Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: Pocket
- ISBN: 2-266-01146-4
- Переводчик: Helene Bouboulis
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
En outre… il y aurait bientôt le Rassemblement. Il avait très envie de le voir. Et ce ne serait pas juste de laisser tomber la pièce. Il ne réfléchissait pas consciemment de manière rationnelle. Il pensait toujours qu’il ne voulait pas être le héros d’un mélodrame, mais il attendait avec impatience le moment de brûler les planches.
Alors il écarta le dilemme en le remettant à plus tard.
Le capitaine Krausa effleura son épaule.
— Nous partons.
— Oh, pardon, Père. Je réfléchissais.
— Continue, c’est un bon exercice. Au revoir, monsieur le Directeur. Merci encore. J’espère vous revoir la prochaine fois que je repasserai par cette planète.
— Je ne pense pas que vous me reverrez, capitaine. Je vais trouver un endroit et le délimiter aussi loin que mon œil peut aller. Ce sera ma terre. Si un jour vous en avez assez des murs en acier, il y a de la place pour vous ici. Et aussi pour votre fils.
Krausa n’exprima pas un dégoût indicible.
— Merci, mais nous ne saurions par quel bout prendre la charrue. Nous sommes des marchands.
— Chacun son métier, les vaches seront bien gardées.
Quand ils furent à l’extérieur, Thorby demanda :
— Qu’a-t-il voulu dire, Père ? Qu’est-ce que c’est une vache ?
— C’est un animal très gros qui donne du lait. Il a voulu dire que chaque homme a une place qui lui est propre.
— Oh.
Ils marchèrent en silence. Thorby se demanda s’il avait vraiment trouvé sa place.
Le capitaine se posait la même question. Il y avait un vaisseau juste derrière Sisu. Sa présence lui apparaissait comme un reproche. C’était un courrier postal, un vaisseau officiel de l’Hégémonie, avec des officiers de la Garde à son bord. Les paroles de Baslim résonnaient de manière accusatrice. «… Quand l’occasion se présentera, je te demande de le remettre au commandant de n’importe quel vaisseau militaire de l’Hégémonie. »
Ce n’était pas un vaisseau « militaire ». Mais c’était jouer sur les mots. Les intentions de Baslim étaient claires, et ce vaisseau pourrait faire l’affaire. Les dettes doivent être payées. Malheureusement Mère interprétait les mots à la lettre. Oh, il savait bien pourquoi. Elle était décidée à montrer le garçon au Rassemblement, parce qu’elle avait l’intention de décrocher le plus de statut possible en partant du fait que Sisu avait payé la dette des Familles. Bon, ça c’était compréhensible.
Mais ce n’était pas juste pour le garçon !
Ou bien l’était-ce ? Pour des raisons personnelles, Krausa avait hâte d’emmener le jeune homme au Rassemblement. Il était désormais certain que les ancêtres de Thorby devaient être de la Famille. Il pensait le prouver grâce aux fiches du Commodore.
D’un autre côté, il avait partagé l’avis de Mère sur Mata Kingsolver. Une petite peste ne devait pas avoir le droit de mettre le grappin sur un garçon tabou. Il valait mieux la renvoyer sur-le-champ. Mais Mère croyait-elle vraiment qu’il ne voyait pas ce qu’elle essayait de faire maintenant ?
Il ne le permettrait pas ! Sûrement pas, par Sisu ! Le garçon était trop jeune ; il l’interdirait… En tout cas, jusqu’à ce qu’il ait pu démontrer les origines du garçon dans la Famille, auquel cas la dette envers Baslim serait payée.
Mais ce courrier postal lui murmurait qu’il n’avait pas plus envie que sa Mère de s’acquitter honnêtement de la dette.
Mais il le faisait pour le bien du garçon !
Etait-ce juste ?
Eh bien, il y avait une façon équitable de présenter les choses. Emmener Thorby devant sa Mère et mettre cartes sur table. Expliquer au garçon tout le contenu du message de Baslim. Lui dire qu’il pourrait embarquer sur le courrier vers les mondes centraux, comment il pourrait retrouver sa famille. Mais surtout le prévenir que lui, Krausa, pensait qu’il était de la Famille et qu’il fallait vérifier d’abord si c’était vrai. Oui, lui avouer brutalement que Mère essayait de le lier à une femme. Elle crierait bien sûr et citerait les Lois, mais ceci ne relevait pas de la juridiction de l’Officier Chef. Baslim avait prescrit l’injonction sur lui. En outre, c’était juste. Le garçon devait être libre de choisir.
Il se raidit tout en frissonnant et retourna au vaisseau pour affronter sa mère.
Pendant qu’ils montaient à bord, ils virent le Quartier-Maître les attendre en haut.
— L’Officier Chef vous salue et désire voir le Capitaine.
— Quelle coïncidence, fit Krausa en souriant. Viens, mon Fils, nous allons la voir ensemble.
— Oui, Père.
Ils traversèrent le couloir et arrivèrent devant la cabine de la vieille dame. La femme de Krausa attendait à l’extérieur.
— Bonjour, ma chère. Le Quartier-Maître a dit que Mère voulait me voir.
— C’est moi qui t’ai fait demander.
— Il s’est trompé alors. En tout cas, dis vite ce que tu as à dire. J’ai hâte de voir Mère de toute façon.
— Il ne s’est pas trompé. L’Officier Chef t’a bien fait demander.
— Comment ?
— Ta Mère est morte, capitaine.
Krausa écouta, le visage vidé de toute expression, puis défait. Il poussa violemment la porte, courut au chevet de sa mère, se jeta sur le sol, saisit la forme minuscule et desséchée exposée sur le lit, et se répandit en pleurs déchirants. C’était le chagrin d’un homme cuirassé contre l’émotion et qui ne peut la contenir quand elle éclate.
Thorby regarda la scène avec un désarroi effrayé, puis il se dirigea vers sa cabine, et se mit à réfléchir. Il essaya de comprendre pourquoi il se sentait si mal à l’aise. Il n’aimait pas Grand-mère. Pas même un peu.
Alors pourquoi se sentait-il perdu ?
C’était presque comme quand Pop était mort. Il aimait Pop, mais pas elle.
Il découvrit qu’il n’était pas le seul ; le vaisseau tout entier était dans un état de choc. Personne ne pouvait se rappeler ou imaginer Sisu sans elle. Elle était Sisu, comme le feu éternel qui animait le vaisseau. Grand-mère était la force inébranlable, dynamique, indispensable, fondamentale. Maintenant, soudain elle n’était plus là.
Elle avait fait sa sieste comme d’habitude, en grognant parce que les jours sur Woolamurra correspondaient si mal à l’horaire du vaisseau : encore l’habituelle incompétence des frakis. Mais elle s’était endormie avec une discipline de fer qui s’était adaptée à un geste répété des centaines de fois.
Lorsque sa belle-fille était venue, elle n’était pas parvenue à la réveiller.
Son bloc-notes près du lit était rempli d’annotations :
Parler à mon Fils de ceci. Dire à Tora cela. Faire monter l’I.C. pour le contrôle de la température. Regarder les menus des banquets avec Athena. Rhoda Krausa déchira la page et la mit de côté, puis elle la redressa et dit au Quartier-Maître d’aviser son mari.
Le capitaine était absent au dîner. Le canapé de Grand-mère avait disparu ; l’Officier Chef était assise à sa place. En l’absence de Krausa, elle demanda à l’Ingénieur Chef de réciter la prière des morts. Elle dit les répons. Puis tout le monde mangea en silence. Les funérailles n’auraient pas lieu avant le Rassemblement.
Enfin l’Officier Chef se leva.
— Le Capitaine annonce qu’il remercie tous ceux qui ont essayé de lui rendre visite. Il sera disponible demain. – Elle fit une pause. – Les atomes sortent de l’espace et dans l’espace ils retournent. L’esprit de Sisu continue.
Soudain Thorby ne se sentit plus perdu.
14
Le Grand Rassemblement dépassa tout ce que Thorby avait pu imaginé. Sur des kilomètres, plus de huit cents vaisseaux des Libres Commerçants s’ordonnaient en cercles concentriques autour d’une sphère… au centre de laquelle se trouvait Sisu à la grande fierté de Mère. Thorby ne pensait pas qu’il puisse en exister autant. Kraken, Deimos, James B. Quinn, Firefly, Bon Marché, Dom Pedro, Cee Squared, Omega, El Nido. (Thorby décida de prendre des nouvelles de Mata), Saint Christophe, Vega, Vega Prime, Banquier Galactique, Tsigane… Thorby se dit qu’il devait se procurer une carte des emplacements des vaisseaux… Saturne, Chiang, Country Store, Joseph Smith, Aloha…