Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » История » Histoire de la Russie et de son empire
Histoire de la Russie et de son empire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Histoire de la Russie et de son empire

Электронная книга - «Histoire de la Russie et de son empire». Краткое содержание книги:

Fruit de plus de dix ans de travail, ce maître-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines à la fin de l’URSS, en passant par l’établissement d’une autocratie impérialiste assise sur la force de l’orthodoxie et d’un nationalisme conquérant. Un classique dont l’ampleur et l’intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d’écriture, ici présenté dans une édition entièrement revue et augmentée d’une préface inédite de Marie-Pierre Rey.
Michel Heller (1922-1997), né en Biélorussie, a été arrêté, puis déporté durant six ans, avant d’émigrer en Pologne, puis en France, où il a notamment enseigné l’histoire et la littérature soviétiques à l’université Paris-IV-Sorbonne.
1 ... 309 310 311 312 313 314 315 316 317 ... 376
Перейти на страницу:

En données absolues, les universités russes dépassent tous les autres pays, excepté les États-Unis, par le nombre d’étudiants. En dix ans – de 1875 à 1885 –, ce dernier a plus que doublé, passant de cinq mille six cent soixante-dix-neuf à douze mille neuf cent trente-neuf25. Le règlement de 1863 donnait aux universités une « organisation républicaine », en d’autres termes une large autonomie. Celui de 1884 supprime l’autogestion des universités, soumet l’enseignement à la direction de l’établissement et au ministère de l’Instruction publique, renforce le contrôle exercé sur les étudiants par les inspecteurs : l’introduction de l’uniforme obligatoire, en 1885, permet de surveiller aussi leur comportement hors des locaux de l’université. Les amicales sont interdites, la censure est considérablement renforcée, en particulier sur les ouvrages des bibliothèques.

Homme politique libéral très connu, Vassili Maklakov entre à l’Université après 1884 : il porte déjà l’uniforme, alors que ses condisciples plus âgés y échappent. « Ainsi se mêlaient et se distinguaient par leur vêtement, écrit-il dans ses Mémoires, les pupilles de l’époque des “réformes” et ceux de la “réaction”. » Le règlement de 1884, indique Maklakov, « frappa plus douloureusement les professeurs, leur autonomie, que les étudiants ».

« L’Université, particulièrement celle de Moscou, se souvient encore Vassili Maklakov, semblait, pour ma génération, une terre promise, une oasis dans un désert de mort26. » L’Université paraît une oasis après le collège. Le système d’enseignement secondaire est l’œuvre de Dmitri Tolstoï. À partir de 1871, le fondement en est constitué par les langues anciennes. 41 % du temps sont consacrés à l’étude des grammaires latine et grecque. Les partisans de ce système arguent que les écoles de Prusse et de Saxe accordent 47-48 % du temps d’enseignement aux langues anciennes. L’apprentissage de la grammaire (« gymnastique intellectuelle », selon le comte Tolstoï) ne suscite pas, on le comprendra, l’enthousiasme des élèves. La Russie manquant d’enseignants dans ces disciplines, elle en recrute dans les pays slaves, sans tenir compte du fait que ces professeurs ont, en règle générale, une connaissance insuffisante du russe. Le résultat est que, dans les années 1872-1890, sur cent élèves, seuls huit ou neuf terminent leurs études secondaires à l’âge requis, soit au bout de huit ans. Au demeurant, ils ne sont pas plus de 37 % à les achever vraiment. « Il apparaissait, résume Paul Milioukov, que l’école n’existait pas pour les élèves, mais les élèves pour l’école27. »

Outre les collèges qui ouvrent les portes de l’Université, il existe, sur le modèle allemand, des écoles techniques où la durée du cursus est de six ans. Les quatre premières années sont consacrées à l’étude de la religion (la Loi divine), du russe, des mathématiques, de la géographie, de l’histoire, de la calligraphie, du dessin technique, ainsi que de deux langues étrangères ; les deux dernières le sont aux sciences naturelles, à la physique, à la chimie et à la mécanique. Les élèves formés dans ces écoles se préparent à travailler activement dans l’industrie, le commerce, etc.

En 1875, au temps des réformes, le comte Tolstoï affirmait : « Notre gouvernement n’établit aucune distinction de croyance ni de condition sociale au sein de ses établissements… Nos collèges doivent produire des aristocrates, mais lesquels ?… des aristocrates de l’esprit, des aristocrates du savoir, des aristocrates du travail28. » En 1885, le successeur de Dmitri Tolstoï au poste de ministre de l’Instruction publique, Ivan Delianov, parle le langage de la contre-réforme : l’enseignement des collèges est néfaste pour les « classes inférieures ». En juin 1887, Delianov signe une circulaire qui assurera la célébrité de son nom : elle recommande aux directeurs de collèges de « respecter sans faillir la règle » de non-acceptation des enfants dont les parents ne présentent pas « suffisamment de garanties d’une bonne surveillance familiale ». La liste des « indésirables » comprend « les enfants de cochers, de laquais, de cuisiniers, de blanchisseuses, de petits boutiquiers et autres gens du même ordre ». Les résultats ne se font pas attendre. Les chiffres reflètent un changement dans la composition des effectifs scolaires, conséquence de l’« action volontaire » du gouvernement. En 1833, 78 % des élèves de collèges étaient nobles, 17 % représentaient les citadins, 2 % les ruraux, 2 % le clergé. En 1884, l’évolution est sensible : 49,2 %, 33,1 %, 6,9 %, 1,5 %. En 1892, la tendance s’est renversée : les nobles forment 56,2 %, les citadins 31,3 %, les ruraux 5,9 %, le clergé 1,9 %. Parallèlement, après les contre-réformes, le nombre des enfants nobles diminue dans les établissements techniques, tandis qu’augmente celui des représentants des couches urbaines et rurales29.

Le 22 mars 1881, trois semaines après l’avènement d’Alexandre III, Pobiedonostsev exprime son point de vue sur l’instruction. Évoquant la nécessité de créer une école moyenne où les « gens de classe inférieure pourraient recevoir une formation simple mais solide, utile pour la vie et non pour la science », le Haut-Procureur du Saint-Synode juge indispensable de rechercher à cette fin « un appui fondamental auprès du clergé et de l’Église, pour l’enseignement primaire populaire ».

Les zemstvos financent de plus en plus activement la mise en place d’un réseau d’écoles élémentaires, avec un cursus de trois ans. Leur développement est favorisé par l’intérêt croissant des paysans pour la lecture et l’écriture, dont ils éprouvent clairement le besoin. Une impulsion supplémentaire est donnée par la décision du gouvernement (1874) d’accorder des avantages, dans le cadre du service militaire, aux recrues sachant lire et écrire, ou en cours de scolarisation. La réussite des écoles de zemstvos inquiète Constantin Pobiedonostsev, convaincu qu’elles ne délivrent pas l’enseignement qui convient. En 1884, on décide de créer des écoles primaires rattachées aux églises. Elles ont pour tâche, comme il est stipulé par le Règlement, d’« affermir dans le peuple l’enseignement de la foi orthodoxe et de la morale chrétienne » et de « transmettre les connaissances élémentaires indispensables ».

Les écoles de paroisses sont instaurées pour concurrencer celles des zemstvos. Le grand problème auquel elles se heurtent est celui des enseignants : prêtres et diacres n’ont aucune formation adaptée et voient dans cette tâche un « second travail », venant en supplément de leur activité principale. Elles présentent toutefois, aux yeux des autorités, un avantage considérable : l’impossibilité « d’activités suspectes » – à caractère politique ou religieux –, dans la mesure où elles sont contrôlées en permanence, de la façon la plus sûre, par les paysans. À eux, le pouvoir fait confiance.

La concurrence favorise l’augmentation du niveau des écoles de paroisses : dans les années 1890, le cursus passe à trois ans (il était d’abord de deux ans). L’attention constante que leur porte les autorités n’est pas négligeable : en 1885, cinquante-cinq mille roubles leur sont attribués, en 1896 trois millions quatre cent cinquante-quatre mille six cent quarante-cinq30.

Le programme présenté par le général Richter dans sa note à l’empereur comprend, nous l’avons dit, trois questions de premier plan : après la question économique, viennent celles de l’administration et des ordres sociaux. Au centre de la politique de contre-réformes, se trouve le problème des zemstvos, qui combine les deux dernières questions évoquées par Richter. Englobant également le domaine économique, toutes deux forment le grand problème dont la solution échappe constamment : la question paysanne. Alexandre III ouvre son règne par des mesures déjà prévues sous le règne précédent : correction des défauts de la réforme de 1861, amélioration de la condition des paysans. Le taux de rachat de la terre est abaissé, les paysans doivent se doter d’un lopin (les propriétaires terriens ne peuvent plus s’y opposer). La création d’une Banque paysanne de prêt facilite grandement l’opération. Enfin, la capitation – reliquat du servage – est supprimée (1886), remplacée par un impôt sur la terre, les biens mobiliers, l’héritage.

1 ... 309 310 311 312 313 314 315 316 317 ... 376
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)