Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Intrigue à Giverny - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Intrigue à Giverny

Электронная книга - «Intrigue à Giverny». Краткое содержание книги:

Après Bayeux, Versailles et Venise, voici Pénélope à Giverny, la patrie de Claude Monet. Notre intrépide conservatrice-détective assiste à un dîner au musée Marmottan-Monet, au cours duquel elle rencontre deux spécialistes de l'œuvre du grand impressionniste. Le lendemain, l’une, une religieuse, a disparu, alors que l’autre, une Américaine, est retrouvée égorgée. Wandrille, le compagnon-journaliste de Pénélope, est à Monaco où il couvre le mariage du prince Albert et de Charlène. Dans la principauté se prépare aussi la vente d’une toile de Monet. Vrai ou faux ? Le peintre, ami de Clemenceau, était-il vraiment l’homme tranquille qu’on connaît ? Un quatrième volume des Enquêtes de Pénélope aussi drôle qu’érudit.
1 ... 33 34 35 36 37 38 39 40 41 ... 51
Перейти на страницу:

Antonin Dechaume s’est assis sur une chaise de gardien. La première lecture possible de leur amitié est purement artistique. Clemenceau, c’était un Américain ! Il était le seul de son époque à parler l’anglais couramment, il avait vécu là-bas en donnant des cours de français dans une institution pour jeunes filles convenables de Hamden, dans le Connecticut. Il a appris là-bas à aimer la République. Il pouvait aider Monet, lui parler du Nouveau Monde et de ses amateurs d’art.

Quand, à Londres, le peintre Daubigny lui fait rencontrer le marchand Paul Durand-Ruel, Monet ne comprend pas tout de suite que ce sera le début de sa conquête de l’Amérique. L’actualité d’alors, c’est la guerre franco-prussienne — et la mort héroïque de son ami Bazille au combat de Beaune-la-Rolande. Clemenceau est là pour lui expliquer qu’il ne deviendra un géant que s’il fait affaire avec les Américains, tous ces nouveaux collectionneurs.

En 1886, Durand-Ruel organise, à New York, une exposition des « impressionnistes de Paris ». Monet, exaspéré, trouve qu’il ne fait pas grand-chose pour le défendre à Paris. Il n’a pas encore compris. Clemenceau, lui, voit tout de suite quel parti on peut tirer de cette affaire. Il est évidemment celui qui le lui dit. Sœur Marie-Jo croit à cette hypothèse, mais ajoute toujours qu’il faudrait l’étayer un peu, avec des documents.

En 1891, quand il expose la série des meules, les Américains commencent vraiment à faire monter la cote. Chaque toile vaut quatre ou cinq mille francs, six mille pour certaines. C’est le début de la richesse. Mais Monet va-t-il s’en contenter ? Devant ses amis crève-la-faim, il fait mine d’être gêné par ces prix, devant son marchand, il proteste et se plaint que ce n’est pas assez. À Clemenceau, il raconte tout.

En 1895, une cathédrale, ce sera douze mille ! Clemenceau, dans ces années, devient plus proche de lui. C’est sa traversée du désert. Les deux hommes deviennent inséparables. Clemenceau a du temps, il écrit des articles à la gloire de Monet dans le journal La Justice, et Monet le remercie par lettre, ça laisse enfin quelques traces dans les archives.

L’idée de sœur Marie-Jo c’est que ce Clemenceau qui n’est pas encore au pouvoir passe son temps à construire les réseaux qui vont lui être utiles, parce qu’il va devenir l’homme le plus puissant de France et qu’il se doit d’avoir des pions un peu partout. Rien de bien original, pense Dechaume, qui a connu François Mitterrand dans ses mauvaises années — bien avant que, devenu président, celui-ci ne commande son buste au sculpteur.

En 1906, Clemenceau forme son ministère. Il est enfin au pouvoir. Ministre de l’Intérieur, six mois plus tôt, à soixante-cinq ans, le voici président du Conseil. Le colonel Piquart, le héros de l’affaire Dreyfus, devenu général entre-temps, est nommé ministre de la Guerre. L’époque a changé. Les rebelles d’autrefois sont aux commandes. Clemenceau s’appuie sur ces hommes d’élite qui sont devenus très célèbres, les « Brigades du Tigre ». Il a aussi toute une série d’agents qu’il envoie un peu partout et qui lui rédigent des notes et des rapports.

Monet a-t-il pu être l’un d’eux ? L’homme qui par l’intermédiaire de son marchand Durand-Ruel pouvait faire passer des messages aux Américains ? Ce serait capital.

L’entrée en guerre des Américains en 1917 a été un tournant dans la guerre. Si c’était grâce aux messages que Monet pouvait transmettre qu’ils étaient arrivés un matin, avec les Alliés, sur la tombe de La Fayette au cimetière de Picpus ? Si Monet avait sauvé la France ? S’il avait été l’homme qu’on pouvait envoyer à Londres sans qu’il fût soupçonné de faire de l’espionnage ou une quelconque politique ? Le peintre disposait de la « couverture » idéale pour agir, rencontrer les princes et les diplomates, les écrivains et les banquiers. Au passage, il avait sans doute aussi récolté beaucoup d’argent.

4

« On ne remercie pas un rayon de soleil »

Paris, dimanche 26 juin 2011

Monet a offert à Clemenceau un tableau peint dans la Creuse, un rocher solitaire auquel il a donné un titre simple : Le Bloc.

Le Tigre écrit : « Il n’y aurait rien de si bête que de vous remercier. On ne remercie pas un rayon de soleil. »

Qui irait soupçonner un rayon de soleil ? Un rayon de soleil, autant dire celui qui va partout et qu’on ne remarque pas, l’homme invisible. En 1908, Clemenceau s’est installé près de Gisors, dans une jolie maison, à Bernouville. Giverny n’est pas bien loin. Les deux hommes se parlent. C’est pour cela que sœur Marie-Jo n’arrive pas à trouver les lettres. Elle doit concentrer ses recherches sur les moments où Monet s’éloigne, c’est alors qu’ils doivent s’écrire. Ces lettres, on les découvrira. Elles doivent fourmiller d’informations, et elles sont sans doute aussi bien utiles pour la chronologie des œuvres, par exemple pour y voir clair dans l’embrouillamini des tableaux peints sur la Tamise pendant les différents voyages du peintre. Et si Marie-Jo avait localisé les lettres qu’elle cherche depuis si longtemps ? Si c’était pour cela qu’elle avait disparu ? Mais cela n’explique pas qu’on ait égorgé Carolyne…

L’intuition d’Antonin Dechaume c’est pourtant qu’on doit chercher du côté des secrets de cette vie — qu’on présente toujours comme entièrement vouée à l’art…

Et l’affaire de la Pépinière ? C’est dans les mêmes années… Rien n’est clair. Un fait divers, rien de plus ? Dechaume gamberge en se penchant pour la centième fois sur les lunettes du maître. Il ouvre la vitrine avec sa petite clef. Il les met. Il n’y voit rien. Tout se brouille encore plus.

Trente-trois mois après son arrivée aux affaires, le 20 juillet 1909, Clemenceau chute. Il part, en 1910 : l’Argentine, l’Uruguay, le Brésil, une tournée de conférences qui lui donne une vraie envergure internationale. Monet peint en silence, ils ne se voient pas, s’écrivent-ils ? Les collectionneurs américains envisagent même de faire venir Monet, qu’il puisse peindre sur place, pour eux seuls. Un projet de voyage de l’artiste aux États-Unis est lancé.

Ensuite, la guerre éclate. En décembre 1914, Clemenceau vient à Giverny. Tout va mal. Les légumes du jardin sont envoyés à quelques blessés recueillis au village. En 1915, au Sénat, Clemenceau prend la tête de la commission de l’armée et de celle des affaires étrangères. Il est l’homme providentiel, tous ses réseaux vont lui servir, les hommes dévoués des Brigades du Tigre — et ses espions.

Pendant la guerre, Monet obtient des passe-droits insensés, qu’on n’a aucune raison d’accorder à un artiste. Alors qu’on manque de tout, il obtient du ministre Clémentel un sauf-conduit pour des caisses — pour ses châssis, dit-il — alors que les communications sont bloquées partout. Qu’y avait-il vraiment dans ces caisses ?

Il fait acheminer les poutrelles qui vont servir à édifier l’atelier des Nymphéas. Il bénéficie, dans la République en guerre, d’un statut à part. Selon Dechaume, on le récompense. Il continue à faire passer des messages, il transmet peut-être des informations, il joue un vrai rôle d’espion, Giverny est la couverture idéale pour la « boîte aux lettres » de Clemenceau. Si Monet avait joué un rôle capital durant le conflit ? Sans rien dire, dans le secret le plus total, en souriant dans sa barbe. Dechaume y croit. La visite de novembre 1918 ne s’explique que comme ça. Il a joué un rôle, avant la guerre et pendant la guerre. Mais quel rôle ? À Londres ? En Norvège ? À Monaco ?

1 ... 33 34 35 36 37 38 39 40 41 ... 51
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)