Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: Pocket
- ISBN: 2-266-01146-4
- Переводчик: Helene Bouboulis
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
La planète offrait des pierres précieuses merveilleusement travaillées, du cuivre brut, et une herbe dérivée d’un alcaloïde utilisée en psychothérapie. Ce qu’ils pouvaient proposer d’autre restait matière à conjectures, car les indigènes ne possédaient aucun langage, ni écrit ni oral. Cela rendait la communication difficile.
C’est ainsi que Thorby apprit un nouveau procédé. Ils utilisaient l’enchère silencieuse inventée par les commerçants phéniciens quand les rivages de l’Afrique ne faisaient pas encore partie du monde connu.
On plaçait en tas autour de Sisu ce que les commerçants avaient à offrir : les métaux durs dont les indigènes avaient besoin, des horloges éternelles dont ils avaient appris à avoir besoin, et d’autres produits que la Famille espérait leur apprendre à réclamer. Puis les hommes rentraient.
— On va tout laisser là en tas ? demanda Thorby à l’Employé Supérieur Arly Krausa-Drotar. Si vous le faisiez sur Jubbul, vous n’auriez pas encore tourné le dos que tout aurait disparu.
— Tu ne les as pas vus monter le canon ce matin ?
— J’étais dans la soute inférieure.
— Il est monté et armé. Ces créatures n’ont aucune moralité, mais elles sont intelligentes, et aussi honnêtes qu’un caissier, si son patron le surveille.
— Que va-t-il se passer maintenant ?
— Nous attendons. Ils regardent la marchandise. Après un jour ou deux… ils empilent leurs produits à côté des nôtres. Nous attendons. Peut-être vont-ils augmenter leurs tas. Peut-être vont-ils tout déplacer et nous offrir autre chose… Et parfois en voulant être trop malins, nous manquons quelques chose que nous désirions. Ou peut-être nous prenons une de nos piles et nous la partageons en deux pour indiquer que nous aimons la marchandise, mais pas le prix.
« Ou alors nous ne la voulons à aucun prix. Alors nous plaçons nos tas devant quelque chose qu’ils proposent et qui nous plaît. Mais nous ne touchons pas encore à leur marchandise. Nous attendons.
« Finalement plus personne n’a rien bougé après quelque temps. Alors, là où le prix nous plaît, nous embarquons leurs produits et laissons les nôtres. Ils viennent et emmènent notre titre de paiement. Puis nous ramenons notre marchandise quand le prix n’est pas bon. Ils reprennent ce que nous avons rejeté.
« Mais les choses n’en restent pas là. Maintenant les deux parties savent ce que l’autre veut et ce qu’elle est prête à payer. Ils commencent à faire des offres, et nous à leur proposer ce que nous savons qu’ils vont accepter. Nous effectuons d’autres échanges. Après cette deuxième opération, nous nous sommes débarrassés de ce qu’ils désirent pour des produits que nous voulons à un prix qui satisfait tout le monde. Sans ennuis. Je me demande si nous faisons mieux sur les planètes où nous pouvons discuter ?
— Oui, mais cela fait perdre beaucoup de temps, n’est-ce pas ?
— Y a-t-il autre chose dont nous sommes plus fournis ?
Cette vente au ralenti se passa sans accroc pour les articles qui avaient déjà une valeur établie. Les affaires étaient plus inégales pour les objets testés pour la première fois. Ceux qui avaient semblé plaire aux Losiens ne marchaient pas avec les Finstériens. Six grosses de couteaux pliants prévues pour Woolamurra furent payées au prix fort. Mais l’article vedette n’était pas un produit à proprement parler.
Grand-mère Krausa, bien que grabataire, ordonnait de temps en temps qu’on la porte pour des tournées d’inspection. Il en ressortait toujours une victime. Juste avant l’arrivée sur Finster, son courroux convergea sur la crèche et les quartiers des célibataires. Son œil tomba d’abord sur un lot de livres d’images criards. Elle les fit confisquer. C’était de la « camelote de fraki ».
Quand on passa le mot qu’elle n’avait l’intention de ne frapper que la crèche, le gynécée et les cuisines, elle inspecta les cabines des célibataires. Ils n’eurent pas le temps de cacher leurs photos de pin-up.
Grand-mère était choquée ! Non seulement les photos allèrent rejoindre les bandes dessinées, mais on procéda à une fouille systématique pour trouver les revues où elles avaient été découpées. On envoya la contrebande aux techniciens pour qu’ils livrent les identités en particules élémentaires.
Le Subrécargue les vit et eut une idée ; ils les joignit à la marchandise à l’extérieur du vaisseau.
Des bijoux locaux curieusement travaillés apparurent à côté des vieux papiers : des chrysobéryls, des grenats, des opales et des quartz.
Le Subrécargue vit les joyaux et envoya un mot au capitaine Krausa.
Les journaux et les revues furent redistribués et offerts séparément. Encore des bijoux.
On détacha les pages, et on les plaça une par une séparément. Un accord fut conclu : une page colorée contre une pierre précieuse. A ce moment-là, les célibataires qui avaient réussi à cacher leurs chères photos considérèrent que le patriotisme et l’instinct des affaires l’emportaient sur la possession. Après tout, ils pourraient toujours se réapprovisionner au prochain port civilisé. La crèche fut ratissée pour trouver d’autres bandes dessinées.
Pour la première fois dans l’histoire, les bandes dessinées et les revues de pin-up rapportèrent plusieurs fois leurs poids en pierres précieuses.
Après Toth IV, ils arrivèrent sur Woolamurra. A chaque départ, ils se rapprochaient du Grand Rassemblement des Familles. Une fièvre de carnaval s’était emparée du vaisseau. Des membres de l’équipage étaient exemptés de leur travail pour pratiquer leur instrument de musique. Les gardes furent réorganisées pour permettre aux quatuors de répéter ensemble. On forma une table d’entraînement pour les athlètes qui furent aussi exemptés de toute tâche sauf de celle à leurs postes de combat, de façon à ce qu’ils s’exercent jusqu’à l’épuisement total. Les migraines et les mouvements d’humeur se multiplièrent à cause des projets de réception qui fassent honneur à l’orgueil exalté de Sisu.
On envoya de longs messages à travers l’espace, ce qui provoqua les protestations de l’Ingénieur Chef à cause du scandaleux gaspillage d’énergie au prix où était le tritium. Mais l’Officier Chef donna de bon gré son plein accord à tous les plis. A mesure que le temps passait, un sourire se mit à creuser plus profondément ses rides. Elle le dirigeait dans des directions inhabituelles. Thorby la surprit deux fois en train de lui sourire et ne manqua pas d’en être inquiet. Il valait mieux ne pas attirer l’attention de Grand-mère. C’était déjà arrivé une fois et cela ne lui avait pas particulièrement réussi. Il avait eu l’honneur de dîner à sa table pour avoir brûlé un pirate.
Il apparut sur les écrans de Sisu juste après le décollage de Finster. Ils ne s’attendaient pas à être attaqués là-bas, car il n’y avait pas beaucoup de trafic sur cette planète. Le signal d’alarme avait retenti juste quatre heures après le départ ; Sisu avait à peine atteint 5 % de la vitesse de la lumière et n’avait aucune chance d’échapper par la suite.
Tout reposait entre les mains de Thorby. L’ordinateur à bâbord était en panne : il avait « une dépression nerveuse » et les électroniciens du vaisseau suaient pour le réparer depuis qu’ils étaient partis. Le neveu de Thorby, Jeri, était retourné en astrogation car le nouveau stagiaire avait été formé pendant le long voyage depuis Losian. Thorby n’avait pas grande confiance dans ce tout jeune adolescent, mais il ne discuta pas quand Jeri décida que Kenan Drotar était prêt à la surveillance, bien qu’il n’ait jamais vu un « vrai coup ». Jeri avait hâte de retourner à la salle de contrôle pour deux raisons : son grade et un impondérable inexprimé. C’était dans la salle de l’ordinateur que Jeri avait servi avec sa jeune sœur désormais absente.