barjazid lui-même.

— Comment les Changeformes ou les autres peuvent-ils survivre dans ce désert ? demanda Dekkeret.

— Ils sont pleins de ressources, répondit Barjazid. Ils s’adaptent.

— Sont-ils nombreux par ici ?

— Allez savoir ! J’en ai rencontré quelques petits groupes, cinquante, soixante-quinze en tout. Il y en a probablement d’autres. À moins que je ne rencontre toujours les mêmes sous des apparences différentes.

— Un peuple étrange, dit Dekkeret en passant négligemment la main sur le chapiteau de pierre polie qui couronnait la plus proche des colonnes de l’autel.

Avec une rapidité stupéfiante, Barjazid saisit le poignet de Dekkeret et le tira en arrière.

— N’y touchez pas !

— Mais pourquoi ? demanda Dekkeret ébahi.

— Ces pierres sont sacrées.

— Pour vous ?

— Pour ceux qui les ont érigées, fit durement Barjazid. Nous les respectons. Nous honorons la magie qui peut s’y trouver. Et dans ces contrées on ne provoque jamais légèrement son prochain à la vengeance.

Dekkeret regarda avec ahurissement le petit homme, les colonnes, les deux mares et les arbres gracieux aux feuilles effilées qui les entouraient. Malgré la chaleur, il frissonna. Il porta son regard plus loin, au-delà de la limite de la petite oasis, sur l’ensellement des dunes tout autour d’eux, sur le ruban poussiéreux de la route qui disparaissait au sud dans le pays des mystères. Le soleil montait rapidement maintenant et sa chaleur était comme quelque terrible fléau battant le ciel, la terre et les rares voyageurs vulnérables faisant route en ces lieux effrayants. Puis il regarda derrière lui les montagnes qu’il venait juste de traverser, muraille énorme et menaçante qui le coupait de ce qui passait pour la civilisation sur ce continent torride. Il se sentit horriblement seul, faible et perdu.

Dinitak Barjazid apparut, chancelant sous une lourde charge de bouteilles qu’il laissa tomber presque aux pieds de Dekkeret. Dekkeret aida le garçon à les remplir dans la mare d’eau pure, tâche qui fut beaucoup plus longue que prévu. Il goûta l’eau, fraîche, limpide, à l’étrange goût métallique, pas déplaisant, qui, d’après Dinitak, venait de minéraux dissous. Il fallut une douzaine de voyages pour transporter toutes les bouteilles jusqu’au flotteur. Dinitak expliqua qu’ils ne trouveraient pas d’autres sources d’eau douce pendant plusieurs jours.

Ils eurent pour déjeuner l’habituelle nourriture sommaire, après quoi, tandis que la chaleur montait vers son accablant maximum de midi, ils s’installèrent sur les nattes de paille pour dormir. C’était le troisième jour que Dekkeret dormait pendant la journée et son organisme commençait maintenant à s’habituer au changement ; il ferma les yeux, recommanda son âme à la bien-aimée Dame de l’Ile, la sainte mère de lord Prestimion, et sombra presque instantanément dans un profond sommeil.

Cette fois, il fit des rêves.

Il ne se souvenait plus depuis combien de temps il n’avait pas rêvé convenablement. Pour Dekkeret comme pour tous les habitants de Majipoor, les rêves étaient une partie essentielle de l’existence, apportant chaque nuit consolation, réconfort, directives, éclaircissements, conseils, blâmes et bien d’autres choses encore. Depuis l’enfance, tout le monde s’exerçait à rendre son esprit réceptif aux messages du sommeil, à observer et à enregistrer ses rêves et à les conserver en soi toute la nuit durant et après le réveil. Et l’on avait toujours penchée sur soi l’omniprésente et bienveillante Dame de l’Ile, aidant à comprendre les rouages de l’esprit et entrant par l’intermédiaire de ses messages en communication directe avec chacune des milliards d’âmes qui vivaient sur la vaste planète de Majipoor.

Dekkeret se vit marchant sur la ligne de faîte d’une montagne qu’il reconnut comme étant la crête de la chaîne qu’ils venaient de traverser. Il était seul et le soleil était d’une taille invraisemblable, remplissant la moitié du ciel ; mais la chaleur n’était pas pénible à supporter. La pente était si abrupte qu’il pouvait regarder par-dessus le bord vers le bas sur ce qui semblait être des centaines de kilomètres, et loin, très loin en contrebas, il apercevait un chaudron grondant et fumant, un cratère volcanique dans lequel bouillonnait un magma rougeoyant et tumultueux. Cet énorme tourbillon d’énergie souterraine ne lui faisait pas peur ; au vrai, il exerçait sur lui une étrange attraction, un attrait puissant, de sorte qu’il aspirait ardemment à se précipiter dedans, à plonger dans ses profondeurs et à nager dans son noyau en fusion. Il commença à descendre en courant et en bondissant, quittant souvent le sol, flottant, glissant et volant sur le versant immense, et en s’approchant il crut distinguer des visages dans la lave bouillonnante, le visage de lord Prestimion et du Pontife, celui de Barjazid et de Golator Lasgia… et n’étaient-ce pas des Métamorphes, ces silhouettes furtives et à demi visibles près de la périphérie ? Le cœur du volcan était un creuset de puissantes figures. Dekkeret courut vers elles avec passion en songeant : Prenez-moi en vous, me voici, j’arrive ; et quand il aperçut, derrière toutes les autres formes, un grand disque blanc qu’il comprit être le visage affectueux de la Dame de l’Ile, une profonde et puissante joie envahit son âme, car il sut qu’il s’agissait d’un message, et cela faisait de nombreux mois que la douce Dame n’avait atteint son esprit endormi.

1 ... 40 41 42 43 44 45 46 47 48 ... 94
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)