Étoiles, garde-à-vous ! [Starship Troopers - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1974
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- Переводчик: Мишель Демют
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Étoiles, garde-à-vous ! [Starship Troopers - fr]». Краткое содержание книги:
Mais si aucune machine ne peut encore nous remplacer, on nous a donné quelques bricoles intéressantes. Le scaphandre, entre autres.
Inutile de vous le décrire, vous l’avez très souvent vu en photo. Avec ça, vous ressemblez à un énorme gorille, avec des armes qui ont l’air d’avoir été faites pour un gorille. C’est peut-être pour cette raison qu’un adjudant, généralement, commence par vous traiter de singe ou de macaque.
Mais si un gorille osait en venir aux mains avec un homme en scaphandre, il mourrait très vite, écrasé. Il n’aurait même pas une chance d’égratigner l’homme.
La pseudo-musculature du scaphandre a eu droit à toute la publicité mais, en fait, c’est le contrôle énergétique qui mérite les honneurs. Ce qu’il y a de vraiment extraordinaire, dans un scaphandre, c’est que vous n’avez pas à le contrôler. Vous le portez, c’est tout. Comme votre peau, comme vos vêtements. Pour piloter un engin, quel qu’il soit, vous devez apprendre, développer de nouveaux réflexes, de nouveaux modes de pensée artificiels. Même une bicyclette exige un certain entraînement. Quant à un astronef… Le temps d’une vie ne me suffirait pas à devenir cette espèce d’acrobate mathématicien qu’est un pilote de vaisseau.
Un scaphandre, on le met.
Tout équipé, il doit peser dans les deux mille livres. Pourtant, dès qu’on vous a bouclé à l’intérieur, vous courez, vous sautez, vous pouvez vous étendre, prendre un œuf sans le casser (avec un rien de pratique, mais, avec la pratique, rien n’est impossible, non ?). On arrive même à danser la gigue, à bondir par-dessus les toits comme une fusée pour retomber comme un duvet.
Le secret ? Feedback négatif et amplification.
Non, ne me demandez pas de vous faire le croquis des circuits. Mais je me suis laissé dire que certains violonistes virtuoses ne savaient pas construire un violon… Je sais pour ma part entretenir mon scaphandre, le réparer et vérifier les 347 points qui sont à vérifier. C’est là tout ce que l’on attend d’un pauvre fantassin. Si mon scaphandre se sent vraiment très mal, j’appelle le docteur, le docteur en électromécanique qui est un officier de Marine, habituellement un lieutenant (l’équivalent d’un capitaine pour nous). Il y en a toujours un, obligatoirement, à bord d’un transport de troupes. Et il y en avait un, un martyr, assigné au Camp Currie, destin qui, pour un marin, équivalait à l’enfer.
Si par hasard vous êtes intéressé par les clichés et diagrammes tri-D des circuits d’un scaphandre, vous pouvez vous procurer les moins secrets dans n’importe quelle bibliothèque. Pour ceux qui restent confidentiels, adressez-vous à un agent de l’ennemi. Je veux dire à un agent de confiance, parce que la plupart vous proposeront ce que vous pouvez trouver à la bibliothèque publique.
Donc, en gros, voici comment marche un scaphandre, sans diagrammes. A l’intérieur, se trouvent des récepteurs de pression, par centaines. Supposons que vous appuyiez sur quelque chose avec la paume : le circuit perçoit cette pression, il l’amplifie, il appuie avec vous pour supprimer la pression exercée sur les récepteurs qui ont, justement, déclenché l’ordre d’appuyer. Cela paraît compliqué, mais le feedback négatif, c’est ce que vous faisiez, bébé, quand vous donniez des coups de pied dans le vide. Des années après, les enfants, puis les adultes pratiquent le feedback négatif sans savoir qu’ils l’ont appris. Et il est à la base de la maladie de Parkinson.
Le feedback d’un scaphandre s’accorde à tous vos mouvements, avec précision… et en les amplifiant.
La force contrôlée, contrôlée sans que vous ayez à y penser. Vous sautez… et vous sautez bien plus haut que vous ne l’avez jamais fait dans votre seule peau, avec vos seuls muscles. Les fusées de votre scaphandre multiplient votre saut, amplifient la pression des « muscles » électroniques tout en vous maintenant dans l’axe qui passe par le centre de votre masse. Vous sautez par-dessus le toit… et vous retombez aussi vite. Seulement, le scaphandre note cette vitesse par l’intermédiaire des instruments de lecture de proximité (un radar aux idées courtes, en fait, une sorte de coupe-circuit), et il coupe les fusées juste à temps pour amortir votre arrivée au sol, sans même que vous ayez à y penser.
Toute la beauté du scaphandre tient là-dedans : on n’a pas à penser. On n’a pas à conduire non plus, ni à corriger, opérer ou surveiller. Il prend ses ordres directement de vos muscles et il fait plus qu’eux. Ce qui vous laisse l’esprit libre pour utiliser vos armes et voir ce qui se passe alentour, détail suprêmement important pour le fantassin qui souhaite mourir dans son lit. A supposer que vous encombriez un bidasse de tout un tas de quincaillerie qu’il doit surveiller et consulter sans cesse, n’importe quel ennemi équipé plus légèrement – avec une hache de pierre, par exemple – pourra lui fracasser le crâne pendant qu’il consulte les verniers.
Vos « yeux » et vos « oreilles » sont également équipés de façon à ne pas aliéner votre attention. Admettons que vous disposiez de trois circuits audio, ce qui est courant pour un scaphandre de combat. Le contrôle de fréquence que l’on utilise pour des raisons de sécurité tactique est très complexe. Il comporte au moins deux fréquences par circuit, les deux fréquences étant nécessaires pour n’importe quel signal et chacune d’elles oscillant à la nanoseconde près au rythme d’un mouvement au césium accordé sur le récepteur… Mais là n’est pas votre problème. Disons que vous appelez votre chef de peloton sur le circuit A : vous mordez une fois. Et deux fois pour le B, ainsi de suite. Le micro est sur votre larynx, les écouteurs dans vos oreilles, et impossible de les déconnecter. Vous n’avez qu’à parler. De part et d’autre de votre casque, deux micros vous donnent une écoute environnante aussi bonne que si vous étiez tête nue. Si vous voulez mieux entendre ce que dit votre chef de section, il vous suffit de liquider les voisins trop bruyants et de tourner un peu la tête.
Votre tête est précieuse car elle n’est pour rien dans le jeu des récepteurs de pression qui dépendent de vos muscles. Vous pouvez donc utiliser chacun de ses éléments – menton, cou, maxillaire – pour déclencher des commandes tout en gardant les mains libres pour le combat. Le menton est tout aussi utile pour les perceptions visuelles que le maxillaire pour les audios. Tout le visuel est projeté sur un miroir, devant votre front. Le casque vous donne l’apparence d’un gorille très hydrocéphale, mais dites-vous bien qu’avec un peu de chance l’ennemi n’aura pas le temps d’être choqué par votre aspect. Grâce à votre casque, vous avez le visuel-radar plus vite que vous ne passez d’une publicité à l’autre à la télé. Vous prenez vos repères, vous repérez votre chef, vos hommes de flanc… N’importe qui, n’importe quoi.
Si vous secouez la tête comme un cheval harcelé par une mouche, vos lunettes infrarouges se mettent en batterie. Nouveau coup de tête : elles s’éclipsent. Si vous laissez tomber votre lance-fusées, le scaphandre le rattrape jusqu’à ce que vous en ayez besoin. Quant aux réserves d’eau et d’air, aux gyros, pas de problème : le seul objectif est de vous laisser totalement libre pour accomplir votre mission : détruire.
Bien sûr, il faut un peu de pratique pour tout ça, mais vous finissez par passer d’un circuit à l’autre aussi facilement que vous vous lavez les dents. Mettre un scaphandre, se déplacer avec, par contre, ça ne demande aucun entraînement, ou presque. Il suffit de sauter, naturellement, et vous sautez plus haut, plus vite, plus loin, plus longtemps. C’est sans doute ce dernier point qui exige une réorientation. Ces secondes que vous passez dans les airs, en plein bond, sont follement précieuses, comme chaque seconde de combat. Il faut les mettre à profit pour se déplacer, prendre ses repères, choisir une cible, communiquer, faire feu, accuser réception d’un message, recharger, bondir à nouveau. Tout cela, avec un peu d’entraînement, est possible à chaque bond. Mais d’une manière générale, un scaphandre propulsé n’exige pas un réel entraînement. Il agit pour vous, exactement comme vous, mais mieux. Il y a une seule chose qu’il ne fait pas : vous gratter quand ça vous démange. Le premier que je rencontre et qui en soit capable, je l’épouse.