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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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Mais comment Hresh pouvait-il sortir du cocon pour le rite de son jour de baptême puisqu’il était déjà à l’extérieur ?

Le rite ancestral n’avait plus aucun sens, mais le jour de baptême demeurait une date importante de la vie. Torlyri comprit qu’une fois encore il lui incombait d’inventer un rite adéquat. Mais il y avait quelque chose de troublant, de gênant presque, dans le fait d’instaurer un rite. Est-ce ainsi qu’ils avaient tous été institués ? Les rites n’étaient-ils que l’invention d’une prêtresse ou d’un chroniqueur pour faire face à quelque besoin urgent et non la volonté d’un dieu ?

Puis elle se dit que les dieux s’exprimaient par le truchement de la femme-offrande.

Elle demanda à Koshmar de l’excuser et partit toute seule. Elle retourna au bord du lac où le marcheur sur l’onde leur était apparu et s’agenouilla pour adresser une prière à Dawinno et lui demander de la guider. Et Dawinno lui accorda un rite qu’elle vit très clairement en esprit.

Tandis qu’elle priait, le marcheur sur l’onde lui apparut. Elle le regarda déployer son long corps grêle et tubulaire, sans crainte, en souriant. Même si tu voulais me faire du mal, tu ne pourrais pas, songea-t-elle. Et si tu le pouvais, je continuerais à te sourire et tu ne me ferais rien. La créature aquatique, se balançant lentement, faisait peser sur elle un regard sombre. Puis Torlyri eut le sentiment que l’animal géant lui rendait son sourire et que sa présence lui faisait plaisir.

Elle hocha lentement la tête.

« Que les Cinq Déités soient avec toi, l’ami. » Et le marcheur sur l’onde se mit à rire, mais d’un rire infiniment plus plaisant que lors de leur première rencontre.

En revenant au campement, Torlyri vit un vol de ces animaux que Thaggoran avait baptisés oiseaux de sang et qui les avaient attaqués à plusieurs reprises dans la plaine. Elle n’avait pas oublié leurs terrifiantes descentes en piqué, leurs cris perçants et les affreuses blessures provoquées par leurs becs tranchants. Mais, cette fois, elle n’éprouva aucune inquiétude. Elle les regarda sans plus de crainte que l’animal aquatique et ils continuèrent à décrire des cercles très haut dans le ciel, sans nullement menacer la tribu.

C’est de cette manière qu’il convient de vivre ici, se dit-elle. Il faut faire face à ces animaux sans avoir peur, si possible leur montrer de l’affection, et ils ne nous feront aucun mal.

— Laisse-moi t’expliquer le rite, dit-elle à Koshmar. Je partirai avec lui au plus profond de la forêt, loin de la tribu, là où nous aurons pour toute compagnie celle des animaux. Ce sera comme lorsque autrefois nous quittions le cocon et la sécurité qu’il apportait. Après avoir fait les offrandes aux Cinq Déités, il lui faudra trouver un animal, n’importe lequel — oiseau, serpent, animal aquatique — pourvu qu’il soit différent de nous. Il ira voir cet animal et lui dira quel est son nouveau nom.

— Dans quel but ? demanda Koshmar, l’air perplexe.

— Pour affirmer que nous sommes des habitants de cette planète et que nous vivons parmi les créatures qui la peuplent. Pour montrer que nous les traitons avec amour et sans crainte, pour indiquer que nous sommes désireux de vivre au milieu d’elles maintenant que l’hiver est fini.

— Je vois, dit Koshmar.

Mais Torlyri savait, à l’intonation de sa voix, qu’elle n’était pas convaincue.

Quoi qu’il en fût, c’était le jour de baptême de Hresh, il n’y avait plus de cocon, Torlyri avait conçu un nouveau rite et elle était la femme-offrande de la tribu. Qui aurait pu prétendre que ce rite n’était pas convenable ? Torlyri expliqua à Hresh ce qu’il aurait à faire et ils se mirent en route le lendemain à l’aube. Le chroniqueur tenait un bol à offrandes et il s’arrêta en chemin pour cueillir des fleurs et des fruits destinés aux dieux.

— Dis-moi quand nous serons arrivés.

— Non, dit Torlyri, c’est toi qui me le diras.

Hresh avait les yeux rayonnants d’ardeur et d’énergie. Jamais Torlyri n’avait vu personne ayant autant de vie en lui et elle sentait son cœur déborder de tendresse pour lui. Assurément, la force des dieux coulait dans les veines de cet enfant !

— Ici, dit Hresh.

L’endroit qu’il avait choisi était sombre, car au-dessus de leurs têtes les arbres, réunis par des lianes grosses comme le bras, formaient un dais de feuillage. Le sol meuble était humide. Torlyri avait l’impression qu’ils étaient les seuls êtres vivants au monde.

Hresh s’agenouilla et fit ses offrandes.

— Et maintenant je vais prendre mon nouveau nom, dit-il.

Il se mit en quête d’un animal dont il pourrait faire son totem. Au bout de quelques minutes, ils virent s’approcher un animal d’une taille comparable à celle d’un rat-loup, mais à l’aspect beaucoup plus attirant. Il avait des yeux brillants, la tête très allongée et un groin encadré par deux défenses dorées. Sa robe fauve était rayée de bandes jaune pâle et ses pattes minces étaient terminées par trois doigts pointus. Sans doute un animal fouisseur se nourrissant des insectes qu’il trouvait dans le sol, songea Torlyri.

L’animal regarda Hresh comme s’il n’avait jamais vu son pareil et se rapprocha de lui.

— Ton nom est défenses dorées, dit Hresh.

Torlyri ne put retenir un sourire. Cela lui ressemblait bien de donner d’abord un nom à l’animal avant de choisir le sien.

L’animal continua de le considérer sans crainte, avec curiosité.

— Et moi, poursuivit l’enfant, je m’appelle Hresh-le-questionneur et je t’ai choisi en ce jour qui est mon jour de baptême. Écoute-moi, défenses dorées, le nom que je prends est… Hresh ! Hresh-qui-a-les-réponses !

Torlyri le regarda bouche bée. Quelle audace !

Il arrivait de loin en loin que quelqu’un choisisse de conserver son nom de naissance comme nom d’adulte, mais ce genre de chose était très rare. En fait, cela n’arrivait pratiquement jamais. C’était l’expression d’une profonde confiance en soi, d’une assurance frisant la témérité. Hresh avait choisi de continuer à s’appeler Hresh ! Cet enfant ne faisait donc jamais rien comme tout le monde !

Mais était-ce véritablement le même nom ? Hresh-le-questionneur était le surnom que les autres lui avaient donné alors que le nom qu’il avait choisi était Hresh-qui-a-les-réponses.

Il continua de parler à l’animal aux défenses dorées tout en le caressant et en lui donnant de petites tapes, puis, d’une tape plus forte sur l’arrière-train, il le poussa vers le sous-bois et se retourna vers Torlyri.

— Alors ? demanda-t-il. Suis-je convenablement baptisé ?

— Oui, répondit Torlyri en l’attirant contre elle et en le serrant entre ses bras. Oui, Hresh-qui-a-les-réponses.

Il accepta son étreinte, mais demeura légèrement contracté, comme si les effusions de la prêtresse l’embarrassaient.

— Allez, viens, dit Torlyri en le lâchant. Il faut maintenant retourner au campement et annoncer aux autres le nom que tu as choisi. Puis il sera temps de partir à la recherche de la grande cité de Vengiboneeza.

Mais ils ne furent pas en mesure de partir tout de suite, car Nettin accoucha à son tour. Cette fois, c’était une fille, à qui Hresh donna le nom de Tramassilu, en souvenir de celle qui avait été victime de l’animal sautillant au bec rouge. Il avait décidé de donner à tous les nouveau-nés le nom d’un de ceux qui avaient trouvé la mort pendant la longue marche afín de montrer que les pertes en vies humaines avaient été compensées par les nouvelles naissances. Il ne restait plus que Hignord et Valmud à remplacer, après quoi il pourrait choisir d’autres noms. Jalmud, dont la compagne avait été tuée par les rats-loups, avait déjà demandé à être uni à Sinistine, et Hresh supposait que d’autres couples ne tarderaient pas à se former, maintenant que tout le monde se rendait compte qu’il n’y avait plus aucun danger à mettre des enfants au monde et qu’il s’agissait même d’un devoir sacré.

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