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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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— Vraiment !

Le garçon se sentit coupable.

— Grand-mère… Tu dois en avoir vu beaucoup. Voudrais-tu m’en parler ?

Le tour était joué. Elle se détendit et dit d’une voix enrouée :

— Il n’y a plus aujourd’hui les Rassemblements qu’il y avait de mon temps, quand j’étais jeune…

Thorby n’eut plus besoin d’ouvrir la bouche, sauf pour émettre des exclamations intéressées. Elle parla encore longtemps après quand tous les autres attendaient sa permission pour se lever de table.

— … Je pouvais choisir parmi des centaines de vaisseaux. J’étais une jeune effrontée avec de petits pieds et un nez en trompette. Ma Grand-mère a eu des propositions pour moi de toutes les Familles. Mais je savais que Sisu était mon destin, et j’ai opté pour lui. Oh, j’étais pleine de vie ! Je pouvais danser toute la nuit et me retrouver le lendemain matin pour les jeux fraîche comme une…

Thorby n’avait pas brillé à l’occasion de ce banquet, mais n’avait pas échoué non plus.

Comme Thorby n’avait aucun talent, il devint acteur.

Tante Athena Krausa-Fogarth, Chef de l’Intendance et remarquable cordon-bleu, avait la crampe d’écrivain sous sa forme la plus aiguë. Elle avait écrit une pièce de théâtre : la vie du premier capitaine Krausa, qui montrait la noblesse véritable de la Famille Krausa. Il était décrit comme un saint au cœur fier. Dégoûté par les comportements immoraux des frakis, il avait construit Sisu (tout seul), y avait embarqué sa femme (appelée Fogarth sur le papier, mais promptement remplacé par le nom de jeune fille de Grand-mère avant que le texte ne lui parvienne) et leurs remarquables enfants. La pièce se termine sur leur départ dans l’espace pour y répandre la culture et la richesse à travers la Galaxie.

Thorby tenait le rôle du premier Krausa. Il était ahuri de ce choix, il n’avait fait des essais que parce qu’on le lui avait demandé. Tante Athena sembla presque aussi surprise. Elle se troubla en annonçant son nom. Mais Grand-mère sembla contente. Elle apparut aux répétitions et fit des suggestions adoptées avec joie.

En face du garçon, jouait Loeen Garcia, nouvelle arrivée provenant d’El Nido. Il ne lia pas amitié avec elle à cause du départ de Mata. Il n’avait rien contre elle mais cela ne lui disait rien. Cependant il trouva Loeen d’un abord facile. Elle était une beauté brune, douce avec des manières simples. Quand on ordonna à Thorby d’ignorer le tabou et de l’embrasser devant Grand-mère et tous ceux qui étaient présents, il perdit ses moyens.

Mais il fit une tentative. Grand-mère renifla de dégoût.

— Qu’essaies-tu de faire ? De la mordre ? Et ne la lâche pas comme si elle était radioactive. C’est ta femme, idiot. Tu viens juste de la porter dans ton vaisseau. Tu es seul avec elle. Tu l’aimes. Fais-le !… Non, non, non ! Athena !

Thorby éperdu regarda autour de lui. Mais cela ne l’aida pas de voir Fritz arborant un large sourire béat.

— Athena ! Viens ici, ma fille, montre à ce jeune niais comment il faut embrasser une femme. Embrasse-le d’abord, puis laisse-le essayer. En place, tout le monde.

Tante Athena avait le double de l’âge du garçon ; elle ne le troubla pas autant que la jeune fille. Il obéit gauchement à ses instructions, puis réussit à embrasser Loeen sans s’effondrer sur elle.

Ce devait être une bonne pièce, car elle satisfit Grand-mère. Elle se faisait une joie de la voir au Rassemblement.

Mais elle mourut sur Woolamurra.

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Woolamurra est une planète riche d’avant-garde à la limite de l’Hégémonie Terrienne. C’était la dernière halte pour Sisu avant de plonger définitivement vers le Rassemblement. Riches en produits alimentaires et en matières premières, les frakis avaient besoin de produits manufacturés. Sisu leur vendit des articles losiens et une bonne partie des bijoux finstériens. Mais Woolamurra offrait peu de chose qui rapportait du bénéfice, et se montrait parcimonieuse pour les métaux radioactifs, car ayant encore peu prospecté, il gardait ce qu’ils avaient pour leur industrie naissante.

Sisu accepta donc un peu d’uranium, beaucoup de viandes de choix et de mets luxueux. Le vaisseau se fournissait toujours de délicatesses gastronomiques, mais cette fois-ci, il en stocka bien plus que ce que la Famille était en mesure de consommer pour faire de l’épate au Rassemblement.

Le reste fut payé en tritium et en deutérium. Une centrale thermonucléaire fonctionnait pour les vaisseaux de l’Hégémonie, mais elle vendait des isotopes d’hydrogène à tout le monde. Sisu s’était approvisionné en carburant sur Jubbul pour la dernière fois, et les vaisseaux losiens utilisent une autre réaction atomique.

Thorby descendit à terre plusieurs fois avec son père à New Melbourne, le port. On y parlait l’Anglais Systématique que Krausa comprenait, mais le fraki s’exprimait très rapidement en mangeant ses mots et avec une curieuse mutation de voyelles. Le capitaine en fut déconcerté, pas Thorby qui avait l’impression de l’avoir déjà entendu auparavant. Alors Krausa l’emmena avec lui pour qu’il l’aide.

Ce jour-là, ils allèrent conclure la transaction pour le carburant et signer une décharge pour les ventes privées. Puis les titres de paiement acceptés par Sisu furent certifiés par la banque centrale et envoyés à la centrale. Une fois les papiers tamponnés et les taxes acquittées, le capitaine s’assit pour bavarder avec le directeur. Krausa pouvait avoir une conversation amicale avec un fraki sur un pied d’égalité, sans jamais faire allusion à la différence énorme de statut social entre eux.

Tandis qu’ils discutaient, Thorby se tracassait. Le fraki parlait de Woolamurra.

— N’importe quel gars avec des bras solides et suffisamment de cervelle peut aller à l’intérieur et faire fortune.

— Sans doute, acquiesça le capitaine. J’ai vu vos bœufs. Ils sont magnifiques.

Thorby aussi était d’accord. Woolamurra avait beau manquer de trottoirs, de beaux-arts, et de plomberie, la planète regorgeait de ressources. En outre, c’était un monde agréable, honnête, suffisamment libéral. Elle répondait à la suggestion du docteur Mader : « Attends que le vaisseau accoste une planète démocratique, libre et peuplée d’êtres humains… Alors cours ! »

La vie sur Sisu était devenue beaucoup plus agréable même s’il était désormais conscient du mode de vie enveloppant et contraignant au sein de la Famille. Il commençait à aimer jouer sur une scène. Il avait même trouvé le truc pour provoquer un sourire chez Grand-mère. De plus, même si ce n’était que du théâtre, cela ne lui déplaisait pas de tenir Loeen dans ses bras. Elle l’embrassait en murmurant :

— Mon mari ! Mon noble mari ! Nous allons parcourir ensemble la Galaxie.

Thorby en avait la chair de poule. Il décida que la jeune fille était une grande actrice.

Ils devinrent très amis. Loeen s’intéressa particulièrement aux activités d’un aiguilleur. Alors, sous l’œil vigilant de la Grande Tante Tora, le garçon lui montra la salle de l’ordinateur. Elle eut l’air dépassée.

— Qu’est-ce que c’est exactement l’espace ? Tout ce qu’on voit, c’est la longueur, la largeur, et l’épaisseur… Et les autres dimensions ?

— Par la logique. Tu vois les quatre dimensions… Ces trois-là et le temps. Oh, on ne peut pas voir le temps, mais on peut le mesurer.

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