Pisteur - Livre 1 - Partie 1 [Pathfinder - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #1
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-02320-4
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 1 - Partie 1 [Pathfinder - fr]». Краткое содержание книги:
— Pour que tu ne croies pas que j’essayais de la voler. Tu as dit toi-même que tu ne me ferais plus confiance si c’était le cas.
— Umbo, reprit Rigg, si j’ai dit ça, j’ai menti. Je te confierais ma vie. »
Umbo resta muet.
Rigg essaya de maintenir une certaine distance entre Tonnelier et eux, le temps pour Miche de regagner la tour.
« Père m’a toujours accusé des pires choses, dit Umbo. Au moindre truc, c’était ma faute, je l’avais fait exprès. Je suis juste… habitué à ça.
— On est amis, Umbo, lui rappela Rigg. Maintenant, à toi de jouer, fais-nous le garçon un peu neuneu et perdu.
— Ça va pas être dur, dit Umbo.
— Je vais te sortir de là », assura Rigg.
La foule avança d’un coup. Rigg fixa Tonnelier dans les yeux.
« Le voilà, annonça le banquier triomphalement. Voilà le garçon qui prétend être prince. »
Chapitre 9
Umbo
« Si nous sommes prisonniers du même vaisseau, Ram, et effectuons le même voyage en sens inverse dans le temps, commença le sacrifiable, pourquoi les ordinateurs de bord n’indiquent-ils pas la réussite du saut ?
— Comment s’y prennent-ils pour la déterminer ? demanda Ram.
— Ils comparent les positions relatives d’étoiles distantes à leurs positions théoriques dans le système solaire de destination.
— Pouvez-vous projeter une image des étoiles au moment du calcul ? »
L’hologramme d’une sphère étoilée se matérialisa au-dessus de la console de Ram.
« Je suppose que nous ne voyons plus la même chose dans notre position actuelle ?
— Exact, confirma le sacrifiable.
— Pendant combien de temps les étoiles sont-elles restées telles que dans cet enregistrement ?
— Un instantané a été pris trois nanosecondes plus tard et les étoiles n’avaient pas bougé.
— Donc on a fait le saut dans un sens puis dans l’autre, en conclut Ram.
— Quelque chose comme ça.
— Aucun signe de plantage ? On dirait que les ordinateurs ont juste “détecté” ce qu’ils étaient censés détecter.
— Non, le champ d’étoiles à destination indique quelques différences notables par rapport aux prévisions.
— Montrez-les-moi », demanda Ram.
Les étoiles de l’hologramme passèrent du blanc au vert et au jaune.
« Ce sont les étoiles proches qui ont le plus bougé, et les plus distantes le moins, observa Ram.
— Pas toujours, indiqua le sacrifiable en pointant du doigt quelques exceptions. Ça n’a rien de surprenant, nos observations de l’univers sont basées sur de vieilles données – la lumière a dû voyager quatre-vingt-dix années-lumière avant de parvenir à la Terre.
— Les astronomes n’en ont pas tenu compte ?
— Si, dit le sacrifiable, mais ça reste des hypothèses.
— On va jouer à un jeu, dit Ram. Et si les différences entre les prévisions et les observations faites au cours de cet intervalle de moins de trois nanosecondes s’expliquaient non pas par les erreurs des astronomes, mais par le passage du temps ? À quel moment du futur ou du passé, s’il existe, les étoiles ont-elles été dans cette position relative par rapport au système stellaire à destination ? »
Une seconde s’écoula, puis deux…
« Il y a onze mille ans, à quelques années près, calcula le sacrifiable.
— Donc, lorsque nous avons pénétré cet espace-temps discontinu et toussotant, la contraction nous a non seulement projetés dans l’espace, mais nous a également fait reculer dans le temps.
— C’est une explication, dit le sacrifiable.
— On s’est fait aussitôt renvoyer à notre position de départ dans l’espace-temps, à la différence près qu’en plus on progressait à reculons.
— On dirait, approuva le sacrifiable.
— La dépense d’énergie a dû être phénoménale, considéra Ram, pour nous projeter onze mille ans en arrière puis nous ramener au présent tout en inversant le cours du temps.
— Sans doute, dit le sacrifiable, mais difficile de le savoir sans comprendre ce qui a pu se passer.
— Demandez aux ordinateurs quelles lois de la physique nous donneraient une dépense énergétique identique pour les deux opérations, le saut dans le passé et le retour, mais en remontant le temps. »
Umbo essaya d’esquiver le regard de Tonnelier. Un peu neuneu et perdu, c’étaient les consignes. Il fixa les officiers dans les yeux. Miche avait raison – le visage de celui habillé de l’uniforme le plus froissé ne trahissait aucune expression, mais tout chez lui, sa posture, la simple inclinaison de sa tête, sa présence aussi, imposait le respect.
Umbo s’était attendu à voir Rigg interpeller Tonnelier, l’entraîner dans une joute verbale. Mais non, Rigg restait aussi silencieux qu’Umbo. Et lorsque ce dernier osa un coup d’œil dans sa direction, il vit son regard plongé dans celui du général – aucunement défiant, juste fixe, comme celui d’un oiseau.
« Tu m’as cru assez bête pour tomber dans le panneau, hein, mon garçon ? commença M. Tonnelier. Toutes tes fausses manières, mais à peine ta signature griffonnée j’ai su que tu n’étais qu’un escroc et un voleur. »
Umbo bouillait de lui répondre : Pour quelqu’un qui nous a démasqués tout de suite, vous nous avez quand même donné un sacré paquet d’argent. Et Rigg ne savait même pas que c’était son nom avant de le voir écrit sur la feuille. Mais il garda la bouche fermée, comme Rigg.
« Vois-tu, j’ai alerté les autorités d’Aressa Sessamo qu’un garçon se faisant passer pour le prince mort se promenait avec un bijou ancien… »
Rigg Sessamekesh, un prince mort ? Première nouvelle. En même temps, le Conseil révolutionnaire du Peuple avait interdit de parler de la famille royale. Les gens de Gué-de-la-Chute faisaient peu de cas d’une telle interdiction, surtout venant d’aussi loin. Mais surtout, ils se fichaient pas mal de la famille royale. Et du Conseil du Peuple, au demeurant. Pour Rigg, le nom inscrit par Père sur ce papier n’évoquait rien d’autre que le sien.
« C’est hors de propos dans l’affaire qui nous amène, intervint l’officier accompagnant le général. Vous avez parlé d’un homme.
— Oui, un homme fort, un tavernier qui se fait appeler Miche, répondit Tonnelier.
— Et cet autre garçon ?
— Ils le traînent comme un animal de compagnie. Encore un qui ne sert à rien, c’est le queuneu le plus débile des trois. »
Umbo ne put s’empêcher de rougir.
L’officier ricana. « Ça n’a pas l’air de lui plaire.
— Être débile n’empêche pas d’entendre, affirma Tonnelier.
— Je note que vous ne contestez pas », dit l’officier à Rigg.
Celui-ci fixa l’officier un long moment avant de tourner à nouveau la tête vers le général. Umbo étouffa un éclat de rire. D’un simple regard, le visage fermé, Rigg lui avait fait comprendre qu’il ne parlait pas aux sous-fifres.
D’instinct, Umbo commença à ralentir le temps autour de Rigg.
« Non », lui ordonna Rigg en se tournant vers lui.
Umbo arrêta.
« Quoi, non ? » demanda l’officier.
Rigg ne dit rien.
L’officier se tourna vers Umbo. « Que t’a-t-il demandé de ne pas faire ? »
Umbo fit une moue incertaine.
L’officier l’agrippa par les épaules, les écrasant de toute sa force, comme pour les transpercer de ses pouces. « Que t’a-t-il demandé de ne pas faire, mon garçon ?
— Il voulait se mettre à courir, expliqua Rigg.
— Oh, tu peux lire dans ses pensées ? » lui demanda l’officier.