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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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La tribu traversa ensuite un désert de terre sablonneuse encore plus aride que tout ce qu’il lui avait été donné de voir jusqu’alors. Il n’y avait pas la moindre goutte d’eau et le sol crissait et se craquelait sous les pas. Rien ne poussait, pas la plus petite touffe d’herbe, et les seuls êtres vivants étaient de petits animaux jaunes au corps allongé qui avançaient en ondulant sur le sable et laissaient derrière eux une trace sinueuse et profonde. Ils attaquèrent Staip et Haniman et leur morsure provoqua sur les jambes de leurs victimes un gonflement douloureux qui ne se résorba qu’au bout de plusieurs jours. Ils infligèrent également à quelques têtes de bétail des morsures qui se révélèrent mortelles. Il ne restait plus beaucoup d’animaux maintenant. La tribu avait été obligée de tuer pour se nourrir la majorité de ceux qu’elle avait emmenés et un certain nombre d’autres s’étaient égarés et avaient disparu ou bien avaient été tués en chemin par des bêtes sauvages. La sécheresse était telle que, la gorge brûlante et l’œil enfoncé, la petite troupe de marcheurs regrettait douloureusement la pluie qu’elle avait trouvée si désagréable peu de temps auparavant.

Puis ils laissèrent enfin le désert derrière eux et arrivèrent dans une contrée verdoyante où ils trouvèrent un chapelet de lacs et un grand fleuve tumultueux qu’ils traversèrent sur des radeaux faits de troncs de bois tendre liés par la peau d’une créature élancée au corps d’azur, mi-serpent, mi-arbre. L’autre rive du fleuve était bordée par une chaîne de montagnes basses. Un jour, cependant qu’ils traversaient ces montagnes, Torlyri aperçut au loin, dans un défilé, un groupe très nombreux de hjjk, une véritable armée qui se dirigeait vers le sud. A la clarté cuivrée du crépuscule, ils ne paraissaient pas plus grands que des fourmis, mais ils étaient plusieurs milliers, une effrayante multitude. Si les insectes avaient vu la petite troupe de Koshmar, ils n’en laissèrent rien paraître et ils disparurent bientôt dans les replis de la montagne.

Et les jours recommencèrent à s’allonger. L’atmosphère se réchauffa et la température devint franchement agréable. De temps en temps, le vent du nord soufflait encore en rafales glacées, mais de plus en plus rarement. Il était maintenant indéniable que l’étreinte mortelle de l’hiver sur la planète se desserrait et ne serait bientôt plus qu’un souvenir. Sous d’autres latitudes l’hiver régnait encore, mais la tribu était entrée dans une région au climat printanier et, plus elle avançait vers l’occident, plus le temps devenait agréable. Koshmar avait le sentiment que son obstination était enfin récompensée. Le dieu des saisons lui souriait.

Mais où pouvait donc se trouver l’illustre cité de Vengiboneeza ? S’il fallait en croire les chroniques, l’ancienne capitale des yeux de saphir s’élevait à l’endroit où le soleil se couche. Cela signifiait certainement qu’elle était à l’occident. Mais l’occident était un lieu qui s’étendait à l’infini, un lieu sans limites. La tribu couvrait chaque jour plusieurs lieues dans la direction de l’ouest, mais quand le soleil disparaissait sous l’horizon à la tombée de la nuit, il était évident que la journée entière de marche ne leur avait aucunement permis de se rapprocher de l’astre couchant.

— Cherche encore dans les livres, ordonna Koshmar à Hresh en désespoir de cause. Tu as dû rater le passage qui nous expliquera comment atteindre Vengiboneeza.

Et le jeune chroniqueur feuilleta encore une fois tous les ouvrages sacrés. Il passa au crible les plus anciens, les plus poussiéreux du lot, ceux qui ne parlaient que de la Grande Planète. Mais il ne trouva rien. Peut-être ne cherchait-il pas où il fallait. Ou peut-être que les auteurs de l’époque n’avaient pas vu la nécessité de donner l’emplacement d’une ville aussi célèbre. Mais peut-être encore avait-on simplement perdu ces informations. Hresh savait que les ouvrages les plus anciens des chroniques n’étaient pas les textes originaux, tombés en poussière depuis des centaines de milliers d’années. Ceux qui étaient renfermés dans le coffret n’étaient que des copies de copies de copies, rédigées à partir de versions antérieures par des générations de chroniqueurs dans le courant de l’interminable nuit du cocon. Comment savoir si des parties du texte d’origine n’avaient pas été transformées par erreur, ou même entièrement supprimées, à l’occasion de ces innombrables retranscriptions. La majeure partie de ce que contenaient ces ouvrages lui était incompréhensible et ce qu’il y trouvait, malgré la limpidité apparente, avait parfois la clarté trompeuse d’un rêve où tout paraît simple et ordonné alors qu’en réalité tout est dénué de sens.

Hresh se dit que le moment était peut-être venu de risquer de faire appel au Barak Dayir. Mais il avait très peur. Jamais dans sa courte existence il n’avait eu peur de rien, même le jour où il avait tenté de se glisser hors du cocon. Non, ce n’était pas vrai… Il avait eu peur que Koshmar le condamne à mort. Il ne pouvait nier qu’il avait peur de la mort. Mais la mort était la seule question qui renfermait sa propre réponse. Quand on posait la question, on obtenait la réponse. Mais il était trop tard, on n’était déjà plus rien. Telle était donc l’unique réponse que Hresh redoutait. Mais la question de savoir comment utiliser la Pierre des Miracles pouvait fort bien être la même que celle de la compréhension de la mort. Et la réponse, s’il ne parvenait à se protéger efficacement, risquait également d’être la même. Il préféra donc laisser le Barak Dayir dans sa bourse de velours.

— Dis-moi comment atteindre Vengiboneeza ! lui demanda encore une fois Koshmar.

— Je vais continuer à chercher, dit Hresh. Laisse-moi encore quelques jours et je te dirai ce que tu veux savoir.

Harruel vint trouver Hresh un matin où le chroniqueur était plongé dans ses livres.

— Bonjour, l’ancien ! Le chroniqueur !

Surpris, Hresh leva la tête et, en découvrant la haute silhouette du guerrier, il écarta machinalement le livre qu’il lisait en le protégeant de la main. Comme si Harruel avait su lire !

— Assieds-toi si tu veux me parler, dit Hresh. Tu es beaucoup trop grand et je suis obligé de me tordre le cou pour te voir.

— Tu n’as pas froid au yeux, dit Harruel en riant.

— Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour toi ?

Harruel se mit à rire de plus belle. C’était un rire âpre qui sortait de sa gorge avec un bruit semblable à celui de rochers dévalant une pente, mais ses yeux pétillaient. Hresh savait qu’il jouait à un jeu stupide et peut-être dangereux. Un garçon de neuf ans donnait des ordres à l’homme le plus fort de la tribu ! Comment Harruel aurait-il pu ne pas rire ? Il était déjà bien beau qu’il résistât à l’envie de gifler l’insolent. Mais je suis le chroniqueur, songea Hresh avec bravade. Je suis l’ancien de la tribu et lui n’est qu’un imbécile avec de gros muscles !

Le grand guerrier s’agenouilla et se rapprocha de lui. Trop près au goût de Hresh. Il émanait du corps d’Harruel une odeur âcre et désagréable et sa masse physique était troublante.

— J’ai besoin de savoir quelque chose, commença le guerrier à voix basse.

— Demande-moi.

— Parle-moi de ce qu’on appelait la royauté.

— La royauté ? répéta Hresh.

C’était un mot ancien, un de ces mots qui n’avaient plus cours aujourd’hui, et il était tout étonné de l’entendre dans la bouche d’Harruel.

— Tu as entendu parler de la royauté ? demanda-t-il.

— Un peu. Je me souviens que Thaggoran nous en a parlé un jour où il lisait les chroniques. Tu n’étais encore qu’un bébé. Il nous parlait de lord Fanigole, de lady Theel, de Belilirion et des autres fondateurs du Peuple, à l’époque où les premières étoiles de mort sont tombées. A part Lady Theel, tous étaient des hommes et ils détenaient le pouvoir. Je lui ai demandé si, dans ces temps reculés, le pouvoir était souvent détenu par les hommes et Thaggoran m’a dit qu’à l’époque de la Grande Planète il y avait de nombreux rois qui étaient des hommes comme moi, et pas seulement chez les humains… Les yeux de saphir avaient des rois, eux aussi. Et Thaggoran m’a dit que quand le roi donnait un ordre on lui obéissait.

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