Étoiles, garde-à-vous ! [Starship Troopers - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1974
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- Переводчик: Мишель Демют
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Étoiles, garde-à-vous ! [Starship Troopers - fr]». Краткое содержание книги:
Il existe trois types de scaphandres : patrouille, commandement et combat. Les scaphandres de patrouille sont à long rayon d’action. Ce sont également les plus rapides mais les moins bien armés. Les scaphandres de commandement ont d’énormes réserves d’énergie pour la progression. Ils sont plus rapides et sautent plus haut. Ils ont trois fois plus d’équipement radar et communication que les autres et sont pourvus d’un système de repérage par inertie, pour les pertes. Quant aux scaphandres de combat, ils sont pour tous ces types à l’air abruti, pour les exécuteurs.
Comme je l’ai peut-être dit, je suis tombé amoureux des scaphandres, même si ma première rencontre avec l’un d’eux s’est soldée par une épaule démantibulée. Chaque exercice en scaphandre qui suivit fut une fête pour moi. Et puis, il y eut ce triste jour. Je portais fièrement des galons d’adjudant fictifs. J’étais un chef de groupe fictif, armé de fusées atomiques fictives que j’avais pour mission d’utiliser dans l’obscurité fictive contre l’ennemi fictif. C’était ça, l’ennui : tout était fictif. Mais il fallait agir comme pour un combat réel.
Nous battions en retraite – ou plutôt : nous opérions un repli stratégique – lorsque l’un des instructeurs, par radio, coupa l’alimentation en énergie d’un de mes hommes, le transformant en blessé fictif. Selon la doctrine de l’Infanterie Mobile, je donnai l’ordre de le récupérer, tout fier d’avoir pris cette initiative avant mon adjoint. Puis je passai à la tâche suivante : déclencher un tir de barrage atomique (fictif) pour ralentir l’avance de l’ennemi.
Notre flanc se rabattait. J’étais censé tirer plutôt en diagonale, mais le problème était de ménager un espace suffisant pour que mes hommes ne soient pas dans le rayon de l’explosion, tout en frappant aussi près que possible de l’ennemi. Et en vitesse, bien sûr. Ce problème, ainsi que le mouvement sur le terrain, avait été discuté auparavant. Nous étions encore des novices : le seul élément de hasard dont nous avions tenu compte était le nombre des blessés.
La doctrine exigeait aussi que je localise exactement par radar ceux de mes hommes qui pouvaient se trouver dans le rayon de l’explosion. Et vite. Malheureusement pour moi, qui n’étais pas particulièrement rapide à la lecture de ces petites projections en visuel. Je trichai un petit peu : je relevai mes lunettes et, à la pleine lumière du jour, je me servis de mes yeux. La zone de sécurité était bien suffisante. Je distinguais là-bas, à huit cents mètres, le seul de mes hommes qui fût en danger. Je ne disposais que d’une minuscule fusée à haute puissance, surtout destinée à produire une masse de fumée. Je repérai mon objectif à l’œil nu, je pris le lance-fusées, et hop !
Puis je bondis, plutôt satisfait de moi-même. Je n’avais pas perdu une seconde.
Et c’est en plein bond qu’on me coupa l’énergie. Oh, on ne se fait pas mal. L’opération se passe à retardement. C’est une fois au sol qu’on s’en aperçoit.
Et je suis resté collé, accroupi. Les gyros me maintenaient à la verticale mais je ne pouvais plus faire un geste. J’étais prisonnier d’une tonne de métal.
Je me mis à m’insulter moi-même. Jamais je n’aurais pensé qu’ils oseraient me transformer en blessé alors que je commandais toute l’opération. J’aurais dû me douter que Zim lui-même contrôlerait le chef de groupe.
Il est arrivé droit sur moi, il a mis son casque contre le mien et il m’a parlé en privé. Il m’a suggéré de chercher une place de balayeur, plus à ma mesure. Selon lui, j’avais aussi quelques chances à la plonge. Il a évoqué mon passé et mon avenir probable dont je ne voulais pas entendre parler. Il a terminé en disant d’un ton morne :
— Cela te plairait que le colonel Dubois voie ce que tu viens de faire ?
Et il m’a laissé là. Pendant deux heures. Jusqu’à ce que l’exercice soit terminé. Mon merveilleux scaphandre, léger comme une plume, avec ses bottes de sept lieues était devenu la Vierge de Nuremberg. Enfin, Zim revint, rétablit l’énergie et, ensemble, nous nous sommes présentés au quartier général.
Le capitaine Frankel prononça moins de paroles que Zim mais il fut plus dur. Il ménagea une pause avant de me demander de cette voix sans timbre qu’ont les officiers lorsqu’ils citent le règlement :
— Vous pouvez demander à comparaître devant une cour martiale si tel est votre choix. Qu’avez-vous à dire ?
Ma gorge se serra. Jusqu’à cette seconde, je n’avais pas encore pris conscience de la gravité de ma situation.
— Non, mon capitaine.
Il parut un peu rasséréné.
— En ce cas, nous allons voir ce que le commandant du Régiment décide. Adjudant, veuillez escorter le prisonnier.
Pour la première fois, je me trouvais en présence du commandant du Régiment. Dès lors, je n’eus plus aucun doute sur mon sort : j’allais être jugé. Mais je gardais un souvenir très vif des paroles de Ted Hendrick et je ne prononçai pas un mot.
Le major Malloy, lui, m’en adressa cinq. Les trois premiers après avoir entendu l’adjudant Zim. Il me demanda :
— Est-ce exact ?
Je répondis que oui. Mon rôle était terminé.
Il demanda ensuite au capitaine Frankel :
— Cet homme est-il susceptible de s’amender ?
— Je le crois, mon commandant.
— Dans ce cas, nous opterons pour une punition administrative.
Il se tourna alors vers moi et prononça les deux derniers mots :
— Cinq coups.
Ils ne me firent pas traîner. Un quart d’heure après, le docteur avait fini son examen cardiaque et le caporal de garde me passait la chemise spéciale pourvue de deux fermetures Eclair, du cou aux poignets. On sonnait le rassemblement et je me sentais très loin, absolument détaché. Plus tard, je sus que cela correspond à une frayeur insensée. Une espèce de cauchemar hallucinatoire.
Zim entra dans la tente. Un simple coup d’œil et le caporal Jones s’éclipsa. Zim s’avança et me mit quelque chose dans la main.
— Mords ça, dit-il calmement. Ça aide. Je le sais.
C’était un protège-dents en caoutchouc comme ceux que nous utilisions pour les exercices de combat à mains nues.
Zim quitta la tente et je glissai l’objet dans ma bouche juste avant que l’on vienne me passer les menottes pour me conduire dehors.
Le jugement proclamait :
— … durant un exercice de combat, a commis une négligence grossière qui, durant une opération réelle, aurait été cause de la mort d’un camarade.
On m’arracha ma chemise et je fus attaché au poteau.
Une chose très étrange : la flagellation est plus pénible à voir qu’à subir. Oh, je ne veux pas dire que c’est une partie de plaisir… Ça fait plus mal que tout et l’attente entre les coups est pire que les coups eux-mêmes. Mais le protège-dents me fut terriblement utile et personne n’entendit le seul cri que je poussai.
Autre chose étrange : personne ne fit plus allusion à cela, même parmi mes camarades. Zim et les autres instructeurs ne changèrent absolument pas leur comportement à mon égard. Après que le docteur se fut occupé des cicatrices, tout fut terminé. Ce soir-là, je réussis même à manger un bout avec les autres et à glisser quelques mots dans leurs bavardages.