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Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles

Электронная книга - «Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles». Краткое содержание книги:

À l'occasion du centenaire de sa naissance, célébré en 2014, la première biographie complète de Louis de Funès, où l'on découvre non seulement l'acteur, côté cour, mais aussi, côté jardin, l'homme secret méconnu.
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De savoir sa famille confortablement installée rue de Rome rassérène un Louis de Funès également désireux de posséder une résidence de vacances bien à eux. Sans chercher à être à la mode et encore moins à vouloir jouer les snobinards, il acquiert une petite maison à Deauville, avenue Hocquart-de-Turtot, à quelques centaines de mètres de l’hippodrome de la Touques. Une petite demeure avec l’indispensable jardinet dont il a fort envie de profiter au mois d’août après le tournage de Dans l’eau qui fait des bulles[195] près de Fribourg. Une méchante histoire vaguement policière où, alors qu’il taquine la truite dans un lac, son hameçon s’accroche à un cadavre. Un scénario écrit à la va-vite en dépit des retouches du réalisateur Maurice Delbez qui ne se fait guère d’illusions sur la qualité de la prestation de son acteur. « Comme tous les comédiens dignes de ce nom, il savait que ce film était médiocre. Il disait ses répliques, il suivait mes indications, mais il ne cherchait pas à en rajouter. Il était consciencieux, sans plus. Il passait la majorité de son temps avec sa femme sur le bord du lac à la terrasse de l’hôtel où nous logions. J’avais remarqué qu’il était très à l’aise dans cet hôtel de grand luxe. Il s’y sentait comme chez lui. Il avait une façon très raffinée de s’y mouvoir, tout comme sa femme d’ailleurs qui ne le quittait pas d’une semelle. Comme j’ai très vite senti que tourner ce film l’ennuyait, je l’ai laissé libre dans sa façon de jouer et il n’a jamais marqué le moindre signe de mauvaise humeur, même quand il avait des scènes avec Marthe Mercadier qui elle, en revanche, n’arrêtait pas de nous emm… parce qu’elle était enceinte et qu’il ne fallait pas trop la bousculer », témoigne Maurice Delbez[196]. Louis a, en effet, très envie d’en finir avec cette histoire de macchabée qui l’a occupé une quinzaine de jours depuis le 10 juillet. Il a bien reçu une invitation pour assister au mariage de son fils Daniel, libéré de ses obligations militaires, avec la Normande Christiane Frémont[197] le 15 juillet à Courbevoie, mais il a décidé de ne pas y assister, se contentant d’offrir un cadeau aux jeunes mariés.

De retour de Suisse et après un rapide passage par la Bretagne, Louis et Jeanne profitent avec leurs fils des bienfaits de la Normandie. Louis ne manque pas une occasion d’accompagner Olivier et Patrick sur la plage, partageant leurs parties de pêche aux crevettes, ou encore d’aller se reposer l’esprit, gaule, épuisette et bourriche en main, sur les bords de la Touques. Il prend encore le temps de fréquenter les meilleurs restaurants et quelquefois de s’installer au volant de sa Versailles blanche au toit vert pour aller chiner chez Fernande, l’épouse de Fernand Ledoux qui tient un magasin d’antiquités à Villerville. Si d’aventure son partenaire de Papa, maman, la bonne et moi y séjourne, ils parlent théâtre et égrainent quelques bons souvenirs de tournage. Mais le plus clair de ses journées, il le passe dans son jardinet à s’amuser avec Youki, à regarder le ballet amoureux du couple de palombes qui a élu domicile dans la propriété baptisée Santa Maria de Ortigueira, en hommage à Leonor. Louis se repose tout en griffonnant quelques idées sur un petit carnet. Il note des attitudes d’estivants observés à la plage, au restaurant, dans la rue… Il étudie ses contemporains dans leurs façons de se comporter dans tel ou tel endroit, dans telle ou telle circonstance. À Deauville, où les prétentieux et les guindés sont légion, Louis fait provision de situations grotesques, d’expressions ubuesques pouvant lui servir à l’avenir pour construire un personnage de fiction au plus proche de la réalité. Un peu à l’image de La Bruyère, il analyse les mœurs du quotidien pour en confectionner des caractères. Deauville, havre de repos, théâtre de la condition humaine avec ses maîtres et ses valets, mais aussi espace de rencontres pour un Louis de Funès qui se lie d’amitié avec l’humoriste Fernand Raynaud. Ensemble, ils rivalisent de bons mots tout en se souciant du devenir de leurs progénitures dont l’un comme l’autre veulent qu’ils deviennent autre chose que… des saltimbanques ! « Cette préoccupation nous amena à prendre des cours de maths et de latin deux fois par semaine, au lycée de Trouville, afin d’enrichir nos connaissances et nous assurer les diplômes nécessaires à une certaine réussite », raconte Olivier de Funès[198].

La rentrée de septembre s’annonce calme au registre cinématographique, tandis que Louis reprend son marathon au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Dans son agenda ne figurent que deux rendez-vous devant les caméras. L’un pour le mois de décembre, l’autre pour janvier 1962. Le premier ne doit lui prendre qu’une journée. Le second va l’occuper une dizaine de jours dans les studios d’Épinay. Deux rôles d’inégale importance et dont il ne peut encore mesurer les conséquences, surtout dans celui que lui offre Gérard Oury grâce à la complicité de sa compagne Michèle Morgan. L’année précédente, avec La Main chaude, Oury a manqué son premier essai en qualité de metteur en scène. Un bide de première grandeur. Les critiques n’y sont pas allés de plume morte. « Ceci est le premier film de M. Oury et assurément le dernier  », avait écrit, par exemple, Louis Chauvet dans Le Figaro[199]. Oury peine à s’en consoler, mais il n’a pas dit son dernier mot. En attendant, il reprend du service devant la caméra pour tenir un petit rôle dans The Prize… à Hollywood ! Olga Horstiz, l’imprésario de Michèle Morgan, lui demande de trouver un sujet pour les vedettes féminines de son « écurie ». Oury a l’idée de s’inspirer des bandes dessinées de Paul Gordeaux paraissant dans France-Soir sous le titre Le crime ne paie pas. Il acquiert les droits d’adaptation et met l’affaire entre les mains de l’agent de Michèle Morgan. Celle-ci rencontre le producteur Gilbert Bokanowski, qui est séduit à la fois par le sujet et la distribution. Affaire conclue en vingt-quatre heures ! Rien de bien surprenant à cela quand on sait qu’Olga Horstig présente au producteur une distribution réunissant Michèle Morgan, Edwige Feuillère, Annie Girardot, Danielle Darrieux, Pierre Brasseur, Philippe Noiret, Jean Servais, Richard Todd, Christian Marquand, Paul Guers, Gino Servi… pour ne citer que ceux-là.

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195

Ce film, commercialisé sous le titre Le garde-champêtre mène l’enquête, ne connaîtra aucun succès.

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196

Maurice Delbez à Franck et Jérôme in autourdelouisdefunès.

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197

Christiane Frémont est née le 22 août 1939 à Biéville-en-Auge dans le Calvados. Le témoin de Daniel de Funès était Henry Fankestin, le compagnon de sa mère.

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198

Olivier de Funès, op. cit., p. 88.

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Le 6 février 1960.

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