Pisteur - Livre 1 - Partie 1 [Pathfinder - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #1
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-02320-4
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 1 - Partie 1 [Pathfinder - fr]». Краткое содержание книги:
— Donc, si je meurs, elles seront perdues à jamais, déclara Miche.
— J’ai déjà plus d’argent qu’il n’en faut, rétorqua Rigg.
— L’argent, ça va, ça vient… tu t’en rendras compte plus tard. » Sur ce, Miche se retourna et disparut dans les bois aux allures de parc qui bordaient la tour, tandis que Rigg et Umbo rejoignaient la procession de pèlerins qui sortaient des latrines.
« On y va, tant qu’on y est ? proposa Umbo.
— Qui sait si la chance se représentera un jour ? Pour que tu sois revenu du futur pour me prévenir, c’est que les choses risquent de vraiment mal tourner. Et vite, sinon tu ne m’aurais pas prévenu dès que tu m’as vu.
— C’était peut-être la première fois que je te trouvais.
— Qui sait ? Il se trame quelque chose de mauvais, et je n’aime pas ça. Ces dernières semaines, j’avais pourtant l’impression de plutôt bien contrôler les événements.
— On croit contrôler et puis non, c’est toujours comme ça, pas vrai ? dit Umbo. Mon frère est mort, ton père est mort. Rien de pire ne peut nous arriver.
— Si, mourir nous-mêmes. Imagine que je tombe du bateau et que je me noie. Hé, mais alors tu m’aurais demandé de remettre les pierres à Miche pour ensuite…
— Je t’aurais surtout prévenu que tu allais te noyer, le coupa Umbo. Et si je voulais vraiment te voler les pierres, je t’aurais aussi dit de me les donner directement.
— Donc, tu y as pensé ? demanda Rigg.
— Regarde un peu où tu vises, tu en mets partout », répondit Umbo.
Le temps qu’ils finissent, Miche était de retour.
« Tu les as mises où ? lui demanda Umbo.
— Tais-toi donc, le rabroua Miche. Et maintenant ? C’est quoi, cette histoire ?
— On ne sait pas, mais Rigg et moi avons décidé que quoi qu’il arrive, il n’y a rien de catastrophique. Je veux dire, quoi qu’il arrive à Rigg. Nous deux, on reste en vie dans tous les cas.
— Je t’ai dit de te taire », dit Miche, plus convaincant cette fois.
Ils montrèrent leur laissez-passer en prenant soin d’éviter les gardes auprès desquels ils avaient négocié leur droit d’entrée, qui risquaient de se sentir lésés d’un pot-de-vin bien mérité en voyant Rigg habillé comme un petit riche. Ils se joignirent ensuite à la foule des pèlerins.
Malgré une enveloppe extérieure entièrement métallique, l’intérieur de la tour était tout en pierre brute. Une rampe interminable grimpait en spirale le long de ses murs. L’endroit était dépourvu de fenêtres mais baignait dans une lumière vive, grâce à des sphères lumineuses suspendues comme par magie dans les airs.
« Cette rampe est drôlement raide, observa Miche.
— Pour un vieux comme toi, répliqua Umbo. Moi, je la monte en courant, si je veux.
— J’attends de voir, le provoqua Miche.
— Non, intervint Rigg. La rampe est étroite. Si un pèlerin s’énerve, un coup d’épaule peut vite partir.
— Mais je ne peux pas mourir, affirma Umbo, puisque je suis revenu du futur te prévenir de je ne sais quoi.
— Tu es peut-être revenu d’entre les morts, dit Rigg.
— Arrête, c’est impossible, se rassura Umbo.
— Revenir du futur aussi est impossible, dit Miche. Si tu peux expliquer l’un, tu peux aussi expliquer l’autre. »
Rigg doutait de pouvoir expliquer quoi que ce fût, qui paraisse plausible aux yeux de Miche du moins. Après tant d’années de silence absolu imposé pair Père, l’exercice ne lui semblait pas des plus simples. Pour Nox et Umbo, c’était différent – elle était déjà au courant et il avait lui-même un don. Mais ne révéler à Miche qu’une partie de la vérité et en occulter une autre revenait à le considérer ouvertement comme indigne de confiance. À ce jeu-là, il risquait de s’attirer sa rancœur et de perdre sa loyauté. Umbo – celui du futur – l’avait désigné comme le gardien le plus sûr pour ses pierres, alors pourquoi ne pas le mettre dans la confidence de leurs pouvoirs secrets ?
Devant comme derrière, tous les autres pèlerins semblaient absorbés dans leurs discussions. Rigg et Umbo en profitèrent pour tout déballer à Miche sur le ton de la conversation, tout ce qu’ils savaient faire, seuls ou à deux.
« Vous avez toujours cette dague ? demanda le tavernier. Elle n’a pas disparu depuis ou je ne sais quoi ?
— Elle est dans mon sac, indiqua Rigg.
— Euh… pas exactement », intervint Umbo.
Rigg soupira. « Quoi, ton toi du futur est revenu te demander de me la piquer pour la mettre dans ton sac ?
— Dans celui de Miche, en fait, dit Umbo.
— Je blaguais, dit Rigg. Tu es en train de nous dire que tu étais déjà au courant pour les visites de courtoisie de ton double ?
— Il, enfin je, me suis réveillé ce matin en me demandant de faire ça, avant de disparaître sans même me laisser le temps de me poser une question. Je crois que mon moi du futur ne maîtrise pas encore bien le truc ; quelques secondes, c’est le maximum qu’il puisse faire. Je n’ai pas osé t’en parler, de peur que tu penses que je voulais juste te la voler. Quand il est venu te prévenir, ça paraissait autrement important. Je veux dire, c’est quand même une sacrée fortune en pierres, et tu l’as confiée sans hésiter à Miche.
— Et s’il t’avait avoué avoir pris ta dague, lui aurais-tu fait confiance pour me remettre les pierres ? demanda Miche.
— Oui, dit Rigg. Je pense. » Il réfléchit une seconde. « Ou peut-être pas.
— Il a fait ce qu’il fallait, trancha Miche. À moins qu’il ne soit vraiment en train de tout voler. Mais là, il faudrait aussi se demander pourquoi il t’a demandé de me donner les pierres et de cacher la dague dans mon sac. Bref, dans tout ça, je n’ai pas intérêt à perdre mes affaires, moi.
— Qu’est-ce que tu crains ? demanda Rigg.
— Que le bateau coule, suggéra Umbo. Miche perdrait tout d’un coup.
— Si le bateau coule, on se noie tous, rappela Miche.
— Je sais nager, dit Umbo. Rigg aussi. Un vrai poisson. Pas toi ?
— Je suis un soldat. Et au combat je portais une armure, j’aurais coulé comme un plomb. Et même, à quoi bon apprendre à nager ?
— Ça peut toujours servir, dit Umbo. Surtout quand on habite au bord d’une rivière, et que les gens s’amusent à se balancer à l’eau.
— La plupart des bateliers ne savent pas nager non plus, contra Miche.
— Ça ne répond pas à la question, reprit Rigg. Tu sais nager ?
— L’idée est de rester sur le bateau, éluda Miche.
— Essaie encore, insista Rigg.
— Si tu laisses croire que tu ne sais pas nager, dit Miche, les gens pensent qu’ils peuvent te tuer en te jetant à l’eau.
— Regardez », les interrompit Umbo.
Leur progression les avait menés au-delà des boules en suspension, dont les rayons illuminaient désormais la moitié supérieure de la tour. Les murs de pierre s’arrêtaient rapidement, coiffés sur toute leur circonférence d’un large porche orienté vers le centre de la tour. L’endroit grouillait de pèlerins.
« Avancez », grommela un homme derrière eux. Ils s’exécutèrent.
Un coup d’œil en l’air dévoila près d’une vingtaine de piliers de pierre, qui s’élevaient depuis la plateforme circulaire, en renfort de l’enveloppe métallique. Rigg se rappela que, vue de l’extérieur, celle-ci semblait partir en double biseau à mi-hauteur de la tour environ. Cela expliquait l’inclinaison des piliers vers l’intérieur, qui épousaient l’acier avant d’être joints à leur extrémité par un anneau de métal et de pierre. Un simple dôme métallique coiffait le tout.