Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
1 ... 30 31 32 33 34 35 36 37 38 ... 137
Перейти на страницу:

— Je crois que c’est un marcheur sur l’onde, dit Hresh sans s’effrayer de l’étonnante apparition. Il est inoffensif.

Et l’animal aquatique continua de s’élever dans les airs jusqu’à une hauteur de dix à quinze fois celle du plus grand des hommes de la tribu. Il finit par s’immobiliser, prenant appui avec ses petites pattes très écartées sur la surface de l’eau qu’il troublait à peine. Il baissa la tête et, de sa rangée d’yeux d’un vert doré, considéra la petite troupe d’un air mélancolique.

— Hé ! Toi, le marcheur sur l’onde ! cria Hresh. Dis-nous comment trouver la cité des yeux de saphir !

A la stupéfaction générale, la monstrueuse créature répondit aussitôt dans le langage muet de l’esprit.

— Dépassez encore deux lacs et un cours d’eau dans la direction du soleil couchant. Tout le monde sait cela ! Mais à quoi bon aller là-bas ?

L’animal aquatique éclata d’un rire affreux aux sonorités métalliques, un rire aigu et hystérique, puis il commença à redescendre en se repliant lentement.

— A quoi bon ? A quoi bon ? A quoi bon ?

Et, dans un dernier éclat de rire grinçant, il disparut dans les eaux sombres du lac.

5. Vengiboneeza

Dans l’après-midi de la même journée, Threyne vint trouver Torlyri et lui annonça en se tenant le ventre à deux mains que l’heure de sa délivrance était proche. Torlyri constata qu’elle ne mentait pas : le ventre distendu de la jeune femme était déformé par les mouvements du petit être qu’elle portait et d’autres signes marquaient l’imminence de sa venue au monde.

— Nous allons devoir nous arrêter, dit Torlyri à Koshmar. La grossesse de Threyne arrive à son terme.

Koshmar réprima un mouvement d’impatience. Torlyri savait que depuis que sa compagne avait appris que la capitale des yeux de saphir était si proche, elle avait hâte d’atteindre Vengiboneeza. Mais il lui faudrait attendre. La naissance d’un enfant avait la priorité sur tout le reste. Threyne devait se sentir à l’aise pour que l’enfant vienne au monde dans les meilleures conditions.

A l’époque du cocon, chaque nouvelle naissance apportait la joie dans la tribu, mais elle avait aussi son mauvais côté. Un enfant ne pouvait venir au monde que lorsque quelqu’un d’autre approchait du moment où il allait devoir le quitter. Toute possibilité d’extension était exclue à l’intérieur du cocon et la naissance était intimement liée à la mort. De là, l’instauration de la limite d’âge afín que le Peuple ne soit pas tenu de choisir entre vivre trop à l’étroit et interdire pratiquement toute nouvelle naissance. Mais dans le monde de l’extérieur, où tout était si différent, le surpeuplement n’était pas à redouter. La tribu, tout au contraire, avait le plus urgent besoin de vies nouvelles. Plus personne n’avait à sacrifier sa vie pour faire de la place aux nouveau-nés. Torlyri estimait qu’il était du devoir de toute femme en âge d’avoir des enfants d’accepter la maternité et elle commençait elle-même à en caresser le projet.

Ils ne s’arrêtèrent que lorsqu’ils eurent laissé loin derrière eux les marécages et le lac aux flots noirs, car ils tenaient à éviter que le marcheur sur l’onde ne réapparaisse en emplissant les airs de son rire terrifiant pendant que Threyne mettait son bébé au monde.

Plusieurs hommes allèrent couper de jeunes arbres pour lui construire une retraite ombragée tandis que Minbain, Galihine et deux ou trois autres femmes âgées la lavaient et lui tenaient les mains pour l’aider à supporter la douleur. Preyne, qui était le père de l’enfant, s’agenouilla auprès d’elle et la caressa de son organe des sens afin de la soulager, comme c’était son devoir et son privilège. Torlyri prépara des offrandes à Mueri, la Consolatrice, à Yissou, le Protecteur, mais aussi à Friit, le Guérisseur, pour plus tard. Le travail était très long et les douleurs de l’enfantement étaient plus fortes chez Threyne que chez la plupart des autres femmes. Torlyri se dit que cela devait être dû aux fatigues de la marche.

Koshmar, qui avait nerveusement fait les cent pas toute l’après-midi, s’approcha de Threyne à la tombée du soir et baissa les yeux sur son ventre dilaté.

— Alors ? demanda-t-elle à Torlyri. Tout se passe bien ?

La femme-offrande l’entraîna à l’écart, hors de portée de voix de Threyne.

— Cela dure depuis trop longtemps, dit-elle. Et elle souffre énormément.

— Preyne ne peut donc pas la soulager de sa douleur ? demanda Koshmar.

— Il fait de son mieux.

— Elle va mourir ?

— Non, répondit Torlyri, je ne pense pas. Mais, si elle survit, elle sera très faible pendant un certain temps.

— Que veux-tu dire, Torlyri ?

— Que nous ne pourrons pas lever le camp avant plusieurs jours.

— Mais… Vengiboneeza…

— Vengiboneeza nous a attendus pendant sept cent mille ans, répliqua Torlyri. Elle pourra attendre une ou deux semaines de plus. Nous n’allons pas mettre la vie de Threyne en danger à cause de ton impatience. Et le bébé de Nettin ne devrait pas tarder à arriver lui aussi ; c’est l’affaire de deux ou trois jours. Le mieux serait de rester ici jusqu’à ce qu’elles soient assez fortes pour reprendre la route. Ou bien nous divisons la tribu en deux groupes. Nous pouvons envoyer Harruel et quelques hommes en éclaireurs pour chercher la ville tandis que nous resterons ici pour veiller sur les jeunes mères.

— S’il arrive quelque chose à Threyne, jamais je ne me le pardonnerai, dit Koshmar, manifestement préoccupée. Mais tu comprends ce que je ressens en sachant que nous sommes si près du but.

Torlyri posa tendrement les mains sur les épaules de sa compagne.

— Je comprends, dit-elle avec douceur. Tu t’es tellement battue pour nous amener jusqu’ici.

Threyne émit brusquement un cri plus fort et plus perçant que les autres.

— C’est l’heure de la délivrance, dit Torlyri. Il faut que j’aille la rejoindre, mais je te promets que nous reprendrons la route dès que possible.

Koshmar inclina la tête et s’éloigna. Torlyri la suivit des yeux en songeant qu’il était quand même étonnant d’avoir eu à expliquer à Koshmar, d’ordinaire si lucide et si équilibrée, qu’il leur faudrait rester ici pendant quelque temps. Et Koshmar avait certainement encore beaucoup de peine à l’accepter. Mais tous ces problèmes féminins lui demeuraient étrangers. Jamais elle n’avait laissé un homme poser la main sur son corps ; jamais elle n’avait envisagé un seul instant de donner la vie à un enfant. Depuis l’enfance, elle n’avait aspiré qu’à devenir le chef de la tribu et rien d’autre, ce qui pour elle excluait la maternité. Les chefs ne portaient pas d’enfant, ainsi le voulait la tradition. Mais, de l’avis de Torlyri, c’était uniquement parce qu’il était indispensable de limiter rigoureusement la population du cocon. Les traditions relatives à la maternité ou à son refus s’étaient formées au fil des siècles, mais la raison sous-jacente avait toujours été la crainte qu’en l’absence de restriction des naissances le surpeuplement n’oblige les habitants du cocon à affronter trop tôt les rigueurs de l’hiver.

Sur ces entrefaites, Minbain l’appela. L’enfant arrivait.

Torlyri se précipita auprès de Threyne, mais il était temps. Une toute petite tête sortait déjà d’entre les cuisses de la jeune mère. Un sourire s’épanouit sur le visage de Torlyri. Jamais Koshmar n’avait pu supporter d’assister à un accouchement, mais la femme-offrande trouvait ce moment d’une grande beauté. Elle s’agenouilla devant la couche de Threyne et lui saisit les chevilles tout en adressant une prière à Mueri, la Mère.

1 ... 30 31 32 33 34 35 36 37 38 ... 137
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)