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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
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Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]

Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:

Rigg et ses amis découvrent dans le Livre du Futur, qu’ils font partie d’une population-test envoyée depuis la Terre pour vérifier que la planète était viable. A présent, la Terre n’a plus besoin d’eux et s’apprête à les faire disparaître au profit des colons terriens. Mais ils ont bien l’intention de se défendre.
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— Je l’aime, confirma Olivenko. Mais je le connais aussi mieux que toi. Je connais ses forces et ses faiblesses. Il a laissé à ta mère la charge de t’élever. Rien d’autre n’existait pour lui que ses recherches. Et il n’a pas changé. N’attends rien de lui. Si tu ne comprends pas cela alors, crois-moi, tu cours au-devant de cruelles désillusions. Miche sera toujours là pour Umbo, quelles que soient les épreuves. Et lorsque Umbo se trompe, il faut qu’il l’entende. C’est aussi cela, le rôle d’un père. Celui que j’aimerais être, en tout cas, si j’avais des enfants.

— Alors je prie pour que tu n’en aies jamais ! » hurla Param.

Umbo ne retint qu’une chose : Miche m’aime. Il se soucie de moi. Il se jeta à bras ouverts sur le tavernier et explosa en sanglots.

« Je suis désolé, gémit-il. Désolé, tellement désolé.

— C’est aux souris qu’il faut le dire », murmura Miche.

Il prit Umbo dans ses bras et le serra fort contre lui.

Chapitre 10

Assassinat

La décision de tuer froidement un homme ne se prenait pas à la légère, savait Rigg. Mais parfois, ce choix s’imposait de lui-même.

Rigg et Miche avaient abordé ce sujet lors de leur séjour contraint et forcé à O, pendant que Tonnelier, un banquier, se chargeait de convertir une de leurs gemmes en monnaie sonnante et trébuchante. À cette époque, Rigg et Umbo commençaient à peine à combiner leurs talents. Seul, Umbo pouvait se projeter de quelques jours en arrière et apparaître, tel un spectre, le temps de délivrer un court message. De son côté, Rigg percevait les traces, mais ne pouvait rien en faire.

Jusqu’au jour où ils comprirent détenir entre leurs mains le pouvoir d’influencer le cours des choses – en s’y mettant à deux. Rigg se focalisait sur une trace d’un ancien temps et Umbo, en s’ancrant dans le présent, pouvait à loisir l’y propulser et l’en extraire.

C’était ainsi que Rigg avait extirpé la dague du fourreau d’un inconnu de passage à une époque révolue.

« J’aurais pu lui prendre sa dague et le tuer, avait confié Rigg à Miche au cours de l’une de leurs nombreuses conversations à l’auberge où ils séjournaient alors.

— En voilà une idée ! s’était écrié Miche en lui lançant un regard accusateur. Du vol au meurtre sans transition, tu ne perds pas de temps.

— Tu as été soldat. Tu as tué.

— Oui, sur le champ de bataille ! s’était écrié Miche. C’était les autres ou moi. Et ce fut plus souvent les autres que moi fort heureusement.

— Dans ce cas, j’imagine que tu estimerais injuste que je me projette dans le passé à l’endroit même où passera un ennemi, dans le but de le tuer par surprise.

— Injuste ? avait repris Miche. En temps de guerre, la seule justice qui tienne, c’est de massacrer l’autre avait qu’il te fasse la peau.

— Mais tu as eu l’air surpris quand…

— J’ai parlé d’“ennemis”, l’avait interrompu Miche. Et accessoirement de “guerre”. Le gars est au courant que c’est la guerre et qu’il a des ennemis. Soudain, sorti de nulle part, surgit un ennemi qui le tue. Tant pis pour lui. Et tant mieux pour toi ! Moins il y en a dans le camp d’en face, mieux ça vaut ! Surtout si tu sauves la vie de tes camarades au passage.

— Je ne tuerais jamais un inconnu comme ça, au hasard, s’était défendu Rigg.

— C’est pourtant ce que tu insinuais, avec ton histoire de couteau volé.

— J’ai dit que j’aurais pu le tuer, pas que j’avais eu envie de le faire.

— Eh bien tu as tort, avait insisté Miche. Je ne dis pas que tu aurais échoué. Il n’avait peut-être aucun moyen de se défendre. Mais si tu crois si facile de tuer un homme, c’est que quelque chose est déjà mort en toi.

— Et en temps de paix, alors ? Si quelqu’un attaquait Flaque, par exemple ?

— Elle le tuerait elle-même. Pas besoin d’aller plus loin, je vois très bien où tu veux en venir. Toi et Umbo, vous êtes capables de faire ce truc avec le temps. Tu sais qu’un gars va tuer quelqu’un parce qu’il a déjà commis ce meurtre. L’autre est déjà mort. Alors tu décides de retourner dans le passé, juste avant le meurtre, pour lui couper la gorge.

— C’est une bonne action, non ?

— Tu as tellement hâte de tuer ? Tu attends de moi que je t’explique les règles, pour savoir si tu as le droit ?

— Je pose une simple question… Mais je vois bien que la réponse t’effraie…

— Je t’ai répondu : tu es pressé de tuer. Pourquoi tu ne surgirais pas dès qu’il se met en route vers le lieu du crime, pour lui faire un croche-pied ? Ça le ferait peut-être réfléchir.

— Un croche-pied ? À un tueur ?

— Est-ce que tu connais ses motivations, au moins ?

— Je ne fais que des suppositions ! Je n’en suis pas encore au mobile du crime.

— Son meurtre est-il prémédité ? Sa victime le faisait-elle chanter ? S’est-il senti trahi ? Et s’il regrette son geste par la suite ? S’il se rend compte que l’autre n’était pas celui qu’il pensait ? Il te sera peut-être éternellement reconnaissant de ce croche-pied sur la route de l’auberge ou de la banque ou de je-ne-sais-quoi. Les deux seraient saufs, et ton honneur aussi.

— Donc, d’après toi, tous les meurtres sont commis par erreur ?

— Non, mais tous les coupables ne sont pas des tueurs. Ce sont parfois juste des idiots, parfois encore des gamins. Parfois les deux.

— C’est bientôt fini ce boucan ? » avait alors pesté Umbo depuis la pièce d’à côté, où il s’était allongé pour bouquiner.

Rigg avait oublié le titre du livre. En revanche, la réponse de Miche, il se la rappelait très bien : Oui, ce pouvoir que vous détenez, il peut vous servir à tuer. Et le jour viendra peut-être où vous n’aurez pas le choix.

Ce jour était arrivé.

Sans que Rigg ne le voie venir. Insidieusement. Tout avait commencé par les mensonges. Les Enfants d’Odin avaient prétendu détenir les enregistrements de toutes les discussions échangées entre sacrifiables et ordinateurs, mais certaines informations s’étaient révélées manquantes, d’autres erronées. Une en particulier : Larsac ne sait rien sur les Larmuriens, avaient assuré Père-Souris et Saute-Nuages. Sauf que, arrivés sur place, Rigg et ses compagnons étaient tombés sur un sacrifiable qui semblait au contraire très bien informé sur les habitants de son entremur. Ce fut l’élément déclencheur.

« Nous mentons tous à Vadesh. » Que signifiait seulement cette phrase ? Pourquoi Vadesh en particulier ? Ses colons avaient tous péri ; sur ce point, tout le monde était d’accord. Mais, aux dernières nouvelles, il avait également quitté son entremur pour rendre visite à ses voisins.

Pour quelle raison s’échiner à lui dissimuler la vérité ?

Et qui avait menti ? Les Enfants d’Odin ? Le cas échéant, l’avaient-ils fait sciemment ou en étant eux-mêmes victimes de souris manipulatrices ?

Qui avait commandité le meurtre de Param ? À qui profitait le crime ? Le but visé était-il la mort de Param ou le transfert de dix mille souris dans l’entremur de Lar ?

Qui tirait les ficelles et à quelles fins ? Et si toutes les créatures vivantes – humaines en tout ou partie – n’étaient que les pions de sacrifiables et d’ordinateurs manœuvriers ?

Les marionnettes d’une intelligence artificielle corrompue, devenue fripouille – une possibilité évoquée à demi-mot par les ordinateurs. En interrogeant Vadesh et non les vaisseaux, Rigg verrait certainement aujourd’hui les choses sous un autre angle.

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