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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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— Oui, mais comment la logique peut-elle…

— Très facilement. Qu’est-ce qu’un point ? Un endroit dans l’espace. Mais imagine qu’il n’y a pas d’espace, pas même les quatre dimensions ordinaires. Un point est-il concevable ?

— Eh bien, je suis en train d’en supposer un.

— Pas sans supposer un espace dans lequel il est contenu. Tu ne peux penser à un point que localisé quelque part. Un point n’est en fait qu’un lieu, s’il n’est pas situé, il n’est rien. Tu me suis ?

Grande Tante Tora les interrompit.

— Allons continuer cette conversation dans le salon. J’ai mal aux pieds.

— Pardon, Grande Tante. Veux-tu mon bras ?

Dans le salon, le garçon continua :

— As-tu saisi l’histoire du point qui a besoin d’une ligne pour le soutenir ?

— Euh, je crois. Si tu lui retires le lieu où il se trouve, il n’existe plus.

— Imagine une ligne. Si elle n’est pas contenue dans un plan, est-ce qu’elle existe ?

— Oh, c’est plus dur.

— Si tu comprends ça, tu tiens le reste. Une ligne est une suite ordonnée de points. Mais d’où vient cet ordre ? Du fait qu’elle se trouve dans un plan. Si une ligne n’était pas contenue dans un plan, elle s’effondrerait sur elle-même… On ne peut la comparer avec rien. Mais chaque point serait aussi près de son voisin, sans « suite ordonnée », ce serait le chaos. Tu me suis toujours ?

— Peut-être.

— Un point a besoin d’une ligne. Une ligne a besoin d’un plan. Un plan doit faire partie d’un espace solide, où bien sa structure disparaît. Un solide exige un hyperespace pour le contenir… et ainsi de suite vers l’infiniment grand. Chaque dimension en exige une plus grande, sinon la géométrie cesse d’exister. L’univers aussi. – Il frappa sur la table. – Mais il est là, alors nous savons que l’espace pluridimensionnel fonctionne toujours… Même si on ne peut pas le voir, pas plus que nous ne pouvons voir une seconde qui passe.

— Mais où tout cela s’arrête-t-il ?

— Cela ne s’arrête pas. Les dimensions sont infinies.

Elle frissonna.

— Cela m’effraie.

— Ne t’inquiète pas. Même l’Ingénieur Chef ne se préoccupe que des douze premières. Regarde, tu sais que nous nous mettons à l’envers, quand le vaisseau devient irrationnel. Peux-tu le sentir ?

— Non. Je ne suis même pas sûre d’y croire.

— Cela ne fait rien. Nous ne sommes pas équipés pour le sentir. Cela peut se produire pendant que tu manges ta soupe sans que tu en renverses une goutte. Même si la soupe elle-même se met à l’envers. Pour autant que nous en sachions, c’est seulement un concept mathématique, comme la racine carrée de moins un, sur laquelle nous travaillons quand nous passons à la vitesse de la lumière. C’est ainsi avec toute la pluridimensionnalité. Tu n’as pas besoin de le sentir, de le voir, de le comprendre. Il faut juste en tirer des symboles logiques. Mais il est réel, si « réel » signifie quelque chose. Personne n’a jamais vu un électron. Ni une pensée. Tu ne peux la voir, ni la mesurer, ni la peser, ni la goûter. Pourtant les pensées sont ce qu’il y a de plus réel dans la Galaxie.

Thorby citait Baslim.

Loeen le dévisagea admirative.

— Tu es vraiment terriblement intelligent, Thorby. Personne n’a jamais vu une pensée. J’aime bien cette idée.

Le garçon accepta le compliment avec une certaine bienveillance.

Quand il retourna à sa cabine, il trouva Fritz en train de lire dans son lit. Il était sous le charme, comme quelqu’un peut l’être après avoir fait une démonstration réussie à un esprit avide d’apprendre.

— Salut, Fritz ! Tu étudies ? Ou tu gaspilles ta jeunesse ?

— J’étudie le dessin.

Thorby jeta un coup d’œil.

— Ne te fais pas surprendre par Grand-mère.

— Il faut bien que j’aie quelque chose à vendre à ces satanés lourdauds la prochaine fois que nous accosterons sur Finster. – Woolamurra, c’était la « civilisation ». Les célibataires se réapprovisionnaient en pin-up. – On dirait que tu as soutiré un bonus à un Losien. Qu’est-ce qui se passe ?

— Oh, je parlais juste avec Loeen. Je lui expliquais ce qu’était l’espace… C’est fou ce qu’elle comprend vite.

Fritz eut l’air critique.

— Oui, elle est intelligente. – Puis il ajouta : – Quand Grand-mère va-t-elle publier les bans ?

— De quoi parles-tu ?

— Pas de bans ?

— Ne sois pas stupide.

— Hum… Tu la trouves sympathique. Pas bête, non plus. Tu veux savoir à quel point elle est intelligente ?

— C’est-à-dire ?

— Elle enseignait dans l’école d’El Nido. Les maths sont sa spécialité, la géométrie multidimensionnelle en fait.

— Je ne te crois pas.

— Il se trouve que c’est moi qui ai transcrit son dossier. Mais demande-lui donc.

— Je vais le faire ! Pourquoi n’enseigne-t-elle pas les maths ici ?

— Demande à Grand-mère. Mon petit frère anémique et retardé, je me demande si tu n’es pas tombé sur la tête. Mais tu as beau être pitoyable, je t’aime pour la grâce hésitante avec laquelle tu essuies la bave de ton menton. Tu veux l’avis d’un aîné avec un esprit plus averti que le tien ?

— Vas-y. Tu me le diras de toute façon.

— Merci. Loeen est une fille très bien et ce serait peut-être très agréable de résoudre des équations ensemble pour le reste de la vie. Mais je n’aime pas voir un homme conclure une affaire avant d’avoir étudié le marché. Si tu tiens encore le coup pendant la prochaine traversée, tu verras que les Familles ont beaucoup de jeunes filles. Plusieurs milliers.

— Je ne cherche pas une femme !

— Ta, ta, ta ! C’est le devoir d’un homme. Mais attends le Rassemblement et nous ferons notre marché. Maintenant tais-toi. J’étudie l’art graphique.

— Qui parle ?

Thorby ne demanda pas à Loeen ce qu’elle faisait à El Nido, mais il ouvrit les yeux sur le fait qu’il était sans le savoir le personnage principal d’un manège amoureux.

Les paroles du docteur Mader hantaient son sommeil.

« Avant que Grand-mère décide de te faire épouser quelqu’un… Si tu attends plus longtemps, tu es perdu ! »

Père et le fonctionnaire de Woolamurra bavardaient pendant que Thorby se tourmentait. Devait-il quitter Sisu ? S’il ne voulait pas être un commerçant toute sa vie, il devait partir tant qu’il était encore célibataire. Evidemment, il pouvait gagner du temps, comme Fritz. Il n’avait rien contre Loeen, même si elle l’avait fait passer pour un idiot.

Mais s’il fallait s’en aller (il n’était plus sûr du tout de pouvoir supporter pour toujours cette vie monotone dominée par la tradition), alors Woolamurra était la meilleure occasion avant un bon nombre d’années. Pas de castes, pas de corporations, pas de pauvreté, pas de lois d’immigration. Ils acceptaient même les mutants ! Thorby avait vu des hexadactyles, des hirsutes, des albinos, des oreilles lupines, des géants et autres transformations. Si un homme pouvait travailler, Woolamurra était en mesure de l’employer.

Que faire ? Dire : « Excusez-moi, au revoir », quitter la pièce, et se mettre à courir ? Resté caché jusqu’au départ du vaisseau ? Il ne pouvait pas le faire ! Pas à Père, pas à Sisu, il leur devait beaucoup trop.

Et alors quoi ? Dire à Grand-mère qu’il voulait s’en aller ? Si elle le laissait partir, ce serait probablement sur un trou glacé au milieu des étoiles. Elle considérait l’abandon de Sisu comme un péché impardonnable.

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