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Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]

Электронная книга - «Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]». Краткое содержание книги:

Voici venue l’heure des ultimes aventures de Manse Everard et ses collègues de la Patrouille du temps au service de l’Histoire… Des aventures qui conduiront nos héros depuis la préhistoire jusqu’à une étrange variante de notre XXe siècle, en passant par la Bactriane du IIIe siècle avant notre ère et le Moyen Âge italien. Car les Exhaltationnistes menacent toujours, sans parler d’un danger plus grand encore qui pourrait bien annihiler jusqu’à la Patrouille elle-même… et nous avec !
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Il comprit soudain. Ce médaillon signifiait sans doute sa mort.

Et cependant… oui, par Dieu !

Il aurait une chance de renverser la situation. De toute façon, il ne pensait pas survivre indéfiniment. En agissant comme il l’envisageait, il parviendrait à éliminer ces salopards et peut-être, peut-être…

Rien ne m’oblige à presser le mouvement. D’abord, réfléchissons un peu, rassemblons nos souvenirs, et ailleurs que dans cette fournaise.

Everard se leva. Il était raide et courbatu à force d’être resté si longtemps immobile. Il se dirigea vers la porte d’un pas lent.

Un soldat dégaina son glaive. « Halte-là ! Où vas-tu ? »

Il obtempéra. « Aux latrines, derrière le temenos, s’il te plaît.

— Attends ici que…»

Everard se dressa de toute sa taille. « Tu ne voudrais pas que je souille cette terre sacrée, n’est-ce pas ? Le dieu nous châtierait sûrement tous les deux. »

Dolon les rejoignit en trottinant. « Cet homme a été attaqué par des voleurs, expliqua-t-il. L’Ébranleur du sol lui a accordé asile et il est l’invité de Poséidon. »

Après avoir échangé un regard avec ses camarades, le soldat rengaina son arme. « Très bien. » Il se dirigea vers la porte et héla les deux hommes postés près des chevaux pour leur dire qu’un civil avait été autorisé à sortir. Les deux femmes regardèrent le colosse s’éloigner avec un certain regret. Il leur avait adressé des paroles aimables.

Everard s’avança d’un pas vif entre les arbres, savourant leur ombre. Ne traîne pas trop, se rappela-t-il. Ça mitonnerait que Buleni et Draganizu s’attardent dans le temple une fois qu’ils se seront mis à jour de la situation. Il n’avait pas de besoin pressant excepté faire quelques exercices d’assouplissement et dégainer son épée sous sa cape. Sur le chemin du retour, il veilla à adopter un pas traînant. Cela paraîtrait naturel à quiconque le remarquerait. Sa taille lui permit de jeter un coup d’œil à la cour par-dessus le mur.

Il arrivait à l’angle de celui-ci lorsque les Exaltationnistes émergèrent du temple. Everard pressa le pas. Les deux ennemis étaient au pied des marches lorsque le Patrouilleur entra dans l’enceinte. « Ne reste pas là, lui ordonna le soldat le plus proche.

— Oui, sire. » Everard fît tout un cinéma pour s’incliner devant lui, puis il s’éloigna d’une démarche de crabe, se rapprochant en fait de sa proie. Les deux hommes avançaient côte à côte. Buleni se fendit d’un rictus en apercevant le misérable devant lui.

La cour n’était pas très grande. Lorsque Everard bondit, moins de deux mètres le séparaient de ses ennemis.

Draganizu risquait d’appeler des renforts en pressant le médaillon alors même qu’il le portait à sa bouche. Il devait être le premier à mourir. Everard fondit sur lui. La pointe de son épée lui transperça le cou. Un geyser de sang en jaillit, d’un rouge éblouissant. Le cadavre s’effondra sur le sol.

Changeant d’appui alors même qu’il poursuivait son mouvement, Everard atterrit sur le talon, pivota sur lui-même et, du poing gauche, décocha à Buleni un uppercut au menton. C’était la seule façon d’atteindre un homme protégé par un casque et une cuirasse. L’Exaltationniste avait à moitié dégainé son arme. Sonné, il recouvra son équilibre et sortit son glaive du fourreau. Un authentique surhomme. Mais un rien diminué, un rien ralenti. Everard le serra. Le tranchant de la main gauche sur le poignet. Les phalanges de la droite sur le larynx, il sentit le cartilage se rompre. Buleni tomba à quatre pattes et vomit du sang.

Dolon hurla. Les soldats foncèrent, les armes à la main. Everard se jeta littéralement sur Draganizu. S’emparant du médaillon ensanglanté, il le pressa du pouce et glapit en temporel : « Agent non-attaché Everard. Rappliquez tout de suite. Combat. »

Pas le temps d’en rajouter. Le premier Syrien était sur lui. Il roula sur lui-même. Prenant appui sur son postérieur, il détendit ses jambes. L’homme chancela. Ses camarades accouraient. Leur masse occulta le ciel.

L’un d’eux s’avachit sur Everard. « Ouf ! » Un corps caparaçonné de métal qui vous tombe sur le ventre… il y a de quoi vous couper le souffle.

Lorsque Everard eut repris ses esprits et se fut rassis, les soldats gisaient tout autour de lui en tas disgracieux. Leur souffle était lent et régulier. Il savait que leurs camarades restés près des chevaux avaient eux aussi reçu une décharge d’étourdisseur et resteraient dans le coma pendant un bon quart d’heure. Cela mis à part, ils étaient indemnes. Un scooter temporel s’était posé non loin de là. Un homme aux allures de Chinois et une femme noire, souples et robustes dans leur combinaison moulante, l’aidèrent à se relever. Quatre autres véhicules survolaient le temple ; il vit que leurs pilotes étaient armés de canons énergétiques. « Vous en faites un peu trop, haleta-t-il.

— Pardon ? fit l’homme.

— Peu importe. Passons la situation en revue, et fissa ! » Pas question qu’il se donne le loisir de réfléchir, de penser au sort qui avait failli être le sien. Il ne ferait qu’attraper la tremblote et le moment était mal choisi. Son entraînement de Patrouilleur lui permit de maîtriser son corps et son esprit. Plus tard, quand tout serait fini, il paierait sa dette à la nature.

En recevant son appel, la Patrouille avait monté une équipe d’intervention, à bonne distance de cette époque, puis l’avait dépêchée à l’instant précis où il avait besoin d’aide. Il devait faire preuve de la même précision pour utiliser à son tour ses services. Mais il pouvait consacrer quelques minutes à ébaucher une stratégie.

Buleni était toujours vivant, mais à peine. « Conduisez-le au quartier général, ainsi que son camarade défunt, ordonna-t-il via l’émetteur-transmetteur qu’on venait de lui donner. On saura quoi faire d’eux. » Il parcourut les lieux du regard. Le pauvre Dolon gisait dans la poussière. « Transportez cet homme à l’ombre, à l’intérieur du temple. Soumettez-le à un examen médical et soignez-le dans la mesure de vos moyens. Une injection de stimulant lui ferait sans doute du bien. Les autres peuvent demeurer là où ils se trouvent jusqu’à leur réveil. »

Les deux femmes étaient restées dans leur coin, hors du rayon d’action de l’étourdisseur. Elles étaient blotties l’une contre l’autre, galvanisées par la terreur, la grand-mère étreignant la mère et la mère serrant son enfant contre son sein. Everard alla se planter devant elles. Il avait conscience de leur apparaître comme un être terrifiant, couvert de sang, de sueur et de crasse, mais il demeurait encore capable de sourire.

« Écoutez-moi, dit-il en imposant une certaine douceur à sa voix éraillée, et écoutez-moi bien. Vous venez de voir la colère de Poséidon en action. Mais cette colère n’était pas dirigée contre vous. Ces hommes avaient offensé le dieu. Ils seront conduits dans l’Hadès. Vous êtes innocentes. Le dieu vous accorde sa bénédiction. Pour en attester, je vous donne ceci. » Il attrapa la bourse passée à sa ceinture et la laissa choir sur le sol. « C’est à vous. Poséidon a plongé ces soldats dans le sommeil, afin qu’ils ne voient pas ce qu’ils ne devaient pas voir, mais il ne leur fera aucun mal une fois qu’ils seront réveillés, à condition qu’ils garantissent la sécurité de ses protégées, c’est-à-dire vous-mêmes. Dites-le-leur. M’avez-vous bien compris ? »

Le bébé cria, la mère sanglota. La grand-mère regarda Everard dans les yeux et, d’une voix impavide mais encore un peu choquée, lui répondit : « Moi qui suis vieille, j’ose te comprendre et me rappeler.

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