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Étoiles, garde-à-vous ! [Starship Troopers - fr]

Электронная книга - «Étoiles, garde-à-vous ! [Starship Troopers - fr]». Краткое содержание книги:

Après la grande guerre atomique de la fin du XXe siècle, le monde ne fut plus que chaos et désordre. Pour éliminer les hordes barbares qui s’étaient formées, les survivants durent remettre leur sort entre les mains de l’armée. Un siècle plus tard la civilisation, arrivée à l’âge des étoiles, restait dirigée par les militaires. Ainsi, c’était en portant les armes, en payant l’impôt de la sueur et du sang, que l’homme du xxie siècle devait acquérir le droit d’être citoyen. Dans cet univers militariste, Juan Rico s’engage le jour de ses dix-huit ans dans l’Infanterie Spatiale. Il ne sait pas quel sort terrible attend le fantassin qui, sur les mondes lointains, affronte les armées arachnides. En s’engageant, il a voulu devenir un homme, mais un soldat des étoiles est-il encore humain ?
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» Il aurait pu continuer ainsi durant des années, tandis que ses crimes croissaient en nombre et en atrocité pour n’être punis que par la prison. Mais, tout à coup, légalement, le jour de son dix-huitième anniversaire, le cycle était interrompu. Le « jeune délinquant » devenu un criminel adulte pouvait en quelques semaines se retrouver dans une cellule de condamné à mort. Vous ! (A nouveau, il pointait son moignon sur moi :) Supposez que vous vous soyez contenté de gronder votre chien, sans jamais le punir, supposons que vous l’ayez laissé faire ce qu’il voulait dans la maison, que vous l’ayez simplement enfermé de temps en temps dans une cabane pour le laisser revenir plus tard en l’avertissant de ne jamais recommencer. Jusqu’à ce que vous vous aperceviez qu’il est devenu un grand et vieux chien, toujours aussi sale. Qu’auriez-vous fait, alors ? Vous auriez pris un fusil pour l’abattre ? Qu’en pensez-vous ?

— Eh bien… c’est la façon la plus incroyable d’élever un chien dont j’aie jamais entendu parler !

— Tout à fait d’accord. Ou un enfant. Et qui est coupable ?

— Moi, je pense.

— Exact. Et j’en suis sûr.

— Monsieur Dubois, dit alors une fille, pourquoi ? Pourquoi ne pas donner de fessées aux petits enfants et quelques bons coups de lanière aux plus grands quand ils le méritent… je veux dire pour de très vilaines choses.

— J’ignore pourquoi ils ne faisaient pas cela au XXe siècle, dit M. Dubois d’un ton sinistre. Sans doute ces pseudo-scientifiques qui se donnaient le titre de « psycho-pédiatres » ou d’« assistants sociaux » méprisaient-ils les anciennes méthodes qui avaient fait leurs preuves. Sans doute les jugeaient-ils trop simples pour inculquer le respect humain et les vertus sociales à de jeunes esprits. Après tout, n’importe qui pouvait y parvenir en usant de patience et de fermeté, comme pour un petit chien. Je me suis parfois demandé s’ils n’avaient pas épousé la cause du désordre… mais c’est peu probable : les adultes agissent toujours consciemment pour des « motivations supérieures », quel que soit leur comportement.

— Mais, grands dieux ! s’exclama la fille, je n’aimais pas recevoir des fessées, comme tous les enfants, mais ma mère m’en donnait quand il le fallait ! La seule fois où j’ai été corrigée en classe, je l’ai été aussi à la maison. C’était il y a des années. Je n’ai jamais pensé qu’on pourrait me traîner devant un juge qui me ferait donner le fouet. Je veux dire qu’il suffit de ne pas le vouloir et ce genre de chose n’arrive pas. Je ne vois pas ce qu’il y a de mal dans notre système. Cela vaut mieux que de ne pas pouvoir se promener dans les rues de peur de se faire tuer, non ? Quelle horreur !

— Je suis d’accord, jeune dame, sur l’horrible contraste qu’il y avait entre ce que ces gens bien intentionnés pensaient et faisaient. Ils ne disposaient d’aucune théorie scientifique applicable à la morale. Ils avaient un code moral et ils essayaient de s’y conformer, mais il était faux, fait de charlatanisme rationalisé et de rêveries échevelées. Plus ils y croyaient, plus ils divaguaient. Ils considéraient, voyez-vous, que l’homme est doué d’instinct moral.

— Mais, monsieur !… Je croyais… Je pensais que j’avais…

— Non, mon enfant, vous avez une conscience cultivée, très bien éduquée. Mais l’homme n’a pas d’instinct moral. Il ne naît pas avec un sens moral. Vous n’en aviez pas en naissant, et moi non plus… pas plus qu’un chien. Ce sens moral, nous l’acquérons, par l’éducation, par l’expérience, en usant de notre esprit. Parfois. Ces jeunes criminels que nous évoquions étaient comme nous mais personne ne leur laissait la moindre chance d’acquérir ce sens moral. Leur existence ne le leur permettait pas. Qu’est-ce que le sens moral ? Un produit de l’instinct de survie. L’instinct de survie est à la base de notre nature humaine et c’est de lui que dérivent tous les aspects de notre personnalité. Tout ce qui entre en conflit avec l’instinct de survie agit tôt ou tard pour éliminer l’individu et, de ce fait, ne peut être transmis aux générations futures. Cette vérité est mathématiquement démontrable, universellement vérifiable. C’est la seule règle impérative et éternelle dont dépendent nos actes.

» Mais cet instinct de survie peut se diversifier en motivations plus complexes, plus subtiles que la lutte aveugle de l’individu pour rester en vie. Jeune demoiselle, ce que vous appelez votre « instinct moral » vous a été transmis par vos ancêtres, et c’est une vérité qui dit que la survie peut avoir des impératifs plus puissants encore que votre survie personnelle. Celle de la famille, par exemple. Ou de vos enfants, quand vous en aurez. Ou de la nation, encore plus haut dans l’échelle. Et il y a bien d’autres degrés. Toute théorie morale scientifique doit avoir pour origine l’instinct de survie individuel, et rien d’autre ! Et elle doit poser correctement la hiérarchie de la survie, avec les motivations correspondant à chaque degré. De même, elle doit résoudre tous les conflits.

» Aujourd’hui, nous disposons d’une telle théorie. Nous sommes à même de résoudre n’importe quel problème moral, à quelque niveau que ce soit. Intérêt, amour de la famille, devoir patriotique, responsabilité devant la race humaine – nous pouvons développer une éthique exacte pour toute relation extra-humaine. Mais tous les problèmes moraux peuvent être illustrés par une citation approximative : « Il n’est pas d’amour humain plus grand que celui de la chatte mourant en défendant ses chatons. » Pensez-y, réfléchissez au problème de la chatte et, quand vous serez prête à réfléchir sur vous-même, voyez jusqu’à quel degré de l’échelle morale vous pouvez monter.

» Nos jeunes criminels du XXe siècle n’allaient pas très haut. Ils naissaient avec leur seul instinct de survie et la plus haute moralité qu’ils pouvaient atteindre était une loyauté chancelante envers leur bande. Mais les gens bien intentionnés essayèrent de « faire appel à leurs bons sentiments », de « les atteindre », d’« éveiller leur sens moral »… Pffuii ! Mais ils n’avaient pas de « bons sentiments ». L’expérience leur avait enseigné que ce qu’ils faisaient était pour eux la seule manière de survivre. Vous ne grondez pas votre chien, alors ce qu’il fait avec succès et plaisir est « moral » pour lui !

» La base de toute moralité est le devoir, qui est au groupe ce que l’intérêt particulier est à l’individu. Il ne s’est trouvé personne à cette époque pour parler de devoir à ces jeunes garçons d’une façon qu’ils auraient pu comprendre, c’est-à-dire en tapant un peu. Non… la société à laquelle ils appartenaient ne cessait de leur parler de leurs « droits ».

» Les résultats étaient prévisibles puisque aucun être humain ne jouit de droits naturels.

Là, M. Dubois s’était interrompu. Quelqu’un avait mordu immédiatement à l’hameçon.

— Mais, monsieur, et la vie, la liberté et la quête du bonheur ?

— Ah, oui… les « droits inaliénables ». Tous les ans, il se trouve quelqu’un pour citer cette merveilleuse poésie. La vie ? Mais quel droit à la vie a donc un homme qui se noie dans le Pacifique ? L’océan ne réagira pas à ses appels. Quel droit à la vie a un homme qui doit mourir pour sauver ses enfants ? S’il décide de sauver sa propre vie, le fait-il par l’effet de quelque droit ? Si deux hommes sont menacés de mourir de faim et que le cannibalisme soit la seule issue pour l’un d’eux, lequel a plus que l’autre le droit inaliénable de vivre ? Est-ce juste ? Il en est de même pour la liberté. Les héros qui ont signé ce grand document[3] déclarent acheter cette liberté au prix de leurs vies. La liberté n’est jamais inaliénable. On doit la payer régulièrement, par le sang des patriotes, autrement elle disparaît. De tous les « droits humains naturels » que l’homme a inventés, la liberté est encore celui qui n’est jamais gratuit.

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Allusion à la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis.

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