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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]

Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:

D’un trou noir dans les profondeurs de l’espace a jailli un rayon de lumière rubis cent fois plus brillant que la Lune.
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
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17. L’expulsion de Crawford

L’enseigne Jonathan Whitbread atteignit son hamac bien plus tôt qu’il ne l’espérait. Il s’installa béatement dans sa couchette, ferma les yeux… et en ouvrit un en sentant un regard posé sur lui.

« Oui, Potter, soupira-t-il.

— Monsieur Whitbread, je vous serais obligé de bien vouloir parler à M. Staley. »

Ce n’était pas ce à quoi il s’attendait. Whitbread ouvrit son deuxième œil. « Quoi ?

— Quelque chose l’a blessé. Vous le connaissez, il ne se plaindra pas, il préférerait mourir. Mais il marche comme un robot et ne parle à personne, sauf par politesse. Il mange tout seul… Vous le connaissez depuis plus longtemps que moi, j’ai pensé que vous pourriez découvrir ce qui ne va pas. »

— D’accord, Potter. J’essaierai. Quand je me réveillerai. » Il referma les yeux. « Dans huit heures. Ça ne peut pas être aussi urgent que cela. »

Dans une autre partie du Mac-Arthur, l’officier de navigation Renner se retournait dans une cabine à peine plus large que sa couchette. C’était celle du troisième lieutenant mais deux scientifiques avaient pris celle de Renner et le « Numéro Trois » avait déménagé.

Soudain, Renner s’assit dans l’obscurité, son esprit cherchant ce qui aurait pu n’être qu’un rêve. Puis il alluma la lumière et tripota le panneau de communication qui lui était peu familier. Le matelot qui répondit fit preuve d’un remarquable contrôle de soi : il ne hurla pas qu’on le réveillait. « Passez-moi mademoiselle Sally Fowler », dit Renner.

L’autre le fit, sans commentaire. Ça doit être un robot, pensa Renner. Il savait à quoi il ressemblait.

Sally ne dormait pas. Avec le docteur Horvath, elle venait juste de finir d’installer la Granéenne dans la cabine des officiers de tir. Son visage et sa voix, quand elle dit « Oui, monsieur Renner », apprirent à celui-ci qu’il devait avoir l’air en cet instant de résulter du croisement d’un homme et d’une taupe… un remarquable exemple de communication sans paroles.

Renner n’y prêta pas attention. « Je me suis souvenu de quelque chose. Avez-vous votre ordinateur de poche ?

— Certainement. » Elle le lui montra.

« Ayez la gentillesse de le tester. »

Intriguée, Sally écrivit sur la petite boîte, effaça, griffonna un problème simple, puis un plus complexe qui demanderait l’intervention de l’ordinateur de bord du Mac-Arthur. Puis elle fit afficher un dossier personnel, tiré au hasard de la banque de données du vaisseau. « Il marche bien. »

La voix de Renner était embrumée de sommeil. « Suis-je fou ou ai-je vu la Granéenne le démonter complètement et le réassembler ?

— Non, c’est exact. Elle a fait la même chose avec votre pistolet.

— Mais… un ordinateur de poche ? commença Renner. Vous savez bien que c’est impossible, non ? »

Elle crut que c’était une blague. « Non, je l’ignorais.

— Eh bien, ça l’est. Demandez donc au docteur Horvath. » Renner raccrocha et se rendormit.

Sally rattrapa Horvath au moment où il entrait dans sa cabine. Elle lui raconta l’incident.

« Mais ces machines sont des gros circuits intégrés monolithiques.

On n’essaie même pas de les réparer… » Horvath se marmonna d’autres choses.

Tandis que Renner continuait de dormir, Sally et Horvath réveillèrent le personnel du service des sciences physiques. Aucun d’entre eux ne dormit beaucoup cette nuit-là.

Le « matin », sur un astronef de guerre, est une chose toute relative. Le premier quart va de quatre à huit heures, heure à laquelle normalement l’espèce humaine dormirait ; mais l’espace ignore tout de cela. La passerelle et la salle des machines exigent la présence d’une équipe complète, quelle que soit l’heure. En tant qu’officier prenant part à la veille, Whitbread montait une garde sur trois. Mais le planning des tours de garde du Mac-Arthur, d’habitude fort bien réglé, était embrouillé au-delà de tout espoir.

Jonathan se retrouvait sans garde du matin, ni d’avant midi, soit huit merveilleuses heures de sommeil. Pourtant il était éveillé et assis dans le mess des sous-officiers à neuf heures.

« Mais tout va bien, voyons, protesta Horst Staley. Je ne sais pas où vous êtes allé chercher cette idée. N’y pensez plus.

— D’accord », dit Whitbread d’un air détaché. Il choisit un jus de fruit et des céréales et les posa sur son plateau. Il était juste derrière Staley dans la queue de la cafétéria. Ce qui était assez naturel, puisqu’il l’y avait suivi.

« Mais j’apprécie votre sollicitude », lui dit Staley. Sa voix était vide de toute émotion.

Whitbread acquiesça d’un signe de la tête. Il ramassa son plateau et suivit le dos trop raide de Staley. Comme prévu, celui-ci choisit une table vide. Whitbread se joignit à lui.

L’Empire comprenait de nombreux mondes sur lesquels la race dominante était du type blanc caucasien. Sur de telles planètes, les personnages des affiches d’enrôlement de la Flotte ressemblaient toujours à Horst Staley. Son menton carré, ses yeux bleus comme la glace. Son visage était tout en plans et en angles, doté d’une parfaite symétrie bilatérale et sans expression. Son dos était droit, ses épaules larges, son ventre plat, dur et tendu de muscles. Il contrastait vivement avec Whitbread qui aurait toute sa vie un problème de poids à combattre et qui était, pour le moins, légèrement rondouillard un peu partout.

Ils mangèrent, en silence, un long petit déjeuner. Finalement, comme si c’était utile, Staley demanda d’un air détaché : « Comment s’est déroulée votre mission ? »

Whitbread était prêt. « Rudement. Pendant la pire heure et demie, la Granéenne s’est contentée de m’observer. Voyez. » Il se leva. Il tourna la tête vers le côté, laissa ployer ses genoux et ses épaules s’affaisser, comme pour entrer dans un cercueil invisible de 130 cm de haut. « Comme cela pendant quatre-vingt-dix minutes. »

Il se rassit. « De la torture, je vous dis. Je n’arrêtais pas de regretter qu’ils ne vous aient pas envoyé à ma place. »

Staley rougit. « J’étais volontaire. »

En plein dans le mille. « C’était mon tour. C’est vous qui avez accepté la reddition du Défiant, là-bas sur Néo-Chicago.

— Et qui ai laissé ce fou me voler ma bombe ! »

Whitbread posa sa fourchette. « Ah ?

— Vous l’ignoriez ?

— Bien sûr. Vous pensez que Blaine l’aurait dit à tout le vaisseau ? C’est vrai que vous êtes revenu un peu secoué de cette mission. Nous nous demandions pourquoi.

— Maintenant, vous savez. Un quelconque crétin a essayé de revenir sur sa parole. Le capitaine du Défiant n’a pas voulu le laisser faire, mais il aurait tout aussi bien pu ne pas réagir. » Staley se frotta les mains, douloureusement fort. « Il m’a pris la bombe des mains et, moi, je l’ai laissé faire ! J’aurais donné n’importe quoi pour avoir l’occasion de… » Staley se leva brutalement, mais Whitbread fut assez rapide pour le rattraper par le bras.

« Asseyez-vous, dit-il. Je peux vous dire pourquoi on ne vous a pas choisi.

— J’imagine que vous lisez dans le cerveau du capitaine ? » Ils parlaient à voix basse, par une sorte d’accord tacite. Les cloisons du Mac-Arthur étaient de toute façon d’excellents absorbants soniques et leurs paroles, bien qu’étant atténuées, étaient très claires.

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