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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
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Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]

Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:

Rigg et ses amis découvrent dans le Livre du Futur, qu’ils font partie d’une population-test envoyée depuis la Terre pour vérifier que la planète était viable. A présent, la Terre n’a plus besoin d’eux et s’apprête à les faire disparaître au profit des colons terriens. Mais ils ont bien l’intention de se défendre.
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— Tu m’as tirée de mon sommeil il y a deux ans et, depuis, on marche, rappela Param. Pourquoi est-ce que je serais fatiguée ?

— Tu disparais parfois quand tu dors ? »

Param hésita.

« Je me suis déjà demandé si, par réflexe, il ne m’arrivait pas de le faire, oui. Les nuits m’ont toujours paru trop courtes.

— Souvent fatiguée ?

— Au réveil, ma seule envie est de me recoucher.

— Comme ma mère », confia Umbo.

Param faillit formuler un commentaire mais se ravisa.

Un commentaire pas vraiment élogieux, en l’occurrence. Plutôt déplacé, même.

Il était moins une, Param.

« Les souris nous ont suivis. On peut faire des tours de garde pendant la nuit, si tu préfères. Je prends le premier. »

Ils s’étaient enfoncés dans les bois. Umbo ratissa sans trop de problème un joli tas de feuilles mortes, qu’il étala en une large couche douillette. Param s’y allongea avec toute la grâce d’une jeune fille de la cour. Umbo s’adossa à un tronc.

Après quelques minutes, Param se rapprocha. Elle tendit une main à Umbo.

Le jeune cordonnier la regarda sans bouger.

« Prends-la, l’invita Param. Si jamais je disparais… »

Umbo saisit la main offerte ; il en fut parcouru d’un frisson.

Param ne tarda pas à ronfler. Les souris s’en retournèrent dans leurs galeries, les laissant seuls dans la forêt. Rassuré, Umbo s’allongea à côté d’elle, sans la réveiller pour son tour de garde ni lui lâcher la main. Il s’assoupit l’espace de quelques heures. À son réveil, Param était déjà debout – et lui tenait toujours la main.

Ils partirent faire leur toilette à tour de rôle dans la rivière, dont la proximité avec l’ancienne colonie laissait penser qu’elle avait dû servir dès les premiers jours du camp. Les capes, de taille bien plus conséquente que leurs vicieux cousins de l’entremur de Vadesh, nageaient bien en vue dans le cours d’eau.

Reposé et décrassé, Umbo regretta à haute voix de ne pas avoir pensé aux en-cas. Param lui répondit qu’en règle générale, elle ne pensait qu’à cela, puis elle les replongea tous les deux dans son univers au ralenti, d’où ils observèrent les jours et les semaines défiler en silence, jusqu’à ce que…

Un aéronef se posa dans une clairière, à une centaine de mètres d’eux.

Param ralentit précipitamment le cours du temps. Ils décidèrent d’aller y voir d’un peu plus près avec Umbo, sans pour autant sortir de leur invisibilité.

Les Éclaireurs installaient de curieux équipements un peu partout. Des Larmuriens capés les rejoignirent bientôt sur la rampe d’accès de l’aéronef. Ils se mirent à discuter.

Les Éclaireurs n’avaient rien d’extraterrestres, n’étaient-ce leurs carnations aux contrastes saisissants, allant d’un blanc presque diaphane à des noirs si profonds qu’ils tiraient vers les bleus. Une diversité éclatante dans un monde où le brun mat avait semblé la norme, dans les entremurs visités à tout le moins.

Umbo en conclut que, sur Terre, les individus d’une même tribu se mariaient entre eux, préservant ainsi leurs spécificités, tandis que sur le Jardin, les mariages mixtes avaient tendu à uniformiser la couleur de peau des habitants de chaque entremur, dans la mesure où les colons avaient tous au départ les mêmes origines.

On n’apprendra rien si on ne va pas leur parler, songea Umbo. Ce qui impliquait de se mettre à découvert.

Il repéra soudain une intense activité à proximité de l’aéronef des Éclaireurs : des souris venaient de se lancer à l’assaut de la cabine via un câble pendant de la soute ouverte.

Quoique… « à l’assaut » était peut-être un peu flatteur. Certaines se traînaient carrément.

D’où venait une telle lenteur ?

De leur grossesse, devina Umbo. Elles sont pleines.

Non. Pourquoi vouloir mettre bas pendant le trajet ? Elles auraient déjà suffisamment de mal à cacher les adultes, ce n’était pas pour courir en plus après leurs nouveau-nés.

Qu’est-ce qui expliquait la difficulté de certaines à se hisser à bord ?

Umbo devina : la maladie.

Ces clandestines avaient développé une infection qu’elles comptaient transmettre aux humains à leur arrivée sur Terre.

Les Larmuriens se regroupèrent. Umbo lança un signe à Param : Ralentis. La princesse ramena le cours du monde extérieur à un rythme proche de la normale.

L’un des Éclaireurs, une femme, prit la parole. Umbo parvint à saisir l’essentiel après quelques mots échangés entre elle et les Larmuriens, dont un servait d’interprète. D’où tenait-il sa maîtrise de cette langue ? s’étonna Umbo. Puis il se souvint que le peuple de cet entremur avait tenu à perpétuer le langage de leurs ancêtres. Parlé exclusivement hors de l’eau, leur idiome n’avait que très peu évolué, très certainement.

« Les souris, chuchota Umbo. J’ai compris leur petit manège.

— Elles vont se cacher à l’intérieur ?

— Oui, confirma Umbo. Et elles sont malades.

— Malades de quoi ?

— Bonne question. Mais s’il faut attraper ce truc pour le savoir, je préfère que ça reste un mystère.

— Un poison, hasarda Param. De quoi contaminer la Terre entière.

— Cette femme… tu la comprends quand elle parle ? s’enquit Umbo.

— Oui.

— Rapproche-toi furtivement, surgis et préviens-les, suggéra Umbo. Lève le poing dès que tu auras terminé, je te ramènerai.

— Qu’est-ce que je leur dis ? »

Umbo réfléchit un instant.

« Quelque chose qui les panique. Que les souris sont rusées et dangereuses et qu’il ne faut pas qu’elles en laissent une seule atteindre la Terre. »

Param acquiesça et disparut.

Umbo ne quitta pas les Éclaireurs des yeux une seconde ; il ne pouvait se permettre de manquer le signal de Param. La contre-attaque des souris serait immédiate – et pourrait bien être fatale à la princesse.

Celle-ci réapparut. La femme cessa de parler, baissa les yeux vers la jeune fille puis s’adressa à elle.

Param leva un bras pour demander le silence. Elle débita quelques paroles rapides puis brandit le poing en l’air. Le signal. Umbo l’empoigna mentalement et la projeta sur-le-champ dans le passé – et lui avec.

Param chuta d’un bon mètre dans l’humus, trahie par la disparition de l’aéronef et de la rampe qui la soutenait une seconde auparavant.

Param se releva sans une égratignure. Il n’y avait plus un chat – ni une souris – dans les bois.

« Il se pourrait que je nous aie renvoyés à la veille de notre départ… s’excusa d’avance Umbo.

— Ou au lendemain, répliqua Param. Ce n’est pas un drame. »

Ils rejoignirent le camp à découvert. Les doutes d’Umbo se dissipèrent : cette nuit était la bonne. Miche et Olivenko dormaient là où ils les avaient laissés ; leurs propres doubles aussi.

« Non, chuchota Umbo en posant un doigt sur les lèvres de Param. Ne dis rien. Laissons-les partir d’abord. S’ils nous voient, ça pourrait tout compromettre.

— J’allais juste dire qu’à une demi-heure près, tu étais bon, murmura Param.

— Une demi-heure dans la mauvaise direction, observa Umbo.

— Mieux vaut trop tôt que trop tard. »

Ils patientèrent en silence dans l’entremonde au ralenti de Param, jusqu’à ce que leurs copies se réveillent, saisissent qui une pelisse, qui un pardessus et disparaissent presque immédiatement après s’être éloignés du camp.

Après ? Umbo avait dû rater un épisode car, dans ses souvenirs, Param avait commencé à découper le temps avant. Avaient-ils chamboulé le passé par accident ? S’étaient-ils bifurqués en deux nouveaux Umbo et Param désormais en vadrouille dans l’entremur, persuadés d’être les copies originales ?

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