Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #2
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-10335-7
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:
— Voilà un républicain né, nota Knosso. Mais je me rappelle vous avoir croisé dans les rangs de mes troupes, sauf erreur.
— Tout à fait, confirma Miche. Nous avons célébré une victoire ensemble, Monsieur. Quelle mémoire.
— Remerciez mon compagnon. Seul, je ne m’en serais pas souvenu, mais il vous a reconnu au premier coup d’œil malgré votre crocheface, et m’a fait revivre les moments passés en votre compagnie. »
Miche inclina la tête en signe de révérence.
« Je suis républicain, affirma Miche, mais ne porte dans mon cœur aucune inimitié envers la maison royale.
— Heureux de vous l’entendre dire, se réjouit Knosso. Et maintenant, que la nuit vous soit douce. Dormez en paix dans l’air rude de la terre. La paisible berceuse des fonds obscurs m’attend. »
Les Larmuriens se levèrent et s’éparpillèrent sur la plage tandis que leurs capes se dressaient au-dessus de leurs têtes puis les recouvraient, que leurs branchies émergeaient et que, l’un après l’après l’autre, ils sautaient, plongeaient ou s’engouffraient dans les flots, laissant les natifs de l’entremur de Ram seuls sur le rivage, tous plus émerveillés les uns que les autres.
Tous sauf Rigg, qu’habitait un sentiment bien différent. Un fléau avait dévasté les colonies au commencement de la vie humaine sur le Jardin. Les sacrifiables semblaient s’être communiqué beaucoup d’informations, bien plus que les Enfants d’Odin n’avaient admis savoir. Les souris étaient-elles au courant de tout cela ?
Rigg scanna les environs ; aucune souris n’était venue fouiner dans les parages aujourd’hui. Parfait. Je sais au moins une chose qu’elles ignorent. Ou, du moins, une chose qu’elles souhaitaient me cacher. Dans un cas comme dans l’autre, la balle est dans mon camp. Car je connais désormais leurs projets, que je dois à tout prix contrecarrer. Et je sais également que cela sera impossible d’ici, de cet entremur, surtout si des gens m’entourent. Je dois agir seul et vite, avant que mes intentions ne s’ébruitent.
« Peux-tu me prêter la dague, Umbo ? s’enquit-il.
— Bien sûr. Tiens, répondit Umbo en lui tendant l’arme.
— Merci. Je te la rends dès que possible. »
Rigg s’éloigna en direction de l’aéronef.
« Tu vas où ? le questionna Umbo, qui lui avait emboîté le pas.
— Dans l’entremur de Vadesh.
— Tu retournes chez ce menteur ? Chez ce serpent ? Qu’est-ce que tu vas faire ?
— Je dois lui demander quelque chose, répliqua Rigg.
— Quelque chose du genre… ?
— Du genre crocheface, répliqua Rigg. Et je dois savoir quand et dans quel entremur Ram Odin est mort.
— Tu vas rencontrer Ram ?
— Non, démentit Rigg. Je risquerais de tout chambouler, notre vie, le monde entier.
— Rien ne peut changer ce que nous sommes. On en a discuté des centaines de fois.
— Je pars vers le futur, poursuivit Rigg.
— Mais c’est impossible ! Seule Param sait faire cela.
— Non, nous aussi, contesta Rigg. On avance tous vers le futur, mais une minute après l’autre.
— Oui, d’accord, vu comme ça… Mais que comptes-tu faire ? Juste passer du temps… loin de nous ? Emmène-moi avec toi ! Je te tiendrai compagnie.
— Les événements qui m’attendent, Umbo, je te souhaite de ne jamais les vivre.
— Pourquoi, s’ils sont nécessaires ? Tu doutes de moi, Rigg ? Ma jalousie mal placée, c’est de l’histoire ancienne. Elle m’a assez pourri la vie. Je suis ton ami, Rigg. De ceux qui restent fidèles jusqu’au bout.
— Je reviens bientôt, Umbo. Dès que j’aurai fait ce que j’ai à faire, promis. »
Ils avaient atteint l’aéronef. Rigg serra solennellement la main d’Umbo – pour la première fois de leur vie, de mémoire de jeune cordonnier.
« Tu es le voyageur du temps le plus puissant de notre entremur, lui rappela Rigg. Apprends tout ce que tu peux de Knosso. Il est sage, intelligent, et c’est un pisteur lui aussi. Ne l’oublie pas, si tu dois un jour retourner dans le passé.
— Il te ressemble, Rigg, mais je ne le connais pas.
— Alors apprends à le connaître. Et n’en veux pas trop à Param. Elle est ce que l’on a fait d’elle, mais elle se soigne.
— Je ne lui en veux pas, elle ne me revient pas, c’est tout…
— Je sais. Et c’est bien dommage, étant donné que tu es fou amoureux d’elle et que vous feriez de très jolis jeunes mariés, tous les deux. »
Sur ces mots, Rigg tourna le dos à un Umbo décomposé et monta dans l’aéronef, qui décolla à son commandement vers l’entremur de Vadesh.
Chapitre 9
Mise en garde
Sitôt de retour dans le groupe, Umbo fut assailli de questions. Ils avaient vu l’aéronef décoller. Param fut choquée et Olivenko consterné d’apprendre le départ de Rigg. Quant à Miche, cette nouvelle le mit hors de lui.
« Un crocheface ! tonna-t-il. Mais que cherche-t-il à prouver, nom de nom ! L’inconscient, se jeter dans les griffes de Vadesh ! Je ne connais pas pire menteur. Et ce n’est pas peu dire. Des menteurs, je n’ai croisé que ça toute ma vie ! »
Mais ce qui était fait était fait, et Umbo n’y était pour rien.
Miche ne décolérait pas.
« Quel petit imbécile arrogant. Rigg, je veux dire, pas toi. Petit crétin d’écervelé arrogant… il va vouloir tout assumer tout seul, vous allez voir !
— Je pencherais plutôt pour “gros froussard”, intervint Param. Il a filé en douce comme une mauviette.
— M’étonnerait, réfuta Umbo.
— Je crois qu’il a très peur des Éclaireurs, insista Param. Et qu’il préfère être très loin de nous quand ils arriveront.
— Pourquoi médire sur lui alors que son départ t’arrange ?
— Hein ?
— Mademoiselle pourra garder son papa pour elle toute seule, comme ça, poursuivit Umbo. J’ai bien vu ta tête quand il a pris Rigg dans ses bras, jalouse.
— Suffit, l’arrêta Olivenko. On ne sait pas ce que Rigg mijote, mais faisons-lui confiance, il ne nous a jamais déçus. En son absence, c’est à nous de prévoir les pires scénarios et d’imaginer un plan anti-Éclaireurs. Vous ne croyez pas ?
— Père nous dira que faire, affirma Param.
— Il nous conseillera si tu veux, nuança Umbo. Mais ne comptez pas sur moi pour suivre bêtement ses consignes.
— Tu es juste jaloux parce que moi, au moins, j’ai un père, le railla Param.
— J’en ai eu un, moi aussi, lui rappela Umbo. Tu ne m’impressionnes pas.
— Quand vous serez à nouveau capables de raisonner normalement tous les deux, gronda Miche, vous méditerez là-dessus : les Larmuriens ont une mémoire infaillible et savent des choses qui auront forcément échappé à ces brillants Enfants d’Odin. Je propose de tout leur dire et d’écouter leurs suggestions.
— Tout, comme dans… vraiment tout ? s’enquit Umbo. Même pour les souris ?
— Oui, proposa Olivenko.
— Hors de question ! refusa Param.
— Ce que l’on sait des souris, ce sont elles qui nous l’ont appris, reprit Miche. Et ce ne sont pas les dernières des menteuses, elles non plus.
— On sait aussi que quelques milliers sont ici à cause de nous, rappela Umbo. Et qu’à l’heure qu’il est, elles sont peut-être des millions.
— Elles ne se reproduisent pas si vite… tempéra Miche.
— Et alors ? Sais-tu seulement combien ont traversé le Mur enceintes ? poursuivit Umbo.