Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr]
La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr]

Электронная книга - «La griffe du demi-dieu [The Claw of the Conciliator - fr]». Краткое содержание книги:

Severian le bourreau, exclu de sa guilde pour avoir montré de la pitié à une prisonnière trop aimée, a pris le chemin de Thrax, la cité de l'exil. Armé de Terminus Est, son épée, et d'un bijou mystérieux dont il constate sans les comprendre les pouvoirs thaumaturgiques, Severian entre au service de Vodalus, le hors-la-loi, le nécrophage, dont les rites énigmatiques jettent un pont, peut-être illusoire, entre la vie et la mort.
1 ... 32 33 34 35 36 37 38 39 40 ... 87
Перейти на страницу:

« Mon nom est Lomer », dit le vieillard. Il s’éclaircit bruyamment la gorge. « Et voici Nicarète. » Je lui dis mon nom, ainsi que celui de Jonas. La vieille femme saisit sans doute la nuance anxieuse de ma voix. « Tout ira très bien, rassurez-vous. Les filles vont lui prodiguer les meilleurs soins possibles, ne serait-ce que pour qu’il puisse retrouver rapidement l’usage de la parole. » Elle se mit à rire, et à la manière dont elle renversa sa tête régulière en arrière, je compris qu’elle avait dû être belle autrefois.

Je me disposai à les questionner à mon tour, mais le vieillard m’interrompit. « Venez avec nous dans notre coin, dit-il. Nous pourrons nous y asseoir confortablement, et je pourrai vous offrir une tasse d’eau. »

Dès qu’il eut prononcé le mot, je pris conscience que je mourais de soif. Je fus conduit derrière la courtine la plus proche de la porte d’entrée, et, s’emparant d’une jarre en terre cuite, l’homme me versa de l’eau dans une tasse en porcelaine fine. Il y avait des coussins sur le sol, ainsi qu’une petite table qui ne faisait guère plus d’un empan de haut.

« Une question pour une autre, reprit-il. Telle est l’ancienne règle ici. Nous vous avons dit nos noms, et vous nous avez dit les vôtres. Nous recommençons donc. Pour quelles raisons êtes-vous incarcérés ? »

Je lui expliquai que je l’ignorais, à moins que ce ne fût simplement pour avoir franchi certaines limites.

De la tête, Lomer acquiesça. Sa peau avait la pâleur caractéristique des personnes qui ne voient jamais le soleil ; avec sa barbe clairsemée et ses dents inégales, il m’aurait paru hideux dans tout autre contexte, mais on sentait qu’il faisait partie de cet endroit au même titre ou presque que les carreaux à demi usés du sol. « C’est à la méchanceté de la châtelaine Léocadie que je dois d’être ici. J’avais rang de sénéchal auprès de sa rivale, la châtelaine Nymphéa, et lorsque cette dernière m’a demandé de l’accompagner au Manoir Absolu, afin que je puisse faire le bilan de tous ses biens tandis qu’elle assistait aux cérémonies du philomate Phocas, la châtelaine Léocadie me tendit un piège avec l’assistance de Sanche qui…»

Nicarète, la vieille femme, lui coupa la parole. « Regarde ! s’exclama-t-elle. Il la connaît. »

Tel était bien le cas, en effet. Une chambre rose et ivoire venait de se dessiner dans mon esprit, avec deux murs faits de vitres dont l’encadrement était travaillé avec un art exquis. Des flambées brûlaient dans des cheminées de marbre ici et là, mais leur éclat était atténué par les rayons de soleil venant des baies vitrées ; la pièce dégageait une impression de chaleur sèche, et il y régnait une odeur de bois de santal. Drapée dans plusieurs épaisseurs de châles, une vieille dame était assise sur une chaise imposante comme un trône. Tout près d’elle, posés sur une table de marqueterie, se trouvaient un décanteur en cristal taillé ainsi que diverses fioles brunes. « Une femme âgée avec un nez crochu, murmurai-je. La douairière de Fors, n’est-ce pas ?

— Vous la connaissez donc…» Lomer eut un hochement de tête lent et machinal, comme s’il répondait à la question qui venait de sortir de sa propre bouche. « Vous êtes le premier, depuis bien des années.

— Disons plutôt que je me souviens seulement d’elle.

— Oui. » Le vieillard acquiesça. « On dit qu’elle est morte, maintenant. Mais de mon temps, c’était une jeune femme aux traits fins, rayonnante de santé. Elle se laissa convaincre par la châtelaine Léocadie de ne pas me résister, mais cette dernière fit en sorte que nous fussions surpris : comme Sanche l’espérait. Elle avait à peine quatorze ans, et elle ne reçut aucune condamnation. De toute façon nous n’avions rien fait ; à peine avait-elle commencé de me déshabiller.

— Vous deviez être vous-même très jeune », lui dis-je.

Comme il ne répondait pas à ma question, Nicarète le fit à sa place. « Il avait vingt-huit ans.

— Et vous-même, pourquoi vous trouvez-vous ici ? lui demandai-je à mon tour.

— Je suis volontaire. »

Je la regardai avec étonnement.

« Quelqu’un doit faire contrition pour tout le mal qu’il y a sur Teur, sans quoi le Nouveau Soleil ne viendra jamais. Et il faut aussi quelqu’un pour attirer l’attention sur des endroits comme celui-ci et tous ceux qui sont semblables. J’appartiens à une famille d’écuyers qui se souvient peut-être encore de moi, ce qui oblige les gardes à bien me traiter, ainsi que tous les autres, tant que je demeure ici.

— Voulez-vous dire que vous pourriez partir et ne le faites pas ? »

Elle secoua la tête. « Non, pas exactement. » Elle avait les cheveux blancs, mais elle les laissait retomber sur les épaules comme font les jeunes filles. « Je ne partirai que lorsque certaines conditions seront remplies, à savoir que soient remis en liberté avec moi tous ceux qui se trouvent ici depuis tellement longtemps qu’ils ont oublié le crime qui les a fait enfermer. »

Je me souvins brusquement du couteau de cuisine que j’avais dérobé pour Thècle, et du filet de sang écarlate qui s’était glissé sous la porte de sa cellule, dans nos cachots, et dis : « Mais est-il vrai que les prisonniers arrivent à oublier leurs crimes, ici ? »

Lomer eut un mouvement, à cette remarque. « Ce n’est pas juste ! Question pour question, c’est la règle, la règle ancienne. Ici nous maintenons encore les anciennes traditions. Nous sommes les derniers représentants de l’ancienne génération, Nicarète et moi, et elles seront respectées tant que nous vivrons. Question pour question. Avez-vous des amis qui peuvent s’employer à vous faire relâcher ? »

Si Dorcas apprenait où je me trouvais, elle ferait l’impossible, j’en étais sûr. Pour sa part, le Dr Talos était aussi imprévisible que les formes changeantes des nuages, et pouvait tout aussi bien, pour cette simple raison qu’il n’en avait aucune de véritable, chercher à me faire libérer. Il y avait cependant une hypothèse plus sérieuse : j’étais le messager de Vodalus, et ce dernier disposait d’au moins un agent au Manoir Absolu – la personne à laquelle je devais remettre son message. Par deux fois, j’avais essayé de me débarrasser du morceau d’acier que Vodalus m’avait confié, tandis qu’avec Jonas nous chevauchions vers le nord, mais j’en avais finalement été incapable ; on aurait dit que l’alzabo avait jeté un second sort dans mon esprit. Maintenant, je m’en réjouissais.

« Avez-vous des amis, des relations bien placées ? Si oui, vous pouvez faire quelque chose pour nous tous.

— Des amis, peut-être, répondis-je. Ils tenteront vraisemblablement de m’aider s’ils apprennent ce qui m’est arrivé. Mais ont-ils une chance de réussir ? »

Les questions et les réponses se succédant, nous parlâmes longtemps ainsi ; s’il me fallait relater par le menu cette conversation, mon récit n’aurait pas de fin. Il n’y avait d’ailleurs rien d’autre à faire, dans cette salle, sinon parler et jouer à quelques jeux simples ; les prisonniers font cela jusqu’à ce que ces activités aient perdu toute saveur, et se retrouvent dans l’état d’un homme affamé qui a mâchonné un bout de cartilage pendant toute une journée. À beaucoup de points de vue, les détenus étaient ici bien mieux installés que nos clients de la tour Matachine ; personne n’était seul, et ils n’avaient pas à redouter, durant la journée, d’être torturés. Néanmoins, comme le plus grand nombre de mes compagnons d’infortune étaient enfermés depuis très longtemps, tandis qu’il était rare que nos clients s’éternisent dans nos cachots, ces derniers étaient pour la plupart pleins d’espoir, tandis que ceux du Manoir Absolu se sentaient complètement désespérés.

Après une période de temps de dix veilles ou peut-être davantage, les quelques lampes du plafond qui dispensaient le peu de lumière de la salle commencèrent à baisser, et je dus dire à Nicarète et Lomer que je tombais de sommeil. Ils me conduisirent jusqu’à un endroit très éloigné de la porte, déjà très sombre, m’expliquant que ce coin m’appartiendrait jusqu’à ce que meurent d’autres prisonniers et qu’un meilleur emplacement me soit attribué.

1 ... 32 33 34 35 36 37 38 39 40 ... 87
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)