Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Полицейские детективы » La vieille qui marchait dans la mer
La vieille qui marchait dans la mer - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La vieille qui marchait dans la mer

Электронная книга - «La vieille qui marchait dans la mer». Краткое содержание книги:

Lorsqu'on demande à Stephen King, le fameux romancier américain, pourquoi il a choisi d'écrire sur des sujets aussi macabres, il répond : « Qu'est-ce qui vous fait penser que j'ai le choix ? »
Un romancier ne l'a jamais, il obéit au papier, un point c'est tout !
Pour ma part, lorsque j'ai commencé ce livre, j'avais l'intention d'écrire une histoire cocasse, haute en couleur : celle d'une vieille aventurière qui se donne un dauphin avant de raccrocher, et le forme à l'arnaque.
Je ne me doutais pas, à cet instant, que j'allais commettre l'ouvrage le plus grinçant de ma carrière, m'enfoncer dans un conte de fées noir à vous en flanquer le vertige, et peut être même dépasser certaines limites.
Mais je ne regrette rien. Quand on est capable de tout il faut le prouver.
1 ... 36 37 38 39 40 41 42 43 44 ... 77
Перейти на страницу:

La demeure était déserte en apparence. Pendant cette période d’apathie, le couple de Philippins se tenaient accroupis dans la courette jouxtant l’office et palabraient à mi-voix. Leurs chuchotements évoquaient ceux qu’on perçoit dans un monastère. Lambert fit les honneurs de la réception à Noémie. Les dimensions du living et la splendeur du panorama impressionnèrent la visiteuse. Le temps était particulièrement clair et le rocher de Gibraltar s'inscrivait avec force, à droite de l’horizon.

Noémie appartenait à un milieu artistique et savait apprécier les belles choses ; les toiles de Miro, de Picasso et de Tapiès la ravirent.

— Votre tante est une personne de goût, dit-elle ; vous avez de la chance de vivre dans cette maison de rêve.

Le Philippin, alerté par leur arrivée, vint demander à Lambert si l’on avait besoin de lui. Le jeune homme s’enquit auprès de Noémie de ce qu’elle voulait boire. Elle répondit qu’elle n’avait pas soif pour l’instant.

« Milady, vous êtes tapie dans l’ombre, à nous guetter, je le sens. A cause de votre gueule sinistrée, vous ne vous montrerez pas, mais vous devez vous arranger pour tout voir et tout entendre, espèce de vieille araignée noire ! Vous êtes une mygale énorme dont la toile est tendue inexorablement. Pas moyen de vous échapper ! Mais comme vous souffrez, au fond de votre vieillesse mutilée ! Comme vous devez haïr cette fille de vie, si ensoleillée ! Il ne faut pas, Milady. Non, il ne faut pas. Au lieu de la jalouser, essayez de vous mettre à sa place. Le renoncement ouvre de nouvelles portes ! J’ai eu un sujet de ce genre, au bac. Un roi qui a abdiqué peut continuer de vivre le pouvoir de son successeur. Nos relations sont stupéfiantes, je le sais, et personne, en dehors de nous deux, ne peut comprendre à quoi elles correspondent. En ce moment, Milady, je pense à vous. Je vous aime de pitié. L’effroi que vous m’inspirez se mélange à une passion fanatique. »

— Je vous prie de m’excuser, dit-il à Noémie.

Il s’approcha d’un secrétaire ancien qui supportait le téléphone et un écritoire volant. Il rédigea sur une feuille du bloc le message suivant :

« Je vais la conduire dans ma chambre pour la baiser. Je veux que ce soit comme un poème que je vous dédie. »

Il sonna le valet et lui ordonna de porter le poulet à Lady M.

— Je vous montre ma chambre, Noémie ?

Il ne souriait pas, elle fut même surprise par son air de profonde gravité. Elle lut une sorte d’anxiété dans son regard. Lambert était un drôle de type qu’elle parvenait mal à situer. On trouvait en lui du cynisme et néanmoins comme un appel désespéré. Il appartenait à cette race de gens que le bonheur épouvante et qui portent les plaisirs de la vie comme un cilice. Il était de ces moines ratés qui deviennent démons pour n’avoir pas su reconnaître leur vocation profonde.

— Volontiers, répondit-elle froidement, ne sommes-nous pas venus dans cette demeure pour ça ?

Il l’entraîna vers l’escalier qu’il se mit à gravir devant elle comme un agent immobilier faisant visiter une maison. Avant de pénétrer dans sa chambre, il jeta un regard en direction des appartements de Milady ; mais ce n’était qu’immobilité et silence au premier étage. Il eut, au dernier moment, le réflexe de faire entrer Noémie la première. Il fit jouer le verrou de sécurité et s’adossa au chambranle. La jeune fille fit quelques pas incertains. La pièce, comme le reste de la demeure, était crépie à la chaux blanche, cirée ensuite au savon noir, ce qui donnait au plâtre un aspect lisse et une patine intéressante. Le lit espagnol, aux dorures sourdes, chantait contre ce mur si joliment travaillé. Quelques bois polychromes décoraient la chambre.

— Très belle pièce, mais qui a quelque chose d’inoccupé, remarqua-t-elle.

— Asseyez-vous ! proposa mornement Lambert. Elle choisit une banquette aux pieds torsadés, recouverte d’un somptueux tissu au point de Hongrie.

— Vous m’aviez parlé de vos estampes andalouses, plaisanta Noémie, j’avoue que je préfère ces bois gravés. J’ai fait pendant deux ans l’école Boulle et je sais reconnaître les époques. Celui qui est au-dessus de la commode doit être du quatorzième, n’est-ce pas ?

— C’est possible, mais je m’en fous, répondit Lambert, enlève ta culotte !

Elle se figea.

Un moment, ils se défièrent du regard. Lambert croyait être de retour dans son studio de Saint-François, à la Guadeloupe, en compagnie de l’estivante qu’il avait houspillée et chassée bassement le dernier soir. Il se produisait comme une sonnerie d’alarme dans sa tête.

« Milady, il faut qu’elle plie ! Très vite, tout de suite, sans faire d’histoires, sinon je vais la foutre dehors, elle aussi. Peut-être même vais-je la cogner si elle rouspète ! Aidez-moi, Milady ! Qu’est-ce qui m’arrive ? Je deviens dingue, ou quoi ? Milady ! Je dois parler coûte que coûte, sinon je frappe. »

— Ta jupette est vachement sexy, articula-t-il, elle me fait un effet d’enfer. Tiens, regarde !

Il saisit son sexe à travers l’étoffe de son pantalon pour en souligner la dilatation.

— Tu vois ?

Le calme revenait en lui. Il respirait librement et avait l’impression d’avoir échappé à un danger.

— Ôte ta culotte, mais garde ta jupette, demanda-t-il d’un air suppliant presque enfantin.

Elle rit :

— Serais-tu vicieux ?

— Quel drôle de mot, murmura Lambert. Je ne suis que sensuel ; tu trouves du mal à cela, toi ?

— Non, admit Noémie.

— Bon, alors tu enlèves ta culotte, troisième et dernière sommation !

Elle obéit en souriant.

Il la prenait langoureusement pour conclure une série d’ébats très variés lorsqu’on frappa à sa porte. Furieux, Lambert interrompit leur étreinte. Il croyait à une visite de la vieille. Milady n’y tenait plus de voir se prolonger leur galant tête-à-tête et intervenait. Il redoutait le pire : une scène de jalousie honteuse qu’il ne se sentait pas capable d’assumer. Il passa rapidement un peignoir de bain pour aller ouvrir et fut à la fois surpris et soulagé en trouvant le domestique à sa porte. L’impassibilité de l’Asiatique avait cédé à l’affolement.

Lambert pensa qu’il venait d’arriver quelque chose de grave à Milady.

Le valet lui fit signe de le suivre et se mit à dévaler l’escalier. Lambert l’escorta, nu-pieds, jusqu’à la courette des communs où l’on mettait le linge à sécher sur des étendages amovibles. Les deux King Charles s’y trouvaient, couchés sur le flanc, la langue à demi sortie, dans des flaques de déjections. L’un d’eux était mort, l’autre traversait l’ultime phase de son agonie, agitant ses pattes comme pour mimer une course éperdue ; mais la mort le rattrapait et ses mouvements s’affaiblissaient à vue d’œil. Bientôt, il s’immobilisa à son tour et les deux chiens commencèrent à raidir dans l’ombre étouffante de la courette.

La cuisinière pleurait, penchée sur les King Charles qui avaient été davantage ses compagnons que ceux de la maîtresse. Lambert demanda des explications aux domestiques qui lui apprirent que les deux bêtes avaient été saisies de vomissements. Elles dormaient et avaient commencé à geindre dans leur sommeil avant de se réveiller tout à fait pour vomir. Elles n’eurent même pas la force de se lever. Un empoisonnement, probablement. Le Philippin déclara que ces chiens tuaient les rongeurs et qu’ensuite, sans vraiment les manger, ils les mettaient en charpie pour jouer entre eux. Il était convaincu qu’ils avaient agi ainsi avec un rat empoisonné. Le valet de chambre des voisins lui avait révélé que ses maîtres craignaient à ce point les rats qu’ils plaçaient des appâts empoisonnés sur toute l’étendue de leur propriété.

1 ... 36 37 38 39 40 41 42 43 44 ... 77
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)